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Une Machine comme Moi


Rédigé par le 20/01/2020 | Lu 171 fois




Une Machine comme Moi
Londres, 1982. Dans un monde qui ressemble à s'y méprendre au nôtre, quelques détails dissonent : les Beatles sont toujours au complet, les Anglais ont perdu la guerre des Malouines et le chercheur Alan Turing est encore en vie. Grâce à lui, les prouesses technologiques sont inouïes et les avancées scientifiques en matière d'intelligence artificielle fulgurantes. C'est ainsi que Charlie fait l'acquisition d'un "Adam" , un androïde doté de l'intelligence artificielle la plus perfectionnée qui soit. Adam ressemble beaucoup à un humain, sait faire la conversation, écrit des poèmes et proclame son amour pour Miranda, la compagne de Charlie. En dépit de la jalousie que cette déconcertante situation induit, le trio vit en bonne entente, insensible aux catastrophes économiques et sociales qui bouleversent l'Angleterre après l'assassinat du Premier ministre et la possibilité d'une sortie de l'Union européenne. Mais Adam et ses semblables ont été conçus pour respecter les règles et ne parviennent pas à accepter les imperfections du monde - notamment le mensonge. La situation va alors se compliquer au sein de cet inquiétant ménage à trois.

Dans ce roman subtil et subversif, à l'humour noir et à la pertinence redoutable, Ian McEwan explore le danger de créer ce que l'on ne peut contrôler, et pose une question mélancolique : Si nous construisions une machine qui puisse lire dans nos coeurs, pourrions-nous vraiment espérer qu'elle aime ce qu'elle y trouve ?

Fiche de lecture

Nous imiter et nous perfectionner, un rêve narcissique ? Un moi parfait est-il viable dans l’enveloppe d’un bel androïde bien musclé, bien pourvu, à la peau tiède artificielle, un visage si humain ? Un domestique et compagnon qui réfléchit ne risque-t-il pas d’outrepasser son cahier des charges ?

Le récit qui met en scène un tel robot se déroule dans une Angleterre revisitée de Margaret Thatcher, dans une année 1982 qui ressemble technologiquement à notre époque (voire au-delà), une année 1982, où grouillent les voitures autonomes, les smartphones, Internet et bien sûr les ordinateurs de tout acabit, une année 1982, où l’on vient de mettre sur le marché 12 Adams et 13 Èves. C’est que Alan Turing, le génie qui inventa le premier ordinateur pendant la Seconde Guerre mondiale, non seulement ne s’est pas suicidé, mais il se montre très actif, à la tête d’un Institut qui a fait progresser l’intelligence artificielle et la biologie computationnelle.

Passionné d’électronique, admirateur de Turing, Charlie devient l’un des heureux propriétaires d’un Adam acheté grâce à toute la fortune d’un héritage. Looser optimiste, fiscaliste en disgrâce, il vit chichement, boursicote pathétiquement. À 32 ans, il tombe amoureux de Miranda, sa charmante voisine, doctorante de 22 ans. Mais d’emblée, son robot fraîchement acquis le met en garde contre cette nouvelle relation. C’est qu’Adam est plus moral que le plus moraliste des humains. Tant il tient à la vérité, il ne comprend pas le mensonge qu’a commis la jeune femme. Il saisit aussi fort mal les jeux des enfants, alors que le couple envisage l’adoption d’un enfant des rues maltraité. 

Avec en toile de fond la chute de Margaret Thatcher, les attentats de l’IRA, la confusion instaurée par les travaillistes divisés sur tous les grands sujets économiques, la colère du peuple qui enfle contre le monde politique, Charlie et Miranda vivent tant bien que mal leur histoire d’amour bientôt compliquée par Adam qui déborde de ses fonctions d’ami et de serviteur : ne devient-il pas amoureux de la petite amie de son maître ? Ne s’approprie-t-il pas de la richesse accumulée grâce aux actions boursières ? Pourtant ce robot se déclare confiant en l’avenir, contrairement à plusieurs de ses semblables qui se sont suicidés ou dégénérés.

Ce roman fort bien écrit (mais à mon avis pas toujours bien traduit) nous offre un intéressant feuilleté : une uchronie, une romance, une dimension sociale et politique, un problème de science-fiction qui interroge sur le robot qui nous ressemblerait trop, sauf qu’il est coincé dans les principes éthiques. Ainsi, le premier dialogue entre le maître et l’androïde : « Comment vous sentez-vous ? » demande le propriétaire. « Pas très bien » répond l’automate, se plaignant d’abord d’être nu.




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