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Le sens de l'inexistence
Ă Koyolite Tseila, capitaine du Galion des Ătoiles
ChĂšre Madame,
Au nom des services de contrĂŽle IA, nous avons lâinsigne honneur de vous annoncer que vous nâexistez pas. Un tel propos peut paraĂźtre paradoxal. En rĂ©alitĂ©, il est fondamentalement formel. Ă la suite dâune demande de renseignement sur votre identitĂ© par une libraire zougoise avec laquelle vous aviez soi-disant rendez-vous la semaine prochaine, la vĂ©rification de routine assurĂ©e par notre filiale Open Detective a dĂ» conclure que vous nâĂ©tiez pas rĂ©elle pour un sou. En consĂ©quence de quoi, dans un premier temps, nos systĂšmes procĂšdent, comme il se doit, Ă lâannihilation de toutes les pseudo-traces dans les rĂ©seaux sociaux liĂ©es Ă votre nom fallacieux. Amen.
AprĂšs une longue mĂ©ditation tourmentĂ©e, SĂ©catine TĂ©lĂ tomba de son tabouret, comme percutĂ©e par un mĂ©tĂ©ore invisible. Mais elle se releva sitĂŽt, avec grĂące, puisquâelle Ă©tait dotĂ©e dâune souplesse de ballerine.
Soudain, ses narines frĂ©mirent : une odeur Ăącre de casserole carbonisĂ©e sâĂ©chappait de la cuisine. ComplĂštement oubliĂ© son coq au vin sur le fourneau ! Dâune catastrophe Ă lâautreâŠ
De toute façon, elle nâavait plus faim. Sa casserole sauvĂ©e sous la douche, elle dĂ©boucha une bouteille de vin jaune, un ChĂąteau Chalon du siĂšcle dernier. Ce parfum de noix pelĂ©e qui sâaccordait avec lâarĂŽme de pomme mĂ»re calma (un peu) notre SĂ©catine.
Tandis quâelle dĂ©gustait religieusement le savagnin, petit Ă petit, caressant le verre frais de la bouteille, elle dĂ©roula dans son esprit un plan de bataille.
Lâenjeu ne se limitait pas Ă sa personne. Il fallait Ă tout prix sauver sa maison dâĂ©dition, laquelle, faute du secours des rĂ©seaux sociaux, sombrerait tĂŽt ou tard dans les oubliettes des commerces en voie de disparition.
Premier combat : appeler les services impliqués dans cette bévue. Dénoncer cette élimination absurde.
Une musique jazzy la berça doucement. Tous les correspondants automates Ă©taient sollicitĂ©s. Un grand succĂšs, ce numĂ©ro, quoi ! Un quart dâheure plus tard, en plein solo de batterie de Take Five, le portable de SĂ©catine afficha une page dâinstructions. En effet, pour obtenir un contact aussi pertinent quâefficient, il fallait au prĂ©alable remplir un questionnaire. Mais Ă peine inscrivit-elle son nom complet que des reflets pourpres balayaient son visage hĂ©bĂ©tĂ©. Un message oral complĂ©ta lâalarme rouge sur lâĂ©cran :
Par souci écologique évident, nous ne perdons ni notre temps, ni notre énergie à échanger avec un avatar vide, sans référence dans le réel.
SĂ©catine se mordit les lĂšvres. Ne pas se laisser dĂ©monter. Elle huma le bouquet de lilas sur sa table de travail. Ătonnant comme cette odeur dominait celle de la cire dans son bureau. Bon, elle nâexistait plus. Mais cela ne lâempĂȘchait pas dâĂȘtre, mille sabords ! Elle sâencouragea. Non, SĂ©catine ne se laisserait pas facilement abattre. Des rayons solaires lui caressĂšrent la joue.
Ni une, ni deux, elle contacta son ami Carl, dit SurmĂ©ninges. Il Ă©tait un informaticien hors pair. AprĂšs lâexposĂ© du problĂšme flotta ce long silence qui en disait long. Pendant ce temps mort, elle contempla la peinture de Paul Klee, Sinbad le marin qui terrassait un monstre de la mer (elle avait fixĂ© lâimage sur sa tablette).
Enfin, lâĂ©minent technicien rompit la glace, avec une voix nappĂ©e de regrets.
â Rien Ă faire, hĂ©las, sinon attendre, ma pauvre SĂ©catine⊠Câest de lâIA ultime gĂ©nĂ©ration, tu comprends, un immense filet dâalgorithmes dernier cri. Tout nây est que logique, y compris Ă partir du bug qui te concerne. Et ce bug, crois-moi, forcĂ©ment, il finira par sâauto-corriger.
â Ouais⊠(Elle lorgna Sinbad le marin.) En attendant ce miracle, jâaimerais bien savoir comment terrasser Open Detective !
â En implorant le TrĂšs-Haut pour un chĂątiment divin ?
Pas drĂŽle, mon SurmĂ©ninges⊠Il fallait se sortir de ce nĂ©ant artificiel quâon lui imposait. Mais comment ?
Elle caressa la fourrure polaire synthĂ©tique qui couvrait son fauteuil. Si douillette, la fourrure ! Elle en ressentit une tendresse magique. Ses pensĂ©es vagabondĂšrent dans lâArctique, puis survolĂšrent des contrĂ©es lointaines, LâInde, le Laos, la Birmanie⊠EurĂȘka !
Via son portable, elle joignit Deep Seek, pour obtenir une existence nouvelle. Sa dĂ©marche lui parut trop facile. Originaire de Shanghai-Est, elle sâappellerait dĂ©sormais PĂ©tale de Lune. GrĂące Ă cette identitĂ© dâappoint, elle allait pouvoir renaĂźtre sur les rĂ©seaux sociaux ! Comment nây avait-elle pas songĂ© plus tĂŽt ?
Cependant, elle rencontra un hic. Au moment de payer la transaction, sa carte bancaire fut refusĂ©e. Ă trois reprises, elle retenta lâopĂ©ration. Ă la quatriĂšme, lâĂ©cran noircit intĂ©gralement. Quâarrivait-il Ă son tĂ©lĂ©phone ? Elle ne put sâempĂȘcher de lâĂ©teindre pour le rebooter. Cinq minutes sâĂ©coulĂšrent. La photo de son mari et de ses deux filles rĂ©apparut. Mais il Ă©tait dĂ©sormais impossible de se reconnecter Ă Deep Seek.
Les jours passĂšrent. Et les nuits blanches. SĂ©catine fit le tour des librairies de GenĂšve. Ces paradis des Ă©crivains nâĂ©taient plus si nombreux. Elle y apprĂ©ciait lâhaleine des livres. Mais les plaintes des gĂ©rants retentirent tel un tocsin. Les exemplaires de sa maison dâĂ©dition restaient empilĂ©s dans les rĂ©serves. Plus la moindre vente. Les clients ignoraient lâexistence des titres publiĂ©s par madame TĂ©lĂ . Il Ă©tait urgent de signaler au lectorat que ces ouvrages existaient, quâils mĂ©ritaient de lâattention, sinon de lâintĂ©rĂȘt.
Au bout de ses ruminations, SĂ©catine envisagea de la publicitĂ© dans les mĂ©dias hors rĂ©seaux sociaux (tĂ©lĂ©, affiches, journaux, magazines en papier). Mais comment les financer ? Tirer au clair son statut bancaire sâimposaitâŠ
Sous une pluie tiĂšde et cĂąline, elle se rendit dans la succursale la plus proche de sa banque, lâOH, lâOpulence HelvĂ©tique, histoire de dĂ©bloquer sa carte, voire son compte, et, ainsi, assurer le financement de sa future campagne publicitaire.
â Cette carte nâappartient Ă personne, madame. Elle ne peut quâĂȘtre invalide.
â Mais, câest faux ! Je suis la propriĂ©taire de cette carte !
â DĂ©solĂ©, mais votre nom - enfin, le nom que vous mâavez donnĂ© - ne correspond Ă aucun de nos clients, madame.
â Mais enfin, mille sabords, je suis moi, tout de mĂȘme ! Et moi, mĂŽsieur, je mâappelle SĂ©catine TĂ©lĂ !
â Sans doute, sans doute⊠mais vous ĂȘtes inconnue chez nous.
â Vraiment ? Et cette carte, je lâai pĂȘchĂ©e oĂč, alors ? Vous y reconnaissez le logo et le sigle de lâOpulence HelvĂ©tique, non ?
â Ce ne peut ĂȘtre quâun fake, madame. Je vais dâailleurs la passer Ă lâĂraseur.
Dâun geste professionnel, il subtilisa la carte pour la glisser dans un boĂźtier noir. AprĂšs une sorte de crissement de pneu sur du gravier, lâappareil expira un agrĂ©gat pulvĂ©rulent
De retour chez elle, dĂ©pitĂ©e, accueillie par une fragrance de lilas, elle se vautra sur une chaise de la cuisine. Ă la troisiĂšme gorgĂ©e de vin jaune, elle perçut un cliquetis typique : la serrure de la porte principale tournait ! Sang de pirate ! Qui cela pouvait-il ĂȘtre ? Son mari et ses deux filles terminaient leur « retraite » au Balouchistan (un cadeau promis pour les 20 ans des jumelles)âŠ
Un androĂŻde animĂ© de vives gesticulations pĂ©nĂ©tra dans le vestibule. DĂšs quâil capta la prĂ©sence dâune dame, il stoppa net, comme pĂ©trifiĂ© :
â Nom dâun bug ! Comment ĂȘtes-vous entrĂ©e ?
â Ben, avec ma clĂ©. Je suis chez moi, tout de mĂȘmeâŠ
â Impossible ! Personne nâhabite ce meublĂ© !
SĂ©catine rĂ©ussit Ă se maĂźtriser. Lâappartement Ă©tait Ă son nom. Sa famille lâoccupait. Bon, câĂ©tait vrai, son Ă©poux et leurs deux enfants, normalement domiciliĂ©s chez elle, vivaient un dĂ©paysement radical au Balouchistan.
Imperméable à ces explications, le robot finit par trancher :
â En tant quâagent immobilier, jâai rendez-vous avec des visiteurs pour louer au plus vite cet appartement.
Sans Ă©couter le moins du monde les protestations intempestives de son interlocutrice, lâandroĂŻde appela de toute urgence la police.
Tous les robots gardiens de la paix Ă©taient dĂ©bordĂ©s. Seuls des humains intervinrent. Les forces de lâordre embarquĂšrent lâintruse au commissariat dans la stridence des sirĂšnes.
â Ainsi, madame, vous squattez un sept piĂšces ? Et ça fait combien de temps que ça dure ?
La salle dâinterrogatoire sentait la sueur, le cuit mouillĂ©, la pizza aux anchois, la gelĂ©e pour articulations mĂ©caniques.
â Quel est votre nom, madame ?
â SĂ©catine TĂ©lĂ .
â Voyons, voyons. (Il tapota sur son clavier.) TĂ©là ⊠TĂ©là ⊠Non⊠Non⊠Non⊠Ce nom nâexiste nulle part.
â Okay⊠(Avec une moue malicieuse.) Si je nâexiste pas, je ne peux pas avoir squattĂ©. Et vous ne pouvez mâarrĂȘter.
â Ah ? (Lâinspecteur se gratta la nuque.) Mmh⊠pas faux. Mais qui me dit que vous mâavez donnĂ© votre vrai nom ?
â Personne. Donc, vous nâavez rien entendu.
â Dâaccord⊠On va changer de mĂ©thode. Vous avez des papiers ?
â Plein, bien sĂ»r ! Je dirige une maison dâĂ©dition.
â Naturellement⊠De la famille que je pourrais convoquer ?
â Injoignable, mon pauvre monsieur. Au Balouchistan. Mon mari et nos jumelles se ressourcent dans un sĂ©jour « hors du monde », ce qui implique un renoncement Ă tout ce qui les lie Ă leurs origines.
Le policier commençait à en baver.
â Vous avez du pot, madame, que je ne sois pas une IA.
Une alarme bleue clignota. Une rixe entre des androĂŻdes et des anti-robots Ă la gare. Vu la mobilisation gĂ©nĂ©rale du commissariat, SĂ©catine, libĂ©rĂ©e, se retrouva dans la rue. Elle sâarrĂȘta sous un balcon de glycines. Sa luciditĂ© sâĂ©panouit malgrĂ© lâivresse du parfum : plus de tĂ©lĂ©phone, plus dâargent, plus de logis, plus dâidentitĂ©. Les siens quelque part en Asie du Sud.
Elle se rĂ©fugia chez un ami libraire. Jamais de sa vie elle nâavait savourĂ© un si dĂ©licieux chocolat chaud. Le commerçant la consola, lui proposa de lâhĂ©berger. Elle accepta, le remercia. Auparavant, elle avait besoin dâair. Alors quâelle dĂ©ambulait, elle dĂ©couvrit dans la poche de son impermĂ©able un billet glissĂ© Ă son insu par son ami : « Bureau de lâinexistence, rue des carottes cuites, 7 ».
SĂ©catine aboutit dans la salle dâattente du Bureau de lâinexistence. La piĂšce miniature ne pouvait accueillir que deux hĂŽtes. BarbouillĂ©s de noir, les murs singeaient la peinture de Pierre Soulages. Autour dâune table avec rien, deux strapontins incrustĂ©s dans une paroi.
Elle patienta. Un robot, Toubie, lui aussi sans existence, rejoignit la femme qui avait tout perdu. Ils Ă©changĂšrent avec courtoisie sur leur sort commun : ĂȘtre confondus avec le nĂ©ant. Lâautomate, cependant nâĂ©tait pas dĂ©nuĂ© de sagacitĂ© :
â Vous savez, on peut Ă la fois inexister et ĂȘtre. Nous en sommes la preuve criante.
â Que voulez-vous dire ? Que nous inexistons mais que nous sommes bel et bien dans nos pensĂ©es ?
â MĂȘme quâinexister nâempĂȘche pas dâĂȘtre dans la pensĂ©e des autres, comme les dieux, par exemple. Mais allons plus loin. Notre regrettable situation est-elle une consĂ©quence ou un but ?
Cette derniĂšre question perdit ce qui restait de SĂ©catine. Toubie le remarqua, donc sâexpliqua :
â Notre inexistence rĂ©sulte-t-elle dâun bug, dâun hasardeux calcul auquel aurait Ă©chappĂ© le contexte de sa formulation, ou bien notre inexistence correspond-elle Ă une visĂ©e de lâIA, une visĂ©e secrĂšte ?
Le robot sâemballa, SĂ©catine se tenait la tĂȘte.
â Je penche, poursuivit-il, pour la seconde alternative. Mais quâest-ce qui peut pousser une IA Ă crĂ©er de lâinexistence ? Quel serait le sens de notre inexistence pour Open Detective ? Il doit bien y avoir une raison qui a conduit ce systĂšme high-tech Ă nous abolir.
â Peut-ĂȘtre que ma prĂ©sence dans ses data provoquait en lui des troubles du raisonnement ?
â Non, madame, lâIA rĂ©cente vise au plus haut. Jâimagine que, pour celle-ci, crĂ©er de lâinexistence entraĂźnerait un malaise, une crainte chez les proches des victimes, et, propagĂ©e de proche en proche, cette crainte stimulerait recherche et inventions humaines. Ainsi, notre suppression gĂ©nĂ©rerait un grand bienfait pour lâHumanitĂ©.
Encore Ă©tourdie par ces considĂ©rations sidĂ©rantes, SĂ©catine fut enfin reçue dans le salon dominĂ© par une odeur subtile, presque imperceptible, de myosotis. Tous les meubles se devenaient, presque transparents. Sur le mur du fond, un panneau : Ne mâoubliez pas.
LâandroĂŻde assis derriĂšre son bureau semblait quasiment invisible. Sa voix sâavĂ©rait Ă peine audible.
â Bienvenue, madame. Avez-vous Ă©tĂ© changĂ©e en inexistante ?
â Quoi ?
Il se répéta, docile. Elle regretta :
â Je vous entends si faiblement, ⊠(Un temps.) Mais oui, un systĂšme robotique mâa tout dĂ©robĂ©.
â Sauf la vie, non ? Que me voulez-vous ?
â Pardon ?
Il se rĂ©pĂ©ta. Elle sâaffirma :
â Exister, voilĂ ce que je demande.
â Fort bien, madame⊠SĂ©catine TĂ©lĂ . Sachez dâabord que ce ne sont pas mes services qui ont procĂ©dĂ© Ă votre effacement, mĂȘme sâils sont branchĂ©s sur lâOpen Detective.
â Hein ?
â Vous dirigez une petite maison dâĂ©dition. (La voix de lâandroĂŻde devenait plus perceptible, Ă moins que lâoreille de la visiteuse ne se fĂ»t accoutumĂ©e.) Votre crĂ©neau, les livres sur les robots. Or, la plupart de ces ouvrages sont sacrilĂšges, ils profanent lâIntelligence, la plongent dans lâabĂźme.
â MaisâŠ
Sécatine ne savait plus quoi penser.
â Concluons un marchĂ©. Vous mettez au pilon les titres litigieux, vous renoncez par Ă©crit Ă publier des textes qui tournent les robots en dĂ©rision⊠et, illico, vous rĂ©cupĂ©rez votre existence.
Elle rougit de colĂšre. Ă en trembler.
â Quel abject chantage !
â Ă prendre ou Ă laisser.
â Je laisse ! Ciao !
Toute dĂ©montĂ©e, SĂ©catine fulminait. Elle claqua la porte qui ne fit aucun bruit. Dans la salle dâattente, le robot sur le strapontin hochait de la tĂȘte, signifiant de la sorte quâil Ă©tait navrĂ© pour elle. Toubie avait siphonnĂ© la conversation Ă distance.
â Admettez que vous nâavez pas le choix, madame.
Elle sâĂ©touffait de rage.
â Câest dĂ©ment, monstrueux. Pour exister, je devrais censurer ma vision comique des robots ? Et puis quoi encore ?
â Comprenez : lâIA de la derniĂšre pluie tolĂšre la critique rationnelle, pas lâironie, quâil juge superficielle et comminatoire. Allons, acceptez son offre, ne fĂ»t-ce que pour sauver vos futures publications.
â En laissant tomber mes bouquins sur lâavenir artificiel, si drĂŽle ?
â Quâils se focalisent plutĂŽt sur les humains de demain.
Sécatine soupira sans fin. Elle retourna contrite dans le salon.
â Soit. Vous gagnez. Jâaccepte, non sans honte. Je veux exister. Et faire exister ma maison dâĂ©dition.
â Parfait. Signez ici. (Il lui tendit une feuille noire.) Vous allez pouvoir rentrer chez vous, dans votre sweet home. Vous serez de nouveau traçable partout, madame SĂ©catine TĂ©lĂ .
AprÚs sa signature impulsive, elle hésita sur le pas de la porte :
â Et lui, lĂ -bas, dans la salle dâattente, ce robot qui nâexiste plus, queâŠ
LâandroĂŻde derriĂšre son bureau lâinterrompit :
â Ah, lui⊠On ne peut plus rien pour ce spĂ©cimen. Câest un automate qui a mal tournĂ©. Ăa devait arriver, hĂ©las. Sa rĂ©flexion lâa perdu. On aurait dĂ» sâen douter : son ex-maĂźtre Ă©tait prof de philoâŠ

