Dans un monde en proie à une vague de mutations qui transforment peu à peu certains humains en animaux, François fait tout pour sauver sa femme, touchée par ce phénomÚne mystérieux.
Alors que la rĂ©gion se peuple de crĂ©atures d'un nouveau genre, il embarque Ămile, leur fils de 16 ans, dans une quĂȘte qui bouleversera Ă jamais leur existence...
Présentation
Un film dans la veine de Lamb ou La NuĂ©e. Pas vraiment de la science-fiction puisque ça se passe de nos jours, peut-ĂȘtre lâan prochain ou lâannĂ©e dâaprĂšs, il y a des Ă©pisodes mĂ©tĂ©o extrĂȘmes mais les personnages ne sâen Ă©meuvent pas. « Ya plus de saison ! » sâexclame un gĂ©rant de paillotte trĂšs premier degrĂ©.
Ăa dĂ©marre en rĂ©gion parisienne, dans les bouchons, on croit aller vers un scĂ©nario catastrophe avec une crĂ©ature Ă©chappĂ©e de lâambulance, peut-ĂȘtre une pandĂ©mie, la panique. Finalement les gens semblent assez rĂ©signĂ©s, on sâachemine seulement vers une nouvelle partition du corps social : eux et nous. Une mĂšre sâexcuse de lâimage que donne sa fille Ă lâhosto. Les gens sâexcusent de ce qui leur tombe dessus, maladies et malheurs, ils nây sont pour rien mais se sentent fautifs de quelque chose, sans savoir quoi.
Ici, comme dans la vraie vie, la diffĂ©rence est gĂ©rĂ©e comme un problĂšme sanitaire, et ne peut avoir pour seule rĂ©ponse que lâenfermement et/ou le traitement mĂ©dical.
Câest donc un film trĂšs rĂ©aliste, trĂšs contemporain, qui ne rejoue pas lâapartheid ou les camps de concentration, il montre la discrimination ordinaire, le rejet banal de lâautre.
Romain Duris joue un quadra conscient, qui engueule son mÎme quand il bouffe des chips pleines de nitrites, dénonce la culture des résineux dans les Landes, mais fume comme un pompier et se trouve dépassé par les événements.
Sur le phĂ©nomĂšne qui touche certaines personnes, quâils appellent mutation, pas vraiment dâexplication, mais une manifestation intĂ©ressante. Ce nâest pas une rĂ©gression Ă lâĂ©tat sauvage, sans quoi les chiens redeviendraient loups, les hommes redeviendraient singes (dâailleurs ce serait plutĂŽt lâinverse, au vu des derniĂšres connaissances palĂ©ontologiques). Câest plutĂŽt une Ă©volution, au sens mĂȘme de la mutation, comme lâĂ©mergence dâune nouvelle forme de vie. Ce ne sont pas les X-Men qui dĂ©veloppent des pouvoirs, le fantasme amĂ©ricain de lâhomme augmentĂ©, du Juif ou du Noir qui a quelque chose en plus et qui nous effraie. Il sâagit plutĂŽt dâune histoire europĂ©enne, comme la mĂ©tamorphose de Samsa, le Horla, ou encore les Furtifs : une nouveautĂ© radicale, Ă©trange, plus proche de lâhomme en ce quâelle lâinterroge sur sa place dans lâunivers. Le film distille lâabsurditĂ© de vouloir enfermer des personnes qui ont besoin dâespace. Câest la lutte ancestrale du naturel et de lâartificiel.
Pendant un bref instant, on entrevoit le paradis. Des peaux lisses, des Ă©cailles, des plumes, des groins, des prunelles verticales, toute une diversitĂ© vivant au coeur de la forĂȘt, paisible aux premiĂšres lueurs. Puis les fumigĂšnes, les casques et les treillis, les armes. La fin du rĂȘve.
Jâai lu que le rĂ©alisateur a fait appel Ă BenoĂźt Peeters et Sylvain Desprez pour travailler lâimage, le cadrage, câest donc un film trĂšs français, qui va puiser dans les forces vives de la BD de chez nous, nos imaginaires, avec un casting Ă©galement trĂšs franchouille et qui tient la route. Duris et Exarchopoulos ne font pas vraiment une performance dâacteurs, ils jouent leurs rĂŽles habituels, mais on ne leur en demande pas plus. Ce sont surtout les jeunes qui assurent la rĂ©ussite du film, Billie Blain dont le personnage est atteint de TDA, et le trĂšs bon Paul Kircher, lâado aux prises avec la mutation. A travers lui, on saisit lâentre deux de lâhumain, entre le sauvage et le domestique, les limites de lâhybride aussi. Il y a une scĂšne dans laquelle son ami Fix, lâhomme-oiseau, perd dĂ©finitivement la parole au moment mĂȘme oĂč il acquiert la capacitĂ© de voler. Ce personnage a la gueule cassĂ©e : quand son visage a commencĂ© Ă changer, le nez devenant bec, les toubibs ont voulu lui faire de la chirurgie rĂ©paratrice. Bien entendu, les coutures ont craquĂ©.
Pour citer un Américain : « la vie trouve toujours un chemin ».
Ăa dĂ©marre en rĂ©gion parisienne, dans les bouchons, on croit aller vers un scĂ©nario catastrophe avec une crĂ©ature Ă©chappĂ©e de lâambulance, peut-ĂȘtre une pandĂ©mie, la panique. Finalement les gens semblent assez rĂ©signĂ©s, on sâachemine seulement vers une nouvelle partition du corps social : eux et nous. Une mĂšre sâexcuse de lâimage que donne sa fille Ă lâhosto. Les gens sâexcusent de ce qui leur tombe dessus, maladies et malheurs, ils nây sont pour rien mais se sentent fautifs de quelque chose, sans savoir quoi.
Ici, comme dans la vraie vie, la diffĂ©rence est gĂ©rĂ©e comme un problĂšme sanitaire, et ne peut avoir pour seule rĂ©ponse que lâenfermement et/ou le traitement mĂ©dical.
Câest donc un film trĂšs rĂ©aliste, trĂšs contemporain, qui ne rejoue pas lâapartheid ou les camps de concentration, il montre la discrimination ordinaire, le rejet banal de lâautre.
Romain Duris joue un quadra conscient, qui engueule son mÎme quand il bouffe des chips pleines de nitrites, dénonce la culture des résineux dans les Landes, mais fume comme un pompier et se trouve dépassé par les événements.
Sur le phĂ©nomĂšne qui touche certaines personnes, quâils appellent mutation, pas vraiment dâexplication, mais une manifestation intĂ©ressante. Ce nâest pas une rĂ©gression Ă lâĂ©tat sauvage, sans quoi les chiens redeviendraient loups, les hommes redeviendraient singes (dâailleurs ce serait plutĂŽt lâinverse, au vu des derniĂšres connaissances palĂ©ontologiques). Câest plutĂŽt une Ă©volution, au sens mĂȘme de la mutation, comme lâĂ©mergence dâune nouvelle forme de vie. Ce ne sont pas les X-Men qui dĂ©veloppent des pouvoirs, le fantasme amĂ©ricain de lâhomme augmentĂ©, du Juif ou du Noir qui a quelque chose en plus et qui nous effraie. Il sâagit plutĂŽt dâune histoire europĂ©enne, comme la mĂ©tamorphose de Samsa, le Horla, ou encore les Furtifs : une nouveautĂ© radicale, Ă©trange, plus proche de lâhomme en ce quâelle lâinterroge sur sa place dans lâunivers. Le film distille lâabsurditĂ© de vouloir enfermer des personnes qui ont besoin dâespace. Câest la lutte ancestrale du naturel et de lâartificiel.
Pendant un bref instant, on entrevoit le paradis. Des peaux lisses, des Ă©cailles, des plumes, des groins, des prunelles verticales, toute une diversitĂ© vivant au coeur de la forĂȘt, paisible aux premiĂšres lueurs. Puis les fumigĂšnes, les casques et les treillis, les armes. La fin du rĂȘve.
Jâai lu que le rĂ©alisateur a fait appel Ă BenoĂźt Peeters et Sylvain Desprez pour travailler lâimage, le cadrage, câest donc un film trĂšs français, qui va puiser dans les forces vives de la BD de chez nous, nos imaginaires, avec un casting Ă©galement trĂšs franchouille et qui tient la route. Duris et Exarchopoulos ne font pas vraiment une performance dâacteurs, ils jouent leurs rĂŽles habituels, mais on ne leur en demande pas plus. Ce sont surtout les jeunes qui assurent la rĂ©ussite du film, Billie Blain dont le personnage est atteint de TDA, et le trĂšs bon Paul Kircher, lâado aux prises avec la mutation. A travers lui, on saisit lâentre deux de lâhumain, entre le sauvage et le domestique, les limites de lâhybride aussi. Il y a une scĂšne dans laquelle son ami Fix, lâhomme-oiseau, perd dĂ©finitivement la parole au moment mĂȘme oĂč il acquiert la capacitĂ© de voler. Ce personnage a la gueule cassĂ©e : quand son visage a commencĂ© Ă changer, le nez devenant bec, les toubibs ont voulu lui faire de la chirurgie rĂ©paratrice. Bien entendu, les coutures ont craquĂ©.
Pour citer un Américain : « la vie trouve toujours un chemin ».



jc.gapdy.fr