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Salvation - Tome 1 - Les Portes de la Délivrance (Peter F. Hamilton)



Article rédigé par le 27/01/2019
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FICHE TECHNIQUE/TAGS : Peter F. Hamilton, SALVATION

An 2204. Une épave extraterrestre est découverte aux confins de l’espace connu. Feriton Kayne est chargé de former une équipe pour enquêter sur place. La sinistre cargaison transportée par ce vaisseau pourrait annoncer l’extinction imminente de l’humanité tout entière…

Sur Terre, on peut désormais transformer les déserts en jardins et prolonger la vie indéfiniment. La civilisation humaine apparaît invulnérable. Lorsque les Olyix – une espèce extraterrestre – font leur apparition dans notre système solaire, ils sont accueillis à bras ouverts. Ils ont besoin de carburant afin de poursuivre leur pèlerinage dans la galaxie… contre le partage de leur savoir technologique. Mais les Olyix sont-ils vraiment ce qu’ils proclament être ?

Dans un avenir lointain. À des milliers d’années-lumière de la Terre, Dellian et son clan de soldats génétiquement modifiés suivent un entraînement militaire avec un seul but : affronter leur vieil adversaire, celui qui a forcé l’humanité à fuir à travers les étoiles et qui la pourchasse toujours…


Salvation - Tome 1 - Les Portes de la Délivrance (Peter F. Hamilton)

Peter F. Hamilton

Peter F. Hamilton s'est très vite imposé comme l'un des piliers du renouveau de la SF britannique. Mais là où ses amis auteurs exploraient de nouveaux courants, il a préféré faire revivre l'émerveillement des grandes aventures spatiales chères aux grands écrivains emblématiques de l'âge d'or : Asimov, Clarke et Heinlein. Dans ce domaine, ses cycles L'Aube de la nuit, L'Étoile de Pandore et La Trilogie du Vide font référence. II est le maître incontesté du Space Opera moderne !

Fiche de lecture

Peter F. Hamilton fait partie de mes auteurs préférés. C'est toujours un immense plaisir lorsque je tourne les premières pages d'un nouveau roman de l'auteur et d'autant plus quand c'est le premier volume d'un tout nouveau cycle. Je me dis parfois qu'il serait pertinent que j'attende la sortie du cycle dans son intégralité pour le dévorer d’une seule traite... mais je suis incapable d'attendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Cela me donnera l'occasion de relire le premier volume quand le second sera édité en français. Et il le faudra le relire, car ce premier volume renferme une masse effrayante d'information. Il s'agira d'une trilogie The Salvation Sequence qui comprendra les trois livres suivants : Salvation, Salvation Lost et Saints of Salvation
 
Avons-nous entre les mains une nouvelle pépite de Peter F. Hamilton ? 
 
Il semblerait que nous ayons ici un nouveau cycle d'envergure du maître du Neo Space Opera (NSO) anglo-saxon. On sort ici de la saga du Commonwealth qui comprend plusieurs cycles (L'Étoile de Pandore, La Trilogie du Vide, Les Naufragés du Commonwealth ou encore Manhattan à l'Envers qui est un recueil de nouvelles). 
 
L'auteur crée ici un nouvel univers complexe où l'humanité a découvert le moyen de voyager instantanément entre deux points, et ce quelle que soit la distance qui les sépare, en utilisant des portails basés sur l'intrication quantique. La société Connexion fondée par Ainsley Zangari gère tout ce réseau de portails. Il est devenu la personne la plus riche et la plus influente. Cela me rappelle étrangement l’Étoile de Pandore… un réseau de trous de ver permettant de voyager instantanément entre deux points, réseau géré par une seule société, CST, fondée par les deux inventeurs du procédé de création de trous de ver, Nigel Sheldon et Ozzie Fernandez Isaacs. Ces derniers étant eux aussi devenus les plus riches et les plus influents du Commonwealth. 
 
On trouvera dans ce roman une autre impression de déjà-vu avec ces portails : les maisons-portails. Il faut être extrêmement riche pour en posséder une. Elles ont la particularité d’avoir des pièces dans des mondes différentes mais reliées entre elle par des portails. Cela ne vous rappelle rien ? Hypérion de Dan Simmons, où les plus riches possèdent des maisons dont les pièces sont reliées entre elles par des portails Distrans. 
 
Outre ces impressions de déjà-vu, est-ce par facilité que l’auteur utilise ces moyens de transports instantanés ? On peut se poser la question. Personnellement, je trouve que cela rajoute une profondeur à l’univers créé par l’écrivain. Cela permet d’explorer beaucoup plus de planètes, d’astéroïdes sans être dépendant de la variable temps. Cela permet à l’échelle locale humaine d’aborder les problèmes des transports et de la pollution qu’ils produisent.

Comme à son habitude, une multitude de personnages. Dès les 10 premières pages, on peut noter :
 
Neánas (race extra-terrestre qui a envoyé une mission d'observation en direction de la Terre)
Olyix (race extra-terrestre pacifique)
Feriton Kayne (directeur-adjoint chez Connexion, division de la sécurité exosolaire)
Ainsley Zangari (Fondateur de Connexion)
Kandara Martinez (Mercenaire engagée par Feriton Kayne)
Yuri Alster (patron de Feriton Kayne)
Callum Hepburn (médiateur principal des Utopiaux dont le cœur de la culture utopiale se situe sur Akhita, dans le système Delta Pavonis)
Alik Monday (enquêteur spécial du FBI en poste à Washington, D.C.)
Loi (assistant personnel et conseiller technique de Yuri Monday  - arrière-petit-fils d'Ainsley Zangari)
Emilja Jurich (leader dans la culture utopiale)
Eldlund et Jessika Mye (assistants de Callum Hepburn)

On retrouve une chronologie en fin d'ouvrage, comme dans de nombreux ouvrages de l'auteur. Par contre, pas de lexique des personnages, ce qui est dommage. On sait qu'avec Hamilton on aura le droit à toute une multitude. 
 
En 2002 les Neánas détectent les impulsions électromagnétiques provoquées par les essais nucléaires sur Terre. Trois ans plus tard, ils décident d'envoyer une mission d'observation. Voilà donc pour ce qui est de l'introduction. Suit après une histoire se décomposant en trois arcs narratifs se déroulant à des époques différentes. Un se déroulant dans le passé, un autre dans le présent et un autre dans le futur. Les chapitres de ce premier volume alternent entre ces différentes histoires. 
 
Le premier arc narratif se déroule dans le présent, en juin 2204. L'histoire est racontée par Feriton Kayne, directeur-adjoint de la division de la sécurité exosolaire chez Connexion. Il constitue une équipe d'évaluation en vue d'aller enquêter sur un vaisseau spatial extraterrestre qui s'est écrasé sur Nkya à 89 années lumières de la Terre. Il a été détecté par le vaisseau Kavli dans le système Bêta Eridani. Dans l'équipe se trouvent, Kandara Matinez, Yuri Alster et son assistant Loi, Callum Hepburn et ses assistants Eldlund et Jessika Mye, Alik Monday. Tout le monde bien entendu s'interroge sur les raisons de leur présence dans cette équipe d'investigation. Feriton Kayne leur dévoile alors l'objectif qui consiste à se rendre sur les lieux du crash d'un vaisseau extraterrestre inconnu renfermant en son sein des modules d'hibernation contenant des êtres humains… 
 
Voyageant à la surface de Nkya à bord du Trail Ranger en direction de l'épave, les différentes personnes à bord vont raconter chacune à leur tour des aventures qui leur sont arrivées dans le passé. C'est ce qui va constituer le second arc narratif. Petit à petit des points communs vont apparaître. La trame se tisse doucement révélant un plan d'ensemble et une étrange conspiration. Il n'ont pas été choisis puis réunis par hasard… Cela me rappelle le cheminement pris par Dan Simmons avec Hypérion. J'ai l'impression de revoir les 7 pèlerins voyageant vers les Tombeaux du Temps. Durant le trajet, chacun va raconter également une histoire. Cet arc narratif est assez pénible à lire car l'absence d'action et de fil conducteur amène un rythme lent pour la lecture. Par exemple l'enquête sur des meurtres ayant eu lieu dans une maison portail d'un richissime propriétaire. Cela n'en finit plus... 
 
Quant au troisième et dernier arc narratif, nous nous trouvons sur Juloss, dans un futur lointain. La seule indication que nous ayons c'est qu'il s'agit de 500 ans Après l'Arrivée (583 ans AA). On y apprendra que l'humanité fuit à travers l'espace car elle est pourchassée impitoyablement par un terrible ennemi. On y découvrira le destin de Dellian et d'Yirella qui suivent une formation avec leur cohorte. Ce passage n'est pas sans rappeler Ender d'Orson Scott Card lors d'exercice de bataille dans une salle en apesanteur rempli d'obstacle.

L’auteur aborde ici de nombreuses thématiques comme par exemple la religion, le fanatisme, l'écologie, le capitalisme, le communisme ou la justice. Je ne vais pas toutes les détailler ici. Mais prenons la justice par exemple. Peter F. Hamilton développe dans ce premier volume l'idée d'une nouvelle forme de justice expéditive : Zagreus. Zagreus est une planète découverte par une équipe d'exploration. Mais économiquement sa terraformation n'est pas envisageable. Il est impossible de vivre à sa surface du fait de la disparition d'une atmosphère respirable, excepté dans un immense canyon à la profondeur incroyable ce qui a permis à une poche d'air d'un lointain passé de perdurer. Les conditions y sont particulièrement difficiles, mais il est possible d'y survivre. Certains organismes ont décidé d'utiliser cette planète afin de faire disparaître secrètement certains criminels et gêneurs... Nous sommes certes dans le futur, mais l'auteur rappelle le présent en parlant du statut de ces disparus :
 
"Il est vrai qu'ils n'ont pas profité de procédure d'appel multiples et interminables financées par l'argent public. Il est vrai également que nous ne dépenserons pas de véritables fortunes, chaque année, pour les entretenir en prison". 
Une autre idée développée par l'auteur que l'on peut considérer comme utopique aujourd'hui dans notre monde capitaliste et matérialiste,  ayant amené les bases de notre société de consommation : Utopial. Un groupe de personnes aux idées nouvelles, les Utopiaux, décident de quitter la Terre afin d'établir une nouvelle communauté sur la planète Akhita.
 
"Au contraire des sociétés fondées sur le capitalisme ou le communisme, nous considérons que la notion de viabilité économique est secondaire. Grâce aux Turing et aux fabricateurs, l'espèce humaine s'est dotée d'une base industrielle autonome, capable de fournir des biens de consommation presque gratuitement." 
L'idée est très intéressante et rappelle la société mise en place par Iain M. Banks : la Culture. A l'aide des Mentaux, de puissantes intelligences artificielles, les Turing dans Salvation, la Culture s'est dotée de techniques de pointes ayant permis la mise en place d'une société post-pénurie offrant une richesse matérielle illimitée et gratuite. La Culture est pratiquement égalitaire et a quasiment fait disparaître la notion de biens.

Alors, avons-nous entre les mains d’une nouvelle pépite ?
 
La réponse n’est pas si simple à formuler. Comme expliqué plus haut, on a comme une impression de déjà-vu et ce à plusieurs reprises. L'imagination pourtant débordante de Peter F. Hamilton commencerait-elle à se tarir ?
 
Mais malgré tout, l'auteur, comme à son habitude, a su construire ici une histoire complexe mélangeant Space Opera, thriller et enquête policière. Il a su créer un nouvel univers riche et travaillé rempli de danger où l'humanité sort de son cocon ce qui ne va pas passer inaperçu et ce qui ne va pas rester sans conséquence.
 
Comme pour le premier volume d’Hypérion de Dan Simmons, le rythme est lent, très lent. On est submergé d’informations, ça n’avance pas, on passe du coq à l’âne. Il y a peu d’action. Tout un livre pour présenter les pèlerins, leurs histoires… On s’ennuie presque et on a hâte que cela se termine. Si vous avez lu le cycle d’Hypérion, vous savez ce que je vais écrire après. À partir du second tome, l’histoire s’envole. Telle une mécanique céleste à la précision effroyable, tous les éléments se mettent en place de façon magistrale. On s’aperçoit que chaque infime détail du premier tome a son importance. Dan Simmons se révèle être un pur génie. Alors à toutes celles et à tous ceux qui ont abandonné en cours de route, perdus dans les méandres des histoires qui semblent soporifiques, tenez bon ! C’est un cap à franchir ! Et une fois franchi, quelle émerveillement ! Hypérion est probablement l’un de mes cycles préférés. Et quand on le relit, on ne voit pas le premier volume de la même façon. Tout ça pour dire que j’espère qu’il va en être de même avec ce premier tome de Salvation. Jusqu’à présent, je n’ai jamais été déçu par Peter F. Hamilton. Mais c’est frustrant.
 
Alors même avec tous ces déjà-vus, vous avez entre les mains un très bon roman. Il me tarde de lire la suite pour voir où Peter F. Hamilton va nous emmener.


Sylvain .
Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours été curieux de savoir comment fonctionnent les choses... En savoir plus sur cet auteur


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