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Addiction | Sylvain Gay | 2022

Hommage Ă  Philip K. Dick

04/01/2026
Lu 322 fois


Tags : GAY Sylvain



Logo © Le Galion des Etoiles
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À Philippe Jame

Je suis morte par un beau jour de printemps.
Enfin, c’est ce que j’en ai dĂ©duit en voyant le comportement de mon mari.
La veille, j’étais sortie avec des copines et je suis rentrĂ©e au milieu de la nuit, pas trĂšs fraĂźche, je dois l’admettre

Il y a eu une forte lumiĂšre et je crois que c’est ça qui m’a rĂ©veillĂ©e. Quand j’ai ouvert les yeux, il faisait jour. Mon mari Ă©tait assis Ă  cĂŽtĂ© de moi au bord du lit.
Il pleurait.
Je me suis assise aussi et je lui ai demandĂ© ce qui lui arrivait. Il ne m’a pas rĂ©pondu.
J’ai alors pensĂ© qu’il m’en voulait parce que j’étais rentrĂ©e tard et je me suis un peu Ă©nervĂ©e. J’avais dormi nue, je ne me souvenais mĂȘme pas m’ĂȘtre dĂ©shabillĂ©e, mais j’ai rejetĂ© la couverture avant de me lever et d’aller m’enfermer dans la salle de bain.
J’ai fait ma toilette avant d’avaler un comprimĂ© de B-Attitude dont la boĂźte Ă©tait rangĂ©e dans l’armoire Ă  pharmacie. Je dois en prendre un tous les matins. Ça me permet de rester bien Ă©veillĂ©e et active toute la journĂ©e. J’ai commencĂ© ce traitement il y dĂ©jĂ  plusieurs mois et je ne pourrais pas m’en passer.
J’ai enfilĂ© une chemise de nuit.
Ensuite, je suis allĂ©e dans la cuisine et je me suis servi une tasse de cafĂ© dans laquelle, comme d’habitude, j’ai mis un sucre. AprĂšs, j’ai pris mon gilet, mis mes chaussons et je suis sortie prendre l’air dans le jardin en passant par la porte de la cuisine.
Il faisait beau et chaud et j’ai fait quelques pas sous les arbres qui, de ce cĂŽtĂ©, s’approchent de la maison. J’ai savourĂ© la fraĂźcheur qui rĂ©gnait sous le feuillage.
C’est alors que j’ai entendu arriver une ambulance. Je me suis dirigĂ©e vers la façade et je l’ai vue se poser au bord du trottoir devant le portail. Deux hommes en sont descendus et l’un d’eux a sonnĂ© Ă  la grille pendant que l’autre sortait un brancard.
Mon mari est sorti pour leur ouvrir. J’étais tellement saisie que je n’ai rien trouvĂ© Ă  dire. Ils ne m’ont pas vue et ont disparu tous les trois dans la maison.
Quelques minutes plus tard, les deux hommes sont ressortis en tirant et poussant le brancard sur lequel une forme humaine était dissimulée sous un drap blanc.
Je me suis demandĂ© qui c’était. J’allais m’approcher pour le leur demander quand j’ai vu arriver une fusĂ©e rapide Jaguar XXB. Elle s’est posĂ©e sur la pelouse devant la maison et le vieux docteur Helmut von Schneidermann, mon mĂ©decin traitant, en est sorti.
Il s’est aussitĂŽt prĂ©cipitĂ© sur le brancard et a soulevĂ© le drap Ă  l’emplacement de la tĂȘte. Manifestement, il voulait savoir de qui il s’agissait. Deux secondes plus tard, il rabattait le drap et les brancardiers sont repartis jusqu’à leur ambulance. BientĂŽt, celle-ci redĂ©collait.
Le docteur est entrĂ© dans la maison et je l’ai suivi. Il est allĂ© retrouver mon mari qui se tenait dans le salon. Il s’est assis en face de lui et lui a demandĂ© ce qui s’était passĂ©. Je me suis approchĂ©e et j’ai entendu mon mari rĂ©pondre qu’il m’avait trouvĂ©e immobile et froide dans le lit. Il Ă©tait dĂ©jĂ  debout depuis un moment et il Ă©tait venu voir si j’étais rĂ©veillĂ©e et c’est lĂ  qu’il m’avait trouvĂ©e comme ça.
J’essayais d’intervenir dans la conversation, mais les deux hommes ne semblaient ni me voir ni m’entendre. J’ai commencĂ© Ă  crier sur eux, mais rien Ă  faire, c’était comme si je n’existais pas. J’ai essayĂ© de les toucher, mais c’était impossible, ma main a traversĂ© leur corps ! J’ai commencĂ© Ă  paniquer et je suis ressortie du salon en courant. Je me suis rĂ©fugiĂ©e dans la chambre et je me suis assise sur le lit. J’ai rĂ©ussi Ă  me calmer.
Je ne savais pas quoi faire. Et puis j’ai pensĂ© Ă  essayer de communiquer autrement avec eux. Je suis donc revenue dans le salon au moment oĂč von Schneidermann demandait Ă  mon mari oĂč Ă©tait rangĂ©e la boĂźte de B-Attitude. Il s’est levĂ© pour aller la prendre dans la salle de bain. J’ai cherchĂ© dans le salon pour essayer de trouver une feuille de papier et un stylo. Quand je les ai eu trouvĂ©s, j’ai commencĂ© Ă  Ă©crire.
Le docteur a pris la boĂźte de comprimĂ©s des mains de mon mari dĂšs qu’il est revenu s’asseoir dans le canapĂ©. Il a demandĂ© Ă  von Schneidermann si c’était si important que ça et le docteur a rĂ©pondu que oui, car comme c’était un mĂ©dicament expĂ©rimental, il devait rĂ©cupĂ©rer immĂ©diatement les comprimĂ©s inutilisĂ©s.
Et puis, j’ai posĂ© la feuille de papier sur la petite table juste devant mon mari. Il a eu un mouvement de surprise avant de la prendre en main et de commencer Ă  lire.
Le docteur lui a demandĂ© ce que c’était et il a lu Ă  haute voix ce que j’avais Ă©crit :
 
Mon chĂ©ri, non, je ne suis pas morte. Je suis juste Ă  cĂŽtĂ© de toi et je te vois et je t’entends. J’ai vu l’ambulance arriver et repartir et j’ai vu von Schneidermann arriver. Je ne sais pas ce qui se passe.
 
Von Schneidermann s’est levĂ©, la boĂźte de B-Attitude Ă  la main et s’est dirigĂ© vers la porte.
Manifestement, il allait partir. J’ai griffonnĂ© en toute hĂąte :
 
EmpĂȘche-le de partir !
 
Mon mari a vu le message et s’est prĂ©cipitĂ© pour retenir le docteur. Il a rĂ©ussi Ă  arriver avant lui Ă  la porte d’entrĂ©e qu’il a aussitĂŽt verrouillĂ©e.
— Maintenant, a-t-il dit, vous allez m’expliquer ce qui se passe !
Le docteur a eu l’air gĂȘnĂ© et lui a rĂ©pondu qu’il ne se passait rien, qu’il examinerait le corps pour dĂ©terminer la cause exacte de mon dĂ©cĂšs et qu’il allait partir maintenant.
Mon mari lui a alors demandĂ© d’oĂč venait le message qu’il venait de trouver posĂ© sur la table du salon. Le docteur a eu l’air encore plus gĂȘnĂ© et a tentĂ© de s’approcher de la porte et de l’ouvrir. Mon mari s’est fait menaçant. Il est plutĂŽt grand et musclĂ© et le docteur a semblĂ© se rĂ©trĂ©cir devant lui.
Von Schneidermann a alors bredouillĂ© que c’était peut-ĂȘtre un effet secondaire des comprimĂ©s de B-Attitude que je prenais tous les matins, qu’il y avait des rumeurs chez les mĂ©decins Ă  ce sujet, mais que rien n’était sĂ»r.
Mon mari est restĂ© interdit quelques instants et le docteur en a profitĂ© pour ouvrir la porte et faire un pas Ă  l’extĂ©rieur. À ce moment-lĂ , j’ai eu l’impression de voir la forme du corps du docteur, comme si ses vĂȘtements devenaient transparents ou immatĂ©riels.
Mon mari l’a attrapĂ© par le bras et lui a demandĂ© si cela voulait dire que j’étais encore vivante.
Il a rĂ©pondu que ja, peut-ĂȘtre, d’une certaine façon, mais que cela ne durerait pas, car la B-Attitude cesserait bientĂŽt de faire effet. Mon mari lui a alors tordu la main pour lui reprendre la boĂźte de comprimĂ©s avant de le lĂącher et de lui dire qu’il pouvait partir maintenant.
Le docteur est sorti de la maison, mais il s’est retournĂ© et a tentĂ© de le convaincre de lui redonner le mĂ©dicament, disant que ça ne lui appartenait pas et que s’il le fallait, il reviendrait avec des policiers.
J’avais l’impression maintenant que les vĂȘtements du docteur avaient disparu. Son corps m’apparaissait comme translucide et flou et j’ai eu l’impression de commencer Ă  distinguer comme des rouages et des engrenages Ă  la place de son squelette.
Mon mari ne s’est pas laissĂ© intimider et a dit au docteur de faire ce qu’il voulait.
Je ne distinguais presque plus les traits de son visage, mais j’ai bien senti que von Schneidermann Ă©tait dĂ©pitĂ©. Il est alors retournĂ© Ă  sa fusĂ©e avant de repartir.
Mon mari a refermĂ© la porte et est revenu s’asseoir dans le canapĂ© du salon. Ses vĂȘtements, Ă  lui aussi, m’apparurent alors comme devenant peu Ă  peu transparents.
J’ai senti l’angoisse monter en moi et je me suis presque Ă©croulĂ©e Ă  cĂŽtĂ© de lui.
Il a posĂ© la boĂźte de B-Attitude sur la table. Il regardait tout autour de lui comme s’il me cherchait des yeux, mais malheureusement, il ne pouvait toujours pas me voir.
Il s’est raclĂ© la gorge alors que pour moi, ses vĂȘtements avaient disparu et que je commençais Ă  voir sa peau devenir transparente.
Il s’est adressĂ© Ă  moi Ă  haute voix, me demandant, si je l’entendais, de lui faire signe.
 
J’ai repris le stylo et j’ai Ă©crit sur la feuille de papier qui Ă©tait restĂ©e posĂ©e sur la table :
 
Oui, mon chéri, je suis là, assise prÚs de toi.
 
Il s’est tournĂ© vers moi, a tendu une main, qui m’a traversĂ©e, et m’a demandĂ© ce qu’il pouvait faire pour moi. Je me suis Ă  nouveau penchĂ©e sur le papier et je lui ai rĂ©pondu que je ne savais pas, mais que le docteur avait sans doute raison, que j’étais morte dans mon sommeil et qu’il fallait nous dire au revoir. J’ai senti alors les larmes me monter aux yeux.
Quand je l’ai Ă  nouveau regardĂ©, mon mari m’a semblĂ© flou. Je ne voyais que la forme grossiĂšre de son corps, de sa tĂȘte et de ses membres et par transparence, je commençais Ă  distinguer comme des poulies ou des engrenages. C’est comme si mon mari Ă©tait peu Ă  peu remplacĂ© par une machine !
Alors, j’ai rĂ©ellement paniquĂ©. Je me suis levĂ©e et me suis rĂ©fugiĂ©e au premier Ă©tage. Je suis restĂ©e de longues minutes sur le palier. Aucun bruit ne provenait du rez-de-chaussĂ©e.
J’ai fini par pĂ©nĂ©trer dans la chambre d’amis. C’est une piĂšce qui sert rarement et les volets Ă©taient encore fermĂ©s. J’ai eu alors envie de lumiĂšre et de soleil. J’étais persuadĂ©e que comme j’étais morte, j’allais bientĂŽt quitter ce monde ou disparaĂźtre dans le nĂ©ant et je voulais regarder dehors une derniĂšre fois.
J’ai tirĂ© les rideaux avant d’ouvrir la fenĂȘtre et de rabattre les volets. Et lĂ , j’ai vu.
Au loin, dans le ciel, un gigantesque nuage gris en forme de champignon bouchait l’horizon.
Le vent soufflait et j’ai vu un Ă©norme nuage de poussiĂšre arriver vers moi. Les maisons et tous les autres bĂątiments Ă©taient comme soufflĂ©s par cette tornade qui approchait.
Je me suis rejetĂ©e en arriĂšre avant de refermer la fenĂȘtre.
Et puis, les carreaux de la vitre ont Ă©clatĂ© et des Ă©clats de verre m’ont traversĂ©e. Je n’ai senti aucune douleur, mais je me suis sentie tomber, car la maison, elle aussi, s’écroulait. Je me suis retrouvĂ©e indemne sur la pelouse, ou plutĂŽt sur ce qui en restait.
Je me suis retournĂ©e et j’ai contemplĂ© un bon moment le tas de gravats qui avait Ă©tĂ© si peu de temps auparavant ma maison.
Puis je me suis secouĂ©e. Il ne servait Ă  rien de se lamenter ou de rester prostrĂ©e. Il fallait que je commence Ă  fouiller les dĂ©combres : j’avais une boĂźte de B-Attitude Ă  retrouver.

Sylvain Gay
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💬Commentaires

1.Posté par Jean Christophe GAPDY le 04/01/2026 08:21 | Alerter
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JCGapdy
Quelques grains de Philip K. Dick (ce qui suffit dĂ©jĂ  Ă  m’attirer), un peu de Shyamalan, une goutte de Kuttner et Moore (allez savoir pourquoi, mais j’ai repensĂ© aux Borogoves bien qu’il n’y ait que peu de liens ici), un zeste de Cameron, puis mĂ©langez le tout au shaker (et pas Ă  la cuiller) pour obtenir cette histoire bien « dĂ©tonante » et super sympa. Une histoire que j’ai pris plaisir Ă  relire pour m’intĂ©resser aux dĂ©tails. Super chouette. Merci.

2.Posté par Koyolite TSEILA le 04/01/2026 09:02 | Alerter
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KoyoliteTseila
Une histoire troublante, dĂ©routante, oĂč la frontiĂšre entre vie, mort et perception se brouille jusqu'Ă  l'ultime rĂ©vĂ©lation. Un grand merci, Sylvain, pour cette premiĂšre contribution pour Le Galion des Etoiles aussi Ă©trange que captivante !

3.Posté par Mathilde CONTRERAS le 04/01/2026 09:10 | Alerter
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Hori
Une nouvelle intrigante dont personne n'aurait pu prévoir la fin! Bravo!

4.Posté par Paul FICHTRE le 04/01/2026 10:17 | Alerter
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PaulFichtre
Nouvelle trÚs sympathique qui convoque habilement l'esprit de Philip K. Dick. Bien joué !

5.Posté par Michel MAILLOT le 04/01/2026 11:33 | Alerter
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mmaillot
OĂč se situe la frontiĂšre ? Oui, quelle rĂ©alitĂ© papa ? Substance mort, substance vie, on passe au travers, on finit par voir avec ou sans lunettes la vraie face des choses, ou pas... L'esprit de Dick traverse la nouvelle et nous entraĂźne dans son monde. Pour y rester, il va falloir suivre Lucy dans son ciel de diamants. Chiche !
Merci pour le voyage Sylvain.

6.Posté par Claude AUBERTIN le 04/01/2026 14:34 | Alerter
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Klod49
Un rĂȘve Ă©trange comme chacun de nous a pu en subir en cette pĂ©riode de foie engorgĂ©. On retrouve l'esprit de PKD, ce cĂŽtĂ© Ă  la fois irrĂ©el, dĂ©rangeant et attirant Ă  la fois. A quoi rĂȘvent les androĂŻdes de maison ? En tous cas merci pour le partage de ce texte intĂ©ressant et inhabituel.

7.PostĂ© par Éric MARIE le 04/01/2026 15:32 | Alerter
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ATRAVERSLESPACE
Une nouvelle fort bien menĂ©e, dĂ©rangeante Ă  souhait et Ă  la fin totalement inattendue. Je me serais cru devant un bon vieil Ă©pisode de la quatriĂšme dimension. J’en redemande.

8.Posté par Lionel COSSON le 04/01/2026 18:51 | Alerter
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lcosson42
Un texte d’anticipation Ă  la premiĂšre personne trĂšs prenant, qui met en place un mystĂšre avec une clartĂ© presque trompeuse. On part d’un quotidien tout ce qu’il y a de plus banal, et sans s’en rendre compte on bascule vers une Ă©trangetĂ© technologique et mĂ©taphysique de plus en plus troublante, jusqu’à une chute Ă  la fois ironique et glaciale. La voix est sĂ»re et la narration maĂźtrisĂ©e. Un bel homme Ă  Philip K. Dick. Bravo !

9.Posté par Southeast JONES le 05/01/2026 19:59 | Alerter
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southeast
Bien aimé, un chouia plus long ne m'aurait pas déplu. Merci pour cette lecture.

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