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Mr Nobody


Un article ajouté/rédigé par | 17/11/2011 | Lu 768 fois




Mr Nobody
Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues. Autant de rencontres et d'histoires d'amour sur lesquelles Nemo Nobody, dernier homme mortel sur Terre, revient...

Présentation

2092, dans une grande ville de notre planète de moins en moins bleue. Grâce à une thérapie génique tirée des cochons (!), tous les humains sont désormais immortels. Tous ? Non : il reste un mortel, un seul. Un vieillard, âgé de 118 ans (même s'il pense n'en avoir que 34!). Mais ce n'est pas le trait le plus curieux de cet homme : il n'a jamais existé! En effet, on ne trouve aucune trace de lui dans l'histoire. Il dit s'appeler Nobody. ("personne" en anglais). Nemo Nobody.

Les medias s'intéressent à leur manière à ce curieux cas, lançant un sondage ("Doit-on ou non lui offrir la thérapie d'immortalité?"), en attendant de bientôt diffuser ses dernières paroles en direct (!). L'inconnu retrouve un psychiatre, qui fait une ultime tentative pour qu'il se souvienne de son passé. Graduellement, l'intéressé revient en arrière dans sa tête (même n'est-ce vraiment que dans sa tête?). Il se revoit trentenaire, enfant, nourrisson.

Il se rappelle aussi de la séparation de ses parents, sur le quai d'une gare. Ce jour-là, à l'âge de 9 ans, Nemo est obligé de faire un choix déchirant : auprès de qui va-t-il vivre? Il se souvient d'avoir couru vers le train emportant sa mère, et d'être monté à bord, de toute justesse. Mais il se souvient, en même temps, qu'il n'y est pas parvenu et est resté chez son père ! Un journaliste, venu l'interroger pour qu'il lui raconte son histoire, n'y comprend rien : Nemo a-t-il vécu avec son père ou sa mère?

Pourtant, au fur et à mesure qu'il explique son passé, s'ouvrent une infinité de situations, parfois contraires, que Nemo se souvient d'avoir toutes vécues : Anna, l'amour de sa vie; Elise, épouse instable; Jeanne, avec qui il partage une vie de luxe mais sans amour. Toutes ces vies parallèles s'entremêlent dans la mémoire pas banale de cet homme qui n'a jamais existé. Mais comme est-ce donc possible ? "Toutes les réalités existent aussi longtemps qu'on n'a pas fait un choix", dit-il au reporter.

Voilà un film quasi impossible à résumer car il n'y a pas une trame unique aux événements. Rien n'est linéaire. Mais l'histoire est absolument merveilleuse.

Jaco Van Dormael mérite largement les prix remportés pour être parvenu à rédiger un scénario combinant tant d'éléments dans une aussi belle histoire d'amour. Car, au bout du compte, c'est bien d'amour qu'il s'agit.

Les acteurs sont parfaits également, qu'il s'agisse de Jared Leto, en tant que Nemo adulte, ou de celles et ceux qui interprètent les personnages rencontrés durant sa vie - ou plutôt ses vies!!

Van Dormael, déjà réalisateur de "Toto le Héros", a vraiment réussi une performance d'équilibriste pour donner de la cohérence à une histoire qui, intrinsèquement, n'en a pas.

Un film qui vous réconcilie avec la vie, en tout cas - et pas uniquement parce qu'il nous parle des histoires alternatives (même si cela aide de se dire qu'un choix malheureux ici est remplacé par une meilleure décision dans un autre univers), car on peut en conclure c'est finalement l'amour qui guide nos pas et nous fait faire des choix.

Un film à voir et à revoir.

Thierry B.
A bord du Galion, je remplis les fonctions de Docteur – pas celles de médecin. Non, moi, j’explore,... En savoir plus sur cet auteur



💬Commentaires

1.Posté par Robert YESSOUROUN le 19/02/2020 08:08 | Alerter
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Yessouroun
Déroulé à la manière d’un conte poétique, d’une fable pour les enfants, ce film s’inscrit-il dans la catégorie « science-fiction » ?
Nemo Nobody (deux fois personne) est le dernier mortel encore en vie. En 2092, il a plus de 117 ans, alors qu’autour de lui, l’humanité a maîtrisé la dégénérescence de la vie. Pour l’espèce Homo sapiens, l’avenir semble donc prometteur, sauf qu’il n’y a plus d’amour.
Non sans réticences, Nemo est amené à révéler son passé, afin de satisfaire la curiosité des immortels : comment était-ce avant ? Il raconte donc au fur et à mesure des fragments de son histoire, ou plutôt de ses histoires, à son docteur, puis à un journaliste et s’aventure à revivre les principales ramifications envisageables de son existence. Mais alors, quelle a été sa vraie vie ? Toutes, prétend-il.
Par son « ton conte » et ses sauts dans le passé vécu, ce récit labyrinthique, non sans des cheminements répétitifs, peut évoquer « Je t’aime, je t’aime » (1968) d’Alain Resnais, inspiré par la mode narratif du Nouveau Roman.
En fait, le nœud de cette étrange biographie arborescente, c’est l’angoisse du choix.
Que préférer ? Sur quelles valeurs fonder sa décision ?
Ses parents sur le point de se séparer sur un quai de gare, quel parti prendre ? Partir avec sa mère ? Rester avec son père ? Plus tard, une fois adulte, avec qui se marier ? Avec Anna, pour vivre l’amour-passion ? Avec Jeanne, pour jouir avec elle de la réussite matérielle ? Avec Élise, pour sauver une relation impossible ?
Mariages ratés, accidents fatals, catastrophes planétaires, tous ces revers majeurs autorisent-ils l’optimisme ?
Sans oublier que s’invite l’effet papillon dans chacune de ces possibilités de tranche d’existence. Ainsi, au bout de son voyage, une gouttelette conçue par un fainéant au Brésil peut effacer le numéro de téléphone griffonné à la hâte, lors d’une heureuse rencontre fortuite.
Dans l’une de ses vies, Nemo se passionne pour l’astronomie en particulier pour le sens de l’univers, l’avenir du Big Bang. Son imagination cosmique le pousse à écrire de la SF. À travers son héros spationaute, il se rend sur Mars colonisé par les Terriens. Sur la planète rouge, il apprend l’heure de la fin de l’univers. Que deviendra, dès cet instant, le temps ? Et si le Big Crunch nous imposait une chronologie à reculons ?
On le voit, ce film de van Dormael partage avec la science-fiction un questionnement philosophique existentiel. Vaut-il la peine de devenir immortel ? Suis-je libre ou déterminé ? La vie que l’on subit ou que l’on choisit, est-elle compatible avec l’espoir ? Est-ce que j’ai vraiment compris les causes de mon action, ou bien suis-je leurré, tel ce pigeon superstitieux qui croit que c’est en battant des ailes qu’il obtient ses graines, alors que c’est une simple pression de sa patte qui lui octroie sa nourriture.
Un film envoûtant, désarçonnant, poétique, qui donne à méditer, avec une image somptueuse, une mise en scène imprévisible, spectaculaire et surtout des plus originales.

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