QuatriĂšme de couverture
Il ressemble Ă un rhinocĂ©ros, marche comme un rhinocĂ©ros, et - grands dieux ! - empeste le rhinocĂ©ros. Mais il affirme ĂȘtre une licorne. Difficile, mĂȘme pour un professeur de philosophie, de lui faire entendre raison...
Lasse de toujours voir les mĂȘmes visages Ă ses rĂ©ceptions, Lady Neville dĂ©cide d'inviter la Mort Ă ce qui sera le plus grand bal qu'elle ait jamais organisĂ©. Mais la Mort ne danse pas impunĂ©ment...
Lila, la nouvelle petite amie de Joe Farrell, a vraiment quelque chose d'extraordinaire... surtout les soirs de pleine lune !
Lasse de toujours voir les mĂȘmes visages Ă ses rĂ©ceptions, Lady Neville dĂ©cide d'inviter la Mort Ă ce qui sera le plus grand bal qu'elle ait jamais organisĂ©. Mais la Mort ne danse pas impunĂ©ment...
Lila, la nouvelle petite amie de Joe Farrell, a vraiment quelque chose d'extraordinaire... surtout les soirs de pleine lune !
Fiche de lecture
Ce recueil de six nouvelles est signĂ© Peter Soyer Beagle : un auteur assez mĂ©connu en francophonie mais qui fut scĂ©nariste du dessin animĂ© « Le Seigneur des Anneaux » de Ralph Bakshi ainsi que de lâĂ©pisode « Sarek » de Star Trek : The Next Generation.
Avec de telles expĂ©riences, on pourrait sâattendre Ă du niveau. HĂ©las lâauteur mâa paru inconstant dans lâĂ©criture de son recueil en y mĂȘlant des nouvelles de facture inĂ©gale.
Je vais donc détailler ma chronique en partageant mon avis sur les différentes nouvelles.
đž Le professeur Gottesman et le rhinocĂ©ros indien
Un rhinocĂ©ros parlant qui dĂ©barque dans la vie dâun prof de philo, voilĂ qui est peu commun !
Sur cette trame, lâauteur nous livre une nouvelle Ă lâhumour trĂšs anglais, pĂ©trie de rĂ©fĂ©rences intellectuelles pointues sur fond dâamitiĂ© aussi profonde quâimprobable. Cela a Ă©tĂ© pour moi une expĂ©rience jubilatoire Ă lire !
đž Entrez, Lady Death
LĂ aussi on est dans un humour et un contexte trĂšs anglais. Lady Neville, ayant vu mille et mille fois les mĂȘmes personnes Ă ces cĂ©rĂ©monies sociales, dĂ©sire inviter la Mort elle-mĂȘme au bal quâelle donne.
On aurait de prime envie de lui dire : « Non, câest une mauvaise idĂ©e, Milady, il va vous arriver des bricoles. »
Mais non : le style de lâauteur et sa maniĂšre de nous immerger dans ce monde aristocratique de lâĂ©poque de George II, roi de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1727 Ă 1760, nous invite plutĂŽt Ă nous intĂ©resser sur les consĂ©quences de cette invitation, dont on sait quâelles existent.
Ce fut pour moi une trĂšs intĂ©ressante lecture qui mâa fait sourire !
đž Lila le loup-garou
Tout est dit : Joe Farrell a pour compagne Lila, un loup-garou. On est loin de la quĂȘte sur lâidentitĂ© rĂ©elle dâune mystĂ©rieuse personne responsable de meurtres sanglants. Non, ici Joe Farrell essaye de vivre une vie normale avec Lila, dont la lycanthropie est comparĂ©e Ă une maladie mentale ou comme allĂ©gorie de la maturitĂ© (ce trouble ayant dĂ©butĂ© Ă lâadolescence).
Si le concept est intĂ©ressant, il est hĂ©las assez mal traitĂ© par le personnage de la mĂšre, qui se fend dâun discours pathĂ©tique et clichĂ© sur la diffĂ©rence⊠cela plombe le niveau de la nouvelle.
đž La licorne de Julie
Julie, son ami Farrell et sa chatte PMC poursuivent une licorne Ă©chappĂ©e dâun tableau.
Le concept me semblait si tirĂ© par les cheveux et le style si lourd que la nouvelle mâest tombĂ©e des mains. JâespĂšre que vous y trouverez plus dâamusement que moi⊠et je pense que ce sera trĂšs facile.
đž Le Naga
Le rĂ©cit aurait Ă©tĂ© traduit par lâauteur du recueil, Peter Soyer Beagle, Ă partir dâun manuscrit perdu, addendum de lâHistoire Naturelle de Pline lâAncien. Nous partons au royaume oriental du Kambuja, situĂ© Ă lâest de lâInde, pour suivre les aventures et la romance du Roi avec une Nagini : cette crĂ©ature fantastique bouddhiste/hindoue est rĂ©putĂ©e pour ĂȘtre la gardienne de grands trĂ©sors et pour avoir la capacitĂ© de changer de forme.
On dit que lâauteur a Ă©crit cette nouvelle en hommage Ă son hĂ©ros J.R.R Tolkien. Je nâai pas de peine Ă le croire tant lâunivers est richement dĂ©peint et prenant ! La relation entre le Roi et la Nagini est vĂ©ritablement touchante et nous transporte, le temps de quelques pages, dans ce royaume oriental. Enfin, la nouvelle se termine telle une fable, par une morale pleine de sagesse.
đž Une danse pour Emilia
Sam est mort. Pour ses collĂšgues et amis, Emilia et Jake, vient le temps du deuil et des souvenirs. Que faire de ses affaires, de sa chatte Millamant ? Que faire des moments partagĂ©s avec le dĂ©funt ? Ces interrogations, ces doutes, rapprochent Emilia et Jake. JusquâĂ ce que Millamant se mette Ă danser Ă©trangementâŠ
Un concept trĂšs intĂ©ressant prĂ©side Ă cette nouvelle (que je ne peux vous dire sans divulgĂącher). Mais le cĆur fantastique de cette nouvelle nâapparaĂźt quâau dernier quart du rĂ©cit. Les trois quarts prĂ©cĂ©dents sont certes dĂ©diĂ©s aux souvenirs partagĂ©s par Emilia et Jake, et sont richement assaisonnĂ©s de rĂ©fĂ©rences Ă la culture théùtrale et cinĂ©matographique Ă©tatsuniennes des annĂ©es 1940-1950 qui, hĂ©las, mâĂ©chappent un peu (mais mâont donnĂ© envie de les dĂ©couvrir).
En somme, le fantastique attendu se fait attendre : peut-ĂȘtre que, dans lâesprit de lâauteur, la longue installation permet de faire Ă©merger lâaspect extraordinaire du rĂ©cit. Quâil Ă©merge oui, mais quâil se dĂ©veloppe pleinement non. La fin me semble expĂ©diĂ©e Ă trop grande vitesse. Un peu comme la fin du Seigneur des Anneaux de Bakshi. Un hasard ? je ne sais pas.
Néanmoins, « Une danse pour Emilia » demeure une nouvelle sympathique à lire.
Avec de telles expĂ©riences, on pourrait sâattendre Ă du niveau. HĂ©las lâauteur mâa paru inconstant dans lâĂ©criture de son recueil en y mĂȘlant des nouvelles de facture inĂ©gale.
Je vais donc détailler ma chronique en partageant mon avis sur les différentes nouvelles.
đž Le professeur Gottesman et le rhinocĂ©ros indien
Un rhinocĂ©ros parlant qui dĂ©barque dans la vie dâun prof de philo, voilĂ qui est peu commun !
Sur cette trame, lâauteur nous livre une nouvelle Ă lâhumour trĂšs anglais, pĂ©trie de rĂ©fĂ©rences intellectuelles pointues sur fond dâamitiĂ© aussi profonde quâimprobable. Cela a Ă©tĂ© pour moi une expĂ©rience jubilatoire Ă lire !
đž Entrez, Lady Death
LĂ aussi on est dans un humour et un contexte trĂšs anglais. Lady Neville, ayant vu mille et mille fois les mĂȘmes personnes Ă ces cĂ©rĂ©monies sociales, dĂ©sire inviter la Mort elle-mĂȘme au bal quâelle donne.
On aurait de prime envie de lui dire : « Non, câest une mauvaise idĂ©e, Milady, il va vous arriver des bricoles. »
Mais non : le style de lâauteur et sa maniĂšre de nous immerger dans ce monde aristocratique de lâĂ©poque de George II, roi de Grande-Bretagne et d'Irlande de 1727 Ă 1760, nous invite plutĂŽt Ă nous intĂ©resser sur les consĂ©quences de cette invitation, dont on sait quâelles existent.
Ce fut pour moi une trĂšs intĂ©ressante lecture qui mâa fait sourire !
đž Lila le loup-garou
Tout est dit : Joe Farrell a pour compagne Lila, un loup-garou. On est loin de la quĂȘte sur lâidentitĂ© rĂ©elle dâune mystĂ©rieuse personne responsable de meurtres sanglants. Non, ici Joe Farrell essaye de vivre une vie normale avec Lila, dont la lycanthropie est comparĂ©e Ă une maladie mentale ou comme allĂ©gorie de la maturitĂ© (ce trouble ayant dĂ©butĂ© Ă lâadolescence).
Si le concept est intĂ©ressant, il est hĂ©las assez mal traitĂ© par le personnage de la mĂšre, qui se fend dâun discours pathĂ©tique et clichĂ© sur la diffĂ©rence⊠cela plombe le niveau de la nouvelle.
đž La licorne de Julie
Julie, son ami Farrell et sa chatte PMC poursuivent une licorne Ă©chappĂ©e dâun tableau.
Le concept me semblait si tirĂ© par les cheveux et le style si lourd que la nouvelle mâest tombĂ©e des mains. JâespĂšre que vous y trouverez plus dâamusement que moi⊠et je pense que ce sera trĂšs facile.
đž Le Naga
Le rĂ©cit aurait Ă©tĂ© traduit par lâauteur du recueil, Peter Soyer Beagle, Ă partir dâun manuscrit perdu, addendum de lâHistoire Naturelle de Pline lâAncien. Nous partons au royaume oriental du Kambuja, situĂ© Ă lâest de lâInde, pour suivre les aventures et la romance du Roi avec une Nagini : cette crĂ©ature fantastique bouddhiste/hindoue est rĂ©putĂ©e pour ĂȘtre la gardienne de grands trĂ©sors et pour avoir la capacitĂ© de changer de forme.
On dit que lâauteur a Ă©crit cette nouvelle en hommage Ă son hĂ©ros J.R.R Tolkien. Je nâai pas de peine Ă le croire tant lâunivers est richement dĂ©peint et prenant ! La relation entre le Roi et la Nagini est vĂ©ritablement touchante et nous transporte, le temps de quelques pages, dans ce royaume oriental. Enfin, la nouvelle se termine telle une fable, par une morale pleine de sagesse.
đž Une danse pour Emilia
Sam est mort. Pour ses collĂšgues et amis, Emilia et Jake, vient le temps du deuil et des souvenirs. Que faire de ses affaires, de sa chatte Millamant ? Que faire des moments partagĂ©s avec le dĂ©funt ? Ces interrogations, ces doutes, rapprochent Emilia et Jake. JusquâĂ ce que Millamant se mette Ă danser Ă©trangementâŠ
Un concept trĂšs intĂ©ressant prĂ©side Ă cette nouvelle (que je ne peux vous dire sans divulgĂącher). Mais le cĆur fantastique de cette nouvelle nâapparaĂźt quâau dernier quart du rĂ©cit. Les trois quarts prĂ©cĂ©dents sont certes dĂ©diĂ©s aux souvenirs partagĂ©s par Emilia et Jake, et sont richement assaisonnĂ©s de rĂ©fĂ©rences Ă la culture théùtrale et cinĂ©matographique Ă©tatsuniennes des annĂ©es 1940-1950 qui, hĂ©las, mâĂ©chappent un peu (mais mâont donnĂ© envie de les dĂ©couvrir).
En somme, le fantastique attendu se fait attendre : peut-ĂȘtre que, dans lâesprit de lâauteur, la longue installation permet de faire Ă©merger lâaspect extraordinaire du rĂ©cit. Quâil Ă©merge oui, mais quâil se dĂ©veloppe pleinement non. La fin me semble expĂ©diĂ©e Ă trop grande vitesse. Un peu comme la fin du Seigneur des Anneaux de Bakshi. Un hasard ? je ne sais pas.
Néanmoins, « Une danse pour Emilia » demeure une nouvelle sympathique à lire.

Soumettre un article
