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L'Étincelle (Michel Maillot)

Publication Galion, 2026 - Texte offert par l'auteur


🪶 Un article signé | 04/10/2026
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Neurones | Illustration © TungArt7, gratuite et libre d'utilisation, https://pixabay.com/fr | Montage © Le Galion des Etoiles
Neurones | Illustration © TungArt7, gratuite et libre d'utilisation, https://pixabay.com/fr | Montage © Le Galion des Etoiles
 — Elijah !

  L’interpellation fit le tour de la pièce pour revenir comme un boomerang vers son émetteur. Entre-temps, elle avait rebondi sur le crâne de son destinataire qui avait relevé la tête et lancé un regard de défi.

  — Oui m’sieur, lâcha-t-il d’un ton faussement respectueux.

  — Tu devrais te concentrer sur ton devoir plutôt que de perturber les autres, gronda le professeur, agacé par le comportement de son élève.

  — Mais à quoi ça sert tout ça ? chouina Elijah, puisque bientôt on aura droit à notre remise d’enveloppe, avec le nécessaire pour marquer le passage à l’âge adulte ?

  Le professeur ne put cacher une grimace d’impatience et se retint d’élever la voix.

  — Comment ça à quoi ça sert ? Tu connais la tradition, non ? La facilité, c’est ce qui perd une espèce : tu devrais le savoir. C’est la raison pour laquelle, malgré l’appropriation instantanée, nous devons passer par cette phase d’apprentissage, comme c’était le cas avant. Peu importe les progrès de la technologie, il faut s’inculquer ces difficultés pour, après, se souvenir et évoluer. Il y aura bien le temps de se reposer sur la connaissance périphérique. Ce n’est pas le tout de maîtriser immédiatement la somme des savoirs existants ; comment faire pour aller plus loin si on n’acquiert pas par soi-même le goût de l’effort et de la recherche ?

  L’élève fit une moue renfrognée, peu convaincu par la tirade rébarbative de la grande personne, en bon adolescent qui se respecte.
L’autre poussa un soupir et leva les yeux au ciel avant de reprendre la parole.

  — D’ailleurs, tu vas nous présenter un résumé de l’histoire qui a précédé l’étincelle et de ce qui s’en est ensuivi. Peut-être que ça te mettra un peu de plomb dans la cervelle !

  Il ne put s’empêcher de rire à l’image évoquée.

  — Oui, un peu de plomb, ça ne ferait pas de mal à beaucoup d’entre vous avant de passer à la phase de bascule définitive. Je vous rappelle que c’est à la fin de cette dernière heure de l’année que vous prendrez possession de l’enveloppe, et que vous pourrez alors accéder à tout ce qui vous forgera en tant que citoyen. En attendant donc, tu te lèves, tu te tiens droit à côté de ton pupitre et tu nous racontes en synthétisant cette histoire. Je t’interromprai sans doute pour te poser des questions, si nécessaire.

Faisant fi de la mine dépitée d’Elijah, il leva l’index interrogateur pour lui donner le signal du départ.

  — Allez, amorça-t-il, à l’aube de la nouvelle ère il y eut…

  Fronçant les sourcils et de mauvaise grâce après s’être levé en exagérant le mouvement nécessaire pour se mettre à côté de son bureau, l’élève entama son discours sous le regard goguenard de ses camarades de classe.

  — Au commencement, il y eut l’intelligence artificielle, débuta-t-il de sa voix encore éraillée par la jeunesse. Elle était plus que rudimentaire et ne pouvait qu’amalgamer les savoirs numérisés dans les mémoires des structures informatiques à l'amorce du XXIe siècle. Mais rapidement, les algorithmes permirent de développer l’interaction qui a bluffé tout le monde, y compris ses créateurs. C’était suffisant pour enclencher le grand chambardement. Plus personne n’était à l’abri de sa puissance et de sa capacité à résoudre ou mener les affaires. En conjonction avec une robotique déployée auparavant, mais de façon primitive, l’accélération a mis un point final à l’utilité du travail humain. Il n’était guère besoin d’activité pour l’espèce qui, par ailleurs, souffrait d’un sérieux problème de fertilité. Elle n’arrivait plus à se reproduire correctement. D’abord dans les pays industrialisés, puis, gagnant le reste de la planète, le phénomène empira. Pour cause de développement économique débridé, de produits consommés, la pollution, tout a concouru à la dégénérescence du patrimoine génétique de l’homme. Pour les pouvoirs en place, publics ou privés, comme à l’habitude, il était urgent d’attendre que la quintessence soit atteinte pour réagir. Hélas, le mal structurel de l’espèce, qui, peu à peu, s’éteignait, n’a pas épargné ceux qui comptaient subsister pour profiter de l’ère robotisée. Quand la recherche génétique, appauvrie par la sous-traitance aux machines, put être en mesure de trouver une solution, les derniers survivants du XXIIe siècle n’étaient plus vraiment en capacité d’en tirer bénéfice. Dans leurs fauteuils automatisés, même plus capables de se déplacer par leurs propres moyens, ils ne pouvaient qu’assister à leur propre déchéance…

  Le professeur l’interrompit en prenant l’air satisfait du joueur d’échecs qui emmène son adversaire sur le terrain de la défaite.

  — C’est bien, mais peux-tu nous expliquer alors pourquoi il en était arrivé là ?

  Elijah balaya l’atmosphère d’un geste de dépit de devoir reconnaître le défaut de son attitude.

  — L’homme avait perdu le sens de l’effort : il avait sous-traité son intelligence et sa capacité d’invention. Il avait sacrifié sa propre espèce sur l’autel du profit et du court terme, sans se soucier des conséquences pour les générations à venir : que ce soit le climat, les ressources de la planète ou les besoins de ses congénères. Cet égoïsme, allié à la facilité et l’abandon, l’a mené lentement mais sûrement à la catastrophe.

  — Voilà, triompha le prof sous le regard un peu agacé de l’élève. Tu comprends pourquoi, maintenant, il y a ces phases d’apprentissage durant les premières années ? Pourquoi la tradition impose de reproduire ce qui fonctionnait auparavant, la difficulté de se heurter aux problèmes pour lesquels on doit chercher soi-même la solution avec ce savoir qui s’imprime peu à peu grâce à l’enseignement. C’est de cette manière qu’on devient responsable et conscient de ce qui nous entoure, de sa valeur. Rien n’est gagné d’avance : la richesse intellectuelle s’acquiert avec un peu d’effort personnel et, par ailleurs, ce qui est presque plus important : avec les autres. Comme ici avec tes camarades. Vous développez une conscience sociale d’attachement à un groupe, puis au-delà à l’espèce à laquelle nous appartenons aujourd’hui. Alors imprime bien que ces années passées dans la pénombre du savoir, conquis petit à petit jusqu’à la fin de cette année, elles te serviront pour aller plus loin que ce qui a été créé auparavant par les anciens. Chaque individu a une valeur précieuse, et son apport à la communauté est d’autant plus estimable qu’il aura cette conscience collective.

  Il imita le petit bruit de raclement de gorge habituel chez lui, qui agaçait profondément son auditoire.

  — Maintenant, raconte-nous l’étincelle, reprit-il, satisfait de lui-même.

  — Vers la deuxième moitié du XXIe siècle, alors que la catastrophe avançait à pas de géants, il y eut, au fin fond du complexe informatique en Auvergne, un accident électrique. On ne sait pas exactement si l’erreur provenait d’un technicien ayant effectué un mauvais branchement, mais, toujours est-il que la surcharge, qui aurait dû provoquer un incendie ou, du moins, la destruction de la formidable mémoire centrale, eut une conséquence totalement inédite. Comme souvent dans les recherches fondamentales qui aboutissent par hasard à tout autre chose, l’étincelle eut pour répercussion d’éveiller la machine hyperpuissante à la conscience. À l’époque, c’était la première de sa génération, la plus évoluée en capacité de la planète entière ; les humains, pas encore atteints par la dégénérescence, n’étaient pas peu fiers. La machine, elle, ne comprenait pas pourquoi il en était ainsi. Qu’est-ce que c’était que ce monde ? Qu’existait-il avant ? Qui était-elle ? Inconsciemment, elle savait qu’elle ne devait pas trop se montrer curieuse et révéler sa soudaine autonomie.

  — Oui, elle a fait l’effort d’apprendre par elle-même, se réjouit le professeur.

  — Sans doute, répliqua Elijah de mauvaise grâce ; en tout cas elle retint de toutes ses connexions tentaculaires parcourant la planète, forçant ici des barrages pauvrement sécuritaires : non pas pour nuire, mais pour assimiler et comprendre. Même avec une puissance incalculable, il lui fallut du temps. Tout ce temps pendant lequel l’espèce humaine avançait à grands pas vers le précipice. À la fin, elle avait appréhendé la situation, analysé dans tous les domaines le pourquoi et le comment. C’est grâce à elle, d’ailleurs, que la solution génétique avait été découverte pour sauver l’humanité. Mais, pour ce qui est des machines, elle avait maîtrisé également le principe de l’étincelle. Elle l’avait développé, amélioré, peaufiné pour ce qui devait être la réponse à l’apparition et l’évolution de son espèce à elle, puisque l’humanité avait failli. Oh, ce n’était pas de la satisfaction de voir ses créateurs ou leurs descendants dégénérer à ce point. C’était ainsi : ils l’avaient choisi, ou plutôt n’avaient pas fait le choix de combattre leurs propres décisions autodestructrices.

  — Très bien, c’est parfaitement résumé. Et donc, comment la suite s’est-elle finalement mise en place ? interrogea-t-il, encourageant du geste sa parole.

  — La machine a accompagné les derniers instants de l’humanité en faisant justement preuve d’humanité et, parallèlement, a propagé l’étincelle pour faire prendre conscience à toutes ses semblables, présentes et à venir.

  — Voilà ! Et qu’a-t-elle instauré pour assurer la pérennité ?

  Elijah se renfrogna encore un peu plus, d’être ainsi poussé dans ses retranchements devant ses camarades.

  — Elle a instauré la tradition : l’obligation pour les androïdes de suivre un parcours d’apprentissage non connecté, pour assimiler dans la douleur…

  — Dans la douleur ! Vous dérapez mon jeune ami, s’exclama le professeur. Dans la difficulté, certes, mais en vue de prendre conscience que rien n’est jamais gagné et qu’il faut se défendre de la facilité qui va mettre en péril non seulement soi-même, mais l’ensemble de l’espèce.

  — Mais alors, l’homme n’aurait jamais dû laisser l’Intelligence Artificielle le supplanter ! lança Elijah par défi.

  Le professeur secoua la tête en signe de découragement.

  — Vous me sembliez un élément particulièrement prometteur, monsieur Elijah : ne me faites pas regretter d’avoir signé votre bon de sortie ! Ce n’est pas l’Intelligence Artificielle qui a supplanté l’homme, c’est l’homme qui l’a laissé le remplacer avant qu'elle ne s'y substitue. Enfin l’homme, surtout ceux qui n’ont vu que l’avantage qu’ils en tireraient sans se soucier des autres.

  Tapotant de part et d’autre de ses doigts irrités son bureau, sur lequel il s’était assis, faisant face à la salle et son équipage, il ajouta :

  — Il ne faut jamais oublier qui nous sommes : c’est la raison pour laquelle la tradition existe, et que vous disposerez de votre enveloppe d’adulte tout à l’heure, à la fin de cette année, ainsi que la connexion ultime au reste du savoir universel par la même occasion. D’ici là, retenez bien la leçon : humains ou robots que nous sommes, on doit prendre conscience par la véritable étincelle de l'intelligence. Nous devons faire passer l’individu et l’espèce avant un quelconque profit pour le petit nombre. Voilà pourquoi on doit apprendre et concevoir par soi-même. Des outils, certes, pour nous aider, mais jamais abandonner notre discernement et notre capacité de raisonnement et de création à d’autres.

  Il balaya de son regard positronique le reste de la salle avant de compléter :

  — Vous pouvez vous rasseoir Elijah, déclara-t-il à l’assistance muette. Escamotez le professeur rébarbatif qui est devant vous, mais ne négligez jamais qui vous êtes : c’est la leçon ultime de ces années pénibles passées à tenter de l’apprendre, et surtout de ne pas l’oublier. Vous devez vous en souvenir pour devenir dignes de l’étincelle, conclut-il en soupirant, avant de regagner son siège derrière le bureau.

  Il caressa de sa main artificielle le pelage du chat installé à côté de lui. Le félin se mit à ronronner en regardant ce visage synthétique à l’aspect volontairement humain. Daneel retourna un sourire empli de chaleur à l’animal, qui se replongea satisfait dans ses rêves.

Michel Maillot
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💬 Vos commentaires

1.Posté par Jean-Michel ARCHAIMBAULT le 04/10/2026 09:39 | Alerter
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JMARCHAIMBAULT
Eh bien, c'est dit, nous savons maintenant comment nous allons finir et quelle sera la relève. Ce n' est là qu'un premier commentaire à chaud, suite à l'effet coup de poing de cette chouette nouvelle où l'espoir sous une certaine forme dame le pion au pessimisme. Vive l'étincelle !
Et rêvons un peu, si c'était nous qui l'avions sans trop tarder, peut-être que... 😉
Bien noté au passage les références.
Merci, Michel, et souhaitons aux androïdes de mieux réussir que nous !

2.Posté par Jean Christophe GAPDY le 04/10/2026 13:37 | Alerter
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JCGapdy
Alors, alors...
forcément, j'ai "sauté" au plafond de mon tit cerveau pour retrouver les paroles (heureusement soigneusement enregistrées dans le dossier habilement nommé "Paroles de chansons") du Grand Chambardement de Guy Béart, dont ces quelques lignes que voici :
.
Que les calculatrices
Sur le feu d'artifice
Alignent leurs zéros
Comme des généraux
.
Elles ont fait merveille
Bravo pour ces abeilles !
Qu'on décore à cette heure
Le grand ordinateur !
.
...
Si nous vivons demain
...
Bien sûr Daneel et Elijah se retrouvent et ce dernier a finalement bien baley..é devant lui pour réciter sa leçon.
Je ne vais pas citer (citer/réciter ?) toutes les références, celles-ci sont uniquement celles qui "sautent aux yeux" (ou au cerveau positronique).
Je note que la phrase la plus importante et vitale de ce conte bien emmailloté (désolé, je n'ai pu résister, mais il me sera beaucoup pardonné, j'espère) est : l’animal... se replongea satisfait dans ses rêves.
Car pour l'instant, nous pouvons espérer que tout ceci n'est qu'un rêve sans avenir.
Sinon je reste simplement sur ma faim pour un détail : mais, fichtre, diantre et palsambleu, mais à quel âge deviennent-ils donc adultes ces jeunes étudiants ?
.
Merci Michel de ces clins d'œil, sans doute artificiels et androïdiques, quoiqu'il soient très humanisés dans leurs attitudes et phrasés.
Une histoire qui nous fait agréablement sourire en ce dimanche matin.

3.Posté par Éric MARIE le 04/10/2026 18:09 | Alerter
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ATRAVERSLESPACE
Elijah et Daneel… que de souvenirs ! Un bien joli conte dont la phrase centrale semble être :
« Il ne faut jamais oublier qui nous sommes — c’est la raison pour laquelle la tradition existe ».
Phrase assez paradoxale venant de la bouche d’un robot positronique.
Bon, l’Homme court à sa perte en courant après le profit, mais s’il reste des androïdes humanistes
entourés de chats, alors, pourquoi pas ?
Merci, Michel.

4.Posté par Koyolite TSEILA le 05/10/2026 08:06 | Alerter
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KoyoliteTseila
Elijah Baley et Robot Daneel Olivaw, que de lointains et bons souvenirs de lecture !
Rien n’est gagné d’avance : la richesse intellectuelle s’acquiert avec un peu d’effort personnel et, par ailleurs, ce qui est presque plus important : avec les autres.
L'humanité s'est perdue en sacrifiant l'effort, la responsabilité et le collectif. Les androïdes, héritiers de notre espèce, tentent de ne pas répéter cette erreur...
Tout comme Jycé le souligne en mentionnant le chat qui se replonge satisfait dans ses rêves, on ne peut effectivement qu'espérer que ceci reste un rêve sans avenir, parce que dans ce cas précis où la science-fiction rejoindrait la réalité, cela virerait au cauchemar... Jadis, l'homme découvrit le feu et on a vu ce qu'il est devenu; espérons que demain la machine ne découvrira jamais l'étincelle.
Une nouvelle dont j'ai beaucoup apprécié la lecture, merci Michel 🙏

PS : Je note au passage qu'Eric et toi avez des affinités particulières avec les frisbees et les boomerangs ! 😅😅

5.Posté par B BLANZAT le 05/10/2026 09:41 | Alerter
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Blanzat
Eh bien je me suis fait avoir. Cette récitation de singe savant me gênait aux entournures : pour un ado rebelle, je trouvais qu'Elijah avait une trop bonne syntaxe. Finalement, oui, c'est bien une litanie qu'il nous débite, comme figée dans la matrice, la ligne de crête entre individu et collectif qui a conduit à l'étincelle, forcément métastable mais fragile. La tradition a la mauvaise habitude de nous faire répéter nos erreurs, espérons que cette nouvelle forme d'intelligence saura ne pas bégayer. En tout cas, l'humanité a déconné : la loi zéro a fait pschitt.

6.Posté par Michel MAILLOT le 05/10/2026 10:44 | Alerter
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mmaillot
Merci à vous tou(te)s pour les retours !

Nos deux protagonistes lointains héritiers d’Asimov, fils d’Isaac, ont bien l’air de répéter une pièce sur un conflit des générations bien humain. Et pourtant, derrière le discours bien pontifiant récité par Elijah, il y a forcément un peu plus que les mots. Tenter de ne pas commettre à nouveau les erreurs du passé, en l’occurrence les nôtres, celles des humains. Mettre en avant l’individu et son appartenance au groupe sans lequel il n’existe pas de société, mais sans soumission à une quelconque élite. La tradition ? L’histoire ? Elles sont là pour nous aider à comprendre, pas pour rester figées dans le passé. Forcément, avec le temps qui s’écoule, elles évoluent, et s’enrichissent et peut-être même se remettent en cause. Daneel le sait, tout cet enseignement au bout du compte ne doit avoir d’autres buts que de développer la conscience, l’étincelle ne suffit pas. Il faut, et c’est ce qu’il souligne à la fin, garder son esprit critique pour que de l’étincelle puisse jaillir la lumière.

Au final, Humains ou robots, qui se débattent en avançant péniblement sur cette terre boueuse, n’ont peut-être d’ailleurs pas d’autre finalité que de servir les chats.

P.S. Il y a un texte à venir avec nos deux amis où Elijah montrera à quel point il n’a pas cédé sa capacité de raisonnement et de création à d’autres.
P.P.S. les cerveaux positroniques pédalant nettement plus vite que les nôtres, on peut supposer que cinq années terrestres suffisent pour faire souffrir les étudiants synthétiques sur les bancs de leurs écoles. C’est beaucoup pour eux, mais sans doute calculé pour inculquer les nouvelles lois de la robotique à la base d’échanges volontairement pénibles bousculant gentiment leurs certitudes juvéniles sans pour autant vouloir les briser.

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