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🎬 Else | 2025

06/02/2026
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Synopsis

Anx vient de rencontrer Cass quand l’épidémie éclate : partout, les gens fusionnent avec les choses. Cloîtré dans son appartement, le couple doit faire face à cette menace monstrueuse...

Genre : Épouvante, Horreur, Fantastique, Romance

🏆 Else de Thibault Emin, prix du meilleur premier film au festival Sitges

Présentation

L’idée de départ est très classique, et m’a fait penser à La nuit a dévoré le monde. Deux personnes se retrouvent par accident ensemble au moment d’une catastrophe de type apocalypse. C’est d’ailleurs une énième variation sur le thème du zombie, avec une épidémie, le monde extérieur qui se réduit de plus en plus, les contagions, les métamorphoses, la peur de l’autre, le déni de l’infecté etc.

C’est aussi une histoire de confinement, où tout se passe dans l’espace réduit d’un petit appartement. Mais il se trouve que l’écriture du scénario est antérieure au Covid, et que l’idée du réalisateur était de réussir, à peu de frais, à condenser ses obsessions dans un cadre resserré.

Le personnage principal s’appelle Anx, un nom à connotation oppressante, et ça lui va bien : angoissé par le monde extérieur, il s’est replié sur lui-même, dans l’appartement où il a toujours vécu avec sa mère. Il a des airs de geek au fond de sa caverne, dont l’existence est balayée par le vent frais que représente Cass. C’est une jeune femme joyeuse et insouciante qui envahit sa vie. Anx est à la fois effrayé et attiré par ces bouleversements, quand ils assistent sur son écran à d’ordinateur à une pandémie qui touche tout le monde par le regard.

On ne sait rien du patient zéro, et encore moins de l’origine du phénomène, qui confine au fantastique. La matière fusionne, et les gens avec. Un homme qui dort dans la rue devient un bout de trottoir, les huis des portes se soudent… À mesure que la chose évolue, l’inerte et l’organique tendent à n’être plus qu’une seule entité. Ce n’est pas sans douleur et terreur que tout ceci advient. Chacun garde une part de lui-même alors qu’il fait partie d’un tout.

C’est comme observer un moment Gaïa, une bascule vers une planète une et indivise. Les dernières images du film sont d’une grande poésie et d’une telle étrangeté qu’elles vous poursuivront dans l’intime.

Le parti pris esthétique du réalisateur-scénariste est de nous raconter son histoire au plus près de ses personnages, de nous faire ressentir leurs vertiges, leurs craintes, et comment cela altère aussi leur vision de la réalité. Mais celle-ci devient impalpable, méconnaissable. Radicalement autre, comme l’évoque le poème de Cass :

You wish to have something and you get something else
You want to go somewhere and you get somewhere else
You dream to be someone but you’ll be someone else
Till what you called life is over
And yet
Stay a little longer
Just to see
 
Sooner or later
There will be something
Something
Else
 
Ce film vous fera rire, trembler et rêver. C’est une très belle réussite.

Bande-annonce


Bruno Blanzat
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