QuatriĂšme de couverture
Natou est un jeune plĂ©bĂ©ien dâune vingtaine dâannĂ©es qui nâa jamais remis en question le monde dans lequel il vit. Lâeau a disparu de la surface de la planĂšte et sa fabrication reste le secret d'un peuple vivant dans une citĂ© fortifiĂ©e, rĂ©git par une loi sĂ©vĂšre et intransigeante. Comme lâensemble de la population de Bidonville, ses journĂ©es se rĂ©sument Ă travailler dans lâune des usines de production dâeau et Ă fouiller les ruines de la vieille ville en quĂȘte d'objets Ă Ă©changer contre des rations de nourriture et dâeau. Mais la dĂ©couverte dâun Ă©trange objet dans les souterrains, lieu de repos des Esprits, va remettre en question ce monde : la vĂ©ritable nature des citoyens, les responsables de la Grande PĂ©nurie et les fondements de la loi sur lâOr Bleu...
Fiche de lecture
Jâai pris ce « petit » livre en profitant dâĂȘtre aux cĂŽtĂ©s de lâauteur sur un stand que nous partagions, mais aussi parce que lâambiance et le lieu de lâhistoire mâinterpellaient suite Ă ma lecture fort agrĂ©able du post-apo « Onde de Choc » dâAlain Blondelon chez le mĂȘme Ă©diteur.
Lu trÚs rapidement et donc bien aimé.
Voici une histoire que se dĂ©roule dans notre pays, et plus particuliĂšrement dans la rĂ©gion toulousaine, dans un futur incertain au-delĂ dâun siĂšcle. Ă cette Ă©poque, lâeau â lâor bleu â est devenue dâune extrĂȘme raretĂ© et les humains ont dĂ» faire preuve dâune grande inventivitĂ© pour survivre face Ă la pĂ©nurie de cet Ă©lĂ©ment indispensable Ă la vie.
Lâune des premiĂšres originalitĂ©s de cette histoire post-apo est due au fait quâelle se passe en France et plus particuliĂšrement autour de la citĂ© tolosane. La seconde est quâelle est Ă©crite au prĂ©sent, ce qui nous offre une approche plus intime et tournĂ©e vers la rĂ©flexion et le questionnement, mĂȘme dans les scĂšnes dâactions. La troisiĂšme est de nous offrir un drame humain au sein dâune sociĂ©tĂ© nouvelle qui sâest construire au fur et Ă mesure que la catastrophe Ă©cologique sâamplifiait, loin de certains classicismes oĂč les hĂ©ros doivent survivre et se battre dans un monde oĂč nâexiste plus aucune rĂšgle ni loi. LĂ , câest le contraire, il y a une citĂ©, des rĂšgles et des non-rĂšgles, mais aussi des lois dont celle de lâOr Bleu.
Natou est un plĂ©bĂ©ien, un homme des sous-castes qui vit en travaillant dans une usine au service des nĂ©o-tolosans et donc des nantis, qui survit en fouillant les dĂ©combres de lâancienne civilisation â la nĂŽtre â Ă la recherche dâobjets Ă Ă©changer contre ce qui permet de survivre : de lâeau et de nourriture. Car Natou a une famille avec sa femme Azur et son jeune fils MatĂ©o. Dans ce monde, la compensation et lâentraide ne sont pas naturelles, ne font pas partie des sentiments et des prĂ©occupations premiĂšres de la survie ; on nâhĂ©site guĂšre Ă jouer de la lance ou du poignard, Ă voler un autre fouilleur, Ă prendre femme ou fille comme de simples objets. La vie nâa plus guĂšre de valeur. Seule lâeau, du moins lâeau officielle, celle que vendent les gens de la citĂ© close, est une richesse. Lâeau officielle car il est interdit dâen recueillir ou dâen « fabriquer » soi-mĂȘme. La citĂ© est lâunique source obligatoire de cette chose prĂ©cieuse.
Trois grands courants parcourent ce livre. En premier, bien sĂ»r, cette notion de caste et de sous-vie que subissent la majoritĂ© des humains de cette rĂ©gion, avec cette domination de la citĂ© et une perte de certains sentiments humains⊠On a comme une approche de ce quâil existe en Inde avec les intouchables. En second, cette Ă©tonnante idĂ©e dâavoir fait « disparaĂźtre » lâeau ; plus de lac, plus de mer, ni dâocĂ©an, plus de pluie, hormis un jour par an. Pour Mad Max, lâessence Ă©tait lâor noir ; ici lâeau est lâor bleu. Enfin, en troisiĂšme Ă©lĂ©ment sous-tendu, nous avons lâhistoire de Natou, dâAzur-Reena et dâHanza, du vieux Greg, le porteur de mĂ©moire. Tout amĂšne inexorablement Ă une fin sans Ă©chappatoire possible parce que lâeau ne peut revenir, parce que Natou ne pourra engendrer aucun miracle en ouvrant quelque mystĂ©rieux barrage oĂč elle aurait Ă©tĂ© gardĂ©e en une rĂ©serve immense et secrĂšte. Tout va se jouer avec lâhumain, avec ses dĂ©fauts, ses travers, ses qualitĂ©s et ses dĂ©sirs.
Une lecture plaisante qui mâa surpris dans les premiĂšres pages par le fait que le rĂ©cit est narrĂ©, comme je le disais prĂ©cĂ©demment, au prĂ©sent, jusque dans les scĂšnes de tension ou de duels, nous offrant un calme apparent (pas de « il sauta », « bondit », « lâattrapa » et que sais-je encore), une trame qui se dĂ©roule selon une Ă©criture rĂ©flĂ©chie et posĂ©e. Une forme qui nous oblige Ă tout observer et analyser avec gravitĂ©.
Hormis la fin que je trouve trop « convenue », trop proche dâun cĂ©lĂšbre roman et film, je nâai pas de reproche ; câest top ! AprĂšs, mon cĂŽtĂ© scientifique fait que jâai ressenti un certain manque en refermant le livre. Jâaurais vraiment aimĂ© savoir comment il est possible que la Terre nâait plus dâeau nulle part ou presque. Notre globe est donc devenu un dĂ©sert. Les lacs nâauraient pas de fonds stagnants, les mers et les ocĂ©ans, les fonds abyssaux se seraient vidĂ©s ? Autre question : quid des autres humains au-delĂ de cette citĂ© ? Bref, comme dans tous les univers post-apocalyptiques, nous ne voyons quâun petit bout de coin de Terre. JâespĂšre donc que dâautres romans viendront rĂ©pondre Ă une partie de ces questionsâŠ
Jâajoute un autre point positif, de mon point de vue : pas de road-movie dans ce post-apo (pas de bombe, ni de virus zombiesque, uniquement une absence dâeau, je le rappelle au cas oĂč vous nâauriez pas suivi ^-^). Cette aventure est centrĂ©e sur une citĂ© et sa mystĂ©rieuse sociĂ©tĂ© qui y est enfermĂ©e, une citĂ© qui, dĂšs lors, devient un protagoniste essentiel des drames que nous dĂ©couvrons. Une histoire avec un seul lieu, un univers en vase clos au cĆur de favelas françaises.
Un super plaisir de lecture que je recommande, car il offre une autre approche des post-apos tant dans le style que dans le scénario.
Lu trÚs rapidement et donc bien aimé.
Voici une histoire que se dĂ©roule dans notre pays, et plus particuliĂšrement dans la rĂ©gion toulousaine, dans un futur incertain au-delĂ dâun siĂšcle. Ă cette Ă©poque, lâeau â lâor bleu â est devenue dâune extrĂȘme raretĂ© et les humains ont dĂ» faire preuve dâune grande inventivitĂ© pour survivre face Ă la pĂ©nurie de cet Ă©lĂ©ment indispensable Ă la vie.
Lâune des premiĂšres originalitĂ©s de cette histoire post-apo est due au fait quâelle se passe en France et plus particuliĂšrement autour de la citĂ© tolosane. La seconde est quâelle est Ă©crite au prĂ©sent, ce qui nous offre une approche plus intime et tournĂ©e vers la rĂ©flexion et le questionnement, mĂȘme dans les scĂšnes dâactions. La troisiĂšme est de nous offrir un drame humain au sein dâune sociĂ©tĂ© nouvelle qui sâest construire au fur et Ă mesure que la catastrophe Ă©cologique sâamplifiait, loin de certains classicismes oĂč les hĂ©ros doivent survivre et se battre dans un monde oĂč nâexiste plus aucune rĂšgle ni loi. LĂ , câest le contraire, il y a une citĂ©, des rĂšgles et des non-rĂšgles, mais aussi des lois dont celle de lâOr Bleu.
Natou est un plĂ©bĂ©ien, un homme des sous-castes qui vit en travaillant dans une usine au service des nĂ©o-tolosans et donc des nantis, qui survit en fouillant les dĂ©combres de lâancienne civilisation â la nĂŽtre â Ă la recherche dâobjets Ă Ă©changer contre ce qui permet de survivre : de lâeau et de nourriture. Car Natou a une famille avec sa femme Azur et son jeune fils MatĂ©o. Dans ce monde, la compensation et lâentraide ne sont pas naturelles, ne font pas partie des sentiments et des prĂ©occupations premiĂšres de la survie ; on nâhĂ©site guĂšre Ă jouer de la lance ou du poignard, Ă voler un autre fouilleur, Ă prendre femme ou fille comme de simples objets. La vie nâa plus guĂšre de valeur. Seule lâeau, du moins lâeau officielle, celle que vendent les gens de la citĂ© close, est une richesse. Lâeau officielle car il est interdit dâen recueillir ou dâen « fabriquer » soi-mĂȘme. La citĂ© est lâunique source obligatoire de cette chose prĂ©cieuse.
Trois grands courants parcourent ce livre. En premier, bien sĂ»r, cette notion de caste et de sous-vie que subissent la majoritĂ© des humains de cette rĂ©gion, avec cette domination de la citĂ© et une perte de certains sentiments humains⊠On a comme une approche de ce quâil existe en Inde avec les intouchables. En second, cette Ă©tonnante idĂ©e dâavoir fait « disparaĂźtre » lâeau ; plus de lac, plus de mer, ni dâocĂ©an, plus de pluie, hormis un jour par an. Pour Mad Max, lâessence Ă©tait lâor noir ; ici lâeau est lâor bleu. Enfin, en troisiĂšme Ă©lĂ©ment sous-tendu, nous avons lâhistoire de Natou, dâAzur-Reena et dâHanza, du vieux Greg, le porteur de mĂ©moire. Tout amĂšne inexorablement Ă une fin sans Ă©chappatoire possible parce que lâeau ne peut revenir, parce que Natou ne pourra engendrer aucun miracle en ouvrant quelque mystĂ©rieux barrage oĂč elle aurait Ă©tĂ© gardĂ©e en une rĂ©serve immense et secrĂšte. Tout va se jouer avec lâhumain, avec ses dĂ©fauts, ses travers, ses qualitĂ©s et ses dĂ©sirs.
Une lecture plaisante qui mâa surpris dans les premiĂšres pages par le fait que le rĂ©cit est narrĂ©, comme je le disais prĂ©cĂ©demment, au prĂ©sent, jusque dans les scĂšnes de tension ou de duels, nous offrant un calme apparent (pas de « il sauta », « bondit », « lâattrapa » et que sais-je encore), une trame qui se dĂ©roule selon une Ă©criture rĂ©flĂ©chie et posĂ©e. Une forme qui nous oblige Ă tout observer et analyser avec gravitĂ©.
Hormis la fin que je trouve trop « convenue », trop proche dâun cĂ©lĂšbre roman et film, je nâai pas de reproche ; câest top ! AprĂšs, mon cĂŽtĂ© scientifique fait que jâai ressenti un certain manque en refermant le livre. Jâaurais vraiment aimĂ© savoir comment il est possible que la Terre nâait plus dâeau nulle part ou presque. Notre globe est donc devenu un dĂ©sert. Les lacs nâauraient pas de fonds stagnants, les mers et les ocĂ©ans, les fonds abyssaux se seraient vidĂ©s ? Autre question : quid des autres humains au-delĂ de cette citĂ© ? Bref, comme dans tous les univers post-apocalyptiques, nous ne voyons quâun petit bout de coin de Terre. JâespĂšre donc que dâautres romans viendront rĂ©pondre Ă une partie de ces questionsâŠ
Jâajoute un autre point positif, de mon point de vue : pas de road-movie dans ce post-apo (pas de bombe, ni de virus zombiesque, uniquement une absence dâeau, je le rappelle au cas oĂč vous nâauriez pas suivi ^-^). Cette aventure est centrĂ©e sur une citĂ© et sa mystĂ©rieuse sociĂ©tĂ© qui y est enfermĂ©e, une citĂ© qui, dĂšs lors, devient un protagoniste essentiel des drames que nous dĂ©couvrons. Une histoire avec un seul lieu, un univers en vase clos au cĆur de favelas françaises.
Un super plaisir de lecture que je recommande, car il offre une autre approche des post-apos tant dans le style que dans le scénario.

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