Prépare la paix © 2022 Les Moutons Electriques | Illustration de couverture © Melchior Ascaride | Photo © Bruno Blanzat, édition privée
Présentation
Anthologie humanitaire pour la paix, en soutien à SOS Méditerranée. Textes réunis par Mérédith Debaque et Christine Luce.
Les nouvelles :
Les nouvelles :
- Le GĂ©nĂ©ral Courgette et lâart de la guerre (Jayaprakash Satyamurthy)
- La Pluie coule entre nos doigts (Christine Luce)
- Causse (Patrick K. Dewdney)
- Chacun sa part (Ceryan Dau)
- PiĂšce du boucher (Christophe Gros-Dubois)
- CâĂ©tait mieux avant ! (Sushina Lagouje)
- La Générale (Camille Leboulanger)
- Le CinquiĂšme monde (Nelly Chadour)
- Nulle part et en Crimée (Olav Koulikov)
- Pour la paix (Bénédicte CoudiÚre)
- Les Royaumes immobiles (Hans Holzer)
- 2095 (Elisabeth Ebory)
- Lazad (Vincent Mondiot)
- La Gueule sans crocs (Basile Cendre)
Fiche de lecture
Lâouvrage mâest Ă©chu de la plus belle des maniĂšres. Jâavais lu Lâhomme ChimĂ©rique de Christine Luce au moment de sa réédition aux Moutons Ă©lectriques, en 2024, et câest Ă peu prĂšs tout ce que je connaissais de cette autrice. En cet Ă©tĂ© 2025, jâai eu la chance de la rencontrer Ă la convention SF de St-Ay, par lâintermĂ©diaire de Nicolas de Torsiac, et Ă travers la confĂ©rence dont elle Ă©tait lâobjet. Nous avons beaucoup discutĂ© au cours des deux jours que jâai passĂ©s sur place, et ce fut trĂšs enrichissant.
Quelques jours aprĂšs mon retour, je trouve dans ma boĂźte aux lettres un paquet. Câest mon ami Nicolas qui mâenvoie cette anthologie PrĂ©pare la paix, dĂ©dicacĂ©e par Christine. Je sais quâils ont dĂ©jĂ travaillĂ© ensemble sur un numĂ©ro de la revue Fiction (Lâimaginaire radical) et un projet pour lâONG SOS MĂ©diterranĂ©e, et je dĂ©couvre avec joie cette sĂ©rie de textes inĂ©dits, rĂ©unis sous un titre Ă la tautologie implicite dĂ©vastatrice : si tu veux la paix, prĂ©pare la paix.
Cette Ă©vidence est loin dâĂȘtre partagĂ©e, et il faut tout le talent dâun auteur ou dâune autrice de SF pour inventer des mondes qui remettent les choses en place. Si tu veux la paix, prĂ©pare la paix. Câest implacable, la seule proposition que la logique peut valider. Lâadage latin « Si vis pacem para bellum » a la mĂȘme efficacitĂ© performative que celle du fumeur disant « demain jâarrĂȘte ». Les belliqueux seront toujours sur le pied de guerre, et ne connaĂźtront jamais la paix. La violence appelle la violence, et les exemples sont lĂ©gion de ces vĂ©tĂ©rans traumatisĂ©s, qui ont connu, vĂ©cu, fait la guerre. Ils ne peuvent jamais trouver le repos.
La paix ne pouvant advenir que par le dĂ©sarmement, il est absurde de la garantir par une surenchĂšre des moyens de destruction mutuelle. Il faut un grand courage pour oser Ă©crire sous les bombes et imaginer une issue non-violente, bien plus quâinventer les conflits de demain dans son salon.
Ăa dĂ©marre fort avec « Le GĂ©nĂ©ral Courgette et lâart de la guerre », de lâauteur indien Jayaprakash Satyamurthy, une histoire absurde dâune courgette Ă©veillĂ©e Ă la conscience au milieu dâune guerre sans fin entre deux nations « dont la langue commune ne possĂ©dait pas de mot pour dĂ©signer la paix ». Lâascension du lĂ©gume est fulgurante, jusquâĂ occuper de hautes fonctions militaires. Il dĂ©cide alors de remplacer les armes par des chatons. Câest un peu comme les troupes de Longeverne se retrouvant culs nus devant ceux de Velrans dans La Guerre des Boutons : lâeffet de surprise et lâavantage tactique sont mis au service de la rĂ©solution du conflit, ou quand lâabsurde rencontre lâabsurde.
Christine Luce signe elle-mĂȘme une nouvelle, « La pluie coule entre nos doigts ». Sur une planĂšte Ă©loignĂ©e, une colonie humaine sâest constituĂ©e en sociĂ©tĂ© utopiste et pacifique, organisĂ©e en communes, sans hiĂ©rarchie. Elle cohabite avec des animaux Ă©tranges, les calibris, sortes de chĂšvres ailĂ©es, mais se trouve confrontĂ©e Ă des visiteurs terrestres, aux rĂ©flexes belliqueux, craignant sans raison pour leur sĂ©curitĂ©. On assiste ici Ă un combat entre la connaissance et le repli sur soi, dans lequel il nâest pas facile de faire preuve dâun minimum dâhumilitĂ©. Câest pourtant une trĂšs belle image que celle de cette personne se prĂ©sentant Ă des soldats armĂ©s, paumes ouvertes, et qui dit : « la pluie coule entre nos doigts », Ă quoi bon vouloir lâen empĂȘcher ?
Dans « Causse », Patrick K. Dewdney expose un vieil homme pris entre deux groupes opposĂ©s, prĂȘts Ă sâentretuer. LâĂ©quilibre est fragile et semble reposer par lâĂ©galitĂ© de puissance de feu de part et dâautre. Il ne faut pas ĂȘtre idiot pour comprendre que le risque est celui de lâauto-annihilation, mais qui sâen prĂ©occupe ? LĂ encore, comme dans toutes les histoires de guerre, il est question de savoir comment dĂ©poser les armes. Câest difficile, car lâun des deux belligĂ©rants peut se servir de ce moment charniĂšre pour supplanter lâautre. De juillet Ă dĂ©cembre, nous suivons le combat dâun homme seul pour amener la paix entre des individus aux « sourires de loups ».
Une autre maniĂšre dâaborder le sujet est celui de lâuchronie, comme dans « La GĂ©nĂ©rale » de Camille Leboulanger. Et si JaurĂšs nâavait pas Ă©tĂ© tuĂ© au CafĂ© du Croissant ? La guerre nâaurait pas Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e aussi vite que ce que notre histoire a connu. CâeĂ»t Ă©tĂ© mĂȘme une autre affaire, car le parti des pacifistes aurait tenu bon, des deux cĂŽtĂ©s du Rhin, Ă tel point que les puissants auraient eu toutes les peines Ă forcer lâentrĂ©e en guerre. Ici, le conflit se dĂ©place sur le plan social, avec la grĂšve des ouvriers Français, puis celle des ouvriers Allemands. Dans une ambiance dĂ©but de siĂšcle, nous plongeons dans le Paris des annĂ©es 1910, la grande Histoire avec ses personnages quasi lĂ©gendaires, que ce soit Jean JaurĂšs ou LĂ©on Jouhaux, et le surgissement dâune idĂ©e exaltante : si les peuples font la grĂšve de la guerre, il nây a pas de soldats, pas dâusines dâarmement, pas dâarmes. Il ne reste que la paix. Le discours de JaurĂšs Ă la Bourse du Travail, qui clĂŽt le rĂ©cit, est superbe. Il convoque Hugo, Marx et Engels, il honnit la guerre et dĂ©clare : « il nâest pas un Allemand, pas un Autrichien, et pas un Turc qui soit mon ennemi sâil a au cĆur la fraternitĂ© et la haine de lâignorance et du meurtre ». Il Ă©voque une Europe des nations unie, menant une autre guerre, celle des rues et des usines, et quâil appelle RĂ©volution.
« Le CinquiĂšme monde », de Nelly Chadour, met en scĂšne le peuple amĂ©rindien, avec un vieux viking exilĂ© parmi eux. Il sâappelle Tiwaz, qui veut dire « guerre » en scandinave. Alors que les tribus se retrouvent menacĂ©es par une invasion, tous les clans fuient Ă travers un portail tout en haut dâune tour construite par Tiwaz. Lâautrice remanie la mythologie Hopi qui raconte que chaque crise rencontrĂ©e par un groupe humain dans son histoire lâa menĂ© dans un nouveau monde, Ă lâentrĂ©e duquel le mal du prĂ©cĂ©dent est abandonnĂ©. Il y a en principe quatre mondes successifs, et le cinquiĂšme serait celui de la paix.
Sous le pseudonyme dâOlav Koulikov, AndrĂ©-François Ruaud nous livre une autre uchronie, au titre lehmanesque : « Nulle part et en CrimĂ©e ». Câest lâhistoire dâun reporter dans un monde oĂč les rĂ©volutions de 1917 nâont pas eu lieu, et vit donc dans ce quâon appelle lâEmpire Anglo-Russe. La seule guerre qui a encore cours se dĂ©roule en CrimĂ©e, mais tout le monde sâemploie Ă la passer sous silence. Le journaliste y va malgrĂ© tout, pensant y trouver un théùtre dâopĂ©rations classique. En vĂ©ritĂ©, il y dĂ©couvre littĂ©ralement un théùtre, un dĂ©cor de façade cachant, sous les dehors dâun conflit sans fin, une sociĂ©tĂ© secrĂšte nichĂ©e au cĆur des forĂȘts dâEurope centrale. On pense inĂ©vitablement aux aventures cartographiques de Nulle part Ă Liverion, et notre esprit sâĂ©gare vers ces contrĂ©es inconnues.
Dans « Pour la paix », BĂ©nĂ©dicte CoudiĂšre dĂ©crit une querelle de voisinage dans un monde oĂč « pour la paix » est une formule de salutation et dâacceptation. Les armes rouillent dans le sol, lâinvasion de la nature prime sur tout le reste, mĂȘme si elle fissure une maison. Petit prix de cette paix.
Enfin, je retiens de « 2095 », dâĂlisabeth Ebory, une politique-fiction dans laquelle des accords internationaux contre le terrorisme permettent de faire advenir la Paix, de garantir la sauvegarde du climat, mais nâempĂȘche pas une crise sociale dâampleur. Un grand referendum mondial se tient alors, dont le rĂ©sultat en demi-teinte sur la reconduction des mesures pour la paix, nous interroge sur les formes dâexpression politique des peuples, et montre que tout ne se rĂ©sout pas en un claquement de doigts. Les affaires humaines se font sur le temps long, nâen dĂ©plaise aux impatients.
Quelques jours aprĂšs mon retour, je trouve dans ma boĂźte aux lettres un paquet. Câest mon ami Nicolas qui mâenvoie cette anthologie PrĂ©pare la paix, dĂ©dicacĂ©e par Christine. Je sais quâils ont dĂ©jĂ travaillĂ© ensemble sur un numĂ©ro de la revue Fiction (Lâimaginaire radical) et un projet pour lâONG SOS MĂ©diterranĂ©e, et je dĂ©couvre avec joie cette sĂ©rie de textes inĂ©dits, rĂ©unis sous un titre Ă la tautologie implicite dĂ©vastatrice : si tu veux la paix, prĂ©pare la paix.
Cette Ă©vidence est loin dâĂȘtre partagĂ©e, et il faut tout le talent dâun auteur ou dâune autrice de SF pour inventer des mondes qui remettent les choses en place. Si tu veux la paix, prĂ©pare la paix. Câest implacable, la seule proposition que la logique peut valider. Lâadage latin « Si vis pacem para bellum » a la mĂȘme efficacitĂ© performative que celle du fumeur disant « demain jâarrĂȘte ». Les belliqueux seront toujours sur le pied de guerre, et ne connaĂźtront jamais la paix. La violence appelle la violence, et les exemples sont lĂ©gion de ces vĂ©tĂ©rans traumatisĂ©s, qui ont connu, vĂ©cu, fait la guerre. Ils ne peuvent jamais trouver le repos.
La paix ne pouvant advenir que par le dĂ©sarmement, il est absurde de la garantir par une surenchĂšre des moyens de destruction mutuelle. Il faut un grand courage pour oser Ă©crire sous les bombes et imaginer une issue non-violente, bien plus quâinventer les conflits de demain dans son salon.
Ăa dĂ©marre fort avec « Le GĂ©nĂ©ral Courgette et lâart de la guerre », de lâauteur indien Jayaprakash Satyamurthy, une histoire absurde dâune courgette Ă©veillĂ©e Ă la conscience au milieu dâune guerre sans fin entre deux nations « dont la langue commune ne possĂ©dait pas de mot pour dĂ©signer la paix ». Lâascension du lĂ©gume est fulgurante, jusquâĂ occuper de hautes fonctions militaires. Il dĂ©cide alors de remplacer les armes par des chatons. Câest un peu comme les troupes de Longeverne se retrouvant culs nus devant ceux de Velrans dans La Guerre des Boutons : lâeffet de surprise et lâavantage tactique sont mis au service de la rĂ©solution du conflit, ou quand lâabsurde rencontre lâabsurde.
Christine Luce signe elle-mĂȘme une nouvelle, « La pluie coule entre nos doigts ». Sur une planĂšte Ă©loignĂ©e, une colonie humaine sâest constituĂ©e en sociĂ©tĂ© utopiste et pacifique, organisĂ©e en communes, sans hiĂ©rarchie. Elle cohabite avec des animaux Ă©tranges, les calibris, sortes de chĂšvres ailĂ©es, mais se trouve confrontĂ©e Ă des visiteurs terrestres, aux rĂ©flexes belliqueux, craignant sans raison pour leur sĂ©curitĂ©. On assiste ici Ă un combat entre la connaissance et le repli sur soi, dans lequel il nâest pas facile de faire preuve dâun minimum dâhumilitĂ©. Câest pourtant une trĂšs belle image que celle de cette personne se prĂ©sentant Ă des soldats armĂ©s, paumes ouvertes, et qui dit : « la pluie coule entre nos doigts », Ă quoi bon vouloir lâen empĂȘcher ?
Dans « Causse », Patrick K. Dewdney expose un vieil homme pris entre deux groupes opposĂ©s, prĂȘts Ă sâentretuer. LâĂ©quilibre est fragile et semble reposer par lâĂ©galitĂ© de puissance de feu de part et dâautre. Il ne faut pas ĂȘtre idiot pour comprendre que le risque est celui de lâauto-annihilation, mais qui sâen prĂ©occupe ? LĂ encore, comme dans toutes les histoires de guerre, il est question de savoir comment dĂ©poser les armes. Câest difficile, car lâun des deux belligĂ©rants peut se servir de ce moment charniĂšre pour supplanter lâautre. De juillet Ă dĂ©cembre, nous suivons le combat dâun homme seul pour amener la paix entre des individus aux « sourires de loups ».
Une autre maniĂšre dâaborder le sujet est celui de lâuchronie, comme dans « La GĂ©nĂ©rale » de Camille Leboulanger. Et si JaurĂšs nâavait pas Ă©tĂ© tuĂ© au CafĂ© du Croissant ? La guerre nâaurait pas Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e aussi vite que ce que notre histoire a connu. CâeĂ»t Ă©tĂ© mĂȘme une autre affaire, car le parti des pacifistes aurait tenu bon, des deux cĂŽtĂ©s du Rhin, Ă tel point que les puissants auraient eu toutes les peines Ă forcer lâentrĂ©e en guerre. Ici, le conflit se dĂ©place sur le plan social, avec la grĂšve des ouvriers Français, puis celle des ouvriers Allemands. Dans une ambiance dĂ©but de siĂšcle, nous plongeons dans le Paris des annĂ©es 1910, la grande Histoire avec ses personnages quasi lĂ©gendaires, que ce soit Jean JaurĂšs ou LĂ©on Jouhaux, et le surgissement dâune idĂ©e exaltante : si les peuples font la grĂšve de la guerre, il nây a pas de soldats, pas dâusines dâarmement, pas dâarmes. Il ne reste que la paix. Le discours de JaurĂšs Ă la Bourse du Travail, qui clĂŽt le rĂ©cit, est superbe. Il convoque Hugo, Marx et Engels, il honnit la guerre et dĂ©clare : « il nâest pas un Allemand, pas un Autrichien, et pas un Turc qui soit mon ennemi sâil a au cĆur la fraternitĂ© et la haine de lâignorance et du meurtre ». Il Ă©voque une Europe des nations unie, menant une autre guerre, celle des rues et des usines, et quâil appelle RĂ©volution.
« Le CinquiĂšme monde », de Nelly Chadour, met en scĂšne le peuple amĂ©rindien, avec un vieux viking exilĂ© parmi eux. Il sâappelle Tiwaz, qui veut dire « guerre » en scandinave. Alors que les tribus se retrouvent menacĂ©es par une invasion, tous les clans fuient Ă travers un portail tout en haut dâune tour construite par Tiwaz. Lâautrice remanie la mythologie Hopi qui raconte que chaque crise rencontrĂ©e par un groupe humain dans son histoire lâa menĂ© dans un nouveau monde, Ă lâentrĂ©e duquel le mal du prĂ©cĂ©dent est abandonnĂ©. Il y a en principe quatre mondes successifs, et le cinquiĂšme serait celui de la paix.
Sous le pseudonyme dâOlav Koulikov, AndrĂ©-François Ruaud nous livre une autre uchronie, au titre lehmanesque : « Nulle part et en CrimĂ©e ». Câest lâhistoire dâun reporter dans un monde oĂč les rĂ©volutions de 1917 nâont pas eu lieu, et vit donc dans ce quâon appelle lâEmpire Anglo-Russe. La seule guerre qui a encore cours se dĂ©roule en CrimĂ©e, mais tout le monde sâemploie Ă la passer sous silence. Le journaliste y va malgrĂ© tout, pensant y trouver un théùtre dâopĂ©rations classique. En vĂ©ritĂ©, il y dĂ©couvre littĂ©ralement un théùtre, un dĂ©cor de façade cachant, sous les dehors dâun conflit sans fin, une sociĂ©tĂ© secrĂšte nichĂ©e au cĆur des forĂȘts dâEurope centrale. On pense inĂ©vitablement aux aventures cartographiques de Nulle part Ă Liverion, et notre esprit sâĂ©gare vers ces contrĂ©es inconnues.
Dans « Pour la paix », BĂ©nĂ©dicte CoudiĂšre dĂ©crit une querelle de voisinage dans un monde oĂč « pour la paix » est une formule de salutation et dâacceptation. Les armes rouillent dans le sol, lâinvasion de la nature prime sur tout le reste, mĂȘme si elle fissure une maison. Petit prix de cette paix.
Enfin, je retiens de « 2095 », dâĂlisabeth Ebory, une politique-fiction dans laquelle des accords internationaux contre le terrorisme permettent de faire advenir la Paix, de garantir la sauvegarde du climat, mais nâempĂȘche pas une crise sociale dâampleur. Un grand referendum mondial se tient alors, dont le rĂ©sultat en demi-teinte sur la reconduction des mesures pour la paix, nous interroge sur les formes dâexpression politique des peuples, et montre que tout ne se rĂ©sout pas en un claquement de doigts. Les affaires humaines se font sur le temps long, nâen dĂ©plaise aux impatients.


