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Quoi de neuf, demain ? | Robert Yessouroun | 2026


15/03/2026
Lu 116 fois


Une agente secrète néophobe traque un voleur d'invention au Salon des innovations...



Illustration © Ostrovsky, gratuite et libre d'utilisation, https://pixabay.com/fr/photos/festival-festival-de-musique-danse-3466251 | Montage © Le Galion des Etoiles
Illustration © Ostrovsky, gratuite et libre d'utilisation, https://pixabay.com/fr/photos/festival-festival-de-musique-danse-3466251 | Montage © Le Galion des Etoiles
Aux conservateurs
 
Ce dernier jour de juin commençait plutôt mal. Le retard de la pauvre Crystal s’aggravait, elle qui était toujours en avance ! Les embarras de la circulation genevoise ne cessaient de bloquer le bus 8 qui devait emmener la jeune femme vers l’aéroport, à Palexpo, au soixante-sixième Salon des innovations.
Un ordre de mission spéciale l’avait bousculée tôt ce matin, alors qu’elle s’apprêtait à se doucher afin d’effacer l’étuve de la nuit.
‑ Agente C* ? Le code de votre opération secrète prioritaire : Termite terminus. Lieu : Palexpo. Objectif : empêcher de nuire l’espion qui là-bas s’approprie d’inventions sensibles. L’agent V* vous attend sur place pour un briefing. Départ séance tenante.
Une coupure d’eau inopinée avait entravé la toilette matinale de Crystal. La recherche d’un palliatif dans la précipitation n’avait manqué de l’irriter jusqu’à l’os. Appliquer cette poudre sèche sur sa peau l’avait fait perdre un temps considérable. En plein stress, elle avait sauté dans le premier bus, où elle s’était rendu compte avec effroi de l’oubli de ses gants. Comment dès lors isoler du monde ses mains pures ?
Mais le pire était à venir.  Le pompon, le théâtre de son action, le Salon des innovations ! Elle qui souffrait de néophobie, cette allergie viscérale à toute nouveauté !
Et quelle galère, ce voyage pare-choc contre pare-choc ! Bon, elle avait tout le loisir de s’interroger sur le programme qui l’attendait. D’habitude, les briefings sont assurés via des PowerPoint cryptés sur le téléphone. Pourquoi ce rendez-vous sur les lieux pour y analyser à deux les données ? La situation s’avérerait-elle si grave ? L’espion aurait-il dérobé une découverte cruciale, si bien qu’il menacerait la sécurité nationale ? À l’évidence, l’intervention future ne serait pas une partie de sérénade.
Crystal sentit une fièvre d’inquiétude culminer en elle. Elle dut s’éponger le front. Pour se calmer, elle contacta son petit frère, en tant que gardienne des bonnes habitudes :
‑ Allô, frérot ? Je ne te réveille pas, j’espère. As-tu pris ton bain ? tes vitamines ? As-tu tout rangé dans la cuisine ?
Elle enchaîna par un échange avec sa mère :
‑ Allô, m’man ? C’est moi. Bien dormi ? Fini, ta gym ? Et p’pa, sa promenade ? P’pa pas trop gaga, aujourd’hui ?
Ouf, voilà le terminus du bus. Termite terminus allait enfin pouvoir démarrer.
Mais quelle cuite dans cette déferlante de visiteurs ! Crystal transpirait. C’était insupportable. Un détour par les toilettes s’imposait pour se rafraîchir et se nettoyer les mains nues, sans gants. Au premier étage, au bout de l’escalator, pas l’ombre de l’agent V*. Le collègue avait dû perdre patience. Pas étonnant : elle le connaissait, cet obsédé du multitâche était sûrement reparti pour une autre mission (comme le confirma par la suite la centrale de contrôle de l’agence). OK… Il fallait improviser. Contrariée, elle sortit de son sac un « mouchard ». Translucide, cette perle volante allait circuler parmi les stands de manière discrète et sitôt que ce bijou IA détecterait un quidam équivoque, il enverrait ses images du suspect sur le téléphone.
Crystal s’équipa de micro et d’oreillettes afin d’enclencher le mode « direct » grâce auquel elle commenterait son action. Ainsi, ses faits et gestes seraient enregistrés au fur et à mesure de son office, ses paroles destinées au bureau de surveillance des services secrets.
« Première étape : prise de température. Je prospecte les trouvailles des exposants, évitant les robots dernier cri, trop volumineux pour être volés. Je m’approche d’un comptoir intitulé Validateur de Terrien. À ma venue, un chevelu genre poète romantique se dresse, me tend la main. Quelle familiarité ! Je décline son geste poliment. Sans gant, si ma main touchait la sienne, je me verrais obligée de redescendre aux toilettes. Le pseudo-artiste me parle en suédois. Je branche donc la traduction simultanée : »
‑ Je représente une maison de Stockholm. Mon produit, c’est ce fer à cheval.
‑ Ah ?
(Chuchotant.) « J’appréhende. »
‑ Vous voulez habiter la Terre ? Tant mieux. Alors, vérifiez votre rapport à votre monde. Êtes-vous OK, comme Terrienne ? Cet appareil unique mesure instantanément votre degré d’harmonie avec les animaux, les végétaux, les minéraux, l’air et l’eau. Votre résultat, s’il est supérieur à la note 15, révèle si vous êtes une bonne habitante de la Terre. Déconseillé aux personnes qui ont la dépression facile.
« Je viens de quitter cet écologiste bavard, d’autant plus que, visiblement, son instrument n’a pas été subtilisé. Je poursuis mon inspection. Pour l’instant, le mouchard ne donne rien, sinon les mouvements répétitifs d’une foule de fureteurs fanatiques.
Une musique électronique futuriste accompagne les amateurs d’inventions qui déambulent dans les couloirs. Mince ! Voilà qu’un jeune éphèbe coiffé d’un chignon m’aborde avec un sourire malicieux. Vêtu d’une tunique vert pâle, il brandit une baguette de chef d’orchestre. »
‑ Any help ?
« Je rembarre cet importun. Il a failli me toucher l’épaule. Il faut être prête à tout dans un Salon des innovations ! Je slalome entre les curieux (et ils ne manquent pas !). Chaque stand croule sous les interrogations. Je remarque qu’un comptoir attire beaucoup de jeunes : Dolce fiesta. Je zigzague jusqu’à son promoteur. Je règle le traducteur sur italien => français. Le petit homme latin porte aux nues une sorte de bracelet-montre. »
‑ Basta, la fête aveuglante, assourdissante, bagarreuse. Ce dispositif miracle vous donne non l’heure mais de la bonne heure ! Il vous offre du sens à la fête. Il réduit le volume du bruit, atténue flashes et phares des spots, instille des hologrammes féériques dans le décor. Oui, à votre poignet, vous portez un adoucisseur de fête ! À l’origine, le dispositif n’était qu’un simple modérateur de réfectoire et de récréation. Il ne modérait que le cri des enfants. Mais maintenant l’objet a évolué. Dolce fiesta rend le sauvage un danseur de slow et…
« J’interromps sa tirade, car je reçois à l’instant une alerte de mon mouchard, depuis l’allée D, stand 159. J’accours, perds mon sac, le récupère sous les pieds d’un distrait, renonce à un nettoyage (puisque l’urgence m’appelle), et je rebondis jusqu’au panneau Gossip-bot. Sur l’étal, des pies noires au ventre blanc. Artificielles, bien sûr. À côté de moi, un individu louche, couvert d’une casquette de Glasgow. Silencieux comme une carpe, il défie la chaleur ambiante avec un sac volumineux, manipulant non sans délicatesse l’un de ces passereaux. Le parfait suspect, quoi ! La voilà, ma « termite » ! Bravo, le mouchard ! Je décide de filer discrètement ce gentleman au couvre-chef écossais. Le concepteur des oiseaux synthétiques tente de le retenir. »
‑ Sachez que ce modèle à l’image des pies voleuses glane les cancans. Sur demande, il vous rapporte tous les ragots du quartier, de votre entourage, de votre lieu de travail. Si vous lui laissez l’initiative, dès qu’il repérera un attroupement d’au moins trois personnes, il augmentera la portée de ses capteurs pour vous enregistrer leurs délicieux potins. Sinon, il peut s’enclencher automatiquement dès que quelqu’un prononcera « vous ne connaissez pas la dernière ? ». Percer les secrets des autres ne cous intronise-t-il pas puissant roi ?
Peu convaincu, mon gaillard décline l’offre d’essai, chemine vers l’inventeur voisin. C’est pas vrai ! Quelle poisse ! Le jeune bellâtre au chignon me tapote la main de sa baguette et me demande d’une voix aussi horripilante que mielleuse : »
‑ Any help ?
« Offusquée d’avoir été touchée contre mon gré, je le repousse pour foncer vers les toilettes, obligée de me savonner les mains. Je charge mon mouchard de ne pas perdre de vue le loustic au sac à dos. Je coupe le direct. »
Au lavabo, Crystal reçut un appel de sa mère, manifestement contrariée.
‑ Allô, mon poussin ? Je ne trouve plus mon livre de chevet !
‑ Voyons, m’man, je t’avais prévenue. La grande fin, le retour est un roman qui sape le moral. Et, en ce moment, tu n’as vraiment pas besoin de cela, vu que p’pa perd parfois la boule.
‑ Quoi ? Tu me l’as confisqué ?
À peine la communication coupée, une alarme caverneuse rugit sur le téléphone de Crystal.
« Je remonte quatre à quatre vers le hall principal. Mon termite à la casquette écossaise vient de glisser dans son sac un porte-voix. Cette fois, mon type est cuit. Vais le prendre en flagrant délit. Je me hâte aussi vite que possible, évitant de heurter les visiteurs avides de nouveauté. Nouveauté… Pouah ! Très peu pour moi !... Mince ! Non ! On m’attrape par le bras. Un imbécile de Français veut me faire l’article. »
‑ Charmante demoiselle, que diriez-vous de mon appli Adolivre ? Des écrivains locaux triés sur le volet répondent du tac au tac aux questions des jeunes : « Que changer dans le monde ? », « Quelle est votre vision personnelle de l’avenir ? », « Quel futur proposez-vous ? ». Mieux, ces auteurs vous suggèrent une rencontre en tête à tête dans le bistrot de votre choix, sans obligation d’acheter leurs livres. Alors, ma chère, ça vous en mastique une fissure, hein ?
« Retour en urgence aux toilettes. Rince la manche de ma blouse. Passe le tissu mouillé sous le foehn. Alors que je gravis l’escalier, je croise le gus au chignon qui m’adresse un clin d’œil en agitant sa baguette. »
‑ Any help ?
« Je presse le pas… Eh, mais… Tiens, tiens, bizarre, ça ! Parviens à la hauteur d’un stand vide, fermé, bouclé par un ruban jaune police. Sur une pancarte de travers est calligraphié : Puce pouce ! Un garde semble posté à la surveillance de l’emplacement désert. Je me renseigne auprès de l’agent de sécurité. »
‑ Moins d’une heure après l’ouverture du salon, sous l’afflux des protestations, ce stand a dû être évacué dare-dare. J’ai cru comprendre qu’un malfrat s’était emparé d’un modèle de cette puce juste avant l’interdiction du comptoir.
‑ Quelle est la fonction de cette invention ?
‑ On m’a expliqué qu’il s’agissait d’une puce anti-bagarre qu’on greffait dans le lobe de l’oreille de son ennemi. Elle influe sur la testostérone, dit-on, pour couper toute velléité de combat. Cette greffe s’effectuerait à l’insu de la force hostile, pendant le sommeil ou l’anesthésie.
‑ Grand merci pour ces renseignements !
« Je m’éclipse. Je sais à présent de quoi l’espion s’est emparé avant le porte-voix. Et je mesure la gravité de la situation. Le premier objet volé anéantit la pugnacité de l’adversaire. Il ne faudrait pas que ce gadget tombe entre les mains d’une volonté inamicale vis-à-vis de notre pays. Je me dirige vers le stand où vient d’être dérobé le porte-voix, afin d’obtenir des précisions sur le dispositif disparu...
Me voici sur place. Au-dessus du comptoir sont exposés des cônes munis d’une poignée. »
‑ Bonjour, monsieur. À quoi cela sert-il ?
‑ Cet appareil vous met en contact avec les puissances supérieures, tels le soleil, le magma, l’ouragan, le génie, la divinité.
‑ Hm… Parler avec le soleil ?
‑ En fait, lui demander de l’aide.
‑ Et ça marche ?
‑ Si on y croit, pourquoi pas ?
‑ Et il vous en manque un spécimen ?
‑ Hélas, j’avais le dos tourné quand… pfuit !
« OK. Je connais à présent l’usage des deux inventions recelées dans le sac à dos de l’espion. Il ne me reste plus qu’à le cueillir. Quelle horreur, toutes ces nouveautés !... Oh ! Le mouchard me prévient que la casquette de Glasgow est sur le point de s’asseoir à la table d’une buvette pour se rafraîchir d’une pinte de bière. Matinale, mon termite ! Bien, cela me laisse du temps pour peaufiner la suite. Je me cale devant le stand le plus proche de la buvette. Avant de passer à l’action, je vais épier ce lascar. Peut-être n’agit-il pas seul. Attendrait-il un complice ?... Zut ! On m’apostrophe. Deux enquiquineurs à la fois ! »
‑ Any help ?
« L’autre, c’est un androïde sur patins à roulettes. Ventriloque, il me déclame par l’abdomen les vertus d’une clé digitale enfoncée dans sa tempe gauche. »
‑ Souffrez-vous de la pire des lacunes, l’absence d’idéal ? Je peux, moi, vous en fournir un beau, sur mesure, adapté à votre personnalité. Appliquez votre main sur le détecteur de mon épaule droite et, en quelques secondes, vous obtiendrez un principe suprême, un axiome au-dessus de votre « moi », une Cause qui mérite d’être servie quel que soit l’obstacle.
« Sa pub est interrompue par le moustachu qui anime le stand devant lequel nous nous tenons, le robot et moi. »
‑ Mademoiselle et Machin, s’il vous plaît, ne demeurez pas tous deux plantés au bord de mon comptoir. Vous l’obstruez. Vous empêchez les visiteurs de s’y arrêter.
« Sans demander son reste, l’automate prend la poudre de l’escampette. Puis, le moustachu penche la tête, comme désolé de m’avoir si brusquement interpellée. En vrai bonimenteur, il me fait l’éloge de ma bonne bouille. »
‑ Une parfaite tête à chapeau, mademoiselle !
‑ Qu’est-ce que vous essayez de me refiler, vous ?
‑ Mon drone-chapeau, mademoiselle. Il vous ira… à ravir !
« Je soupire, lorgnant vers mon Écossais qui sirote sa pression, toujours seul à sa table. Je rentre dans le jeu du chapelier, afin de ne pas perdre mon poste d’observation. »
‑ Ce n’est pas seulement décoratif, votre truc, hein ?
« Le moustachu bombe la poitrine. »
‑ C’est le plus grand succès du Salon, mademoiselle. Très apprécié par la gent féminine.
‑ Ah ? Et pourquoi donc ?
« Il me couronne de son chapeau. Je dois avoir l’air fin, avec cette demi-pastèque surmontée d’une hélice. »
‑ Vous êtes coiffée de votre garde du corps, mademoiselle. Sitôt enfoncé sur votre superbe chevelure, ce dispositif veille à votre tranquillité. En cas de menace, votre chapeau se mue en drone, s’élève pour balayer votre ou vos agresseurs de rayons pétrifiants.
‑ D’habitude, je ne suis pas fan des nouveautés, mais, là, j’avoue que votre engin semble prometteur.
« J’aperçois ma cible qui se dresse. Finalement, ce mec n’attendait personne. »
‑ Pourrais-je l’essayer le temps d’un petit tour ?
« Le moustachu me sourit. Je m’avance à pas de loup vers la buvette, afin de couper la route de mon fuyard, quand une espèce de shooté m’insulte, les prunelles cocaïnées. »
‑ Maudite sorcière, je te reconnais ! Tu fais passer les vessies pour des lanternes !
« Ça, alors ! Je sens mon chapeau s’échapper. Quelques éclairs sur le drogué. Ce pathétique idiot se fige debout, le poing brandi vers moi. Je me retourne vers celui que je veux coffrer… Ah, non ! Disparu ! Il me faut retrouver ce salopard dans tout cet essaim de visiteurs ! Crénom ! Mon mouchard ne répond plus. Serait-il neutralisé ? Ce fichu termite l’aurait-il intercepté ?... Mince, ça y est, je me mets à transpirer. Bon sang ! Une fois de plus, ces yeux douceâtres qui minaudent… »
‑ Any help ?
« Manquait plus que lui ! Tandis que je branche mon traducteur pour expédier mon harceleur dans une succursale de l’au-delà, le voici qui gesticule tel un maestro. »
‑ Ma belle, je vous observe depuis votre arrivée. Vous cherchez quelqu’un. Mais alors que vous l’aviez trouvé, vous l’avez perdu. Je suis un modeste inventeur de fin. Avec ma baguette, je peux modifier le dénouement de votre histoire.
‑ Comme arrêter un coupable ?
‑ Par exemple.
‑ Et que dois-je faire ?
(En aparté.) « Je suis incrédule. »
‑ Tenir la baguette entre le pouce, l’index et le majeur, la diriger vers le plafond, appuyer sur sa mini-touche verte.
« Ces gestes accomplis, je lui rends sa baguette… Mon Dieu ! Je me retrouve étrangement cernée de ratures et - quelle horreur ! - criblée de mouchetures, lesquelles heureusement se dissipent… Je suis devant le stand des drones-chapeaux. À la buvette d’à côté, l’homme à la casquette écossaise quitte sa chaise, endosse son sac. Mais que vois-je ? Il a dû enclencher un mécanisme à son insu. Dans son sac à dos, le porte-voix résonne comme dans une grotte à champignons, convoque les puissances supérieures, en l’occurrence un molosse. Un Terre-neuve aussi noir qu’un abîme s’élance vers mon gars pour le plaquer au sol de toute sa masse. Oh ! Un cri guttural, un grognement, au loin, un hurlement : « Brutus, nom de Dieu ! ». La foule s’agglutine. Je n’ai plus qu’à menotter l’espion à mon poignet (sûr, je n’aime pas trop ça, mais cela fait partie du boulot). J’appelle des renforts pour m’en débarrasser au plus vite. J’entraîne l’Écossais derrière moi, vers les toilettes dames, histoire de me laver les poignets. L’autre ne cesse de ronchonner… Termite terminus, mission accomplie. Aah, rentrer à la maison me réjouit ! Même si la baguette qui invente une nouvelle fin m’a bien aidée, c’est plus fort que moi, je déteste toujours la nouveauté.
À la sortie des toilettes, le jeune homme au chignon vient vers moi comme s’il voulait récupérer un trésor. Ses doigts délicats font pointer la baguette vers le plafond, l’index enfonce la touche verte de l’instrument. Un souffle plus tard, parmi des ratures et des mouchetures qui s’affadissent, toujours menottée à mon espion, surprise, je me découvre sur un banc face à une fontaine sous le soleil d’été ! Dans le bassin, entre deux jets d’eau, l’éphèbe au chignon s’agenouille en costume bleu. Il me tend une bague, dans l’attente de ma réponse.
Je ne sais pourquoi, j’aimerais que mon téléphone sonne. Avec ma mère au bout du fil… »

Robert Yessouroun
Copyright © Robert Yessouroun pour Le Galion des Etoiles. Tous droits réservés. En savoir plus sur cet auteur


💬Commentaires

1.Posté par Koyolite TSEILA le 15/03/2026 08:50 | Alerter
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KoyoliteTseila
Pour m’être rendue plusieurs fois à Palexpo à Genève, je sais à quel point l’atmosphère qui règne dans ces expositions en tous genres, baignées dans un brouhaha continu, est enivrante, étourdissante et épuisante. En effet, seules les toilettes représentent un havre de paix en ces lieux. Je trouve que cette ambiance est très bien rendue dans ce texte, j’ai vraiment vécu à 200 km/h ce que la pauvre Crystal a enduré entre les divers stands du Salon des Innovations. Et en parlant de l’invention qui consiste à couper toute velléité de combat chez un adversaire, si je mesure le potentiel positif que cette puce représente, je me rends compte également des conséquences dramatiques que cela pourrait avoir si elle tombait entre les mains de personnes malintentionnées vis-à-vis d’un pays !

Merci, Robert, pour cette nouvelle fable du futur.

2.Posté par Claude AUBERTIN le 15/03/2026 18:24 | Alerter
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Klod49
Un univers qui semble déjanté, mais qui finalement ressemble étrangement par certains aspects à notre quotidien, texte intéressant.

3.Posté par Éric MARIE le 16/03/2026 09:27 | Alerter
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ATRAVERSLESPACE
Encore un texte de Robert très inventif du début à la fin où l'humour masque le sérieux. Lecture très sympathique, drone-chapeau bas.

4.Posté par Michel MAILLOT le 16/03/2026 17:20 | Alerter
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mmaillot
Fichtre, comme si vivre dans un monde où l'on craint comme la peste le moindre contact ne suffisait pas. Voilà-t-y pas que dans cette expo foutraque règne un aréopage d'inventeurs plus excentrique les uns que les autres. Pas de quoi faciliter la tâche de notre enquêtrice préférée qui doit jongler entre ses phobies et la surveillance requise. Belle occasion pour nous fournir et décrire, une galerie de personnages et de situations farfelues, saupoudrés de l'humour bien connu de Robert. Mais attention, le prestidigitateur ou l'agitateur de service dispose d'un artifice imparable. Le chef d'orchestre à la commande de son orchestre nous mène à la baguette jusqu'au rebondissement final.

Plutôt que la bague, se saisir de la baguette et s'en servir comme coupe-fin !

Grand merci pour ce nouvel opus Maestro !

5.Posté par B BLANZAT le 17/03/2026 09:04 | Alerter
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Blanzat
Un texte sympathique, j'aime assez l'idée de tourner la narration en un commentaire à chaud.

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