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Robocop (2014)


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Robocop (2014)
Les services de police inventent une nouvelle arme infaillible, Robocop, mi-homme, mi-robot, policier électronique de chair et d'acier qui a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais ce cyborg a aussi une âme...

Note

Ce film est un remake du film RoboCop de Paul Verhoeven, sorti en 1987.

Présentation

Première impression :

Tout est une question d'angles et de points de vue, une prise de décision stylistique.

Le chef d'orchestre, le réalisateur José Padilha, mène la danse au sein d'une dichotomie bien marquée ; le regard de Raymond Sellars, interprété par Michael Keaton, le responsable de la société OmniCorp financeur du projet Robocop, est en contradiction avec celui du concepteur humaniste le Dr Dennett Norton qu'il engagea (joué par Gary Oldman) pour créer le robot androïde. C'est le "sombre" face à la "lumière", le Mal régi par l'argent utilisé à des fins de bienveillance sécuritaire dans un laboratoire délocalisé en Chine dans un contexte économique semblant favoriser les puissants.

Deuxième impression :

L'intérêt de la vision du long-métrage vient de cette dualité, d'une ambition entrepreneuriale d'un homme sans principes s'arrangeant et manipulant un scientifique voué à faire vivre l'homme et ses caractéristiques émotionnelles dans une machine innovante (alors que le but premier est plutôt militaire). Cette histoire d'anticipation s'ancre dans une réalité capitaliste. L'environnement paraît plus doux et moins nihiliste de ce que décrivait Paul Verhoeven dans le Robocop de 1987. Dans le film d'origine, la science est au service d'une idéologie de conquête et d'un rapport de présentation d'un produit en concurrence avec un autre dans la même corporation. L'engrenage dramaturgique se tourne habilement dans cette perspective avilissante où la violence règne en maître dans la ville de Détroit.

La différence :

La très bonne idée du metteur en scène fonctionne autour d'une atmosphère jamais anxiogène. Elle prône un retour de la morale et de la justice; sans qu'elles ne soient douteuses et court-circuitées par le cynisme des institutions. Seul un média puissant assume sa position envers une seule politique, celui du plus déviant, du plus riche. Ce paraître cache une appétence envers le pouvoir. Toutefois ce monde reste trop proche du nôtre et annule la dimension dystopique du Robocop de Paul Verhoeven.

En conclusion :

Malgré d'excellents SFX, des acteurs parfaits et engagés, une réalisation léchée, il manque cette saleté, cette violence crasse, ce ton abrupte, apocalyptique et palpable avec une incrustation d'une noirceur absolue régie par cette impression que seuls les conglomérats de l'OCP peuvent tirer leur épingle du jeu.

D'une énergie de film d'auteur, ce reboot se rabaisse à la fadeur des films d'actions clonés les uns aux autres dans le cinéma d'action aseptisé du 21ème siècle.

Pour finir :

Force est de constater que la vie d'Alex Murphy ne tient qu'à un fil, celui d'un pantin que l'on manipule. Tantôt entre les doigts de Raymond Sellars, tantôt entre ceux du Dr Dennett Norton. L'humanité et la détresse que l'on pouvait lire dans les yeux du Murphy incarné par Peter Weller s'évanouissent dans ceux de Joël Kinnaman. L'un est massacré par la cupidité de tous les hommes, le second sublimé par une cohésion de certains d'entre eux qui adoucissent l'irrévérence du concept original.

L'acidité que l'on ressentait avant a été cassée par un assouplissement critique du miroir que Robocop nous tend. Au lieu d'avoir une mise en abîme du film d'origine critiquant l'avenir au vu du présent, la réalité est devenue en quelque sorte bien pire.


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💬Commentaires

1.Posté par Jean Christophe GAPDY le 01/03/2021 09:52 | Alerter
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JCGapdy
Parfaitement d'accord, avec cela.
L'autre différence clef que j'avais noté et qui réduit encore l'impact du film, c'est que, dans le premier, les méchants étaient externes, qu'ils étaient la raison de la création de Robocop. Ici, on tourne le dos à une partie de cette vision [même si le méchant qui a pratiquement tué Murphy est présent], les méchants viennent de l'intérieur : flics corrompus, plusieurs dirigeants d'OmniCorp vénaux, Maddox, etc. Bref, changements radicaux qui auraient pu être intéressants, mais se révèlent, à mon goût, d'une forme devenue d'un classicisme décevant là où le premier était dérangeant et déjanté. Au final, cela se laisse voir, mais n'entre pas dans la liste des films de référence.

2.Posté par Erwelyn CULTURE MARTIENNE le 01/03/2021 13:23 | Alerter
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erwelyn
Je n'ai pas vu ce remake (ou reboot, jamais trop compris la différence), mais la comparaison semble intéressante. Je vais le regarder.

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