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Animalia | 2023


Une fiche ajoutée dans nos cales par | 15/01/2024 | Lu 275 fois






Animalia | 2023

Affiche et synopsis

Itto, jeune marocaine d’origine modeste, s’est adaptée à l’opulence de la famille de son mari, chez qui elle vit.

Alors qu’elle se réjouissait d’une journée de tranquillité sans sa belle-famille, des événements surnaturels plongent le pays dans l’état d’urgence.

Des phénomènes de plus en plus inquiétants suggèrent qu’une présence mystérieuse approche. Seule, elle peine à trouver de l'aide…

* Prix spécial du jury au festival de Sundance 2023 *
 

Présentation

La réalisatrice Sofia Alaoui décrit son film comme un « drame fantastique sur la fin d’un monde », cherchant à « questionner nos certitudes et nos croyances, qui nous bloquent dans une pensée unique ». Dans ses diverses interviews, elle assume plus ouvertement l’appartenance au domaine SF, même si l’étiquette « fantastique » reste collée par le distributeur, de crainte de faire fuir le public ou les critiques Télérama.
 
Pourtant, elle se réclame du 2001 de Kubrick et de Tarkovski, un versant métaphysique de la science-fiction. Il ne faut donc pas s’attendre à une version marocaine de Independance Day. S’il y a bien une invasion extraterrestre en cours, elle se passe dans les esprits, à la manière du Ressac de l’espace. Les visiteurs ne nous veulent aucun mal, bien au contraire, ils ne cessent de répéter par la voix de ceux dont ils prennent possession : « tout ira bien ». Cela donne une étrangeté qui peut rappeler M. Night Shyamalan dans Signes, la cinéaste suggère beaucoup en montrant très peu.
 
Les êtres invisibles du film disent « le monde physique repose sur un monde plus complexe ». La révélation tombe en plein Atlas, sur une population berbère déjà vacillante sur ses croyances. Ceux qui n’ont plus la foi depuis longtemps assistent aux événements sans réelle réaction, tandis que les plus fervents sont ébranlés. C’est un moment fort du film où l’on voit ceux qui s’en remettaient à Dieu commencer à douter, pleurer de se sentir abandonnés, refuser l’évolution de l’humanité. On pense aux Xipéhuz de Rosny aîné, accentué par la solitude soudaine de l’individu. L’univers n’est pas transformé, on ne voit pas de mutants ou des antennes qui poussent dans des endroits improbables, c’est bien l’inquiétante étrangeté du vertige au cœur du connu.
 
Chacun se retrouve à devoir composer en soi-même avec cette nouvelle donne. Nous ne sommes plus seuls, mais ce qui faisait société éclate. La cohésion religieuse pousse les fidèles vers la mosquée, la foi devrait être le dernier refuge face à cet ébranlement du monde. La communion est un miracle humain, un moment d’unisson. Mais tout est balayé par une force bien supérieure, quelque chose de Gaïa qui fond tous les esprits en un seul.
 
C’est pourquoi le surgissement de cette structure de pensée unique dans un monde pieux est assez intéressant, et peut rappeler les pensées qui tiraillent les personnages de Curval dans Le Ressac de l’espace, ou la fin du cycle de Fondation  : le libre arbitre qui nous permet de choisir de croire ou pas, de suivre telle ou telle doctrine, de combattre les autres, de s’auto-détruire ou de s’associer librement pour construire un monde meilleur, pourrait-on abandonner tout ça pour un se fondre dans un superorganisme qui garantit la paix perpétuelle, voire la vie éternelle, au prix de l’intime et d’individualité ?
 
Le film est très beau, il présente la société berbère d’aujourd’hui, traversée par ses propres luttes entre tradition et modernité. L’emploi de la langue amazigh a d’ailleurs été saluée comme une volonté de faire entendre d’autres voix dans le cinéma marocain.
 
Je finis par un point négatif : le film est trop court. En 1h30, la réalisatrice met en place une société, des personnages, un événement, et nous laisse au moment où l’on voudrait savoir comment ils vont s’en sortir. C’est dommage car le genre et l’approche ne se prêtent pas à une suite. S’il venait à l’idée de Sofia Alaoui d’en faire une série, on aurait quelque chose d’intéressant à voir.

ANIMALIA - Visuel 6 @ AD VITAM | https://www.advitamdistribution.com/films/animalia/#downloads
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ANIMALIA - Visuel 4 @ AD VITAM | https://www.advitamdistribution.com/films/animalia/#downloads
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Bande-annonce


Bruno Blanzat
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