La Vitesse de lâobscuritĂ© © 2005 Editions Presses de la CitĂ© | Illustration de couverture © Jennifer Kennard et Elizabeth Young
QuatriĂšme de couverture
Il y a la vitesse de la lumiÚre, dont tout le monde a entendu parler, sur laquelle ont travaillé les plus grands savants. Mais qu'en est-il de la vitesse de l'obscurité ?
Lou Arrendale sait qu'elle existe, qu'elle est aussi digne d'intĂ©rĂȘt, et mĂȘme peut-ĂȘtre plus. Mais personne n'Ă©coute Lou. Car Lou est autiste. GrĂące Ă ses dons pour les mathĂ©matiques, il jouit d'une excellente situation dans une compagnie pharmaceutique et mĂšne une vie indĂ©pendante. Mais l'offre de tester un traitement expĂ©rimental censĂ© annuler les effets de l'autisme chez l'adulte vient perturber son existence bien rĂ©glĂ©e. Si celui-ci rĂ©ussit, Lou devrait penser, agir et se comporter comme n'importe quel adulte " normal ". Mais, dĂ©livrĂ© de l'autisme, Lou Arrendale sera-t-il encore lui-mĂȘme ?
Un roman profond et poignant, inoubliable, récompensé par le prix Nebula 2004, qu'Elizabeth Moon, auteure de science-fiction réputée, a dédié à son fils autiste.
Lou Arrendale sait qu'elle existe, qu'elle est aussi digne d'intĂ©rĂȘt, et mĂȘme peut-ĂȘtre plus. Mais personne n'Ă©coute Lou. Car Lou est autiste. GrĂące Ă ses dons pour les mathĂ©matiques, il jouit d'une excellente situation dans une compagnie pharmaceutique et mĂšne une vie indĂ©pendante. Mais l'offre de tester un traitement expĂ©rimental censĂ© annuler les effets de l'autisme chez l'adulte vient perturber son existence bien rĂ©glĂ©e. Si celui-ci rĂ©ussit, Lou devrait penser, agir et se comporter comme n'importe quel adulte " normal ". Mais, dĂ©livrĂ© de l'autisme, Lou Arrendale sera-t-il encore lui-mĂȘme ?
Un roman profond et poignant, inoubliable, récompensé par le prix Nebula 2004, qu'Elizabeth Moon, auteure de science-fiction réputée, a dédié à son fils autiste.
Fiche de lecture
Lou Arrendale est autiste. Il travaille pour une compagnie pharmaceutique dans une unitĂ© spĂ©ciale dont tous les employĂ©s sont comme lui. Petit gĂ©nie de lâinformatique, sa vie est trĂšs organisĂ©e. Il y a le jour de la lessive, celui pour faire ses courses, le jour du mĂ©nage, etc. Tout changement dans cette routine est source de grande angoisse pour Lou. Il est cependant autonome, vit dans son propre appartement et conduit sa voiture. Il a quand mĂȘme un vrai loisir : une fois par semaine, il suit un cours dâescrime, cours dâautant plus intĂ©ressant quâil y rencontre Marjory, une jolie brune dont il est amoureux et qui commence Ă le faire rĂȘver.
Deux éléments vont bientÎt bousculer cette vie plutÎt rigide.
Dâune part, Don, un de ses compagnons dâescrime, va commencer Ă ĂȘtre jaloux de sa proximitĂ© â pourtant trĂšs relative â dâavec Marjory ; et dâautre part, un nouveau directeur sâintĂ©resse Ă lâunitĂ© spĂ©ciale dont fait partie Lou. Il trouve que les amĂ©nagements dont profitent les employĂ©s autistes coĂ»tent trop cher Ă lâentreprise et va chercher le moyen dây mettre fin. Ces avantages semblent pourtant bien modestes puisquâils consistent en des mobiles dĂ©corant les bureaux, des places de parking rĂ©servĂ©es et une salle de sport Ă©quipĂ©e de trampolines. Ce « petit chef » totalement dĂ©testable croira avoir trouvĂ© le moyen de parvenir Ă ses fins en contraignant ces employĂ©s autistes Ă suivre un protocole mĂ©dical expĂ©rimental visant Ă les « guĂ©rir » de leur autisme. Et câest lĂ que le roman dĂ©colle et devient passionnant. Jây reviendrai.
***
Quelques mots dâabord sur le monde dans lequel se dĂ©roule cette histoire.
Le roman date de 2003 et lâaction se situe dans un futur proche. Les voitures sont Ă©quipĂ©es de panneaux solaires, on greffe des puces dans le cerveau des dĂ©linquants pour les empĂȘcher de commettre des actes violents et, surtout, on a trouvĂ© la cause de lâautisme. Deux gĂšnes dĂ©fectueux ont Ă©tĂ© identifiĂ©s et, avant leur naissance, les bĂ©bĂ©s autistes sont dĂ©sormais soignĂ©s par thĂ©rapie gĂ©nique ! Le rĂ©sultat est que Lou et ses compagnons, ĂągĂ©s dâune petite quarantaine dâannĂ©es, trop vieux pour profiter de ce progrĂšs mĂ©dical, sont les derniers de leur espĂšce. Ils ont certes profitĂ© des avancĂ©es du dĂ©but du vingt et uniĂšme siĂšcle, mais leur seul espoir de devenir complĂštement normaux est donc ce protocole expĂ©rimental que leur responsable va chercher Ă leur imposerâŠ
Les questions posées par ce roman sont, à mon sens, trÚs intéressantes, voire passionnantes.
Tout dâabord, on peut se poser la question de ce qui arriverait aux enfants autistes si le diagnostic Ă©tait possible avant la naissance. La rĂ©ponse est claire. Dans le monde actuel, ils seraient avortĂ©s et bientĂŽt les enfants autistes auraient quasiment disparu (câest ce qui se passe actuellement avec les bĂ©bĂ©s trisomiques).
Ensuite, a-t-on le droit dâutiliser des questions de santĂ© pour contraindre les individus et limiter leur libertĂ© individuelle ? Dans le roman, Lou et ses compagnons sont sous la menace dâun licenciement sâils nâacceptent pas ce traitement peut-ĂȘtre miraculeux, mais en tout cas expĂ©rimental. ExpĂ©rimental, ça ne vous rappelle rien ? MenacĂ©s dâĂȘtre licenciĂ©s si on nâobĂ©it pas ? Mis au ban de la sociĂ©tĂ© et insultĂ©s par les plus hautes instances de lâĂtat si on voulait prĂ©server ses droits fondamentaux et sa libertĂ© ? LâactualitĂ© relativement rĂ©cente a donnĂ© au roman dâElizabeth Moon une modernitĂ© quâon nâaurait pas cru possible (et dont on se serait bien passĂ©).
Enfin, troisiĂšme et dernier questionnement â et la contrainte Ă©tant mise de cĂŽtĂ© â une personne autiste choisira-t-elle de devenir « normale » si on le lui propose ? Dans le roman, on parle dâune technologie associant gĂ©nĂ©tique, nanotechnologie et croissance neurale accĂ©lĂ©rĂ©e. Le cerveau est donc modifiĂ©, certains neurones et certaines connexions sont dĂ©truits pour que dâautres puissent prendre leur place. Mais, Ă la fin du processus, lâindividu, le « moi » sera-t-il vraiment le mĂȘme ? La mĂ©moire ne sera-t-elle pas altĂ©rĂ©e ?
Finalement, quâest-ce qui dĂ©finit la personnalitĂ© ? Si on change le cerveau, on change lâindividu ? Ă ma connaissance, le seul rĂ©cit de SF qui aborde ces questions, mais dâune façon trĂšs diffĂ©rente, est le roman Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes.
Ce roman est donc remarquable et trÚs original, bref, une lecture chaudement recommandée.
Deux éléments vont bientÎt bousculer cette vie plutÎt rigide.
Dâune part, Don, un de ses compagnons dâescrime, va commencer Ă ĂȘtre jaloux de sa proximitĂ© â pourtant trĂšs relative â dâavec Marjory ; et dâautre part, un nouveau directeur sâintĂ©resse Ă lâunitĂ© spĂ©ciale dont fait partie Lou. Il trouve que les amĂ©nagements dont profitent les employĂ©s autistes coĂ»tent trop cher Ă lâentreprise et va chercher le moyen dây mettre fin. Ces avantages semblent pourtant bien modestes puisquâils consistent en des mobiles dĂ©corant les bureaux, des places de parking rĂ©servĂ©es et une salle de sport Ă©quipĂ©e de trampolines. Ce « petit chef » totalement dĂ©testable croira avoir trouvĂ© le moyen de parvenir Ă ses fins en contraignant ces employĂ©s autistes Ă suivre un protocole mĂ©dical expĂ©rimental visant Ă les « guĂ©rir » de leur autisme. Et câest lĂ que le roman dĂ©colle et devient passionnant. Jây reviendrai.
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Quelques mots dâabord sur le monde dans lequel se dĂ©roule cette histoire.
Le roman date de 2003 et lâaction se situe dans un futur proche. Les voitures sont Ă©quipĂ©es de panneaux solaires, on greffe des puces dans le cerveau des dĂ©linquants pour les empĂȘcher de commettre des actes violents et, surtout, on a trouvĂ© la cause de lâautisme. Deux gĂšnes dĂ©fectueux ont Ă©tĂ© identifiĂ©s et, avant leur naissance, les bĂ©bĂ©s autistes sont dĂ©sormais soignĂ©s par thĂ©rapie gĂ©nique ! Le rĂ©sultat est que Lou et ses compagnons, ĂągĂ©s dâune petite quarantaine dâannĂ©es, trop vieux pour profiter de ce progrĂšs mĂ©dical, sont les derniers de leur espĂšce. Ils ont certes profitĂ© des avancĂ©es du dĂ©but du vingt et uniĂšme siĂšcle, mais leur seul espoir de devenir complĂštement normaux est donc ce protocole expĂ©rimental que leur responsable va chercher Ă leur imposerâŠ
Les questions posées par ce roman sont, à mon sens, trÚs intéressantes, voire passionnantes.
Tout dâabord, on peut se poser la question de ce qui arriverait aux enfants autistes si le diagnostic Ă©tait possible avant la naissance. La rĂ©ponse est claire. Dans le monde actuel, ils seraient avortĂ©s et bientĂŽt les enfants autistes auraient quasiment disparu (câest ce qui se passe actuellement avec les bĂ©bĂ©s trisomiques).
Ensuite, a-t-on le droit dâutiliser des questions de santĂ© pour contraindre les individus et limiter leur libertĂ© individuelle ? Dans le roman, Lou et ses compagnons sont sous la menace dâun licenciement sâils nâacceptent pas ce traitement peut-ĂȘtre miraculeux, mais en tout cas expĂ©rimental. ExpĂ©rimental, ça ne vous rappelle rien ? MenacĂ©s dâĂȘtre licenciĂ©s si on nâobĂ©it pas ? Mis au ban de la sociĂ©tĂ© et insultĂ©s par les plus hautes instances de lâĂtat si on voulait prĂ©server ses droits fondamentaux et sa libertĂ© ? LâactualitĂ© relativement rĂ©cente a donnĂ© au roman dâElizabeth Moon une modernitĂ© quâon nâaurait pas cru possible (et dont on se serait bien passĂ©).
Enfin, troisiĂšme et dernier questionnement â et la contrainte Ă©tant mise de cĂŽtĂ© â une personne autiste choisira-t-elle de devenir « normale » si on le lui propose ? Dans le roman, on parle dâune technologie associant gĂ©nĂ©tique, nanotechnologie et croissance neurale accĂ©lĂ©rĂ©e. Le cerveau est donc modifiĂ©, certains neurones et certaines connexions sont dĂ©truits pour que dâautres puissent prendre leur place. Mais, Ă la fin du processus, lâindividu, le « moi » sera-t-il vraiment le mĂȘme ? La mĂ©moire ne sera-t-elle pas altĂ©rĂ©e ?
Finalement, quâest-ce qui dĂ©finit la personnalitĂ© ? Si on change le cerveau, on change lâindividu ? Ă ma connaissance, le seul rĂ©cit de SF qui aborde ces questions, mais dâune façon trĂšs diffĂ©rente, est le roman Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes.
Ce roman est donc remarquable et trÚs original, bref, une lecture chaudement recommandée.



