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📚 Pulps américains : les dessinateurs | 1920-1950


20/04/2023
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Frank R. Paul

Parallèlement Ă  l'apparition des grands auteurs classiques de la SF aux USA, les pulps amĂ©ricains, entre 1920 et 1950, rĂ©vĂ©lèrent au public une plĂ©iade de dessinateurs qui ont, de nos jours, accĂ©dĂ© au statut de « classiques Â».
 
L’un des plus illustres est Frank R. Paul qui livra, de 1926 Ă  1955 plusieurs milliers de dessins dans presque tous les supports disponibles. Il naquit le 18 avril 1884 Ă  Radkersburg, en Autriche. Son père Ă©tait Hongrois et sa mère Tchèque. La famille Ă©migra aux USA en 1906. Frank R. Paul s'y maria et eut quatre enfants. Il Ă©tudia l'art Ă  Vienne, Paris et New York et commença Ă  travailler pour le « Jersey Journal Â» en tant que dessinateur. Mais c'est dès 1914 que Hugo Gernsback le prit sous son aile et lui donna Ă  illustrer « The Electrical Experimenter Â», un magazine scientifique qu'il dirigeait alors.
 
On peut admirer une belle continuitĂ© dans l'Ĺ“uvre de Frank R. Paul, dont les dessins de couvertures cherchent toujours Ă  saisir sur le vif une succession de scènes dramatiques (effondrement d'un building sous la poussĂ©e des glaces, attaque d'un bateau par une mouche gĂ©ante, tripodes martiens de La Guerre des Mondes en pleine action, etc...), un petit peu Ă  la manière d'un Rino Ferrari en Italie et en France. Le style, la marque sont rĂ©guliers tout au long de sa carrière. Derrière la simplicitĂ© apparente du trait se cache une ambition : rendre immĂ©diatement assimilable le thème de l’histoire concernĂ©e. C’est une des lignes de force de l’artiste. Il y a une vraie continuitĂ© dans son trait et son inspiration. Ses robots ont des formes certes Ă©tranges, mais vraisemblables ; ses machines sont monumentales et leur destination mystĂ©rieuse, ses astronefs prĂ©sentent des profils surprenants. Toutes ces inventions semblent issues du rĂŞve dĂ©lirant d’un ingĂ©nieur de la Belle Époque projetĂ© dans le futur. Cette passion pour l’objet explique-t-elle pourquoi Frank R. Paul n’excellait guère dans la reprĂ©sentation des personnages ? Une exception tout de mĂŞme : les pin-up courtes vĂŞtues qui Ă©maillent ses couvertures. Mais la machine reste prĂ©pondĂ©rante et doit Ă©blouir le lecteur avec ses couleurs violentes, ses rayons verts ou violets, ses structures dĂ©lirantes. Paul illustra entre autres le premier numĂ©ro de « Marvel Comics Â» en octobre-novembre 1939. Il dĂ©cĂ©da le 29 juin 1963 dans sa maison de Teaneck, dans le New Jersey.
Paul's cover for Amazing Stories, August 1927, illustrating The War of the Worlds | By Frank R. Paul - Public domain - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Amazing_Stories_1927_08.jpg
Paul's cover for Amazing Stories, August 1927, illustrating The War of the Worlds | By Frank R. Paul - Public domain - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Amazing_Stories_1927_08.jpg

Margaret Brundage

Parallèlement Ă  Paul dans Amazing Stories, Margaret Brundage, de son vrai nom Margaret Hedda Johnson, nĂ©e le 9 dĂ©cembre 1900 Ă  Chicago et dĂ©cĂ©dĂ©e le 9 avril 1976, apparut pour la première fois en 1930 dans la revue « Weird Tales Â». « Weird Tales Â», support lĂ©gendaire du fantastique et de l’horreur (elle rĂ©vĂ©la H. P. Lovecraft) demandait Ă  ses dessinateurs d’illustrer des histoires moins rutilantes que dans « Amazing Â», car basĂ©es sur des univers intĂ©rieurs plus intimistes, oĂą rĂŞves et cauchemars l’emportaient sur la technologie futuriste. Margaret Brundage sut allier Ă©troitement Ă©rotisme, fantastique, Ă©vocations dĂ©moniaques, terreur dans ses dessins peuplĂ©s de crĂ©atures singulièrement dĂ©vĂŞtues qui nous invitent toujours Ă  de sombres sabbats.
In Weird Tales, Brundage illustrates Robert E. Howard's Queen of the Black Coast, a story about Conan the Barbarian | By Margaret Brundage - Scanned cover of pulp magazine, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7106465
In Weird Tales, Brundage illustrates Robert E. Howard's Queen of the Black Coast, a story about Conan the Barbarian | By Margaret Brundage - Scanned cover of pulp magazine, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7106465

Leo Morey

Après l’éviction de Gernsback de «Amazing Â» en 1929, Paul suivit celui-ci et alla travailler pour « Wonder Stories Â» et ses publications sĹ“urs, tandis que Leo Morey le remplaçait Ă  « Amazing Â». Ce dernier Ă©tait un spĂ©cialiste des grisĂ©s et des sombres, et excellait dans les clartĂ©s bleutĂ©es, lunaires. L'ambiance ainsi créée faisait merveille pour Ă©voquer des scènes futures d’une très grande poĂ©sie, telles des villes dont les rampes escaladant les gratte-ciels sont parcourues de vĂ©hicules ovoĂŻdes.

Leopoldo Raul Morey Peña naquit le 24 octobre 1899 Ă  Yurimaguas, au PĂ©rou, au sein d'une famille de quatorze enfants. Celle-ci prospĂ©ra dans l'industrie du caoutchouc, permettant ainsi de donner une Ă©ducation Ă  chaque enfant, soit en Europe, soit comme Leopoldo, aux USA. Dès son plus jeune âge il voulut ĂŞtre artiste, mais devant l'opposition de son père, il entreprit des Ă©tudes d'ingĂ©nieur Ă  la « Louisiana State University Â». Il en sortit diplĂ´mĂ© en 1922, tout en ayant acquis une bonne rĂ©putation de dessinateur grâce Ă  la revue annuelle de l'universitĂ© qu'il illustrait. Il commença sa carrière d'ingĂ©nieur Ă  La Nouvelle-OrlĂ©ans. En 1925 il retourna en AmĂ©rique du Sud et travailla comme dessinateur pour un journal de Buenos Aires. L'annĂ©e suivante il retourna aux USA et intĂ©gra une Ă©quipe d'artistes d'un journal de la Nouvelle-OrlĂ©ans. Il se maria en 1929 avec Josephine Vivian Morrison. Le couple s'installa Ă  Cuba. Grâce Ă  ce mariage, il acquit le statut de rĂ©sident permanent aux USA. Malheureusement, sa femme dĂ©cĂ©da des suites d'un accouchement en avril 1931.

Après ce drame, Leo Morey quitta la Nouvelle-OrlĂ©ans pour New-York. Durant les annĂ©es 30, il travailla en free-lance pour « Amazing Stories Â», « Astounding Â», « Western mystery Â» et un grand nombre d'autres pulps plus secondaires. Il se remaria en 1940 avec Reta Evelyn Brigham, une canadienne. Le couple donna naissance Ă  deux enfants.

Durant la guerre Leo Morey fit partie du tout petit nombre d'illustrateurs d'avant-guerre continuant Ă  travailler pour les pulps. Dans les annĂ©es 60, ses dernières apparitions en tant qu'illustrateur furent pour « Amazing Â» et « Analog Â», alors passĂ©s au format digest.

Leo Morey mourut d'une crise cardiaque à l'âge de 65 ans, le 1er janvier 1965.
Cover of Amazing Stories, October 1937 | By Leo Morey / Teck Publishing - http://www.philsp.com/mags/amazing_stories.html, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43148614
Cover of Amazing Stories, October 1937 | By Leo Morey / Teck Publishing - http://www.philsp.com/mags/amazing_stories.html, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43148614

H.W. Wesso, H.W. Brown et Elliot Dold

« Astounding Â», créée en 1930, fut avant tout le tremplin des Ă©crivains de SF de l'âge d'or, mais ne fut pas en reste en matière d'illustration avec trois artistes de grand talent.

Ce fut d’abord H. W. Wesso (de 1930 à 1933) dont le style préfigurait celui des dessinateurs des années 40-50, puis H. W. Brown et Elliot Dold. Le second était capable du meilleur comme du pire avec un style très proche de celui de Paul, mais ses machines paraissaient plus probables, plus réelles, donc moins fantastiques.

Dold, lui, se consacra Ă  l’illustration intĂ©rieure et j’avoue un faible pour cet artiste au trait fin, qui donna vie aux architectures Ă©chevelĂ©es de « La machine suprĂŞme Â», Ă  ces engins gĂ©ants et complexes qui renvoient vers la dĂ©mesure de l’homme et sa vanitĂ©.
Astounding illustration @ 1935 Elliot Dold | Source : https://www.pulpartists.com/Dold.html
Astounding illustration @ 1935 Elliot Dold | Source : https://www.pulpartists.com/Dold.html

Virgil Finlay

1937 est une grande annĂ©e dans l’histoire de l’illustration de SF. Â« Weird Tales Â» publia en effet les premiers dessins de celui qui allait ĂŞtre le plus admirĂ©, mais aussi le plus dĂ©sespĂ©rĂ© des dessinateurs de SF : Virgil Finlay. Combien de fois ne suis-je pas tombĂ© en arrĂŞt devant les pages ornĂ©es d’un dessin de Finlay ? C’est un peu comme de dĂ©couvrir sans cesse de nouveaux territoires inquiĂ©tants ou fabuleux. Finlay donna corps aux cauchemars d’un Lovecraft. Celui-ci d'ailleurs fut subjuguĂ© par ces dessins et composa mĂŞme un poème pour le cĂ©lĂ©brer. Il Ă©merveilla le lecteur par ses visions, souvent bien supĂ©rieures aux textes qu'elles illustraient. Finlay est vĂ©ritablement unique, sa technique quasiment impossible Ă  imiter. Chacune de ses enluminures, vendue une bouchĂ©e de pain aux magazines de l’époque, nĂ©cessitait un travail considĂ©rable, en raison du procĂ©dĂ© employĂ©, particulièrement minutieux.

Virgil Warden Finlay naquit à Rochester le 23 juillet 1914, dans l'état de New York. Son père mourut à 40 ans, au milieu de la Grande Dépression, laissant derrière lui une veuve, Ruth, et ses deux enfants dans la misère.

Durant ses annĂ©es de lycĂ©e, Virgil Finlay se passionna pour l'art et la poĂ©sie et dĂ©couvrit sa voie Ă  travers les pulps de SF. Il commença Ă  exposer ses dessins Ă  l'âge de 16 ans. A 21 ans, il Ă©tait assez confiant en ses capacitĂ©s pour envoyer six dessins, non sollicitĂ©s, Ă  l'Ă©diteur Farnsworth Wright. Celui-ci comprit qu'un travail de cette qualitĂ© serait un atout pour ses publications. Wright commença donc Ă  publier les premiers dessins de Finlay et le choisit mĂŞme pour illustrer « Le Songe d'une Nuit d'Ă©tĂ© Â» de Shakespeare en 1936. Parallèlement, celui-ci donna 19 couvertures couleurs pour Weird Tales entre 1937 et 1953. Cette annĂ©e-lĂ , il reçut le prix Hugo – alors tout rĂ©cent - en tant que meilleur illustrateur. Il fut Ă©galement dĂ©signĂ© comme le meilleur artiste dans le « 50 year Retro Hugos Â» en 1996. Finlay s'attaqua Ă  d'autres publications après ses dĂ©buts en 1935. En 1938 il travailla pour A. Merritt, se dĂ©plaçant de Rochester Ă  New York.

La mĂŞme annĂ©e, il Ă©pousa Beverly Stiles, qu'il avait connu jadis Ă  Rochester. Son travail n'Ă©tait pas constant, il fut donc renvoyĂ© et rĂ©embauchĂ© plusieurs fois. Pourtant, autant comme salariĂ© (1938-43) que comme travailleur indĂ©pendant (1946-51), Finlay estima avoir produit 845 illustrations diffĂ©rentes, grandes et petites, pour le magazine de Merritt ! Virgil Finlay dĂ©cĂ©da le 18 janvier 1971 Ă  Westbury, dans l'Ă©tat de New York Ă  56 ans.
Finlay's illustration of H. P. Lovecraft as an eighteenth-century gentleman, 1937 | By Virgil Finlay - https://repository.library.brown.edu/studio/item/bdr:943112/, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=107875592
Finlay's illustration of H. P. Lovecraft as an eighteenth-century gentleman, 1937 | By Virgil Finlay - https://repository.library.brown.edu/studio/item/bdr:943112/, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=107875592

Lawrence Sterne Stevens

Son apparition bĂ©nĂ©ficia Ă  tous les supports et les Ă©diteurs ne s'y mĂ©prirent pas. C’est pourquoi, lors du dĂ©part de Finlay Ă  l’armĂ©e (il servit pendant la Deuxième Guerre mondiale sur le théâtre du Pacifique, notamment Ă  Okinawa), dans la panique et la prĂ©cipitation, les patrons de « Super Science Â», « Famous Fantastic Mysteries Â» et « Fantastic Novels Â» lui cherchèrent un remplaçant.

Ils trouvèrent un vieux dessinateur qui avait fait toute sa carrière dans un polars, « Adventures Â», et dont le style rappelait un peu celui de Finlay. C’est ainsi que Lawrence Sterne Stevens fit son entrĂ©e dans le domaine du dessin de SF. Avec lui apparut un des derniers grands artistes de l’ère des pulps. Ses successeurs se nommeront Frazetta aux USA ou Forest en France.

Lawrence Sterne Stevens naquit le 4 dĂ©cembre 1884 Ă  Pontiac, dans le Michigan. Son père Ă©tait le recteur de la « Zion Protestant Episcopal Church Â», âgĂ© de 62 ans Ă  sa naissance ; sa mère, Kate, n'en ayant que 38. Il Ă©tait le cadet d'une fratrie de 7 enfants.  En 1905, Ă  21 ans, il s'installa Ă  Minneapolis, comme journaliste et rĂ©alisateur de dessins animĂ©s. Il assista aux cours du soir de l'École des Beaux-Arts de Minneapolis et rencontra Robert Koehler. Koehler Ă©tait l'artiste le plus remarquable dans Minneapolis Ă  ce moment-lĂ . Il avait Ă©tudiĂ© Ă  l'AcadĂ©mie Royale Ă  Munich et avait enseignĂ© Ă  une Ă©cole privĂ©e d'art, oĂą le jeune Alphonse Mucha avait Ă©tĂ© son Ă©lève. Mucha devint un leader du mouvement dit de l'art nouveau. Il visita les États-Unis de 1906 Ă  1910. En 1907 Mucha enseignait aux Ă©coles d'art Ă  New York et Chicago. En voyageant par le train entre ces villes, il s'arrĂŞta Ă  Minneapolis pour rendre visite Ă  son ancien professeur. EncouragĂ© par Mucha et Koehler, Lawrence se rendit en Belgique en 1910 pour Ă©tudier Ă  l'AcadĂ©mie Royale des Beaux-Arts Ă  Anvers. LĂ , il se lia d'amitiĂ© avec l'Ă©crivain Arthur Conan Doyle. En 1914 la guerre l'y surprit. En tant que citoyen amĂ©ricain, il gagna l'Angleterre puis s'enrĂ´la dans la Navy. Son sĂ©jour en Belgique et sa connaissance des langues le poussèrent Ă  intĂ©grer le service de renseignement de la marine. EnvoyĂ© en première ligne pour faire des relevĂ©s, il fut capturĂ© par les Allemands et accusĂ© d'espionnage. Il Ă©chappa au peloton et retourna en Belgique Ă  l'issue du conflit, reprenant des Ă©tudes d'art Ă  l'AcadĂ©mie Royale de Bruxelles.    

Il se maria en 1919, et leur premier enfant, Peter, devait aussi devenir un dessinateur de pulps. De 1925 Ă  1937, Lawrence travailla comme illustrateur Ă  Bruxelles et Anvers.

En 1939, dès le début de la guerre, Lawrence Sterne Stevens et sa famille rejoignirent les USA et s'installèrent à New-York. Comme il portait exactement le même nom que son père, pour éviter toute confusion, il signa ses dessins du seul nom de Lawrence. Il cessa toute activité en 1953 et décéda en 1960.
Fantastic Novels, July 1948, cover illustration by New Publications, Lawrence Sterne Stevens | By New Publications / Lawrence Sterne Stevens - http://www.philsp.com/mags/famous_fantastic_mysteries.html#fantastic_novels, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46358392
Fantastic Novels, July 1948, cover illustration by New Publications, Lawrence Sterne Stevens | By New Publications / Lawrence Sterne Stevens - http://www.philsp.com/mags/famous_fantastic_mysteries.html#fantastic_novels, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46358392

Hannes Bok

Enfin, au cours d’une carrière aussi Ă©tonnante que brève, Hannes Bok, de son vrai nom Wayne Woodard, naquit le 2 juillet 1914 Ă  Kansas City, dans le Missouri. Ses parents divorcèrent lorsqu'il avait 5 ans. Son père et sa belle-mère, plutĂ´t sĂ©vères,  cherchèrent Ă  le dissuader de suivre une carrière artistique. Après avoir obtenu son diplĂ´me Ă  la « high school Â» de Duluth, dans le Minnesota, il rompit avec son père et rejoignit sa mère Ă  Seattle. Il devint très actif dans le fandom et donna de nombreuses illustrations Ă  divers fanzines. C'est Ă  ce moment qu'il choisit son pseudonyme, d'abord « Hans Â» puis « Hannes Â» Bok. Celui-ci dĂ©rive de Jean-SĂ©bastien Bach.

En 1937, Bok s'installa à Los Angeles, où il fit la connaissance de Ray Bradbury. En 1938, il retourna à Seattle – où il travailla pour la W.P.A. (Works Progress Administration, une agence fédérale créée à l'époque du New deal). En 1939, Bok s'installa à New-York pour se rapprocher de ses donneurs d'ordres, à savoir les éditeurs et les magazines qui publiaient son travail. Il y fit la connaissance du peintre Maxfield Parrish qui l'influença fortement, particulièrement dans le domaine de la couleur et des dégradés.

Comme pour Virgil Finlay, Hannes Bok acquit sa notoriĂ©tĂ© grâce Ă  « Weird Tales Â» Ă  qui il donna de nombreuses Ĺ“uvres jusqu'en mars 1954.  Non content de dessiner, il livra Ă©galement Ă  ce pulp cinq nouvelles et deux poèmes.

Passionné d'astrologie, il correspondit avec le compositeur finlandais Jean Sibelius. Peu à peu, Hannes Bok se fâcha avec ses éditeurs, à la fois pour des raisons pécuniaires et artistiques. Il se replia sur lui-même et versa dans le mysticisme. C'est ainsi qu'il sombra dans la pauvreté avant de mourir en 1964 d'une crise cardiaque

Hannes Bok ouvrit les portes d’un monde insolite, peuplé de créatures inquiétantes, dans un style d’une grande originalité. Il est probablement, de tous les artistes cités le moins conformiste et peut-être, le plus talentueux.
Hannes Bok's illustration for the printing of "Pickman's Model" in the December 1951 issue of Famous Fantastic Mysteries | By Hannes Bok - https://www.flickr.com/photos/57440551@N03/15933477262, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=113652693
Hannes Bok's illustration for the printing of "Pickman's Model" in the December 1951 issue of Famous Fantastic Mysteries | By Hannes Bok - https://www.flickr.com/photos/57440551@N03/15933477262, Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=113652693

Marchioni, Peter Poulton, Earle Bergey, Timming, Julian Krupa et Robert Fuqua

Parmi la cohorte de dessinateurs secondaires il convient de citer Marchioni, Peter Poulton, Earle Bergey, Timming, Julian Krupa, Robert Fuqua.

Ainsi, les nouvelles et romans des écrivains de l’âge d’or de la SF américaine furent illustrés par des artistes de grand talent. Leurs œuvres sont parfois oubliées de nos jours, victimes de l'usure du temps et de l'absence d’éditeurs capables de prendre le pari financier de les publier sous la forme de artbooks. Il arrive heureusement que des exhumations sporadiques jettent une lumière éphémère sur cette période incroyablement riche qui court du milieu des années 20 au milieu des années 50.

Alors, un Ă©diteur prendra-t-il un jour le risque de livrer un grand et bel ouvrage sur ces artistes ?

Didier Reboussin
Copyright © Didier Reboussin pour Le Galion des Etoiles. Tous droits réservés. En savoir plus sur cet auteur


đź’¬Commentaires

1.Posté par Koyolite TSEILA le 20/04/2023 10:49 | Alerter
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KoyoliteTseila
Un article très intéressant et instructif, merci Didier ! Il y a des dessinateurs que je ne connaissais pas du tout, comme par exemple Elliot Dold, celui pour lequel tu as un faible. Ses dessins de machines démesurées sont incroyables. De même, je n'avais jamais entendu parler d'Hannes Bok. Là aussi une personne très talentueuse avec ses représentations de créatures inquiétantes.

2.Posté par Jean Luc ESTEBAN le 04/08/2023 15:16 | Alerter
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janluc13
Bravo pour cet article avec mes deux préférés Finlay et Bok - mais effectivement il y en a tellement à découvrir!

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