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Odyssée spectrale | Philippe Lemaire | 2020


Un article ajouté/rédigé par | 05/11/2020 | Lu 694 fois




Odyssée spectrale | Philippe Lemaire | 2020
Après que Georges ait entièrement déployé la grand-voile, le bateau prit un peu de vitesse, et les hurlements des monstres commencèrent à retentir dans la nuit. Surgissant de différents endroits du littoral, des visages blafards glissaient sur l’eau en filant dans leur direction, mais tous stoppaient dès qu’ils apercevaient les crucifix brandis. Ceux qui ne hurlaient pas marmonnaient des imprécations en tous genres mais, bientôt, ils cessèrent de les poursuivre, et les monstrueux faciès grimaçants disparurent dans la nuit un à un. 

Quitter la jungle tropicale recouvrant l’île de Jersey n’est pas une sinécure pour un garçon de dix-sept ans n’ayant jamais mis les pieds sur le continent. Évidemment, la présence à ses côtés d’authentiques adultes se veut rassurante, surtout qu’il ne s’agit que d’une expédition de récupération dans les ruines de ce qui fut autrefois Granville, une petite ville de l’ancien monde. Tout devrait bien se passer, car il y a bien longtemps que plus personne n’a signalé de pirates dans cette région... Et puis après tout, elle est si éloignée des contrées où sévissent encore des vampires...

Fiche de lecture

Pour le commun des mortels, faire du voilier ne peut être qu’une partie de plaisir, un moment de détente et d’évasion. Il en va tout autrement lorsque l’on pratique cette discipline dans l’univers de Philippe Lemaire où d’ailleurs, le seul point commun est que cela reste... une véritable évasion !
 
Voici une nouvelle fois le lecteur projeté dans le temps (cf. : Stryges). L’histoire commence en effet dans un futur plus ou moins éloigné. J’utilise le terme « plus ou moins » car, en dépit de toute l’attention que j’ai porté sur les détails des différents décors et paysages post-apocalyptiques, je n’ai pu déterminer à quelle époque (siècle ?) se passe cette aventure.
 
Des questionnements intrigants
 
Malgré énormément de détails expliquant l’état de cette ère d’après-guerre, tant au niveau de ce qui reste des bâtiments ou de la prolifération des forêts luxuriantes, d’autres éléments perturbent mon estimation.
 
En effet, des (petits) voiliers rescapés sont toujours en assez bon état, certains de leurs équipements de plaisance - tels que des mini-réfrigérateurs - sont bien là ou d’autres éléments terrestres sont aussi toujours fonctionnels (bonbonnes de gaz, armes à feu). Par contre, l’on remarque une absence totale d’anciennes infrastructures électriques parmi les ruines, d’éventuelles épaves de navires géants échoués, de voitures en décomposition, de camions à l’abandon ou d’avions écrasés.
 
La question se complique d’ailleurs quand des navires trois mâts en bois sont toujours utilisés par de répugnants et nauséabonds « déchets de pirates ».
 
Questionnements intrigants oui, mais non-moins passionnants ! Cela m’est resté tout au long de ma lecture. J’ose d’ailleurs dire que coté décor, cela m’a fait penser à La Planète des Singes mais la vraie, la version 60-70.
 
Un périple qui en rappelle un autre
 
Au fil des évènements vécus par les différents personnages, je n’ai pu m’empêcher de repenser à Stryges, car ce périple est tout aussi immersif et passionnant.
 
On voyage avec eux, non plus à cheval mais en bateau, on s’attache beaucoup à certains, on espère pour eux, on les accompagne et tout comme on le remarque dans Stryges, il ne faut pas attaquer ce genre de roman en espérant (ou en craignant) être constamment entouré de vampires sanguinolents tout au long de sa lecture. Pas du tout ! Eloignez de vous cette idée surtout, car une fois encore, l’auteur nous détaille une évolution des personnages, dont un en particulier. Je dirais même que l’on pourrait tous s’identifier à ce dernier.
 
Un auteur quelque peu sadique ??
 
Voici une idée qui me poursuit ! Parfois trop cruel, parfois pas assez, mais bon sang (!) qu’est-ce qu’on peut lui en vouloir parfois à ce Philippe Lemaire ! Il prend un malin plaisir à jouer autant avec ses personnages (attachants ou répugnants) qu’à manipuler ses lecteurs ! J’ai presqu’envie de dire qu’il est aussi sadique avec les uns qu’avec les autres avec sa manie de faire disparaître ou laisser vivre certains acteurs issus de son imagination diabolique.
 
Un final sur une fin ou sur une faim ?
 
Naïveté, obstacle, défi, combat, rencontre, amour, désir, plaisir, survie, mort, déception, révolte, espérance… voici tous les remous de la vie sur lesquels Philippe Lemaire nous invite à naviguer dans son Odyssée Spectrale.
 
Tout comme je l’ai fait, à vous d’en apprécier à votre façon, le cap final…

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1.Posté par Koyolite TSEILA le 29/03/2022 12:12 | Alerter
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KoyoliteTseila
« J’avoue avoir du mal à imaginer ce qu’il va se passer ce soir, mais j’ai bien l’impression que ça va péter du feu de Dieu ! Pour sûr ! Aller empaler et décapiter un mort qui ne veut pas mourir… Bon sang ! Mon père m’aurait botté le cul pour bien moins que ça, boudiou ! »

En ce qui me concerne, à l’exception d’un Bal d’anthologieau cours duquel je me suis bien amusée, les vampires j’évite de les côtoyer de trop près. Ces morts-vivants aux longues dents pointues forcent le respect. Et puis, naviguer en permanence avec de l’ail, des pieux et des croix plein les poches, ça m’encombre, surtout lorsque je dois manœuvrer mon navire ou mettre la pâtée à de malpropres marins d’eau douce. Cependant, j’ai depuis longtemps envie de lire du Philippe Lemaire. Craintive de nature (pour vous dire, j’ai même la trouille devant Independance Day- on ne rit pas !), j’avais donc une certaine appréhension à me lancer dans cette Odyssée spectrale. Néanmoins, la curiosité a pris le dessus sur la peur. Veni, vidi, vici. J’ai géré ! Alors… qu’en est-il de cette lecture ?

La Terre, quelques centaines d’années après la grande guerre. Tout ce qui jadis existait, n’est plus que ruines. Dans ces contrées postapocalyptiques sauvages, seules quelques poignées éparses d’êtres humains ont survécu. Les survivants – des êtres primitifs - se sont regroupés en colonies, hostiles les unes envers les autres. Située sur l’île de Jersey, celle du jeune Paul, de sa famille et de ses amis, est préservée des conflits et rivalités régnant sur le continent. Subsistant de la pêche et de l’agriculture, son groupe mène une vie paisible. Le quotidien consiste – entre autres - à fouiller les moindres recoins de cette terre pour en ramasser quelques matériaux d’antan, plus ou moins en bon état, pouvant servir au bien-être de la colonie. Mais un jour, alors que Paul se joint à une expédition à bord d’un voilier dans le but d’explorer un endroit plus éloigné, à priori sans danger, leur embarcation est accostée par des pirates. Malmenés et jetés à fond de cale du navire ennemi, la vie des jersiais faits prisonniers va alors basculer à tout jamais dans l’horreur…

Bon sang, mais quelle incroyable odyssée, mais quelle poursuite infernale et quelle chute finale ! Il m’aura bien fallu quelques heures et un petit remontant pour m’en remettre. Fiou ! Cette aventure en voilier, truffée de périples, de spectres et de leurs odieux valets, fait voyager le lecteur et les protagonistes de la Manche à la mer de Norvège, en passant par la mer du Nord. Aucun répit n’est accordé au cœur de ce monde de sauvagerie entretenue par ce qu’il reste de l’humanité.

Les personnages principaux – le jeune Paul et ses compagnons jersiais - sont de braves gens ordinaires, qui n’ont rien demandé, mais qui – malheureusement pour eux - se trouvent au mauvais endroit au mauvais moment. Cela pourrait arriver à chacun d’entre nous. Et voilà des anti-héros embarqués malgré eux dans une histoire invraisemblable et qui tentent de survivre comme ils le peuvent. Ce sont des personnes auxquelles je peux m’identifier et je compatis à leur piètre situation. De ce fait, je me suis aisément prise d’affection pour eux, ils sont touchants et attachants. Ils seront amenés à rencontrer Nanna - une femme forte et exceptionnelle qui lutte contre les vampires -, Runa sa fille et Tigrig son gros lynx, un trio captivant dont l’aide sera la bienvenue.

Cette odyssée est intéressante, car elle est double. Premièrement, il y a bien sûr cette incroyable aventure de Jersey à Tromso, le passage forcé d’une vie paisible à un cauchemar éveillé. Et deuxièmement, il y a l’odyssée de Paul. A l’instar de Dick Sand, protagoniste du roman Un Capitaine de quinze Ans, les épreuves endurées par le jeune garçon font de lui un homme. C’est le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Il devient donc petit à petit un héros à part entière.

Le style de Philippe Lemaire est fluide, sa plume est à la fois belle et incisive, comme ses canines. La toile de fond est soigneusement posée. Les descriptions sont efficaces et précises. A chaque escale effectuée en voilier, je me suis immergée dans le décor. Je me suis même surprise à penser que ces voyages en ces lieux exotiques et inconnus auraient certainement plu – spectres à part – à un dénommé Jules Verne.

Alors forcément, un roman qui m’évoque par deux aspects mon auteur préféré, ne peut que me plaire !

Sinon, en tant qu’amatrice de livres, je suis sensible à la qualité de leur confection et à leur apparence. En l’occurrence, c’est carton plein. L’illustration de couverture, réalisée par Philippe Lemaire, m’a séduite d’entrée. Et interpelée aussi. Il y a ce joli voilier, mais aussi ces falaises, qui m’évoquent celles des Cornouailles (sud-ouest Angleterre), région chère à mon cœur. La scène représentée m’en rappelle une de mon film préféré, Jack le Tueur de Géants, lorsqu’en pleine mer, le ciel devient subitement sombre et que des spectres attaquent le bateau de Jack. Il n’en fallait pas moins po...

2.Posté par Philippe LEMAIRE le 29/03/2022 16:01 | Alerter
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Philippe-Lemaire
Vraiment ravi que ça t'ait autant plu, Dame Koyolite, ma propre petite expérience de la voile (sur un modeste 8 mètres) m'a bien aidé pour raconter ce qu'il se passe à bord d'un voilier ;-) C'est vrai que je n'ai pas épargné mes lecteurs dans ce roman (comme dans quelques autres, hélas...), mais je promets que je ne suis pas toujours aussi méchant, à défaut d'être tout simplement gentil. C'est à cause de mes dents, j'en suis sûr. Je ne vois pas d'autre explication. ^^

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