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Comment évolue-t-on du statut de lecteur passionné à celui de fan ? Qu'est-ce qu'un fan ? Est-ce une créature qui fuit une réalité qu'il juge terne au profit de rêves qui l'emportent au-delà des barrières du temps et de l'espace ? Je ne sais pas. Je me souviens simplement que, au milieu de ces années 70, le monde qui m'entourait m'indifférait et seules comptaient la fréquentation des librairies spécialisées, les rencontres avec les auteurs que j'adulais. Bref, en ce milieu de décennie j'étais bel et bien devenu un fan, c'est à dire un drôle d'animal.
Je ne saurais plus situer ni relater les circonstances qui me firent intégrer l'équipe de rédaction de « Horizons du Fantastique ». Mes premières contributions furent effectives à partir du n° 35, au tout début de 1975, mais j'y avais mis les pieds avant. Pour moi c'était une consécration ! HdF était une revue semi-professionnelle qui, quoique tirant à 25000 exemplaires, se gardait bien de rémunérer ses collaborateurs. J'y fis la connaissance de Serge Bénard qui mena ultérieurement une belle carrière chez Dargaud comme rédacteur en chef de « Rustica », de Daniel Riche avec qui je me fâchais quelques années plus tard, de Pierre K Rey, un homme adorable, de Richard Nolane et donc, l'un n'allant pas sans l'autre, de Charles Moreau. Le directeur, Dominique Besse, travaillait au journal « Le Monde », au service publicité. De ce fait, il parvenait à faire intercaler régulièrement des encadrés en faveur de HdF dans ce grand quotidien. Il avait fondé la revue à la fin des années 60 avec Alain Schlockoff, mais le mariage avait été de très courte durée. Alain dirige toujours la revue «L'écran fantastique » où opèrent encore les vieux compères Andrevon et Fontana.
Je passais donc du temps dans les locaux sis rue Cadet à Paris, à lire – en vue d'une sélection - la pile énorme de nouvelles reçues que Dominique laissait s'accumuler sans vraiment s'en soucier – c'était une vraie purge ! Evidemment, dans le lot, il y avait du Brussolo ! Serge, qui n'avait encore rien publié, envoyait des textes à la pelle à toutes les revues et fanzines possibles. C'est dans ce contexte que parurent mes premières critiques « semi-professionnelles » et que je me fis immédiatement des ennemis ce qui, dans le petit monde agité de la SF d'alors, était très facile.
En redécouvrant ces premiers essais, je me dis que j'étais vraiment un jeune c..., (aujourd'hui j'en suis un vieux, c'est un peu différent). Dans ma toute première critique, j'avais démoli la plupart des textes de l'anthologie de Henri-Luc Planchat, « Dédale 1 », tel un petit coq imbu de suffisance. Seul le texte de Michel Jeury et Katia Alexandre avait eu ma faveur. (Michel m'en remercia à Angoulême). Aujourd'hui, sans doute un peu plus mûr et tolérant, je professe que, lorsque l'on n'aime pas quelque chose – ici un livre – on n'en parle pas. D'abord parce qu'un avis est par nature subjectif, ensuite parce que dézinguer l'oeuvre d'un auteur/auteure n'apporte pas de valeur ajoutée et relève d'une certaine forme de sadisme.
Fort de cette expérience malencontreuse, je m'en tiens de nos jours à ces règles. C'est aussi dans le cadre d'HdF que je fis la connaissance d'Yvon Cayrel, un personnage haut en couleurs et un super dessinateur. J'aurais le plaisir de le revoir quarante et quelques années plus tard à Sèvres. C'est aussi sans doute grâce à ma collaboration avec HdF que je rencontrai Jacques Guiod, Philippe Goy et Bernard Villaret alors de passage en France (il résidait ordinairement en Polynésie). Jacques Guiod me donna quelques articles pour Axolotl (publié vers la même époque) et une interview de B R Bruss destinée à un second numéro de ce fanzine qui ne vit jamais le jour.
Justement, dans ce cadre, j'avais contacté B R Bruss/Roger Blondel, de son vrai nom René Bonnefoy. Contrairement à ce qu'écrivit Charles Moreau des décennies plus tard, on savait à l'époque que cet homme avait occupé de hautes fonctions à Vichy, sans vraiment creuser le sujet. B R Bruss – gardons ce pseudonyme – me reçut fort aimablement dans son appartement parisien situé dans une des tours du 13ème arrondissement. Il alternait les séjours entre la capitale et la demeure – Gérard Klein parle de manoir – qu'il possédait en Haute-Loire ou dans le Puy de Dôme, je ne sais plus. C'était un monsieur très distingué et courtois, et notre conversation roula en partie – je m'en souviens bien – sur l'oeuvre de Nathalie Henneberg qu'il admirait. J'avais dû lui remettre un exemplaire d'Axolotl 1 en lui annonçant la publication de son interview pour le numéro suivant. Il me remit gentiment un portrait de lui pour l'illustrer, en me faisant promettre de le lui rapporter après usage. Bon, il n'en fut rien. Axolotl ne connut pas de n°2 et l'interview, comme la photo, furent récupérées par Charles Moreau qui les mit en ligne sur le net, où elles y sont toujours.
René Bonnefoy/B R Bruss avait un passé de journaliste et de rédacteur en chef de quotidien, par conséquent il me parla longuement de « La Montagne », le journal Clermontois dont il me disait avec un rien de fierté auvergnate, qu'il tirait alors à 800000 exemplaires ! Récemment, je me suis fendu d'articles sur lui, convaincu que, quoique maître de la censure sous Vichy, il ne fut pas un fanatique. Il avait sans doute cédé aux injonctions d'un Laval auquel il ne pouvait rien refuser. C'est là mon interprétation et je me trompe peut-être. Pour moi, l'humanisme qui se dégage de ses livres suffit à prouver que c'était un homme tolérant. Quoi qu'il en fut, c'était un immense écrivain, et la lecture d'oeuvres comme « Le boeuf » ou « L'archange » le démontre sans peine.
Tout feu tout flamme, je ne me contentais pas de participer à HdF. Une autre revue était apparue, « Argon », dirigée par Alain Detallante, qui accueillit quelques-unes de mes critiques aux côtés de celles d'Andrevon ou du père Nolane. Grenouiller dans le fandom d'alors en France, c'était forcément se faire cataloguer par de brillants esprits comme se situant à gauche ou à droite de l'échiquier politique. Or moi, du haut de mes 19 ans, la politique je n'en avais strictement rien à cirer, mais il en allait autrement de certaines figures du milieu qui commençaient à s'imposer et à étendre leur influence, comme Bernard Blanc. De même - libéralisation des mœurs post 68 oblige - il était devenu à la mode pour certains de parsemer leurs récits de scènes de cul sans vraiment parvenir au niveau de « Gare à la bête » de Farmer. Je ne dis pas qu'il fallait continuer de verser dans le puritanisme : introduire une dose de sexe marquait une rupture bienvenue avec la rigueur hypocrite d'antan ; mais j'avais la conviction que la littérature « porno », par destination et surtout lorsqu'elle est illustrée, se prêtait mieux à ce genre de mise en scène qu'une nouvelle de SF ! C'était un peu le message que j'avais tenté de faire passer à propos de la nouvelle de Daniel Walther « Le CINEMA mental de Belinda Blue » parue dans « Dédale 1 ». Daniel n'apprécia pas du tout mes propos et m'envoya une volée de bois vert dans la tribune libre du numéro d'HdF qui suivit ma critique. On se foutait joyeusement sur la gueule dans le petit monde de la SF d'alors : c'était le bon temps !
Outre mes activités épistolaires, mes achats frénétiques de bouquins, en particulier de pulps auprès des librairies « Temps Futurs » et « Azathot », je participai à mes premières conventions. Branché par Roland Prévot, je m'inscrivis à la Sfancon 74 qui se déroulait à Gand. Avec une organisation millimétrée, un hébergement parfait, une restauration et des activités (conférences, rencontres, sans parler du bar...) réunis sur le même site (la faculté alors en congés) je garde un excellent souvenir de ces manifestions (J'y retournai en 1975). (Par contre la compote à la place du pain : traumatisé à vie !)
C'est là que je fis la connaissance de Claude Cheinisse, et le courant passa immédiatement entre nous deux malgré son caractère un rien bourru. Il me semble que Christine Renard, son épouse, était absente. Je ne la vis qu'à Angoulême. Quand on sait comment Claude mit fin à ses jours, il y a de quoi pleurer...
Ces conventions (les Sfancon) étaient vraiment bon enfant et l'on y croisait des pointures anglaises (Brian Aldiss, Kenneth Bulmer...). Mon seul regret est ne n'y avoir pas rencontré Claude Dumont dont j'appréciais énormément « Octazine », fanzine Belge dans lequel je publiai ultérieurement une nouvelle, « Euryale », refondue des décennies plus tard pour une anthologie des éditions « Sombres Rets ». Et il y avait l'inamovible Jean-Paul Cronimus toujours bardé d'appareils photos.
Je ne sais plus pourquoi je ne me suis pas rendu à celle de Grenoble, qui se tint vers cette époque. Jacques Avoine (voir Souvenirs faniques - 2) qui y participa en fit un retour assez peu enthousiaste. Arriva Angoulême. Tout le gratin de la SF française s'y pressa, à l'exception de quelques pointures. Nous étions hébergés dans un couvent de bonnes sœurs, et voir Bernard Blanc et sa cour évoluer dans ce milieu monacal avait quelque chose de rigolo. C'est à cette occasion que je fis la connaissance « in live » de Michel Jeury, Richard Nolane (qui arborait tout à propos un chapeau de curé), de Jacques Sadoul - qui me fit remarquer que lui n'aurait jamais sorti ses pulps de ses rayonnages (en effet j'en avais apporté une pleine valise à fin d'exposition) de Daniel Drode ou encore de Francis Carsac. Ce dernier, contrairement à mes opinions d'alors, m'avait fait comprendre sans équivoque que le service militaire était absolument nécessaire (je devais être incorporé deux mois plus tard et n'envisageais pas cette perspective d'un bon œil). Je devais presqu'être heureux de le faire selon lui ! Pierre Barbet était là aussi bien sûr, George Barlow, Marianne Leconte et John Brunner aussi. Que de souvenirs !
Enfin j'ai un petit pincement au cœur pour Johanne Marsais et Jean-Pierre Planque, côtoyés à cette occasion. Je passe sur la séance de cinéma où l'on nous proposa un superbe navet – je ne me rappelle même plus du titre - qui fit que le spectacle se déplaça de l'écran vers la salle.
C'est ainsi que j'ai pu comparer ce qui se faisait en Belgique versus la France. Malgré les efforts et la gentillesse des organisateurs qui sortaient quotidiennement un numéro du « Popilius » - fanzine/bulletin de la convention - il n'y avait pas photo !
Mais le meilleur était à venir avec Salon de Provence !
🔁 à suivre...
Je ne saurais plus situer ni relater les circonstances qui me firent intégrer l'équipe de rédaction de « Horizons du Fantastique ». Mes premières contributions furent effectives à partir du n° 35, au tout début de 1975, mais j'y avais mis les pieds avant. Pour moi c'était une consécration ! HdF était une revue semi-professionnelle qui, quoique tirant à 25000 exemplaires, se gardait bien de rémunérer ses collaborateurs. J'y fis la connaissance de Serge Bénard qui mena ultérieurement une belle carrière chez Dargaud comme rédacteur en chef de « Rustica », de Daniel Riche avec qui je me fâchais quelques années plus tard, de Pierre K Rey, un homme adorable, de Richard Nolane et donc, l'un n'allant pas sans l'autre, de Charles Moreau. Le directeur, Dominique Besse, travaillait au journal « Le Monde », au service publicité. De ce fait, il parvenait à faire intercaler régulièrement des encadrés en faveur de HdF dans ce grand quotidien. Il avait fondé la revue à la fin des années 60 avec Alain Schlockoff, mais le mariage avait été de très courte durée. Alain dirige toujours la revue «L'écran fantastique » où opèrent encore les vieux compères Andrevon et Fontana.
Je passais donc du temps dans les locaux sis rue Cadet à Paris, à lire – en vue d'une sélection - la pile énorme de nouvelles reçues que Dominique laissait s'accumuler sans vraiment s'en soucier – c'était une vraie purge ! Evidemment, dans le lot, il y avait du Brussolo ! Serge, qui n'avait encore rien publié, envoyait des textes à la pelle à toutes les revues et fanzines possibles. C'est dans ce contexte que parurent mes premières critiques « semi-professionnelles » et que je me fis immédiatement des ennemis ce qui, dans le petit monde agité de la SF d'alors, était très facile.
En redécouvrant ces premiers essais, je me dis que j'étais vraiment un jeune c..., (aujourd'hui j'en suis un vieux, c'est un peu différent). Dans ma toute première critique, j'avais démoli la plupart des textes de l'anthologie de Henri-Luc Planchat, « Dédale 1 », tel un petit coq imbu de suffisance. Seul le texte de Michel Jeury et Katia Alexandre avait eu ma faveur. (Michel m'en remercia à Angoulême). Aujourd'hui, sans doute un peu plus mûr et tolérant, je professe que, lorsque l'on n'aime pas quelque chose – ici un livre – on n'en parle pas. D'abord parce qu'un avis est par nature subjectif, ensuite parce que dézinguer l'oeuvre d'un auteur/auteure n'apporte pas de valeur ajoutée et relève d'une certaine forme de sadisme.
Fort de cette expérience malencontreuse, je m'en tiens de nos jours à ces règles. C'est aussi dans le cadre d'HdF que je fis la connaissance d'Yvon Cayrel, un personnage haut en couleurs et un super dessinateur. J'aurais le plaisir de le revoir quarante et quelques années plus tard à Sèvres. C'est aussi sans doute grâce à ma collaboration avec HdF que je rencontrai Jacques Guiod, Philippe Goy et Bernard Villaret alors de passage en France (il résidait ordinairement en Polynésie). Jacques Guiod me donna quelques articles pour Axolotl (publié vers la même époque) et une interview de B R Bruss destinée à un second numéro de ce fanzine qui ne vit jamais le jour.
Justement, dans ce cadre, j'avais contacté B R Bruss/Roger Blondel, de son vrai nom René Bonnefoy. Contrairement à ce qu'écrivit Charles Moreau des décennies plus tard, on savait à l'époque que cet homme avait occupé de hautes fonctions à Vichy, sans vraiment creuser le sujet. B R Bruss – gardons ce pseudonyme – me reçut fort aimablement dans son appartement parisien situé dans une des tours du 13ème arrondissement. Il alternait les séjours entre la capitale et la demeure – Gérard Klein parle de manoir – qu'il possédait en Haute-Loire ou dans le Puy de Dôme, je ne sais plus. C'était un monsieur très distingué et courtois, et notre conversation roula en partie – je m'en souviens bien – sur l'oeuvre de Nathalie Henneberg qu'il admirait. J'avais dû lui remettre un exemplaire d'Axolotl 1 en lui annonçant la publication de son interview pour le numéro suivant. Il me remit gentiment un portrait de lui pour l'illustrer, en me faisant promettre de le lui rapporter après usage. Bon, il n'en fut rien. Axolotl ne connut pas de n°2 et l'interview, comme la photo, furent récupérées par Charles Moreau qui les mit en ligne sur le net, où elles y sont toujours.
René Bonnefoy/B R Bruss avait un passé de journaliste et de rédacteur en chef de quotidien, par conséquent il me parla longuement de « La Montagne », le journal Clermontois dont il me disait avec un rien de fierté auvergnate, qu'il tirait alors à 800000 exemplaires ! Récemment, je me suis fendu d'articles sur lui, convaincu que, quoique maître de la censure sous Vichy, il ne fut pas un fanatique. Il avait sans doute cédé aux injonctions d'un Laval auquel il ne pouvait rien refuser. C'est là mon interprétation et je me trompe peut-être. Pour moi, l'humanisme qui se dégage de ses livres suffit à prouver que c'était un homme tolérant. Quoi qu'il en fut, c'était un immense écrivain, et la lecture d'oeuvres comme « Le boeuf » ou « L'archange » le démontre sans peine.
Tout feu tout flamme, je ne me contentais pas de participer à HdF. Une autre revue était apparue, « Argon », dirigée par Alain Detallante, qui accueillit quelques-unes de mes critiques aux côtés de celles d'Andrevon ou du père Nolane. Grenouiller dans le fandom d'alors en France, c'était forcément se faire cataloguer par de brillants esprits comme se situant à gauche ou à droite de l'échiquier politique. Or moi, du haut de mes 19 ans, la politique je n'en avais strictement rien à cirer, mais il en allait autrement de certaines figures du milieu qui commençaient à s'imposer et à étendre leur influence, comme Bernard Blanc. De même - libéralisation des mœurs post 68 oblige - il était devenu à la mode pour certains de parsemer leurs récits de scènes de cul sans vraiment parvenir au niveau de « Gare à la bête » de Farmer. Je ne dis pas qu'il fallait continuer de verser dans le puritanisme : introduire une dose de sexe marquait une rupture bienvenue avec la rigueur hypocrite d'antan ; mais j'avais la conviction que la littérature « porno », par destination et surtout lorsqu'elle est illustrée, se prêtait mieux à ce genre de mise en scène qu'une nouvelle de SF ! C'était un peu le message que j'avais tenté de faire passer à propos de la nouvelle de Daniel Walther « Le CINEMA mental de Belinda Blue » parue dans « Dédale 1 ». Daniel n'apprécia pas du tout mes propos et m'envoya une volée de bois vert dans la tribune libre du numéro d'HdF qui suivit ma critique. On se foutait joyeusement sur la gueule dans le petit monde de la SF d'alors : c'était le bon temps !
Outre mes activités épistolaires, mes achats frénétiques de bouquins, en particulier de pulps auprès des librairies « Temps Futurs » et « Azathot », je participai à mes premières conventions. Branché par Roland Prévot, je m'inscrivis à la Sfancon 74 qui se déroulait à Gand. Avec une organisation millimétrée, un hébergement parfait, une restauration et des activités (conférences, rencontres, sans parler du bar...) réunis sur le même site (la faculté alors en congés) je garde un excellent souvenir de ces manifestions (J'y retournai en 1975). (Par contre la compote à la place du pain : traumatisé à vie !)
C'est là que je fis la connaissance de Claude Cheinisse, et le courant passa immédiatement entre nous deux malgré son caractère un rien bourru. Il me semble que Christine Renard, son épouse, était absente. Je ne la vis qu'à Angoulême. Quand on sait comment Claude mit fin à ses jours, il y a de quoi pleurer...
Ces conventions (les Sfancon) étaient vraiment bon enfant et l'on y croisait des pointures anglaises (Brian Aldiss, Kenneth Bulmer...). Mon seul regret est ne n'y avoir pas rencontré Claude Dumont dont j'appréciais énormément « Octazine », fanzine Belge dans lequel je publiai ultérieurement une nouvelle, « Euryale », refondue des décennies plus tard pour une anthologie des éditions « Sombres Rets ». Et il y avait l'inamovible Jean-Paul Cronimus toujours bardé d'appareils photos.
Je ne sais plus pourquoi je ne me suis pas rendu à celle de Grenoble, qui se tint vers cette époque. Jacques Avoine (voir Souvenirs faniques - 2) qui y participa en fit un retour assez peu enthousiaste. Arriva Angoulême. Tout le gratin de la SF française s'y pressa, à l'exception de quelques pointures. Nous étions hébergés dans un couvent de bonnes sœurs, et voir Bernard Blanc et sa cour évoluer dans ce milieu monacal avait quelque chose de rigolo. C'est à cette occasion que je fis la connaissance « in live » de Michel Jeury, Richard Nolane (qui arborait tout à propos un chapeau de curé), de Jacques Sadoul - qui me fit remarquer que lui n'aurait jamais sorti ses pulps de ses rayonnages (en effet j'en avais apporté une pleine valise à fin d'exposition) de Daniel Drode ou encore de Francis Carsac. Ce dernier, contrairement à mes opinions d'alors, m'avait fait comprendre sans équivoque que le service militaire était absolument nécessaire (je devais être incorporé deux mois plus tard et n'envisageais pas cette perspective d'un bon œil). Je devais presqu'être heureux de le faire selon lui ! Pierre Barbet était là aussi bien sûr, George Barlow, Marianne Leconte et John Brunner aussi. Que de souvenirs !
Enfin j'ai un petit pincement au cœur pour Johanne Marsais et Jean-Pierre Planque, côtoyés à cette occasion. Je passe sur la séance de cinéma où l'on nous proposa un superbe navet – je ne me rappelle même plus du titre - qui fit que le spectacle se déplaça de l'écran vers la salle.
C'est ainsi que j'ai pu comparer ce qui se faisait en Belgique versus la France. Malgré les efforts et la gentillesse des organisateurs qui sortaient quotidiennement un numéro du « Popilius » - fanzine/bulletin de la convention - il n'y avait pas photo !
Mais le meilleur était à venir avec Salon de Provence !
🔁 à suivre...

