QuatriĂšme de couverture
« DerriĂšre la brume, il nây a trĂšs exactement plus rien, Monsieur Merlin. Et vous vous demandez sans doute comment câest possible ou, ce qui revient au mĂȘme, comment on a pu en arriver lĂ . Comment et pourquoi. Eh bien, je vous appelle pour rĂ©pondre Ă ces questions. »
Dâaucuns savent quâun simple coup de tĂ©lĂ©phone peut bouleverser lâexistence. Il suffit dâun Ă©change, dâune conversation, pour que le quotidien prenne soudain une toute nouvelle direction. Dâautant plus quand la voix dans le combinĂ© vous annonce quâelle appelle du futur.
Dâaucuns savent quâun simple coup de tĂ©lĂ©phone peut bouleverser lâexistence. Il suffit dâun Ă©change, dâune conversation, pour que le quotidien prenne soudain une toute nouvelle direction. Dâautant plus quand la voix dans le combinĂ© vous annonce quâelle appelle du futur.
Avant-propos
Il fut un temps, il y a longtemps, oĂč je nâavais pas encore lu du « Arnauld Pontier ». Un temps ancien, incertain et pourtant divergeant, en tous cas un temps passĂ©, Ă moins que ce ne fĂ»t celui dâun futur, voire dâun futur antĂ©rieur.
Depuis⊠eh bien, depuis tout a changé.
Ce diable dâauteur (je ne lui trouve pas dâautre qualificatif, tant pis pour lui) a le chic pour Ă©crire Ă trois niveaux et jâapprĂ©cie Ă©normĂ©ment cela.
Dâabord, bien sĂ»r, il y a le rĂ©cit qui ne vous emmĂšne jamais lĂ oĂč vous lâattendiez alors que vous ĂȘtes au milieu de la riviĂšre et des premiers chapitres. Mais se mĂȘlent Ă cela les dĂ©tails, les petits cailloux, les indices semĂ©s çà et lĂ , ces apparences de vĂ©tilles auxquelles il faut prĂȘter attention pour dĂ©couvrir la direction quâils (i.e. notre homme de plume et ces dĂ©tails) nous indiquent avec de plus en plus de prĂ©cisions. Ces mĂȘmes cailloux forment Ă eux seuls une sorte dâhistoire dans lâhistoire, presque aussi dĂ©lectable que certaines charades Ă tiroirs. Ensuite viennent les verbes, les mots, les phrases oĂč il y a des choix dĂ©pourvus dâinnocence tant dans le vocabulaire, les tournures linguistiques, les allusions et les rĂ©fĂ©rences avec cette pointe de culture, de connaissances et de recherches sur tel ou tel sujet (lisez Sur Mars ou Dehors les hommes tombent pour en ĂȘtre convaincu si vous ne lâĂ©tiez pas dĂ©jĂ ) ; et, lĂ , avec le verbe, câest une troisiĂšme histoire qui se dessine.
De fait, Merlin, pardon, « Monsieur Merlin » respecte scrupuleusement ce canevas. Acquis et dĂ©dicacĂ© lors des Imaginales 2022 (dĂšs sa parution donc), je lâai vu arriver de fort loin, en provenance de Sagittarius, et choir dans mes mains opportunĂ©ment tendues. HĂ©las, je lâai dĂ©vorĂ© en moins dâune heure. Il est court, vif, incisif et bourrĂ© dâallusion et de rĂ©fĂ©rences.
Pour tenir compte de cela, je vous propose deux versions de mon ressenti. Je vais commencer par une premiĂšre relativement succincte et surtout light, suivie de quelques extraits du livre, avant de poursuivre par un second point de vue bien plus « barrĂ© » qui reprend un petit peu des dĂ©tails placĂ©s sur le chemin du lecteur par lâauteur qui sâest visiblement dĂ©lectĂ© avec ce texte.
Depuis⊠eh bien, depuis tout a changé.
Ce diable dâauteur (je ne lui trouve pas dâautre qualificatif, tant pis pour lui) a le chic pour Ă©crire Ă trois niveaux et jâapprĂ©cie Ă©normĂ©ment cela.
Dâabord, bien sĂ»r, il y a le rĂ©cit qui ne vous emmĂšne jamais lĂ oĂč vous lâattendiez alors que vous ĂȘtes au milieu de la riviĂšre et des premiers chapitres. Mais se mĂȘlent Ă cela les dĂ©tails, les petits cailloux, les indices semĂ©s çà et lĂ , ces apparences de vĂ©tilles auxquelles il faut prĂȘter attention pour dĂ©couvrir la direction quâils (i.e. notre homme de plume et ces dĂ©tails) nous indiquent avec de plus en plus de prĂ©cisions. Ces mĂȘmes cailloux forment Ă eux seuls une sorte dâhistoire dans lâhistoire, presque aussi dĂ©lectable que certaines charades Ă tiroirs. Ensuite viennent les verbes, les mots, les phrases oĂč il y a des choix dĂ©pourvus dâinnocence tant dans le vocabulaire, les tournures linguistiques, les allusions et les rĂ©fĂ©rences avec cette pointe de culture, de connaissances et de recherches sur tel ou tel sujet (lisez Sur Mars ou Dehors les hommes tombent pour en ĂȘtre convaincu si vous ne lâĂ©tiez pas dĂ©jĂ ) ; et, lĂ , avec le verbe, câest une troisiĂšme histoire qui se dessine.
De fait, Merlin, pardon, « Monsieur Merlin » respecte scrupuleusement ce canevas. Acquis et dĂ©dicacĂ© lors des Imaginales 2022 (dĂšs sa parution donc), je lâai vu arriver de fort loin, en provenance de Sagittarius, et choir dans mes mains opportunĂ©ment tendues. HĂ©las, je lâai dĂ©vorĂ© en moins dâune heure. Il est court, vif, incisif et bourrĂ© dâallusion et de rĂ©fĂ©rences.
Pour tenir compte de cela, je vous propose deux versions de mon ressenti. Je vais commencer par une premiĂšre relativement succincte et surtout light, suivie de quelques extraits du livre, avant de poursuivre par un second point de vue bien plus « barrĂ© » qui reprend un petit peu des dĂ©tails placĂ©s sur le chemin du lecteur par lâauteur qui sâest visiblement dĂ©lectĂ© avec ce texte.
Fiche de lecture | Version courte
Je vous rassure nul besoin de reconnaĂźtre ou de comprendre toutes les rĂ©fĂ©rences pour apprĂ©cier lâhistoire et la plume (sans le masque). Le pitch est simple au dĂ©part : un personnage peint son autoportrait. InstallĂ© en haut dâun vieil immeuble de Paris, avec vue sur Notre-Dame et le square Vivaldi, notre « hĂ©ros » reçoit un coup (aĂŻe) de tĂ©lĂ©phone de la part d'un inconnu qui lâappelle « Monsieur Merlin » et l'informe quâil le joint depuis le futur. Cet homme lui affirme aussi quâil nây a plus rien derriĂšre cette brume qui cerne le quartier dans lequel loge et vit notre personnage. Pour autant, il serait nĂ©cessaire quâil soit curieux et aille au-delĂ pour que le futur et ses enfants puissent exister. Ce quâil a, semble-t-il, rĂ©ussi, puisque ce M. Pibrock le contacte, afin de sâassurer quâil effectue bien cette dĂ©marche.
Ă partir de lĂ , nous voici plongĂ©s dans un univers oĂč le passĂ© [de qui ? de quoi ?] et un prĂ©sent futuriste sâentremĂȘlent, le premier avec des objets anciens [dont les dates ou rĂ©fĂ©rences nous sont donnĂ©es] et le second par des Ă©quipements de pointe [livres Ă©crits au laser sur des feuilles de titane, robots nettoyeurs automatiques, informatique haut de gamme, etc.].
Et, Ă chaque chapitre, des questions vont venir nous tarauder.
La premiĂšre nous pousse Ă tenter de comprendre QUI est « Monsieur Merlin ». La seconde Ă dĂ©couvrir qui se cache derriĂšre Mr Pibrock et Mrs Robinson (jâavais presque envie de me passer le titre de Simon and Garfunkel en lisant son nom) et sâils sont rĂ©ellement du futur. La troisiĂšme de savoir ce quâest cette brume qui cache les alentours du quartier de M. Merlin. La quatriĂšme de comprendre pourquoi le temps et lâespace se mĂ©langent avec eux-mĂȘmes et quelle est lâimportance dâune recherche de lâaiĂŽn. La cinquiĂšme est liĂ©e au fait dâĂȘtre perturbĂ© par lâattitude dâĂlĂ©onore, Ă©trange « petite amie » de « Monsieur Merlin ». Quant aux suivantes, chut ! Je vous laisse les dĂ©couvrir. Peut-ĂȘtre seront-elles diffĂ©rentes des miennesâŠ
Alors rassurez-vous : lâauteur va tout vous expliquer, touche par touche, comme un peintre qui rĂ©vĂšle peu Ă peu le paysage quâil brosse de son pinceau, ou comme un joueur pose une Ă une les piĂšces dâun puzzle pour nous offrir lentement lâimage quâil reprĂ©sente. Et il fait cela en ajoutant un peu plus de mystĂšres avec chaque rĂ©ponse avant de retirer soudain et totalement le voile qui recouvrait son tableau et lâincroyable aventure quâil masquait.
Câest agrĂ©able, enlevĂ©, autant quâintrigant et attirant. Le style est parfait. Chaque scĂšne de cette piĂšce de théùtre est digne dâun grand Corneille et dâun Ă©pisode extraordinaire de La quatriĂšme Dimension.
Inutile dâespĂ©rer lire ce texte par petites Ă©tapes, genre chapitre par chapitre ; une fois happĂ©, vous nâaurez comme dans « The Twilight Zone » dâautre choix que dâaller au bout. Bref, en un moment, pardon, en un mot : câest parfait. Jâajouterai, en clin dâĆil, que le gĂ©nĂ©rique de cette sĂ©rie colle on-ne-peut-mieux Ă cette novella :
« Au-delĂ des dimensions classiques oĂč lâhomme projette ses pas, il en est une oĂč sâĂ©chappent ses pensĂ©es les plus folles. Câest une dimension aussi vaste que lâespace, aussi dĂ©mesurĂ©e que le temps. Un reflet changeant entre lâombre et la lumiĂšre. Un champ dâhypothĂšses entre la science et la superstition. Un terrain glissant entre lâabĂźme de nos frayeurs et la cime de nos connaissances. Sublimant lâimagination, faisant Ă©clater le rationnel, nous lâappellerons simplement... Monsieur Merlin, ou mĂȘme, osons-le, Arnauld Pontier » đ
Ă partir de lĂ , nous voici plongĂ©s dans un univers oĂč le passĂ© [de qui ? de quoi ?] et un prĂ©sent futuriste sâentremĂȘlent, le premier avec des objets anciens [dont les dates ou rĂ©fĂ©rences nous sont donnĂ©es] et le second par des Ă©quipements de pointe [livres Ă©crits au laser sur des feuilles de titane, robots nettoyeurs automatiques, informatique haut de gamme, etc.].
Et, Ă chaque chapitre, des questions vont venir nous tarauder.
La premiĂšre nous pousse Ă tenter de comprendre QUI est « Monsieur Merlin ». La seconde Ă dĂ©couvrir qui se cache derriĂšre Mr Pibrock et Mrs Robinson (jâavais presque envie de me passer le titre de Simon and Garfunkel en lisant son nom) et sâils sont rĂ©ellement du futur. La troisiĂšme de savoir ce quâest cette brume qui cache les alentours du quartier de M. Merlin. La quatriĂšme de comprendre pourquoi le temps et lâespace se mĂ©langent avec eux-mĂȘmes et quelle est lâimportance dâune recherche de lâaiĂŽn. La cinquiĂšme est liĂ©e au fait dâĂȘtre perturbĂ© par lâattitude dâĂlĂ©onore, Ă©trange « petite amie » de « Monsieur Merlin ». Quant aux suivantes, chut ! Je vous laisse les dĂ©couvrir. Peut-ĂȘtre seront-elles diffĂ©rentes des miennesâŠ
Alors rassurez-vous : lâauteur va tout vous expliquer, touche par touche, comme un peintre qui rĂ©vĂšle peu Ă peu le paysage quâil brosse de son pinceau, ou comme un joueur pose une Ă une les piĂšces dâun puzzle pour nous offrir lentement lâimage quâil reprĂ©sente. Et il fait cela en ajoutant un peu plus de mystĂšres avec chaque rĂ©ponse avant de retirer soudain et totalement le voile qui recouvrait son tableau et lâincroyable aventure quâil masquait.
Câest agrĂ©able, enlevĂ©, autant quâintrigant et attirant. Le style est parfait. Chaque scĂšne de cette piĂšce de théùtre est digne dâun grand Corneille et dâun Ă©pisode extraordinaire de La quatriĂšme Dimension.
Inutile dâespĂ©rer lire ce texte par petites Ă©tapes, genre chapitre par chapitre ; une fois happĂ©, vous nâaurez comme dans « The Twilight Zone » dâautre choix que dâaller au bout. Bref, en un moment, pardon, en un mot : câest parfait. Jâajouterai, en clin dâĆil, que le gĂ©nĂ©rique de cette sĂ©rie colle on-ne-peut-mieux Ă cette novella :
« Au-delĂ des dimensions classiques oĂč lâhomme projette ses pas, il en est une oĂč sâĂ©chappent ses pensĂ©es les plus folles. Câest une dimension aussi vaste que lâespace, aussi dĂ©mesurĂ©e que le temps. Un reflet changeant entre lâombre et la lumiĂšre. Un champ dâhypothĂšses entre la science et la superstition. Un terrain glissant entre lâabĂźme de nos frayeurs et la cime de nos connaissances. Sublimant lâimagination, faisant Ă©clater le rationnel, nous lâappellerons simplement... Monsieur Merlin, ou mĂȘme, osons-le, Arnauld Pontier » đ
Extraits des premiers chapitres :
Page 11 :
(NB : Je me suis reconnu dans cette phrase au travers des Gueules et de lâEnfer des Vers.)
Page 17 :
Page 22 :
Page 32 :
Page 11 :
Ce quâil sait, câest que la rĂ©alitĂ© nâest plus inaltĂ©rable, que le temps et lâespace ne sont pas ce quâils Ă©taient : des bornes bien dĂ©finies de cette rĂ©alitĂ©.
(NB : Je me suis reconnu dans cette phrase au travers des Gueules et de lâEnfer des Vers.)
Page 17 :
Mais je dois, au prĂ©alable, vous expliquer ce qui vous est arrivĂ©. Car je vous parle depuis un futur qui nâexiste que parce que vous existez.
Page 22 :
â Ce sont des piĂšces que jâentends tomber ?
â Effectivement.
â Vous ĂȘtes dans une cabine Ă piĂšces ?
â Non, jâappelle depuis ce tĂ©lĂ©phone, je vous lâai dit.
â Il y a des cabines Ă piĂšces, dans le futur ?
â Non. Pas dans lâespace public.
Page 32 :
« Monsieur Merlin », quel drÎle de nom. Est-ce véritablement le mien ? Ou est-ce un surnom ?
Et notez que cet opus ne comporte pas de calligrammes en nombre qui vous oblige Ă tourner les pages dans tous les sens pour les dĂ©chiffrer (enfin si, il en reste un, un seul Ă la fin de lâouvrage, calligramme que je ne dĂ©voilerai bien Ă©videmment pas). Par contre, figure sur certaines pages une petite « illustration » du temps qui passe, de sa fuite, de son Ă©tirement, ou dâun ancien appel tĂ©lĂ©phonique reliant au futur.
Fiche de lecture | Version longue
Une prĂ©sentation plus Ă©laborĂ©e, mais aussi relativement barrĂ©e, je dois le reconnaĂźtre⊠Si vous avez peur dâavoir mal Ă la tĂȘte, arrĂȘtez lĂ . Vous en voilĂ prĂ©venusâŠ
Il y a moult questions dans cette histoire. Un autre est de se demander : « et si la causalitĂ© et ses effets Ă©taient soudain inversĂ©s ? » Que nous resterait-il comme certitude ? Celle de la rĂ©alitĂ© ou celle de lâillusion ?
En lisant « Monsieur Merlin », certains pourraient croire que lâauteur se contente de jouer avec le temps, principalement avec sa forme infinie quâest lâaiĂŽn (qui nous donne aevus et aeon, avant de devenir Ă©on), ignorant la facilitĂ© du seul Chronos (le temps qui sâĂ©coule, vous savez un peu comme dans le sablier), mais liant ce dernier Ă Kairos (la durĂ©e, lâintervalle et lâopportunitĂ©). Car il faudra que M. Merlin puisse les dĂ©couvrir et les saisir ces opportunitĂ©s.
Si donc vous nâavez vu que cela, vous nâavez pas tournĂ© convenablement le donut dans tous les sens afin dâen observer les divers Ă©lĂ©ments ni nâen avez Ă©tudiĂ© lâintĂ©rieur en mordant dedans.
Il y a moult questions dans cette histoire. Un autre est de se demander : « et si la causalitĂ© et ses effets Ă©taient soudain inversĂ©s ? » Que nous resterait-il comme certitude ? Celle de la rĂ©alitĂ© ou celle de lâillusion ?
En lisant « Monsieur Merlin », certains pourraient croire que lâauteur se contente de jouer avec le temps, principalement avec sa forme infinie quâest lâaiĂŽn (qui nous donne aevus et aeon, avant de devenir Ă©on), ignorant la facilitĂ© du seul Chronos (le temps qui sâĂ©coule, vous savez un peu comme dans le sablier), mais liant ce dernier Ă Kairos (la durĂ©e, lâintervalle et lâopportunitĂ©). Car il faudra que M. Merlin puisse les dĂ©couvrir et les saisir ces opportunitĂ©s.
Si donc vous nâavez vu que cela, vous nâavez pas tournĂ© convenablement le donut dans tous les sens afin dâen observer les divers Ă©lĂ©ments ni nâen avez Ă©tudiĂ© lâintĂ©rieur en mordant dedans.
Série-746 Wild & Wolf | 1963
Tout commence donc par un coup de fil que reçoit M. Merlin. Mais pas sur nâimporte quel appareil, pas sur un de nos tĂ©lĂ©phones portables, tels quâun iPhone, un Samsung, un Nokia ou que sais-je. Non, lâappel lui parvient sur un vieux tĂ©lĂ©phone de 1963 (un modĂšle Ă cadran, mais que lâon ne tourne pas comme sur des appareils tels que le CIT-1958, le CIT-1962 ou le TĂ©lic-1960, le tĂ©lĂ©phone crapaud ; ici, on presse les touches prĂ©sentes dans ledit cadran). Attention, car tout est important dans les mots et les noms utilisĂ©s. Y compris le fait que M. Merlin va chercher Ă boire dans son Frigidaire, et non dans son rĂ©frigĂ©rateur, ou quâil Ă©coute de la musique sur son Rééla Tentation de 1960.
« Transistor » Rééla Tentation | 1960
MĂ©langeant ainsi un certain passĂ© [que nous connaissons plus ou moins selon nos Ăąges respectifs, voire vĂ©nĂ©rables] et le futur possible, puisque les Ă©quipements de lâĂ©poque â du moins lorsquâils fonctionnaient, câest-Ă -dire avant que nâarrive la brume â sont Ă©lectroniques, que les livres sont imprimĂ©s Ă lâultra-violet sur du papier de titane, que les ordinateurs sont des lames (tels qu'on en trouve aujourdâhui), que les imprimantes 3D sont bien rĂ©elles, que des robots nettoyeurs (les R-Net) sâoccupent encore et toujours des espaces publics sans comprendre lâinanitĂ© de leurs effortsâŠ
Or donc, car revenons Ă nos moutons ou plutĂŽt Ă notre bac Ă sable, il ne sâagit pas que je vous fasse perdre le Nord quand mĂȘme. Or donc, Ă©cris-je, M. Merlin est appelĂ© par un inconnu lui affirmant quâil vit dans son futur et quâil est fier de pouvoir parler Ă celui grĂące Ă qui ledit futur et ses enfants (ceux dudit Merlin ?) existent.
Tout va sâenchaĂźner Ă partir de lĂ et de lâĂ©change entre Monsieur Merlin et cet homme, un dĂ©nommĂ© Dani Pibrock [c.-Ă -d. cornemuse en gaĂ©lique ou air de cornemuse Ă©cossaise, tel que jouĂ© par les bag-piper]. Cet inconnu va envoyer notre « intelligent animalcule » humain regarder ce quâil y a de lâautre cĂŽtĂ© de la brume qui a envahi Paris et les abords du quartier oĂč il loge. Pour ĂȘtre prĂ©cis, Merlin est installĂ© au coin des rues Lagrange et du Fouarre, prĂšs du Square Vivaldi, dans le 5e arrondissement avec vue sur la Seine et Notre-Dame dont les toits viennent dâĂȘtre une nouvelle fois refaits aprĂšs le terrible incendie dâil y a dix ans⊠ce qui ne nous permet certes pas de savoir quel jour et encore moins quelle annĂ©e nous sommes, puisquâil sâagit du dernier drame en date et que sa couverture est maintenant en synthĂ©plast.
Bref, passĂ©, prĂ©sent â celui de M. Merlin â et futur â celui de M. Pibrock et de Mme Robinson [mais de quelle Robinson nous parle donc A. Pontier ? Est-ce celle de Simon & Garfunkel ? Ou est-elle en rĂ©fĂ©rence au hĂ©ros de Daniel Defoe ? Ă moins que ce ne soit un clin dâĆil au livre « Robinson philosophe » de JP Zarader ?].
Avec tout cela, lâauteur se joue du temps et de nous, balayant allĂšgrement les dĂ©finitions mĂȘme de ce temps, telle, par exemple, celle indiquant quâil sâagit dâune dimension dans laquelle les Ă©vĂ©nements peuvent ĂȘtre ordonnĂ©s du passĂ© au prĂ©sent vers le futur.
Câest superbe, entraĂźnant, chargĂ© dâun peu plus de mystĂšres Ă chaque page, avant que les voiles ne se lĂšvent un Ă un et ne dĂ©couvrent un final grandiose en termes dâaventure et dâexploration. Jâavoue que je me suis dĂ©lectĂ© de cette histoire, dâautant plus quâelle rĂ©sonnait pour moi un parfait Ă©cho Ă mon diptyque des vers [Les Gueules des Vers et Lâenfer des Vers], dâune part avec le balancement du temps et lâerrance qui se produit en cherchant Ă le comprendre, dâautre part avec le personnage central de ces rĂ©cits syssoliennes.
Tiens, dâailleurs en parlant de temporalitĂ©, de donuts et de chronique un peu barrĂ©e, vous connaissez sans doute lâillusion dâoptique des cercles rotatifs dont je mets une image ci-dessous. Vous fixez le point noir et reculez avant de vous rapprocher. Les cercles bougent devant vous en sens inverse lâun de lâautre.
Or donc, car revenons Ă nos moutons ou plutĂŽt Ă notre bac Ă sable, il ne sâagit pas que je vous fasse perdre le Nord quand mĂȘme. Or donc, Ă©cris-je, M. Merlin est appelĂ© par un inconnu lui affirmant quâil vit dans son futur et quâil est fier de pouvoir parler Ă celui grĂące Ă qui ledit futur et ses enfants (ceux dudit Merlin ?) existent.
Tout va sâenchaĂźner Ă partir de lĂ et de lâĂ©change entre Monsieur Merlin et cet homme, un dĂ©nommĂ© Dani Pibrock [c.-Ă -d. cornemuse en gaĂ©lique ou air de cornemuse Ă©cossaise, tel que jouĂ© par les bag-piper]. Cet inconnu va envoyer notre « intelligent animalcule » humain regarder ce quâil y a de lâautre cĂŽtĂ© de la brume qui a envahi Paris et les abords du quartier oĂč il loge. Pour ĂȘtre prĂ©cis, Merlin est installĂ© au coin des rues Lagrange et du Fouarre, prĂšs du Square Vivaldi, dans le 5e arrondissement avec vue sur la Seine et Notre-Dame dont les toits viennent dâĂȘtre une nouvelle fois refaits aprĂšs le terrible incendie dâil y a dix ans⊠ce qui ne nous permet certes pas de savoir quel jour et encore moins quelle annĂ©e nous sommes, puisquâil sâagit du dernier drame en date et que sa couverture est maintenant en synthĂ©plast.
Bref, passĂ©, prĂ©sent â celui de M. Merlin â et futur â celui de M. Pibrock et de Mme Robinson [mais de quelle Robinson nous parle donc A. Pontier ? Est-ce celle de Simon & Garfunkel ? Ou est-elle en rĂ©fĂ©rence au hĂ©ros de Daniel Defoe ? Ă moins que ce ne soit un clin dâĆil au livre « Robinson philosophe » de JP Zarader ?].
Avec tout cela, lâauteur se joue du temps et de nous, balayant allĂšgrement les dĂ©finitions mĂȘme de ce temps, telle, par exemple, celle indiquant quâil sâagit dâune dimension dans laquelle les Ă©vĂ©nements peuvent ĂȘtre ordonnĂ©s du passĂ© au prĂ©sent vers le futur.
Câest superbe, entraĂźnant, chargĂ© dâun peu plus de mystĂšres Ă chaque page, avant que les voiles ne se lĂšvent un Ă un et ne dĂ©couvrent un final grandiose en termes dâaventure et dâexploration. Jâavoue que je me suis dĂ©lectĂ© de cette histoire, dâautant plus quâelle rĂ©sonnait pour moi un parfait Ă©cho Ă mon diptyque des vers [Les Gueules des Vers et Lâenfer des Vers], dâune part avec le balancement du temps et lâerrance qui se produit en cherchant Ă le comprendre, dâautre part avec le personnage central de ces rĂ©cits syssoliennes.
Tiens, dâailleurs en parlant de temporalitĂ©, de donuts et de chronique un peu barrĂ©e, vous connaissez sans doute lâillusion dâoptique des cercles rotatifs dont je mets une image ci-dessous. Vous fixez le point noir et reculez avant de vous rapprocher. Les cercles bougent devant vous en sens inverse lâun de lâautre.
Exemple de cercles rotatifs
Vous pouvez aussi utiliser les illusions de Serpents du professeur Kitaoka, qui a donc créé les Rotating Snakes dont voici un exemple. Il vous suffit de fixer le centre et de rechercher la bonne distance de vision pour quâils donnent lâĂ©trange impression de bouger lâun par rapport Ă lâautreâŠ
"Impossible-figure rotating snakes 2" © Akiyoshi Kitaoka 2009
Si lâon accepte quâun cercle puisse se considĂ©rer comme une figure sans « fin », on pourrait penser que, partant dâun point du cercle et progressant le long de ce dernier, nous finirons forcĂ©ment par revenir Ă ce point de dĂ©part, mais aussi que nous pourrions continuer Ă suivre ledit cercle « Ă©ternellement ». AiĂŽn du passĂ© sur un cercle, aiĂŽn du futur sur lâautre. Et, au milieu, le prĂ©sent Ă©crasĂ© entre eux deux, chacun influençant lâautre dâĂ©trange maniĂšre⊠Y aurait-il concomitance du passĂ© et du futur par le prĂ©sent ?
Si vous avez mal Ă la tĂȘte, vous me le dites, nâest-ce pas ?
Allons, je cesse là , je ne veux pas vous faire perdre le nord : ne vous posez plus de question, quittez donc votre écran et filez plutÎt acquérir puis lire ce petit bijou, vous ne le regretterez pas.
Ah tiens si, quand mĂȘme, une derniĂšre quâil faudra ressortir quand vous aurez dĂ©vorĂ© cette nouvelle afin de la comprendre :
Savez-vous que le patronyme de Merlin est, non seulement celui dâun magicien de lĂ©gende, mais aussi le nom dâun satellite scientifique franco-allemand ? Si vous ne le connaissez pas, faites une petite recherche sur le web en tapant « satellite scientifique Merlin » đ
Si vous avez mal Ă la tĂȘte, vous me le dites, nâest-ce pas ?
Allons, je cesse là , je ne veux pas vous faire perdre le nord : ne vous posez plus de question, quittez donc votre écran et filez plutÎt acquérir puis lire ce petit bijou, vous ne le regretterez pas.
Ah tiens si, quand mĂȘme, une derniĂšre quâil faudra ressortir quand vous aurez dĂ©vorĂ© cette nouvelle afin de la comprendre :
Savez-vous que le patronyme de Merlin est, non seulement celui dâun magicien de lĂ©gende, mais aussi le nom dâun satellite scientifique franco-allemand ? Si vous ne le connaissez pas, faites une petite recherche sur le web en tapant « satellite scientifique Merlin » đ



