Quatrième de couverture
En l'an 2500, le professeur Antelle, Arthur Levain et Ulysse Mérou quittent la Terre. Ils s'embarquent sur leur vaisseau cosmique, direction la supergéante Bételgeuse. En la survolant, ils ont la surprise de découvrir des villes, des maisons, des forêts...
Une planète jumelle de la Terre ?
À une différence près : ici, les singes règnent en maîtres et les hommes vivent à l'état sauvage, quand ils ne sont pas en cage. Qu'est-il donc advenu de l'espèce humaine ?
Une planète jumelle de la Terre ?
À une différence près : ici, les singes règnent en maîtres et les hommes vivent à l'état sauvage, quand ils ne sont pas en cage. Qu'est-il donc advenu de l'espèce humaine ?
Fiche de lecture
En voilà un retour aux origines ! L’ouvrage le plus connu de Pierre Boulle (ex æquo avec « Le Pont de la rivière Kwaï » et le film éponyme) n’a pourtant, semble-t-il, jamais été adapté fidèlement.
Il y eut bien sûr de très nombreuses adaptations du film : entre celle de 1968 finissant sur un Charlton Heston à genoux ou la franchise dans laquelle Andy Serkis incarne le rôle du singe César, en passant par la… allez, on va dire sympathique version de 2001 avec Tim Burton aux manettes (la seule que j’ai vue à ce jour), toutes ont un point commun. Oui, elles impliquent une opposition entre les Hommes et les Singes, oui ! Mais surtout… elles sont états-uniennes.
Le livre original, lui, évoque davantage Jules Verne. Le personnage principal, Ulysse Mérou, est à la fois journaliste, connaissant la puissance de l’opinion publique, mais incarne aussi le savant vernien. Par sa voix, l’on apprend notamment le fonctionnement de la société simiesque, divisée entre les gorilles, dédiés aux travaux de force et d’autorité, les orangs-outans, gardiens de la tradition et du savoir, et les chimpanzés, chercheurs, artistes et créatifs.
Si cette division trifonctionnelle rappelle celle de l’anthropologue G. Dumézil concernant l’aire indo-européenne (entre les fonctions guerrières, religieuses/traditionnelles et laborieuses), l’auteur nous plonge aussi dans la psychologie comportementaliste (on pense à Ivan Pavlov et ses travaux sur le réflexe conditionné, nommément cité dans le texte), qui nourrira des œuvres de science-fiction telles que « Des fleurs pour Algernon » quelques années plus tard ou encore le film « Nos amis les Terriens » de Werber.
Les humains sont devenus des objets d’expériences sociales ou anatomiques, notamment dans la « section encéphalique » de l’Institut de recherche, ce qui rappelle le spectre des sciences dévoyées par le totalitarisme. On pense bien sûr aux horreurs concentrationnaires du national-socialisme, mais je pourrais citer aussi les thèses de Trofim Lyssenko ou les expériences du zoologue soviétique Ilia Ivanov sur l’hybridation homme-singe (!).
Charles Darwin – sous les traits simiesques du singe Cornélius – est convoqué, ainsi que des notions d’archéologie et de mathématiques élémentaires, pour amorcer la communication entre la scientifique Zira et Ulysse Mérou.
On est donc bien loin du héros tout en muscles, à la Johnny Weissmuller. C’est beaucoup plus scientifique : ainsi, les péripéties pour faire évader Ulysse Mérou et sa famille, qui se prêteraient à des scènes d’action et de course-poursuite à l’écran, sont presque passées sous silence au profit, par exemple, d’une démonstration par le héros de la célèbre théorie de Pythagore ou d’autres éléments de géométrie.
Si je comprends qu’une adaptation fidèle de « La Planète des singes » implique de réduire les enjeux sociaux saillants dans la société américaine (notamment le racisme et la ségrégation) et donc de la rendre moins attrayante pour Hollywood, une telle adaptation mériterait d’exister. Elle serait plus proche de « Nos Amis les Terriens » qui, du fait de son aspect philosophique, a eu un petit budget… et a connu un faible succès commercial.
Mais ça ne me décourage pas de rêver !
Il y eut bien sûr de très nombreuses adaptations du film : entre celle de 1968 finissant sur un Charlton Heston à genoux ou la franchise dans laquelle Andy Serkis incarne le rôle du singe César, en passant par la… allez, on va dire sympathique version de 2001 avec Tim Burton aux manettes (la seule que j’ai vue à ce jour), toutes ont un point commun. Oui, elles impliquent une opposition entre les Hommes et les Singes, oui ! Mais surtout… elles sont états-uniennes.
Le livre original, lui, évoque davantage Jules Verne. Le personnage principal, Ulysse Mérou, est à la fois journaliste, connaissant la puissance de l’opinion publique, mais incarne aussi le savant vernien. Par sa voix, l’on apprend notamment le fonctionnement de la société simiesque, divisée entre les gorilles, dédiés aux travaux de force et d’autorité, les orangs-outans, gardiens de la tradition et du savoir, et les chimpanzés, chercheurs, artistes et créatifs.
Si cette division trifonctionnelle rappelle celle de l’anthropologue G. Dumézil concernant l’aire indo-européenne (entre les fonctions guerrières, religieuses/traditionnelles et laborieuses), l’auteur nous plonge aussi dans la psychologie comportementaliste (on pense à Ivan Pavlov et ses travaux sur le réflexe conditionné, nommément cité dans le texte), qui nourrira des œuvres de science-fiction telles que « Des fleurs pour Algernon » quelques années plus tard ou encore le film « Nos amis les Terriens » de Werber.
Les humains sont devenus des objets d’expériences sociales ou anatomiques, notamment dans la « section encéphalique » de l’Institut de recherche, ce qui rappelle le spectre des sciences dévoyées par le totalitarisme. On pense bien sûr aux horreurs concentrationnaires du national-socialisme, mais je pourrais citer aussi les thèses de Trofim Lyssenko ou les expériences du zoologue soviétique Ilia Ivanov sur l’hybridation homme-singe (!).
Charles Darwin – sous les traits simiesques du singe Cornélius – est convoqué, ainsi que des notions d’archéologie et de mathématiques élémentaires, pour amorcer la communication entre la scientifique Zira et Ulysse Mérou.
On est donc bien loin du héros tout en muscles, à la Johnny Weissmuller. C’est beaucoup plus scientifique : ainsi, les péripéties pour faire évader Ulysse Mérou et sa famille, qui se prêteraient à des scènes d’action et de course-poursuite à l’écran, sont presque passées sous silence au profit, par exemple, d’une démonstration par le héros de la célèbre théorie de Pythagore ou d’autres éléments de géométrie.
Si je comprends qu’une adaptation fidèle de « La Planète des singes » implique de réduire les enjeux sociaux saillants dans la société américaine (notamment le racisme et la ségrégation) et donc de la rendre moins attrayante pour Hollywood, une telle adaptation mériterait d’exister. Elle serait plus proche de « Nos Amis les Terriens » qui, du fait de son aspect philosophique, a eu un petit budget… et a connu un faible succès commercial.
Mais ça ne me décourage pas de rêver !




