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Les Dieux verts | Nathalie Henneberg | 1961


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Sur cette terre dangereuse de l'ère Emeraude, l'empire des hommes est déclinant, la partie semble même perdue pour l'humanité devant la terrible emprise des impitoyables dieux verts.

Cependant des humains combattront pour sauver leur esprit, leur race, lui rendre sa place au soleil. Ils seront trois à lutter, à espérer, à s'aimer et à se déchirer. Le subtil prince UXMAL, l'éblouissant Suffète des mers, ARGO, et la petite Reine Atléna, « cette âme plus légère que l'air », qui fera peut-être pencher la balance.

Fiche de lecture

Les éditions Callidor ont récemment proposé l’un des ouvrages les plus épiques de Nathalie Henneberg, « Les Dieux verts », dont les dernières rééditions – si l’on excepte l’adaptation qui en a été faite en 2010 en langue anglaise par Black Coat Press - datent du milieu des années 70. Autant dire que ce sont plusieurs générations de lecteurs qui en ignoraient l’existence et pour lesquels cette nouvelle édition aura valeur de révélation.
 
Avec « Les Dieux verts », Nathalie Henneberg a livré une histoire aux allures d’épopée. Sur une Terre isolée depuis 2000 ans de ses colonies stellaires par une ceinture de radiations, née d’un cataclysme, une humanité s’est reconstruite, à la fois barbare et raffinée, mais qui, insensiblement tombe sous la coupe de plantes devenues intelligentes. Celles-ci nourrissent des desseins qui divergent totalement des aspirations humaines, et prennent dans une impitoyable et sournoise conquête du pouvoir une position de plus en plus prépondérante dans l’empire d’A-Atlan, au point de dominer le Conseil qui régit ce royaume. Les monarques deviennent leurs jouets ou leurs proies, les plantes imposent des lois qui vont à l’encontre de la nature humaine et manipulent insidieusement les esprits par des procédés hypnotiques ou hallucinatoires. Leur but se dessine : pousser les derniers représentants de l’humanité vers un destin funeste, en faire des créatures mi-hommes mi-insectes destinées à les féconder ou les convertir en bétail consentant. Semblant accepter l’autorité des derniers monarques de l’empire, elles favorisent l’apparition d’espèces mutantes d’insectes qu’elles dressent contre les hommes, et s’évertuent à créer une race d’humanoïdes dégénérés, les anthropomorphes.
 
Se révoltant contre cette lente déchéance, un homme, le suffète des mers Argo, va mener un combat farouche et désespéré pour briser le pouvoir des plantes et rendre à l’humanité sa liberté, transporté par l’amour qu’il ressent pour la reine Atléna. Cependant la ceinture de radiations s’affaiblit et permet aux stellaires d’atteindre à nouveau la Terre à l’heure cruciale où s’engage une bataille dantesque qui décidera du sort des hommes...
 
On ne s’immerge pas dans un livre de Nathalie Henneberg comme dans un ouvrage ordinaire. Ici les descriptions d’une Terre où l’ascension des plantes met en lumière le déclin des hommes sont d’une richesse inégalée. On ressent physiquement la pression des végétaux, l’enivrement des parfums libérés par des myriades de corolles qui n’ont d’autre objet que d’étourdir pour mieux asservir ; l’étouffement et l’angoisse qu’inspire une jungle sauvage et hostile qui grignote implacablement les constructions humaines. Comme toujours chez Nathalie Henneberg tous les sens sont sollicités. L’extrême raffinement des derniers monarques d’A-Atlan, leurs tempéraments farouches, à la fois tourmentés et fragiles, le cadre exotique dans lequel ils vivent sont décrits avec une exquise beauté, portée par un vocabulaire étendu et coloré. L’avalanche de termes mêlant botanique et gemmologie, loin d’être rébarbative délivre au contraire un puissant courant poétique.
 
« Les Dieux verts » est un livre majeur de la littérature de l’imaginaire français. Damon Knight et C.J Cherryh (qui signe une postface) ne s’y trompèrent pas en l’adaptant en anglais. Les éditions Callidor en proposent aujourd’hui une belle réédition, agrémentée de dessins de Ludovic Robin et d’une préface signée Thierry Fraysse qui retrace le parcours de l’auteure.
 
Malgré les années, cet ouvrage sorti en 1961 n’a rien perdu de sa force et de son pouvoir d’évocation. Bien des parutions qui se réclament de la fantasy aujourd’hui ne lui arrivent pas à la cheville.





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