Synopsis
RĂ©unis dans un chĂąteau en Allemagne pour leur sommet annuel, les dirigeants des pays du G7 sâinstallent en bordure dâune forĂȘt pour prĂ©parer leur dĂ©claration.
A la nuit tombée, le groupe constate que le personnel qui les entourait a disparu.
En voulant tenter de les retrouver, les sept politiciens sâenfoncent plus avant dans une forĂȘt qui sâavĂšre pleine de pĂ©rils et de mystĂšres.
A la nuit tombée, le groupe constate que le personnel qui les entourait a disparu.
En voulant tenter de les retrouver, les sept politiciens sâenfoncent plus avant dans une forĂȘt qui sâavĂšre pleine de pĂ©rils et de mystĂšres.
Présentation
Voilà un film étrange, à déconseiller à celles et ceux qui aiment avoir toutes les réponses posées en cours de route.
Comme Ă©voquĂ© plus haut, ce sont les chefs et cheffes dâĂtat qui se retrouvent au cĆur de lâintrigue. Lâaustralienne Cate Blanchett est la chanceliĂšre allemande et lâhĂŽte de ses homologues, parmi lesquels le prĂ©sident amĂ©ricain, jouĂ© par le trĂšs britannique Charles Dance (lâun des protagonistes lui fait dâailleurs la rĂ©flexion quâil nâa pas trop lâaccent yankee), et la premiĂšre ministre du Royaume-Uni est Nikki Amuka-Bird, en dĂ©licatesse avec le premier ministre canadien, avec lequel elle a eu une « aventure » lors du dernier sommet. Il y a Ă©galement les reprĂ©sentants du Japon et de lâItalie, tandis que le PrĂ©sident de la RĂ©publique Française est incarnĂ© par Denis MĂ©nochet, trĂšs bon en doux-dingue franchouillard.
Tout se passe dans les jardins dâun chĂąteau de Saxe, en pleine crise mondiale. Quelle crise ? On ne sait pas. Lâenjeu pour nos hĂ©ros : rĂ©diger un discours prĂ©paratoire Ă une rencontre ultĂ©rieure qui visera Ă rĂ©soudre le problĂšme. La chanceliĂšre allemande les invite donc Ă un dĂ©jeuner de travail, isolĂ©s du monde, au fond du parc, pour organiser une session de remue-mĂ©ninges par binĂŽmes. Le gĂ©nie des dialoguistes est de les faire parler pendant de longues minutes sur la maniĂšre de tourner leurs phrases, lâimportance de leurs intentions, des valeurs portĂ©es par leurs engagements, sans quâon ne sache jamais de quoi ils parlent et ce quâils veulent vraiment faire passer comme message. Le tout avec un parti pris dâacting trĂšs dramatique, des rĂ©actions surjouĂ©es pour des situations banales, ce qui accentue le comique de certaines scĂšnes.
Est-ce beaucoup dâefforts pour dire que la parole politique est creuse ? Pas du tout, car lâabsurditĂ© qui en ressort fait du bien, et plus câest absurde, plus cela nous rĂ©vĂšle la nature mĂȘme de ces puissants : dâune insoutenable lĂ©gĂšretĂ©. Leurs affaires de fesses et leurs intĂ©rĂȘts personnels priment sur le reste, ce nâest pas une dĂ©couverte, mais les voir aussi inconsistants et profondĂ©ment semblables est assez intĂ©ressant. Ils ne sont ni gentils, ni mĂ©chants, simplement vains. Comme cette scĂšne oĂč chacun se rappelle le discours introductif de tel vieux sommet des annĂ©es 90, tellement ancrĂ© en eux quâils peuvent le rĂ©citer de mĂ©moire. Et vous savez quoi ? Le texte en lui-mĂȘme est aussi creux que ce quâils ont commencĂ© Ă rĂ©diger. Ătonnant, non ?
Il y a malgrĂ© tout un mystĂšre : le reste de lâhumanitĂ© semble avoir disparu, le rĂ©seau tĂ©lĂ©phonique est en panne, des silhouettes Ă©tranges apparaissent dans la brume, et un cerveau gĂ©ant trĂŽne au milieu des bois. Face Ă ces situations extraordinaires, comment rĂ©agissent ces personnes exceptionnelles ? Normalement, car rien ne les Ă©tonne. Ils peuvent Ă©prouver de la peur, de la colĂšre, en mode drama queen, mais tout est lisse et poli, ce qui ne nous les rend pas plus attachants.
Je tais lâultime mystĂšre pour ne pas vous gĂącher la surprise, mais SPOILER : jâadore lâidĂ©e de faire revivre les hommes et les femmes des tourbiĂšres, dont on ne sait pas sâils sont fĂąchĂ©s quâon viole leurs sĂ©pultures ou si les gesticulations inutiles de leurs descendants ne les agacent pas au point quâils reviennent pour dire quâils sâen branlent (littĂ©ralement). La derniĂšre scĂšne est un monument dâabsurditĂ© que je garderai longtemps en mĂ©moire.
Comme Ă©voquĂ© plus haut, ce sont les chefs et cheffes dâĂtat qui se retrouvent au cĆur de lâintrigue. Lâaustralienne Cate Blanchett est la chanceliĂšre allemande et lâhĂŽte de ses homologues, parmi lesquels le prĂ©sident amĂ©ricain, jouĂ© par le trĂšs britannique Charles Dance (lâun des protagonistes lui fait dâailleurs la rĂ©flexion quâil nâa pas trop lâaccent yankee), et la premiĂšre ministre du Royaume-Uni est Nikki Amuka-Bird, en dĂ©licatesse avec le premier ministre canadien, avec lequel elle a eu une « aventure » lors du dernier sommet. Il y a Ă©galement les reprĂ©sentants du Japon et de lâItalie, tandis que le PrĂ©sident de la RĂ©publique Française est incarnĂ© par Denis MĂ©nochet, trĂšs bon en doux-dingue franchouillard.
Tout se passe dans les jardins dâun chĂąteau de Saxe, en pleine crise mondiale. Quelle crise ? On ne sait pas. Lâenjeu pour nos hĂ©ros : rĂ©diger un discours prĂ©paratoire Ă une rencontre ultĂ©rieure qui visera Ă rĂ©soudre le problĂšme. La chanceliĂšre allemande les invite donc Ă un dĂ©jeuner de travail, isolĂ©s du monde, au fond du parc, pour organiser une session de remue-mĂ©ninges par binĂŽmes. Le gĂ©nie des dialoguistes est de les faire parler pendant de longues minutes sur la maniĂšre de tourner leurs phrases, lâimportance de leurs intentions, des valeurs portĂ©es par leurs engagements, sans quâon ne sache jamais de quoi ils parlent et ce quâils veulent vraiment faire passer comme message. Le tout avec un parti pris dâacting trĂšs dramatique, des rĂ©actions surjouĂ©es pour des situations banales, ce qui accentue le comique de certaines scĂšnes.
Est-ce beaucoup dâefforts pour dire que la parole politique est creuse ? Pas du tout, car lâabsurditĂ© qui en ressort fait du bien, et plus câest absurde, plus cela nous rĂ©vĂšle la nature mĂȘme de ces puissants : dâune insoutenable lĂ©gĂšretĂ©. Leurs affaires de fesses et leurs intĂ©rĂȘts personnels priment sur le reste, ce nâest pas une dĂ©couverte, mais les voir aussi inconsistants et profondĂ©ment semblables est assez intĂ©ressant. Ils ne sont ni gentils, ni mĂ©chants, simplement vains. Comme cette scĂšne oĂč chacun se rappelle le discours introductif de tel vieux sommet des annĂ©es 90, tellement ancrĂ© en eux quâils peuvent le rĂ©citer de mĂ©moire. Et vous savez quoi ? Le texte en lui-mĂȘme est aussi creux que ce quâils ont commencĂ© Ă rĂ©diger. Ătonnant, non ?
Il y a malgrĂ© tout un mystĂšre : le reste de lâhumanitĂ© semble avoir disparu, le rĂ©seau tĂ©lĂ©phonique est en panne, des silhouettes Ă©tranges apparaissent dans la brume, et un cerveau gĂ©ant trĂŽne au milieu des bois. Face Ă ces situations extraordinaires, comment rĂ©agissent ces personnes exceptionnelles ? Normalement, car rien ne les Ă©tonne. Ils peuvent Ă©prouver de la peur, de la colĂšre, en mode drama queen, mais tout est lisse et poli, ce qui ne nous les rend pas plus attachants.
Je tais lâultime mystĂšre pour ne pas vous gĂącher la surprise, mais SPOILER : jâadore lâidĂ©e de faire revivre les hommes et les femmes des tourbiĂšres, dont on ne sait pas sâils sont fĂąchĂ©s quâon viole leurs sĂ©pultures ou si les gesticulations inutiles de leurs descendants ne les agacent pas au point quâils reviennent pour dire quâils sâen branlent (littĂ©ralement). La derniĂšre scĂšne est un monument dâabsurditĂ© que je garderai longtemps en mĂ©moire.



