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📚 La Reine ÉgarĂ©e et autres nouvelles de la Terre SurveillĂ©e | Mathilde Contreras | 2024

Recueil de nouvelles

17/04/2025
Lu 863 fois





La Reine ÉgarĂ©e et autres nouvelles de la Terre SurveillĂ©e © 2024 Mathilde Contreras
La Reine ÉgarĂ©e et autres nouvelles de la Terre SurveillĂ©e © 2024 Mathilde Contreras

QuatriĂšme de couverture

Lorsque le "Reviens-y" s’est posĂ© au spatioport de Laboratoire, la capitale de Folpe_5, la Capitaine Hori n’attendait pas grand-chose de cette escale. Et pourtant, elle est quand mĂȘme déçue ! Des dragueurs de rue ! Il ne manquait plus que ça ! Certains, apparemment, ne tiennent pas Ă  leurs dents


Pendant ce temps, Nantuk, l’impressionnant Chef de la SĂ©curitĂ©, est face Ă  un dilemme Ă©thique : doit-il ou non rĂ©vĂ©ler Ă  la BibliothĂ©caire de la Grande UniversitĂ© qu’il a une grosse culture gĂ©nĂ©rale ?

Sans parler d’Ampa, Ă  qui on a confiĂ© la garde d’une encombrante jeune femme Narque. Il est futur Chef Irtane, pas baby-sitter !

Six nouvelles souvent drĂŽles, parfois mĂ©lancoliques, toujours un brin sensuelles, qui vous feront voyager avec bonheur dans des contrĂ©es inexplorĂ©es de l’univers de la Terre SurveillĂ©e.

Fiche de lecture

Y a des gnaces lecteurs sentencieux - et je dis ça pour pas dire "loquedus" - qui montent sur leurs grands chevaux avant de prendre les escadrins de leur tour d'ivoire de leur chĂąteau en Espagne pour te dire que eux, ils lisent pas de science-fiction, que ce sous-genre qui vole pas haut, bah c'est encore plus bas que leurs plus bas instincts et qu'il n’y a rien Ă  en attendre. AprĂšs ça, ils te dĂ©bagoulent toujours les mĂȘmes arguments rances et rancis, comme quoi si c'est comme La Guerre des Étoiles d'AraignĂ©e, eh bah ils mangent pas de ce pain rassis-lĂ , que c'est sabres-lasers, Ă©toiles noires comme un anus, et je suis ton pĂšre et tout le tralala. Quand ça se foule un peu plus, eh ben ça dit que l'Ă©pique-gĂ©opolitique-supraluminique startrekisant c'est pas pour leurszigues, qu'ils prĂ©fĂšrent s'en tenir au frissonneurs et au "sent-bien", les dĂ©clinaisons modernes de la sĂ©lection du mois du vieux France-Moisir.

Bon, ben déjà, ils ont faux sur toute la ligne de coke, nos bons amis lectivores, parce que les tribulations astropérégrines de Luc MarcheurdeCiel et de ses robots aux blazes de plaques d'immatriculation, c'est pas de la SF mais un roman de chevalerie robotisé et futurisé.

Et puis, les autres, ben c'est rien que des nĂ©ophobes, des constipĂ©s de l’onirique et du spĂ©culant.

DĂ©jĂ , les malins qui ferment la porte Ă  la SF feraient bien de se la dĂ©crasser, leur caboche, au lieu de l’utiliser comme presse-papier. Y a qu’à commencer par s’encanailler chez les darons de l’Âge d’Or, ces maestros qui jonglaient avec les idĂ©es comme des trapĂ©zistes de la prose. Asimov, avec ses Trois Lois de la Robotique qui feraient passer un code de la route pour une comptine. Ray Bradbury, le daron du court-mĂ©trage littĂ©raire, dont les nouvelles vieillissent aussi bien qu’un bon single malt. Clifford Simak, qui te tricote des histoires oĂč la campagne sent la rosĂ©e et l’éternitĂ©. Et Philip K. Dick qui te Rubik's Cube le theatrum mundi jusqu’à te filer le vertigo.

Ensuite, qu’on me bazarde ce terme tout riquiqui de "science-fiction". Ça claque pas, ça invite pas, ça fait petits bras de l’imaginaire. Non, Ă  son top, la SF, c’est de la fiction spĂ©culative, de la vraie, celle qui fonce en avant Ă  fond de train, qui te pousse hors de ton petit nid douillet pour te poser des "Et si
" Ă  te mettre le futur en PLS (Position latĂ©rale de SpĂ©culation). Et c’est pas juste des vaisseaux spatiaux ou des E.T. qui sonnent Ă  ta porte pour vendre des encyclopĂ©dies galactiques dĂ©matĂ©rialisĂ©es.

Non, la SF, c’est aussi un terrain de jeu pour les esprits aventureux, une maniĂšre de dissĂ©quer l’humanoĂŻditĂ© comme un chirurgien des possibles. C’est faire son Malinowski des confins cosmiques, sa Margaret Mead interstellaire. Allez, une question, juste une : t’as dĂ©jĂ  essayĂ© d’imaginer la vie quotidienne d’un extraterrestre polygame, polymathe, tĂ©lĂ©pathe, terraformateur, avec la peau rose comme un bonbon ? Non ? Eh ben moi, si !

Et c'est lĂ  que la mĂŽme Contreras dĂ©boule avec sa "Reine ÉgarĂ©e", son recueil de nouvelles qui est la plus parfaite illustration de ce dont je te causais plus haut. Si t'es fatiguĂ© des civilisations humaines et de leur propension Ă  se foutre sur la gueule Ă  grands coups d'idĂ©ologies du jour et d'armes massacrantes, alors ce bouquin va ĂȘtre comme un coup de doux zĂ©phyr sur ton nĂ©ocortex de misanthrope. Les races d'extraterrestres qui se dĂ©battent et s'Ă©battent dans ses rĂ©cits, eh ben ils sont vraiment diffĂ©rents de nous et pas forcĂ©ment plus cons. On sent que leur crĂ©atrice a jouĂ© Ă  l'anthropologue et au dĂ©miurge en mĂȘme temps en jouant avec les paramĂštres qui font un clan et une sociĂ©tĂ© pour nous faire rĂ©flĂ©chir Ă  ce que la nĂŽtre, pauvres pantes postmodernes que nous sommes, a d'arbitraire, de construit et d'un peu arriĂ©rĂ© parfois.

Autrement dit, et pour les atrophiĂ©s du bulbe qui auraient pas suivi : elle t’utilise l’Ailleurs pour te donner une leçon d’Ici, cette autrice au patronyme qui chante comme une guitare espagnole.

Mais attention, le dĂ©lire de la Señora Contreras, c’est pas juste une salade de concepts jetĂ©s sur un mur façon Pollock ! Non, elle t’a prĂ©parĂ© le buffet galactique avec mĂ©thode et un glossaire des familles pour que tu te paumes pas dans les couloirs de l’espace et dans ses races extraterrestres.

Tiens, je te balance un amuse-gueule pour te mettre en appétit :

D'abord, y a les Irtanes, des gros costauds scarifiĂ©s et tatouĂ©s de partout qui, en plus d'ĂȘtre passĂ©s maĂźtres dans l'art de mĂŒesliser les mĂąchoires, les cervicales et tout ce qui ressemble Ă  des os, ont pris la mĂ©thode Wim Hof comme un projet de vie et un choix philosophique. Le frais, voire mĂȘme le polaire, ça les fait goder comme pas permis. Mis Ă  part ça, ce sont des crĂšmes, des sortes de Klingons dĂ©tendus du pagne. Ce sont ceux qui ont l'aspect le plus humain.

Puis viennent les Guls, les chauves les plus (inter)connectĂ©s de la galaxie. Chez eux, pas besoin de muscles. Ces types-lĂ  vivent dans leur grand Esprit Collectif, comme des Borgs bien pantouflards. Ils sont tĂ©lĂ©pathes, polyamoureux, et ont rayĂ© la jalousie du dico galactique. Leur devise : "La monogamie, c’est pour les cancres de l’amour !" Et si jamais y a un conflit, c’est pas les fusils, c’est les neurones qu’ils sortent. Des vĂ©tĂ©rans des guerres psychiques, ces bougres-lĂ  !

Y a aussi les Folpes. Un sacrĂ© morceau, ces pĂ©quins-lĂ  ! Fuligineux de l'Ă©piderme au-delĂ  de toute description en plus d'ĂȘtre des bodybuildĂ©s de l'hĂ©misphĂšre gauche. Ils ont tous les rĂ©glages de l'esprit scientifique bloquĂ©s sur 11 avec tous les miracles et toutes les catastrophes que ça peut engendrer. Le genre Ă  t'inventer la fusion Ă  froid entre la poire et le fromage mais demande-leur de faire leurs lacets et ils deviennent aussi efficaces qu’un poulpe avec des moufles.

Comme j'ai trop la flemme de te parler de façon intensive et extensive de tout le restant de la colĂšre du Divin daron qui s'agite entre les pages de ce recueil, je vais m'arrĂȘter lĂ  et te laisser dĂ©couvrir le reste de ces ĂȘtres Ă©tranges, dĂ©concertants mais souvent franchement poilants et fantastibuleux.

Alors, imagine un peu ce qui peut se passer si tu fais interagir tout ce petit monde dans cette grande galaxie... Une chose est sûre : tu vas pas t'ennuyer une seule nanoseconde en leur compagnie.

Mais tout ça, ça serait imbitable et lourdingue s'il n'y avait pas un style aux petits oignons caramĂ©lisĂ©s pour aller avec. Celui de notre autrice, il est parfaitement adaptĂ© Ă  son sujet. Puisqu'on est dans l'exoanthropologie jusqu'au cou, elle a invoquĂ© les mĂąnes de Le Guin pour nous pondre de l’épique Ă©patant qui ravira les amateurs de souffle/soufflĂ© homĂ©rique. Mais tout ça sans balai dans le derche et avec un sens de l'humour pince-sans-rire qui te ravira. En rĂ©sumĂ©, notre Mathilde Contreras, elle est un peu le croisement que t'osais pas espĂ©rer entre Ursula Le Guin et Terry Pratchett, mais avec sa propre personnalitĂ©. Et puis, y a aussi un soupçon d'Ă©rotisme qui donne la note Ă©picĂ©e que t'attendais pas. Mais pas façon Ă©tal de la boucherie Sanzot. Non, lĂ , ça serait plutĂŽt cantiquedesquantiquĂ©, genre hymne Ă  la vie et cĂ©lĂ©bration du Printemps tout en s'intĂ©grant parfaitement au reste.

Ce recueil, je l'ai choisi, parce que c'Ă©tait la meilleure porte d'entrĂ©e vers son univers foisonnant et fantasque. Parce que nos exogĂšnes sans gĂȘne, il va leur en arriver des vertes des pas mĂ»res, voire mĂȘme des carrĂ©ment vĂ©rolĂ©es dans les autres romans de ce cycle : "La Terre SurveillĂ©e", "La Flotte MystifiĂ©e", et "La ForĂȘt EnterrĂ©e".

Si t'es un peu ouvert d'esprit sans avoir un traumatisme crĂąnien, t'auras donc compris que "La Reine ÉgarĂ©e", c'est un peu ta rampe de lancement vers le monde de la vraie science-fiction, celle qui fait cogiter et reluire en mĂȘme temps. Comment ? T'as pas encore achetĂ© ce recueil ?! Tu mĂ©riterais que je t'expĂ©die sur Uranus Ă  coups de psychopompe dans le prose, vil(e) faquin(e) !

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Lionel Cosson
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💬Commentaires

1.PostĂ© par Éric MARIE le 04/08/2025 18:09 | Alerter
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ATRAVERSLESPACE
Lire Mathilde Contreras, c’est un peu comme partir Ă  l’aventure, par dĂ©finition, on ne sait pas Ă  quoi s’attendre. Sinon, me direz-vous, ce n’est pas une aventure, mais un Ă©pisode de Derrick et vous aurez raison. Aussi, Ă  toi lecteur qui est allergique Ă  la nouveautĂ©, Ă  l’hardiesse des mots et des situations, au cocasse, Ă  l’humour et Ă  l’érotisme
 je te dĂ©conseille fortement d’ouvrir la premiĂšre page de La Reine ÉgarĂ©e. Tu risques un traumatisme des trois couches des mĂ©ninges.
Ceci étant précisé, pour les lecteurs qui restent, vous allez vous régaler.
— C’est de la S.F, de la vraie, avec extraterrestres Ă  volontĂ©, mais pas de lasers.
— Le ton est alerte, la plume leste et fluide. Pas de simagrĂ©es.
— L’humour est omniprĂ©sent, juste saupoudrĂ©.
— L’érotisme sert de liant Ă  toutes les histoires. Comme une sorte de message presque subliminal : aimez-vous les uns les autres dont le plus bel exemple reste celui de Rosca qui payera trĂšs cher ses amours interdites avec l’adorable Limtu.
— Le schĂ©ma narratif est parfaitement maĂźtrisĂ© et les rouages bien huilĂ©s. On est pas Ă  la va-comme-je-te-pousse, comme je peux le voir trop souvent dans certains romans.
— La sociologie est importante.
Le reste, je vous laisse le dĂ©couvrir par vous-mĂȘme.
Un recueil de nouvelles donc, que j’ai pris le temps de savourer, pour mieux m’en imprĂ©gner.
Un dernier avis, malgrĂ© l’aperçu dĂ©livrĂ© judicieusement par Mathilde Contreras, en dĂ©but de recueil, il serait peut-ĂȘtre plus judicieux que vous commenciez ce cycle par le dĂ©but, et donc par
La Terre Surveillée.
Et pourquoi ? Ben de toute façon, vous allez tout lire
 alors !

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