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Histoires maritimes

        

Léopoldville - Un ordre inutile, des vies sacrifiées, la tragédie d’un valeureux navire belge…


Un article rédigé par le 02/01/2021 | Lu 488 fois




Nous sommes en 1928, sur les rives de l’Escaut, dans le district Hoboken à Anvers. Le chantier naval John Cockerill se prépare à lancer l’un de ses nombreux paquebots destinés à la Compagnie belge maritime du Congo.
 
Son nom : le LÉOPOLDVILLE 5 (il a 4 autres sister-ships).

Il fait 153m de long sur 19m de large. Malgré son tirant d’eau important de 11 mètres (partie immergée de la coque), sa propulsion vapeur à deux cheminées pousse sa vitesse jusqu’à 16 nœuds (environ 30-32 km/h).

Avec des installations luxueuses et ses 237 membres d’équipage, il peut accueillir 360 passagers. Destiné aux voyages vers la colonie belge du Congo, il fait aussi de nombreuses croisières du nord (Suède-Norvège-Islande) jusqu’en Mer Méditerranée.

1936, le LÉOPOLDVILLE est rénové. Ses chaudières à vapeur sont modernisées et il perd une cheminée.


La Deuxième Guerre mondiale éclate et comme bon nombre de navires, le paquebot belge est réquisitionné par l’armée britannique. Ses aménagements sont de nouveau modifiés afin de pouvoir transporter 2000 soldats jusqu’en Méditerranée, là où la bataille fait rage au nord de l’Afrique.

Le valeureux LÉOPOLDVILLE assurera son devoir durant le débarquement de Normandie dans l'opération Neptune et alimentera la France en troupes jusqu’en décembre 1944.

Suite à l’offensive allemande dans les Ardennes, les Alliés sont en difficulté. Il faut encore des renforts dans les plus brefs délais, les Allemands ne doivent pas reprendre le port d’Anvers ! Le navire belge est à nouveau sollicité, afin d’amener les 2235 G.I de la 66e division d’infanterie américaine.

Le 24 décembre 1944 au matin, il est escorté par deux destroyers anglais, un destroyer US et une frégate française, direction Cherbourg. Sept barges de matériels accompagnent le convoi.

Localisé en fin de journée par le U-boat U-486, il est 18h quand deux torpilles sont lancées sur le convoi. L’une d’elles transperce la coque du LÉOPOLDVILLE et fait 300 victimes. Le navire est gravement touché mais pas pour couler immédiatement.

Léopoldville - Un ordre inutile, des vies sacrifiées, la tragédie d’un valeureux navire belge…

Le commandant belge Charles Limbor demande de l’aide à ses escortes, mais malheureusement le commandant du convoi John Pringel ordonne à ses navires de pourchasser le sous-marin allemand !

Dès lors, Limbor veut mettre pleine puissance et avancer vers Cherbourg afin de permettre le sauvetage des passagers, mais Pringel lui demande de jeter l’ancre et de renvoyer un signal de détresse au port de Cherbourg…

Suite à cela, c’est la panique générale à bord du LÉOPOLDVILLE. Aucun soldat n’avait reçu les instructions à suivre en cas d’urgence, que ce soit pour les gilets de sauvetage ou mettre les canots d'urgence à la mer. Dans la cohue générale, seulement deux canots sont sortis.

Les premiers navires de secours à peine arrivés, le LÉOPOLDVILLE sombre à 20h30 emportant avec lui 763 G.I américains, 17 membres d’équipage et son capitaine Charles Limbor…

Le sous-marin U-486 a été retrouvé en 2013. Il avait été coulé avec ses 48 membres d’équipage, le 12 avril 1945 par le sous-marin anglais HMS Tapir. L’ordre de poursuite de John Pringel avait donc été inutile le 24 décembre…

Léopoldville - Un ordre inutile, des vies sacrifiées, la tragédie d’un valeureux navire belge…
Le LÉOPOLDVILLE 5 repose sur son flanc gauche à 50m de fond au large de Cherbourg. Très prisée par les plongeurs, sa visite reste assez dangereuse.
 
Un mémorial rend hommage à la tragédie du paquebot belge aux Etats-Unis, à la base militaire de Fort Benning en Géorgie…

Un ordre inutile, des vies sacrifiées, la tragédie d’un valeureux navire belge… La guerre et ses stupides gâchis.





Commentaires

1.Posté par Thierry B. le 02/01/2021 19:52 | Alerter
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ThierryB
Une page de l'histoire de mon pays que j'ignorais totalement. Une bien triste page...

2.Posté par Koyolite TSEILA le 03/01/2021 09:50 | Alerter
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KoyoliteTseila
Un tout grand merci pour ce bel article, qui nous permet de découvrir l'histoire d'un navire, aussi triste soit-elle. Je me permets d'ajouter ici encore une information que nous a communiquée notre ami Pierre Vansteenhuyse sur Facebook : "C'est le bateau de la version couleurs de Tintin au Congo, il n'est pas nommé mais est reconnaissable."

3.Posté par Christobal COLUMBUS le 03/01/2021 11:51 | Alerter
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ChristoColumbus
Je tiens à saluer au passage mes compatriotes et galionautes Thierry B et Pierre V et tous les autres que je ne connais pas... encore... ;-)

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