Yoko Tsuno, fresque murale à Verviers réalisée en 2018 dans le cadre du "Parcours BD" de Bruxelles | Source illustration : Par The RedBurn — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=72096937
Roger Leloup, l'homme-orchestre de cette série
Né en 1933 à Verviers (Belgique) Roger Leloup, homme-orchestre de cette série, a d'abord travaillé dans l'ombre de Jacques Martin, le créateur d'Alix, avant de rejoindre les studios Hergé à Bruxelles. Durant quinze ans il participera aux décors de certains albums de Tintin (la gare de Genève dans « l'Affaire Tournesol », la refonte de « L'île noire » ou la conception de l'avion de Carreidas dans « Vol 714 pour Sydney ») avant de suivre Peyo et Tillieux. Il collaborera alors à la série « Jacky et Célestin », bien moins connue que les Schtroumpfs. Ces deux héros sont aujourd'hui considérés comme les ancêtres de Vic et Pol, membres du noyau dur qui avec Yoko Tsuno partagent ses aventures. Celles-ci débutent dans le journal Spirou en septembre 1970 et perdurent depuis.
Cette belle longévité ne doit rien au hasard. Comme pour bien d'autres BD populaires, Leloup en est à la fois le dessinateur et le scénariste. Passionné d'aviation (il exerce l'aéromodélisme), de technique, créateur de décors aussi réalistes et pointilleux que démesurés et futuristes, son œuvre s'ancre profondément dans la science-fiction. Surtout, et cela mérite d'être souligné, Leloup met en scène au long de ses histoires une héroïne japonaise, fait inédit dans la BD du début des années 1970 où il fallait remonter à Bécassine, à Nigaude et Malicette ou à l'espiègle Lili pour trouver des personnages féminins de premier plan dans ce domaine.
Cette belle longévité ne doit rien au hasard. Comme pour bien d'autres BD populaires, Leloup en est à la fois le dessinateur et le scénariste. Passionné d'aviation (il exerce l'aéromodélisme), de technique, créateur de décors aussi réalistes et pointilleux que démesurés et futuristes, son œuvre s'ancre profondément dans la science-fiction. Surtout, et cela mérite d'être souligné, Leloup met en scène au long de ses histoires une héroïne japonaise, fait inédit dans la BD du début des années 1970 où il fallait remonter à Bécassine, à Nigaude et Malicette ou à l'espiègle Lili pour trouver des personnages féminins de premier plan dans ce domaine.
Présentation des 27 premiers albums de la série (1970-2015)
📕Une des caractéristiques des premiers albums est le passage abrupt du quotidien ordinaire à une situation fantastique. « Le Trio de l’Étrange » en est l'illustration et n'est pas sans rappeler l'odyssée de Blake et Mortimer dans « L'énigme de l'Atlantide ». Cette facilité un peu désarmante sera fréquente mais ces planches initiales fixeront néanmoins la philosophie dominante de ces histoires et les caractères des personnages.
📕Yoko Tsuno est ingénieure en électronique et ne s'en laisse pas conter. Elle pratique les arts martiaux et fait preuve d'une vigoureuse détermination face aux situations qui se présentent à elle, surtout les plus périlleuses. Douée d'une grande capacité d'adaptation, elle n'hésite pas à prendre des risques énormes en toute inconscience, ce qui lui vaut – fait rarissime en BD – une fracture dans une de ses aventures et des blessures parfois graves. Souvent revêtue d'une mini-jupe qui lui confère une allure sexy, cette souple jeune femme escalade des falaises en escarpins, comme dans « L'Orgue du Diable » et fait preuve de la plus folle témérité pour contrarier les desseins de ses adversaires. Cela prête à sourire lorsque nous nous trouvons en présence de situations abracadabrantesques. Heureusement, l'allant des histoires et le capital de sympathie de notre héroïne font que nos réserves s'évanouissent vite.
De fait, il faut se laisser entraîner sans résister dans ces aventures conçues d'abord pour des enfants. Le second album a comme décor une boucle du Rhin romantique où les technologies futuristes sont absentes. Nous sommes plongés dans une enquête au parfum policier, avec, tout de même, une petite pointe de fantastique sous l'allure d'orgues géantes dont le son est de nature à provoquer la mort de celui qui y est soumis. Pas de machines échevelées donc, mais de convaincantes évocations de bateaux ou de locomotives.
📕Le troisième album, « La Forge de Vulcain », réintroduit les Vinéens, extraterrestres réfugiés sous terre depuis 400000 ans, acteurs de la première aventure de Yoko Tsuno. Dans une interview Roger Leloup en explique la genèse : « J’étais dyslexique. Je voyais souvent, chez nous, à la maison, un pot de crème Nivea que je lisais Vinéa et, je m'imaginais qu'en se mettant de la crème sur le visage, on devenait bleu comme l'emballage ».
Dans « La Forge de Vulcain » Roger Leloup conçoit de délirantes machines destinées à capter de la lave pour créer un nouveau continent. Celui-ci sera sensé abriter nos naufragés célestes. Là encore la facilité avec laquelle Yoko Tsuno et ses compagnons se glissent dans cette aventure est assez déconcertante. Il faut clairement laisser la raison au vestiaire.
Des constantes que l'on va retrouver tout au long de cette œuvre sont introduites dès ces premiers albums, en particulier une répugnance marquée vis à vis du meurtre, même lorsque Yoko Tsuno est dans une situation si désespérée que l'élimination physique de ses adversaires lui permettrait de se sauver elle, et parfois d'autres avec. Leloup s'ingénie autant que possible à trouver un autre moyen que la mort pour dénouer une intrigue ! Cette conviction humaniste mérite d'être saluée, de même que le souci de notre héroïne de s'inquiéter du sort de ceux qu'elle affronte lorsqu'ils sont blessés ou de regretter leur disparition tragique lorsque celle-ci a malheureusement lieu.
📕Yoko Tsuno est ingénieure en électronique et ne s'en laisse pas conter. Elle pratique les arts martiaux et fait preuve d'une vigoureuse détermination face aux situations qui se présentent à elle, surtout les plus périlleuses. Douée d'une grande capacité d'adaptation, elle n'hésite pas à prendre des risques énormes en toute inconscience, ce qui lui vaut – fait rarissime en BD – une fracture dans une de ses aventures et des blessures parfois graves. Souvent revêtue d'une mini-jupe qui lui confère une allure sexy, cette souple jeune femme escalade des falaises en escarpins, comme dans « L'Orgue du Diable » et fait preuve de la plus folle témérité pour contrarier les desseins de ses adversaires. Cela prête à sourire lorsque nous nous trouvons en présence de situations abracadabrantesques. Heureusement, l'allant des histoires et le capital de sympathie de notre héroïne font que nos réserves s'évanouissent vite.
De fait, il faut se laisser entraîner sans résister dans ces aventures conçues d'abord pour des enfants. Le second album a comme décor une boucle du Rhin romantique où les technologies futuristes sont absentes. Nous sommes plongés dans une enquête au parfum policier, avec, tout de même, une petite pointe de fantastique sous l'allure d'orgues géantes dont le son est de nature à provoquer la mort de celui qui y est soumis. Pas de machines échevelées donc, mais de convaincantes évocations de bateaux ou de locomotives.
📕Le troisième album, « La Forge de Vulcain », réintroduit les Vinéens, extraterrestres réfugiés sous terre depuis 400000 ans, acteurs de la première aventure de Yoko Tsuno. Dans une interview Roger Leloup en explique la genèse : « J’étais dyslexique. Je voyais souvent, chez nous, à la maison, un pot de crème Nivea que je lisais Vinéa et, je m'imaginais qu'en se mettant de la crème sur le visage, on devenait bleu comme l'emballage ».
Dans « La Forge de Vulcain » Roger Leloup conçoit de délirantes machines destinées à capter de la lave pour créer un nouveau continent. Celui-ci sera sensé abriter nos naufragés célestes. Là encore la facilité avec laquelle Yoko Tsuno et ses compagnons se glissent dans cette aventure est assez déconcertante. Il faut clairement laisser la raison au vestiaire.
Des constantes que l'on va retrouver tout au long de cette œuvre sont introduites dès ces premiers albums, en particulier une répugnance marquée vis à vis du meurtre, même lorsque Yoko Tsuno est dans une situation si désespérée que l'élimination physique de ses adversaires lui permettrait de se sauver elle, et parfois d'autres avec. Leloup s'ingénie autant que possible à trouver un autre moyen que la mort pour dénouer une intrigue ! Cette conviction humaniste mérite d'être saluée, de même que le souci de notre héroïne de s'inquiéter du sort de ceux qu'elle affronte lorsqu'ils sont blessés ou de regretter leur disparition tragique lorsque celle-ci a malheureusement lieu.
📕« Aventures électroniques », quatrième opus de cette saga est une compilation d'histoires indépendantes dont le fil rouge procède justement de cette technologie à laquelle Yoko est rompue. Il est à noter que certains scénarios sont signés Tillieux et que nous y trouvons la première manifestation de tendresse de Pol envers notre petite japonaise. Il semble pourtant qu'au fil des aventures ce soit Vic qui éprouve un penchant amoureux vis à vis de Yoko, et que cela soit réciproque. Pol est le comique du groupe et rencontrera l'amour dans « L'Astrologue de Bruges ». L'aspect sentimental est juste esquissé, comme à la fin de « Les Exilés de Kifa ». Il est contenu et comporte peu d'effusions.
📕« Message pour l'éternité » est une succession de situations assez invraisemblables. Leloup donne néanmoins toute la mesure de son talent graphique au travers des aéronefs qui émaillent le récit, et le planeur ultra-sophistiqué qu'utilise Yoko pour rejoindre le mystérieux cratère où s'abîma jadis un énigmatique avion est un hommage évident à l'Espadon d'E P Jacobs.
📕« Les Trois soleils de Vinéa », marque par contre une rupture par rapport aux albums précédents, en raison essentiellement de la bonne qualité du scénario, élaboré et cohérent. Le dessin n'est pas en reste, évoquant avec brio des machines et des constructions futuristes très abouties. Nos amis Vinéens sont de retour et s'emploient à rallier leur planète d'origine, grâce à l'arrivée d'un satellite artificiel dans notre système. Cet engin, accordé à son homologue dans leur galaxie, permet de franchir le gouffre qui sépare la Terre de Vinéa en un temps relativement court. Il y a beaucoup de tendresse et d'humanité dans cet épisode particulièrement réussi.
📕L'amélioration des scénarios se confirme avec « La Frontière de la vie », qui est une émouvante histoire d'amour paternel dans laquelle Yoko est à deux doigts de succomber suite à une blessure par arme à feu. Cet aspect humain et vulnérable du personnage principal est à souligner.
📕Avec « Les Titans », texte et dessins sont équilibrés et cette belle histoire qui met à nouveau en scène les Vinéens est un hymne à la tolérance. Une phrase résume cet état d'esprit : « Les formes qui différencient les êtres importent peu si leurs pensées s'unissent pour bâtir un univers ».
📕Les épisodes se passant sur Vinéa ou sur Terre s'alternent et « La Fille du vent » a comme cadre le pays du soleil levant. Ceci nous permet de découvrir quelques aspects de la jeunesse de Yoko Tsuno (jeunesse détaillée dans un roman : « L'Écume de l'aube » aux éditions Casterman). « La fille du vent » est l'histoire assez rocambolesque de l'affrontement entre le père de Yoko et un homme d'affaire ayant financé ses recherches. Malheureusement les ambitions de ce dernier sont devenues incompatibles avec l'éthique de M. Tsuno. Leur duel s'inscrit alors dans une ambiance très japonaise autour d'une découverte : la possibilité de générer des tornades artificielles. Celles-ci peuvent devenir une arme absolue entre des mains mal intentionnées. L'emploi d'une bombe atomique pour souffler le typhon qui dans cette histoire menace le Japon est peut-être un peu exagéré...
📕« Message pour l'éternité » est une succession de situations assez invraisemblables. Leloup donne néanmoins toute la mesure de son talent graphique au travers des aéronefs qui émaillent le récit, et le planeur ultra-sophistiqué qu'utilise Yoko pour rejoindre le mystérieux cratère où s'abîma jadis un énigmatique avion est un hommage évident à l'Espadon d'E P Jacobs.
📕« Les Trois soleils de Vinéa », marque par contre une rupture par rapport aux albums précédents, en raison essentiellement de la bonne qualité du scénario, élaboré et cohérent. Le dessin n'est pas en reste, évoquant avec brio des machines et des constructions futuristes très abouties. Nos amis Vinéens sont de retour et s'emploient à rallier leur planète d'origine, grâce à l'arrivée d'un satellite artificiel dans notre système. Cet engin, accordé à son homologue dans leur galaxie, permet de franchir le gouffre qui sépare la Terre de Vinéa en un temps relativement court. Il y a beaucoup de tendresse et d'humanité dans cet épisode particulièrement réussi.
📕L'amélioration des scénarios se confirme avec « La Frontière de la vie », qui est une émouvante histoire d'amour paternel dans laquelle Yoko est à deux doigts de succomber suite à une blessure par arme à feu. Cet aspect humain et vulnérable du personnage principal est à souligner.
📕Avec « Les Titans », texte et dessins sont équilibrés et cette belle histoire qui met à nouveau en scène les Vinéens est un hymne à la tolérance. Une phrase résume cet état d'esprit : « Les formes qui différencient les êtres importent peu si leurs pensées s'unissent pour bâtir un univers ».
📕Les épisodes se passant sur Vinéa ou sur Terre s'alternent et « La Fille du vent » a comme cadre le pays du soleil levant. Ceci nous permet de découvrir quelques aspects de la jeunesse de Yoko Tsuno (jeunesse détaillée dans un roman : « L'Écume de l'aube » aux éditions Casterman). « La fille du vent » est l'histoire assez rocambolesque de l'affrontement entre le père de Yoko et un homme d'affaire ayant financé ses recherches. Malheureusement les ambitions de ce dernier sont devenues incompatibles avec l'éthique de M. Tsuno. Leur duel s'inscrit alors dans une ambiance très japonaise autour d'une découverte : la possibilité de générer des tornades artificielles. Celles-ci peuvent devenir une arme absolue entre des mains mal intentionnées. L'emploi d'une bombe atomique pour souffler le typhon qui dans cette histoire menace le Japon est peut-être un peu exagéré...
📕« La Lumière d'Ixo » est une œuvre forte, où le caractère entêté de Yoko Tsuno et ses valeurs humanistes lui confèrent une belle épaisseur. Le scénario est habile et met en lumière un rameau des Vinéens rejeté jadis par ses semblables et réfugié sur un astre tout à fait étonnant. Ce peuple a succombé à une forme de mysticisme et cet aspect culturel, conjugué à des réalisations techniques où se déploie l'imagination de Roger Leloup en font un album marquant.
📕Avec « La Spirale du temps » un nouveau personnage, qui va devenir récurrent, fait son apparition : Monya, jeune fille venue du 39ème siècle pour empêcher qu'une découverte qui provoquera à terme l'annihilation de la Terre et de ses habitants ne voit le jour. Le thème temporel est classique mais traité dans un décor insolite qui lui donne une certaine originalité : Bornéo et les îles environnantes. Une plongée dans le passé permet à Yoko Tsuno de rencontrer son oncle durant l'occupation japonaise et de découvrir l'origine de son prénom. Elle mettra fin aux agissements d'une créature extraterrestre emprisonnée dans une montagne. Celle-ci, suggestionnant les hommes pour s'échapper de sa gangue de pierre, leur avait communiqué les éléments de l'invention infernale qui détruirait le monde.
📕« La Proie et l'ombre » nous emmène en Écosse dans une très prenante histoire policière où les fantômes ne sont évidemment pas absents. Le scénario est là aussi classique, mais bien ficelé et les dessins évoquent à merveille cet univers baigné de brume, de vieilles pierres et de sombres machinations.
📕« Les Archanges de Vinéa » ont pour cadre le monde extragalactique où Yoko et ses deux amis vivent une partie de leurs aventures. Ici l'action se situe dans une cité sous-marine régie par des androïdes. Leur reine est possédée par la soif de domination et l'esprit de conquête aux dépens des Vinéens. De splendides décors viennent rehausser une histoire un peu chaotique, où s'exprime cependant une philosophie qui dénonce les excès du pouvoir personnel.
📕L'album suivant, « Le Feu de Wotan » part un peu en sucette. Heureusement les dessins le sauvent de la déroute par leur force d'évocation et la précision des détails. La faiblesse de certains scénarios signés Leloup touche à la crédibilité de l'enchaînement des situations qui propulsent Yoko au cœur de l'action. On peine à croire dans « Le feu de Wotan » à la vraisemblance de certains personnages issus de nulle part, et possédant des pouvoirs et des moyens que les autorités légales ne leur disputent pas. A noter cependant la note de tendresse entre Yoko et Vic qui clôt l'album.
📕« Le Canon de Kra » est mieux construit et raconte la lutte de Yoko et de ses amis contre un trafiquant d'armes nostalgique du Japon impérial, qui menace de s'emparer d'un micro-état pétrolier (on pense à Brunei) en usant d'un odieux chantage. De superbes dessins d'avions en embellissent les pages.
📕Avec « La Spirale du temps » un nouveau personnage, qui va devenir récurrent, fait son apparition : Monya, jeune fille venue du 39ème siècle pour empêcher qu'une découverte qui provoquera à terme l'annihilation de la Terre et de ses habitants ne voit le jour. Le thème temporel est classique mais traité dans un décor insolite qui lui donne une certaine originalité : Bornéo et les îles environnantes. Une plongée dans le passé permet à Yoko Tsuno de rencontrer son oncle durant l'occupation japonaise et de découvrir l'origine de son prénom. Elle mettra fin aux agissements d'une créature extraterrestre emprisonnée dans une montagne. Celle-ci, suggestionnant les hommes pour s'échapper de sa gangue de pierre, leur avait communiqué les éléments de l'invention infernale qui détruirait le monde.
📕« La Proie et l'ombre » nous emmène en Écosse dans une très prenante histoire policière où les fantômes ne sont évidemment pas absents. Le scénario est là aussi classique, mais bien ficelé et les dessins évoquent à merveille cet univers baigné de brume, de vieilles pierres et de sombres machinations.
📕« Les Archanges de Vinéa » ont pour cadre le monde extragalactique où Yoko et ses deux amis vivent une partie de leurs aventures. Ici l'action se situe dans une cité sous-marine régie par des androïdes. Leur reine est possédée par la soif de domination et l'esprit de conquête aux dépens des Vinéens. De splendides décors viennent rehausser une histoire un peu chaotique, où s'exprime cependant une philosophie qui dénonce les excès du pouvoir personnel.
📕L'album suivant, « Le Feu de Wotan » part un peu en sucette. Heureusement les dessins le sauvent de la déroute par leur force d'évocation et la précision des détails. La faiblesse de certains scénarios signés Leloup touche à la crédibilité de l'enchaînement des situations qui propulsent Yoko au cœur de l'action. On peine à croire dans « Le feu de Wotan » à la vraisemblance de certains personnages issus de nulle part, et possédant des pouvoirs et des moyens que les autorités légales ne leur disputent pas. A noter cependant la note de tendresse entre Yoko et Vic qui clôt l'album.
📕« Le Canon de Kra » est mieux construit et raconte la lutte de Yoko et de ses amis contre un trafiquant d'armes nostalgique du Japon impérial, qui menace de s'emparer d'un micro-état pétrolier (on pense à Brunei) en usant d'un odieux chantage. De superbes dessins d'avions en embellissent les pages.
📕« Le Dragon de Hong Kong » est aussi servi par le crayon de Leloup et le scénario tient cette fois-ci la corde, même si l'on peut s'étonner du manque de réaction officielle à la présence d'animaux hors du commun dans les eaux territoriales de Hong Kong. Un nouveau personnage s'adjoint à Yoko, Rosée, petite fille recueillie par notre héroïne.
📕On retrouve donc Rosée dans « Le Matin du monde », ainsi que Monya notre voyageuse temporelle, pour une plongée dans le Bali du 14ème siècle. Leloup a clairement un faible pour l'Asie, puisqu'il y situe un nombre important des aventures de Yoko. Ici, si on accepte le postulat de base sans renâcler, on goûte avec plaisir à cette vision passée de l'île des dieux où ne manquent pas même des ptéranodons.
📕« Les Exilés de Kifa » reprend globalement le thème de « La lumière d'Ixo » en nous projetant à nouveau dans l'univers des Vinéens. L'inventivité de Leloup s'exerce à fond et nous permet d'admirer d'étranges constructions, des machines fabuleuses, des êtres attachants autant qu'insolites.
📕Autre théâtre de prédilection de Leloup, la Rhénanie où intervient également une amie de Yoko Tsuno déjà rencontrée à plusieurs reprises : la blonde Ingrid, musicienne de son état. « L'Or du Rhin » nous offre de superbes tableaux de paysages de coteaux et de châteaux nichés dans les boucles du fleuve. Cette région plaît aussi à Roger Leloup qui y situe quelques intrigues. On appréciera sous son crayon l'évocation très réussie du « Rheingold », mythique train de luxe. Un des principaux protagonistes de « La fille du vent » y fait son ultime « come-back » et Leloup maintient le suspense jusqu'à la dernière image. A partir de « L'or du Rhin » les publications vont s'espacer, puisque dans les 23 années qui suivront seuls huit nouveaux albums verront le jour, à comparer avec les vingt qui ont jalonné la période couvrant 1970 à 1993.
📕Le suivant, « L'Astrologue de Bruges » est peut-être la clef de voûte de toute l'œuvre de Roger Leloup. L'action se déroule successivement de nos jours et au 16ème siècle dans la belle ville de Bruges. On retrouve Monya et son « translateur » temporel, et toute l'action baigne dans une ambiance flamande à la fois poétique et un peu folle, où alchimie, noirs desseins et tendresse font bon ménage. La peinture des canaux de Bruges, de ses places, de ses édifices est d'une grande fidélité, preuve s'il en est que la « maniaquerie » d'Hergé a retenti sur son collaborateur.
📕« La Porte des âmes » possède une dimension ésotérique qui prend de plus en plus d'importance au fil des pages, apportant son lot de questions sans réponses. Ici encore Yoko entre en contact avec un rameau isolé des Vinéens, caché dans les fragments d'une planète disloquée et plus précisément dans l'épave d'un ancien et gigantesque vaisseau spatial. D'étranges manipulations permettent de sauvegarder les âmes des disparus ou de procéder à leur échange entre vivants. La sensibilité de Yoko Tsuno sera ici mise à rude épreuve.
📕On retrouve donc Rosée dans « Le Matin du monde », ainsi que Monya notre voyageuse temporelle, pour une plongée dans le Bali du 14ème siècle. Leloup a clairement un faible pour l'Asie, puisqu'il y situe un nombre important des aventures de Yoko. Ici, si on accepte le postulat de base sans renâcler, on goûte avec plaisir à cette vision passée de l'île des dieux où ne manquent pas même des ptéranodons.
📕« Les Exilés de Kifa » reprend globalement le thème de « La lumière d'Ixo » en nous projetant à nouveau dans l'univers des Vinéens. L'inventivité de Leloup s'exerce à fond et nous permet d'admirer d'étranges constructions, des machines fabuleuses, des êtres attachants autant qu'insolites.
📕Autre théâtre de prédilection de Leloup, la Rhénanie où intervient également une amie de Yoko Tsuno déjà rencontrée à plusieurs reprises : la blonde Ingrid, musicienne de son état. « L'Or du Rhin » nous offre de superbes tableaux de paysages de coteaux et de châteaux nichés dans les boucles du fleuve. Cette région plaît aussi à Roger Leloup qui y situe quelques intrigues. On appréciera sous son crayon l'évocation très réussie du « Rheingold », mythique train de luxe. Un des principaux protagonistes de « La fille du vent » y fait son ultime « come-back » et Leloup maintient le suspense jusqu'à la dernière image. A partir de « L'or du Rhin » les publications vont s'espacer, puisque dans les 23 années qui suivront seuls huit nouveaux albums verront le jour, à comparer avec les vingt qui ont jalonné la période couvrant 1970 à 1993.
📕Le suivant, « L'Astrologue de Bruges » est peut-être la clef de voûte de toute l'œuvre de Roger Leloup. L'action se déroule successivement de nos jours et au 16ème siècle dans la belle ville de Bruges. On retrouve Monya et son « translateur » temporel, et toute l'action baigne dans une ambiance flamande à la fois poétique et un peu folle, où alchimie, noirs desseins et tendresse font bon ménage. La peinture des canaux de Bruges, de ses places, de ses édifices est d'une grande fidélité, preuve s'il en est que la « maniaquerie » d'Hergé a retenti sur son collaborateur.
📕« La Porte des âmes » possède une dimension ésotérique qui prend de plus en plus d'importance au fil des pages, apportant son lot de questions sans réponses. Ici encore Yoko entre en contact avec un rameau isolé des Vinéens, caché dans les fragments d'une planète disloquée et plus précisément dans l'épave d'un ancien et gigantesque vaisseau spatial. D'étranges manipulations permettent de sauvegarder les âmes des disparus ou de procéder à leur échange entre vivants. La sensibilité de Yoko Tsuno sera ici mise à rude épreuve.
📕Retour en Chine avec « La Jonque céleste » pour un voyage dans le temps en compagnie de Monya afin de soustraire d'une mort prématurée l'épouse d'un empereur âgée de 6 ans. Cette intervention dans le passé aura-t-elle des conséquences sur le présent ? On peut le redouter au vu des actes commis par Yoko, mais ceux-ci étaient manifestement déjà inscrits dans la trame des événements et devaient donc être réalisés.
📕Cet album joue mine de rien du paradoxe temporel et est complété par « La Pagode des brumes », ouvrage plus énigmatique où apparaît un dragon dont on ne sait s'il provient d'un autre monde ou d'une autre époque, à cheval entre le vivant et la machine. Les paysages, sous le crayon de Roger Leloup sont époustouflants et évoquent avec bonheur des estampes anciennes.
📕« Le Septième code » nous projette dans une Amazonie extravagante avec des hauts fourneaux – en pleine jungle - construits sur l'emplacement de la chute d'une météorite aux propriétés inédites. Ces installations industrielles auraient été exploitées par les Allemands durant la guerre car le métal produit fournissait un alliage redoutable entrant dans la composition des obus anti-chars. Si l'on rajoute que le site fut repris par les Russes qui y installèrent un missile nucléaire pointé sur les USA, on peine à croire à la crédibilité de l'ensemble. Il faut donc faire table rase de toute cette fantaisie pour apprécier pleinement le trait de Roger Leloup, tout simplement magique. On retrouve la comtesse Olga, croisée dans « L'or du Rhin » et Yoko noue une nouvelle amitié : Emilia, une adolescente de 14 ans.
📕« La Servante de Lucifer » est d'une meilleure facture et nous entraîne dans le monde souterrain des Vinéens que nous n'avions plus visité depuis « Les forges de Vulcain ». A la suite d'une androïde tirée de son sommeil séculaire par Yoko, nos héros s'introduisent dans le monde interdit, espace isolé dans les profondeurs du sol et où sévit le dernier survivant d'un vaisseau Vinéen, aux intentions moins pacifiques que celles des premiers réfugiés. Une ambiance particulière apporte beaucoup de charme à cette aventure parfois un peu débridée.
📕« Le Maléfice de l'Améthyste » est plus confus, mélangeant des ingrédients aussi disparates que le voyage temporel, le crime, le chantage, Anastasia... La pâte ne prend pas et il faut donc aborder cet album avec notre âme d'enfance. Heureusement le dessin surnage et Roger Leloup déploie tout son génie dès lors qu'il dessine des avions, des ponts, des machines.
📕Enfin, « Le Secret de Khâny » remet les Vinéens en selle. L'action a pour cadre la planète Mars où s'est réfugié un disciple de l'infâme Karpan, le méchant qu'affronta Yoko au tout début de ses aventures vinéennes. Celui-ci entend détruire la vie sur Terre dans la continuité des desseins de son maître. Leloup se déchaîne dans l'imagerie de science-fiction et imagine des robots qui rendent hommage aux martiens d'H.G. Wells.
📕Cet album joue mine de rien du paradoxe temporel et est complété par « La Pagode des brumes », ouvrage plus énigmatique où apparaît un dragon dont on ne sait s'il provient d'un autre monde ou d'une autre époque, à cheval entre le vivant et la machine. Les paysages, sous le crayon de Roger Leloup sont époustouflants et évoquent avec bonheur des estampes anciennes.
📕« Le Septième code » nous projette dans une Amazonie extravagante avec des hauts fourneaux – en pleine jungle - construits sur l'emplacement de la chute d'une météorite aux propriétés inédites. Ces installations industrielles auraient été exploitées par les Allemands durant la guerre car le métal produit fournissait un alliage redoutable entrant dans la composition des obus anti-chars. Si l'on rajoute que le site fut repris par les Russes qui y installèrent un missile nucléaire pointé sur les USA, on peine à croire à la crédibilité de l'ensemble. Il faut donc faire table rase de toute cette fantaisie pour apprécier pleinement le trait de Roger Leloup, tout simplement magique. On retrouve la comtesse Olga, croisée dans « L'or du Rhin » et Yoko noue une nouvelle amitié : Emilia, une adolescente de 14 ans.
📕« La Servante de Lucifer » est d'une meilleure facture et nous entraîne dans le monde souterrain des Vinéens que nous n'avions plus visité depuis « Les forges de Vulcain ». A la suite d'une androïde tirée de son sommeil séculaire par Yoko, nos héros s'introduisent dans le monde interdit, espace isolé dans les profondeurs du sol et où sévit le dernier survivant d'un vaisseau Vinéen, aux intentions moins pacifiques que celles des premiers réfugiés. Une ambiance particulière apporte beaucoup de charme à cette aventure parfois un peu débridée.
📕« Le Maléfice de l'Améthyste » est plus confus, mélangeant des ingrédients aussi disparates que le voyage temporel, le crime, le chantage, Anastasia... La pâte ne prend pas et il faut donc aborder cet album avec notre âme d'enfance. Heureusement le dessin surnage et Roger Leloup déploie tout son génie dès lors qu'il dessine des avions, des ponts, des machines.
📕Enfin, « Le Secret de Khâny » remet les Vinéens en selle. L'action a pour cadre la planète Mars où s'est réfugié un disciple de l'infâme Karpan, le méchant qu'affronta Yoko au tout début de ses aventures vinéennes. Celui-ci entend détruire la vie sur Terre dans la continuité des desseins de son maître. Leloup se déchaîne dans l'imagerie de science-fiction et imagine des robots qui rendent hommage aux martiens d'H.G. Wells.
Conclusion
Pour conclure ce passage en revue d'une œuvre qui s'étend sur 55 ans – on peut parler de l’œuvre d'une vie - laissons la parole à Roger Leloup qui donna dans une interview ancienne son sentiment sur son héroïne :
« Elle vit ! Si je n'y croyais pas, je ne raconterais pas ses aventures. Un jour, je l'ai vue : à Grindenwald, en Suisse. Il y avait une jeune Japonaise, qui ressemblait à Yoko de façon frappante. D'autre part, c'est un peu ma fille spirituelle. C'est aussi l'amie que j'aurais voulu rencontrer, la grande sœur que je n'ai jamais eue. Dans ma famille, c'est un personnage de plus. Il faut bien l'avouer : c'est elle qui me fait vivre. Yoko me prête vie, et moi, je prête vie à Yoko. C'est merveilleux, non ? »
« Elle vit ! Si je n'y croyais pas, je ne raconterais pas ses aventures. Un jour, je l'ai vue : à Grindenwald, en Suisse. Il y avait une jeune Japonaise, qui ressemblait à Yoko de façon frappante. D'autre part, c'est un peu ma fille spirituelle. C'est aussi l'amie que j'aurais voulu rencontrer, la grande sœur que je n'ai jamais eue. Dans ma famille, c'est un personnage de plus. Il faut bien l'avouer : c'est elle qui me fait vivre. Yoko me prête vie, et moi, je prête vie à Yoko. C'est merveilleux, non ? »
Titres des albums suivants (2017-2024)
- Le Temple des immortels
- Anges et Faucons
- Les Gémeaux de Saturne
- L'Aigle des Highlands
Les 31 albums de Yoko Tsuno ont été regroupés en 10 intégrales (voir photo ci-contre).
☝️😊 Pour prolonger le plaisir à bord du Galion des Etoiles, découvrez :
🔹Nos chroniques des albums de la série Yoko Tsuno
🔹Notre présentation des intégrales de la série
🔹Notre fiche de lecture pour le roman "L'Écume de l'Aube"
- Anges et Faucons
- Les Gémeaux de Saturne
- L'Aigle des Highlands
Les 31 albums de Yoko Tsuno ont été regroupés en 10 intégrales (voir photo ci-contre).
☝️😊 Pour prolonger le plaisir à bord du Galion des Etoiles, découvrez :
🔹Nos chroniques des albums de la série Yoko Tsuno
🔹Notre présentation des intégrales de la série
🔹Notre fiche de lecture pour le roman "L'Écume de l'Aube"
⚓ Mise en page : Koyolite Tseila (webmaster)








