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Rendez-vous à Céres | Southeast Jones | 2020


Un article ajouté/rédigé par | 06/11/2022 | Lu 224 fois




"Un homme des étoiles attend dans le ciel. Il aimerait venir nous rencontrer."
(Starman, David Bowie, 1972)

 
C'est en 1978, à Rotterdam, que j'ai "rencontré" David Bowie, lors de son Stage Tour. Fan de SF depuis ma plus tendre enfance, j'avais devant moi un véritable extraterrestre et le choc fut si violent que je ne peux que le comparer à un "coup de foudre". Starman correspond autant à mes goûts littéraires que musicaux, c'est pourquoi je me suis inspiré de cette chanson pour écrire ce texte.

Bonne lecture !

Southeast Jones

Rendez-vous à Céres

John Blaylock avait été sélectionné pour faire partie de la troisième expédition vers Mars ; dans un peu moins d’un mois, il était prévu qu’il rejoigne la toute jeune colonie installée au cœur d’Amazonia Planitia en tant qu’exobiologiste. Bientôt, il foulerait le sol de la planète rouge. Mieux, il allait y vivre pendant presque trois ans. Mars ! Il en avait rêvé presque toute sa vie. C’est d’ailleurs ce qui l’avait poussé à entreprendre des études aussi poussées, où se mêlaient des disciplines aussi variées que la climatologie, la chimie et la géochimie, mais aussi la planétologie ainsi que la plupart des branches de la biologie, pour ne citer que celles-là.

La phase d’entraînement s’était terminée quelques semaines plus tôt, il avait depuis été examiné sous toutes les coutures avant d’être déclaré apte au départ. Il était aussi prêt qu’il pouvait l’être. Mais ce matin, il était d’humeur maussade. Le fax qu’il venait de recevoir lui annonçait le report de la mission sine die. Point de justification à cette nouvelle, sinon l’assurance qu’il serait recontacté, sans plus de précision. Il chercha en vain les raisons qui pouvaient motiver une telle décision, tout en imaginant le pire. Le lanceur ou la navette avaient-ils un problème ? À moins qu’il n’y ait eu un accident sur la colonie, mais il écarta d’office cette idée : Stickney Station sur Phobos, avait en permanence une deuxième navette prévue à cet effet et prête à décoller en quelques minutes à peine. De toute façon, songea-t-il, les médias n’auraient pas manqué d’être au courant.

Blaylock, choqué, remarqua seulement après coup la note de bas de page. Il reconnut immédiatement l’écriture en pattes de mouche de son vieil ami Jareth, l’invitant à participer à un briefing dans les locaux de L’International Space Center, que sa présence revêtait une importance capitale, et qu’il n’allait pas regretter le voyage. Quel qu’en fut le motif, la décision de reporter le vol vers Mars ne devait pas dater de plus de quelques jours. Ils s’étaient parlés la semaine précédente et à aucun moment Jareth ne lui avait paru inquiet à ce propos. Il décida néanmoins de le visiophoner pour obtenir plus de précisions. Comme il s’en doutait, celui-ci s’attendait à son appel, mais il refusa d’en dire plus.

« Sécurité nationale », chuchota-t-il d’une voix de conspirateur. La réunion a lieu à treize heures, sois là à onze. Je te verrais avant, car nous avons à parler.

Désappointé autant qu’intrigué, il coupa la communication et commença à faire ses bagages. Le rendez-vous était prévu pour le surlendemain.

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Note

Ce texte a été publié pour la première fois en 2020 dans l'anthologie Dimension Rock chez Rivière Blanche.

Source

Texte @ Southeast Jones, tous droits réservés




💬Commentaires

1.Posté par Koyolite TSEILA le 06/11/2022 07:04 | Alerter
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KoyoliteTseila
Cette lecture est prenante ! A peine commencée, il m’a été impossible de la lâcher avant son dernier mot. Comment ne pas s’imprégner de cette musique au travers de ce texte ? Elle est omniprésente. Et en plus, elle est un message… une invitation à un rendez-vous pour une première prise de contact pacifique à la Rencontres du troisième Type, une démarche comme je les apprécie. Une jolie idée de scénario, fort bien présentée et amenée au cours de ce petit récit, un exercice pas évident, mais réussi. Une excellente nouvelle avec une chute abrupte, inattendue, mais à y réfléchir, logique.

2.Posté par Erwelyn CULTURE MARTIENNE le 06/11/2022 09:15 | Alerter
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erwelyn
Je ne suis pas une fan de Bowie. Donc je connais sans connaitre. J'ai donc réécouté Starman et surtout relu les paroles. C'est important pour mieux apprécier l'hommage de Southeast Jones qui n'en dénature donc pas la portée, mieux : la transcende. Le début de la nouvelle et la présentation du contexte et des persos est un peu convenu mais ensuite, l'histoire et sa musicalité prennent le dessus et, effectivement (Koyolite), la fin est très logique. J'ai aimé ☺

3.Posté par Djackdah RIKER le 06/11/2022 13:34 | Alerter
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Djackdah
Je remets ici le bien que j'en avais pensé à l'époque :

Préparation d'un Premier Contact, cette nouvelle est représentative de ce à quoi l'auteur nous a habitué dans ses deux recueils personnels, une histoire courte et abrupte, qui aurait le potentiel d'un roman mais qui ne présente qu'un bref moment de vie.
La lecture envoie immédiatement les notes de Bowie dans la tête, Starman en premier évidemment, mais aussi Space Oddity, pour un petit moment de lecture qui passe le temps d'une chanson, mais reste en tête après à imaginer ce qui n’est pas écrit, avec une bouffée d'optimisme dans la dernière partie.

4.Posté par Jean Christophe GAPDY le 13/11/2022 10:54 | Alerter
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JCGapdy
Ayant eu la chance et le plaisir de bêta-lire cette nouvelle en 2019, il m’est difficile d'en parler s’en être taxé de parti pris 😉. Forcément, j’avais déjà aimé à l’époque. Et forcément, j’aime toujours et l’idée et l’histoire jusqu’à sa chute à laquelle on pourrait ne pas s’attendre si on ne connaît pas suffisamment les écrits du sieur Southeast Jones. J’avoue aussi que j’apprécie Bowie depuis longtemps, avec une explosion liée à la gifle encaissée lors d’un film-choc dans lequel il joue son propre rôle (il y interprète au cours d’un concert « Station to Station ») et où plusieurs de ses chansons sont utilisées (l’album les regroupant sort en 1981, simultanément au film, année où j’étais étudiant à Lyon).
Du coup, en se mettant en musique de fond des titres comme « The man who sold the world », « Life on Mars », « Space Oddity » (et son célèbre Major Tom), voire l’album de « The rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars » (avec l’androgyne tout aussi célèbre qu’est Ziggy).
Bref, Southeast Jones nous offre là un petit plaisir de lecture, avec ce voyage vers Mars et Cérès. Ce qui, bien sûr, est à ne surtout pas manquer.

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