QuatriĂšme de couverture
« On a trouvĂ© des fibres vĂ©gĂ©tales noires suffisamment grosses pour quâon les reconnaisse Ă lâĆil nu, et cette branche de fleur, lĂ , on dirait du lilas, mais noir. »
Quelques semaines aprĂšs sa mutation, Ă deux ans de la retraite, au commissariat de Neuilly, en raison de sa grande probitĂ©, pour remplacer le Commissaire Devereau, un peu trop conciliant avec la haute sociĂ©tĂ© neuillĂ©enne et les amis de lâancien maire, Sandre se retrouve, le midi du premier janvier deux mille quatorze, sur une scĂšne de crime peu banale qui va lâentraĂźner dans une enquĂȘte pour meurtres en sĂ©rie qui, entre pressions et impasse, va lui coĂ»ter sa santĂ©.
Gemme, presque quinqua Ă lâimagination dĂ©bordante, vit en RĂ©gion Parisienne, entre un mari adorable et dĂ©vouĂ©, Loulou, et un chat tyran domestique, Myrddyn. PassionnĂ©e dâHistoire, dâhistoires, de mythologie, de littĂ©ratures de lâimaginaire et avec un goĂ»t certain pour le thriller et le polar, elle signe ici son premier roman terminĂ© (le terminĂ© est essentiel, en lâoccurrence). Elle hante depuis bientĂŽt quinze ans les festivals essentiels de la SFFF.
Quelques semaines aprĂšs sa mutation, Ă deux ans de la retraite, au commissariat de Neuilly, en raison de sa grande probitĂ©, pour remplacer le Commissaire Devereau, un peu trop conciliant avec la haute sociĂ©tĂ© neuillĂ©enne et les amis de lâancien maire, Sandre se retrouve, le midi du premier janvier deux mille quatorze, sur une scĂšne de crime peu banale qui va lâentraĂźner dans une enquĂȘte pour meurtres en sĂ©rie qui, entre pressions et impasse, va lui coĂ»ter sa santĂ©.
Gemme, presque quinqua Ă lâimagination dĂ©bordante, vit en RĂ©gion Parisienne, entre un mari adorable et dĂ©vouĂ©, Loulou, et un chat tyran domestique, Myrddyn. PassionnĂ©e dâHistoire, dâhistoires, de mythologie, de littĂ©ratures de lâimaginaire et avec un goĂ»t certain pour le thriller et le polar, elle signe ici son premier roman terminĂ© (le terminĂ© est essentiel, en lâoccurrence). Elle hante depuis bientĂŽt quinze ans les festivals essentiels de la SFFF.
Fiche de lecture
Ce premier roman de Gemme nous entraĂźne dans une Ă©trange histoire mĂȘlant intimement policier et fantastique. Ătrange parce que cet opus fait partie de la collection noire et nous plonge dans un double drame oĂč les morts, nombreuses, mystĂ©rieuses et fort horribles, se succĂšdent Ă folle vitesse. Ătrange parce que, malgrĂ© cela, cette fiction est une ode Ă la vie, Ă la rĂ©silience et Ă lâespoir de revivre pour celle qui a tant souffert et endurĂ©. Et câest lĂ une grande force de ce roman qui nous prĂ©sente trois fils narratifs soigneusement intriquĂ©s, tout en taillant de larges croupiĂšres Ă ceux qui, hĂ©las, existent dans nos sociĂ©tĂ©s soi-disant modernes.
Le premier de ces fils est le drame puis la renaissance et enfin la victoire (psychologique autant qu'humaine) de Lyla Martin, qui, jeune et belle fleuriste, a Ă©tĂ© trompĂ©e puis abusĂ©e par celui quâelle croyait ĂȘtre son « petit ami » et qui sâest servi dâelle pour la « jeter en pĂąture » dans un viol collectif. Heureusement, aidĂ©e par la doctoresse Ariane Pelletier qui lui permettra de sâen sortir moralement puis par Lorenn Lassair, directrice et crĂ©atrice de mode, qui fera dâelle son Ă©gĂ©rie.
Le second est lâenquĂȘte policiĂšre qui va dĂ©buter quelques annĂ©es plus tard alors quâest assassinĂ© lâun des membres de cet acte envers lequel je nâaurais pas de mots assez durs sauf Ă devenir grossier. Le commissaire Sandre, Ă©paulĂ© par son adjoint Adrien Brecourt, va se retrouver confrontĂ© Ă ce qui se rĂ©vĂ©lera une vĂ©ritable tuerie puisque vont ainsi mourir un Ă un ces violeurs et ceux qui les ont protĂ©gĂ©s lors dâune parodie de procĂšs que les trĂšs riches parents de ces jeunes ont achetĂ©e. Lâaffaire est ardue, car chaque trĂ©passĂ© se trouvait seul dans une piĂšce fermĂ©e Ă clef de lâintĂ©rieur, sans aucun tĂ©moin quâil soit oculaire ou auditif. Et le mystĂšre, bien quâil ne se passe pas dans une chambre jaune, est total puisqu'Ă chaque fois un lilas noir est enfoncĂ© dans la gorge de la victime.
Le troisiĂšme et dernier fil est tout en filigrane, une ronce rouge fort chargĂ©e dâĂ©pines qui taille çà et lĂ dans notre sociĂ©tĂ© oĂč les riches et ultra-riches se permettent tout, oĂč la politique se mĂȘle de tout jusqu'Ă tenter dâinfluencer procĂšs et enquĂȘte, mais un fil qui pique aussi certains milieux de la mode oĂč le squelette est plus valorisĂ© que la femme rĂ©elle. Loin dâĂȘtre gratuites, ces Ă©pines sont associĂ©es dans ces mĂȘmes filigranes Ă lâautre plateau de la balance ; il nous offre ainsi de dĂ©couvrir lâintĂ©gritĂ© de Sandre et BrĂ©court, le fĂ©minisme pragmatique de Lorenn qui nâhĂ©site pas Ă aller Ă contre-courant en prenant la voluptueuse Lyla comme Ă©gĂ©rie, et dâautres aspects agrĂ©ablement positifs.
Bien sĂ»r, lâautrice ne se perd pas dans ces divers mĂ©andres et nâoublie pas quâil sâagit dâune enquĂȘte. Elle nous livre tout ce que nĂ©cessite une telle procĂ©dure avec quelques fausses pistes, des indices troublants, plusieurs indications indispensables, bien que nous laissant aussi perplexes que les policiers. Bref, elle nâoublie rien de ce qui permet de nous emmener jusquâau bout de cette histoire dont la fin â non, dĂ©solĂ©, je ne spoilerai pas â ne vous fera pas vous exclamer « Bon sang, mais câest bien sĂ»r », mais au contraire « FlĂ»te alors, je ne lâavais pas vu venir celle-là », et ce mĂȘme en rassemblant tous les dĂ©tails rĂ©vĂ©lateurs quâelle sĂšme de ci de lĂ .
Au final, alors quâon estimerait logique dâavoir une Ćuvre trĂšs sombre au vu du sujet traitĂ© (dâune part le viol collectif, dâautre part la vengeance sadique qui sâensuit), lâautrice nous offre un texte chargĂ© dâoptimisme grĂące Ă Lyla elle-mĂȘme et tout ce quâelle lui fait vĂ©hiculer, et ce jusqu'Ă la derniĂšre page. Un bĂ©mol ? Difficile dâen trouver, allez, je vais jouer Ă chipoter et en sortir un du chapeau : peut-ĂȘtre aurait-il Ă©tĂ© plus rĂ©aliste que les policiers usent de leur jargon et soient du coup moins policĂ©s (tant pis, mais mĂȘme pas honte : jâai osĂ© jouer sur les mots).
Si vous aimez les policiers, le fantastique, les affaires de sociĂ©tĂ© et de mĆurs, si vous avez la conscience qui vous titille et qui vous pousse Ă la rĂ©volte face Ă ces derniĂšres, vous avez tout en main avec ce roman. Et si vous nâavez pas assez ou pas encore conscience ou pas assez de rĂ©volte envers ce qui se passe dans nos sociĂ©tĂ©s, voici de quoi vous pousser Ă mieux y rĂ©flĂ©chir.
Quant au positif et Ă lâespoir que vĂ©hicule ce conte moderne, il mâa fait penser au poĂšme dâAragon que chantait Jean Ferrat, et plus particuliĂšrement Ă ces deux vers :
Le premier de ces fils est le drame puis la renaissance et enfin la victoire (psychologique autant qu'humaine) de Lyla Martin, qui, jeune et belle fleuriste, a Ă©tĂ© trompĂ©e puis abusĂ©e par celui quâelle croyait ĂȘtre son « petit ami » et qui sâest servi dâelle pour la « jeter en pĂąture » dans un viol collectif. Heureusement, aidĂ©e par la doctoresse Ariane Pelletier qui lui permettra de sâen sortir moralement puis par Lorenn Lassair, directrice et crĂ©atrice de mode, qui fera dâelle son Ă©gĂ©rie.
Le second est lâenquĂȘte policiĂšre qui va dĂ©buter quelques annĂ©es plus tard alors quâest assassinĂ© lâun des membres de cet acte envers lequel je nâaurais pas de mots assez durs sauf Ă devenir grossier. Le commissaire Sandre, Ă©paulĂ© par son adjoint Adrien Brecourt, va se retrouver confrontĂ© Ă ce qui se rĂ©vĂ©lera une vĂ©ritable tuerie puisque vont ainsi mourir un Ă un ces violeurs et ceux qui les ont protĂ©gĂ©s lors dâune parodie de procĂšs que les trĂšs riches parents de ces jeunes ont achetĂ©e. Lâaffaire est ardue, car chaque trĂ©passĂ© se trouvait seul dans une piĂšce fermĂ©e Ă clef de lâintĂ©rieur, sans aucun tĂ©moin quâil soit oculaire ou auditif. Et le mystĂšre, bien quâil ne se passe pas dans une chambre jaune, est total puisqu'Ă chaque fois un lilas noir est enfoncĂ© dans la gorge de la victime.
Le troisiĂšme et dernier fil est tout en filigrane, une ronce rouge fort chargĂ©e dâĂ©pines qui taille çà et lĂ dans notre sociĂ©tĂ© oĂč les riches et ultra-riches se permettent tout, oĂč la politique se mĂȘle de tout jusqu'Ă tenter dâinfluencer procĂšs et enquĂȘte, mais un fil qui pique aussi certains milieux de la mode oĂč le squelette est plus valorisĂ© que la femme rĂ©elle. Loin dâĂȘtre gratuites, ces Ă©pines sont associĂ©es dans ces mĂȘmes filigranes Ă lâautre plateau de la balance ; il nous offre ainsi de dĂ©couvrir lâintĂ©gritĂ© de Sandre et BrĂ©court, le fĂ©minisme pragmatique de Lorenn qui nâhĂ©site pas Ă aller Ă contre-courant en prenant la voluptueuse Lyla comme Ă©gĂ©rie, et dâautres aspects agrĂ©ablement positifs.
Bien sĂ»r, lâautrice ne se perd pas dans ces divers mĂ©andres et nâoublie pas quâil sâagit dâune enquĂȘte. Elle nous livre tout ce que nĂ©cessite une telle procĂ©dure avec quelques fausses pistes, des indices troublants, plusieurs indications indispensables, bien que nous laissant aussi perplexes que les policiers. Bref, elle nâoublie rien de ce qui permet de nous emmener jusquâau bout de cette histoire dont la fin â non, dĂ©solĂ©, je ne spoilerai pas â ne vous fera pas vous exclamer « Bon sang, mais câest bien sĂ»r », mais au contraire « FlĂ»te alors, je ne lâavais pas vu venir celle-là », et ce mĂȘme en rassemblant tous les dĂ©tails rĂ©vĂ©lateurs quâelle sĂšme de ci de lĂ .
Au final, alors quâon estimerait logique dâavoir une Ćuvre trĂšs sombre au vu du sujet traitĂ© (dâune part le viol collectif, dâautre part la vengeance sadique qui sâensuit), lâautrice nous offre un texte chargĂ© dâoptimisme grĂące Ă Lyla elle-mĂȘme et tout ce quâelle lui fait vĂ©hiculer, et ce jusqu'Ă la derniĂšre page. Un bĂ©mol ? Difficile dâen trouver, allez, je vais jouer Ă chipoter et en sortir un du chapeau : peut-ĂȘtre aurait-il Ă©tĂ© plus rĂ©aliste que les policiers usent de leur jargon et soient du coup moins policĂ©s (tant pis, mais mĂȘme pas honte : jâai osĂ© jouer sur les mots).
Si vous aimez les policiers, le fantastique, les affaires de sociĂ©tĂ© et de mĆurs, si vous avez la conscience qui vous titille et qui vous pousse Ă la rĂ©volte face Ă ces derniĂšres, vous avez tout en main avec ce roman. Et si vous nâavez pas assez ou pas encore conscience ou pas assez de rĂ©volte envers ce qui se passe dans nos sociĂ©tĂ©s, voici de quoi vous pousser Ă mieux y rĂ©flĂ©chir.
Quant au positif et Ă lâespoir que vĂ©hicule ce conte moderne, il mâa fait penser au poĂšme dâAragon que chantait Jean Ferrat, et plus particuliĂšrement Ă ces deux vers :
âŠdans cet enfer moderne
OĂč lâhomme ne sait plus ce que câest quâĂȘtre deux

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