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🎬 Le dernier Voyage | 2020


22/05/2021
Lu 830 fois


🏷️ : #Romain Quirot



Synopsis

Dans un futur proche, une mystérieuse lune rouge est exploitée à outrance pour son énergie.

Alors qu’elle change brusquement de trajectoire et fonce droit sur la Terre, Paul W.R, le seul astronaute capable de la détruire, refuse d’accomplir cette mission et disparaît.

Traqué sans relâche, Paul croise la route d’Elma, une adolescente au tempérament explosif qui va l'accompagner dans sa fuite...

Note : 

Ce film est une adaptation du court mĂ©trage Le Dernier voyage de l'Ă©nigmatique Paul W.R. (2015) du mĂŞme rĂ©alisateur.

Présentation

"Le dernier voyage" est le premier film que je vois au cinéma depuis sept longs mois...

Film français de science-fiction, je n'en attendais pas grand chose. Eh bien "pas grand chose", c'Ă©tait dĂ©jĂ  un peu trop. Mon sentiment global Ă  la sortie de la sĂ©ance Ă©tait la dĂ©ception. 

L'histoire se dĂ©roule dans un futur proche, post-apocalyptique. Une police - ou plutĂ´t une milice - rĂ´de avec des drones et surveille la population. En l'occurrence, ils cherchent Paul WR, seul astronaute capable de sauver la Terre. Ces policiers portent des combinaisons intĂ©ressantes, mais on ne comprend pas un mot de ce qu'ils baragouinent Ă  travers leurs casques. J'ai juste captĂ© un "putain", Ă  un moment donnĂ©, par dĂ©duction. Pourquoi nous rendre inaudible ce qu'ils se racontent ? 

Paul WR est joué par Hugo Becker. En cours de fuite, il rencontre une jeune fille, Elma, jouée par Lya Ouassadit-Lessert, qui va l'accompagner. Ces deux personnages portent le film. Ils jouent très bien. Les regards et les attitudes sont justes, forts, puissants même, parfois. Je n'en dirais pas autant de Jean Réno (snif) et de Paul Hamy (respectivement le père et le frère de Paul).

A travers les trois hommes, on nous vend une histoire de famille qui se veut poignante. Hélas, le film rabâche les souvenirs au moyen de flash-back répétitifs, ce qui finit par rendre pesante et pénible cette histoire. On subit une surdose de sentimentalisme, inutile pour l'intrigue. D'autant que l'une des scènes souvenirs n'est pas expliquée et n'a pas de sens...

L'histoire personnelle d'Elma est aussi difficile. On se prend d'amitié pour cette jeune fille qui apporte un peu de vivacité et de peps à l'histoire et à la fuite de Paul. Mais le moment le plus dramatique de sa vie est gâché par une musique inappropriée (voir plus bas).

Le film est un road-movie Ă  la "Mad Max". L'autre rĂ©fĂ©rence Ă©vidente est "Blade runner". Mais le rĂ©alisateur ne s'est pas inspirĂ© de ces films pour crĂ©er quelque chose de neuf, non. Il a carrĂ©ment copiĂ©-collĂ© des dĂ©cors, des ambiances, des vĂ©hicules, des styles. Et ce qui m'a beaucoup déçue, c'est que dans ce soi-disant futur proche, on a des pin's (pas dĂ©modĂ©s du tout !), Elma joue avec une Game boy (?!), les vĂ©hicules sont des vieilleries telles une 504 Peugeot et une Honda de 1990 (il me semble)... Et je passe sur le moment oĂą elles prennent leur envol, Ă  la manière du garçon qui s'envole sur son vĂ©lo avec E.T. dans son cabas... Mon dieu... 

Alors apparemment, le réalisateur a voulu rendre hommage aux années 80. Mais bon sang, ça va finir, cette adoration des années 80 ? Oui, c'était bien, oui, c'était cool (enfin, j'imagine, vu que je n'avais que deux ans quand elles ont débuté). Mais c'était il y a 40 ans, bordel ! Comment peut-on nous servir encore des histoires futuristes avec des produits issus de cette époque et aujourd'hui dépassés ? Qui ça va convaincre ?

MĂŞme la musique est une abomination Ă  deux moments prĂ©cis du film. Pourtant, la bande son colle souvent au genre de la SF. Elle va bien avec les scènes, le rythme, l'ambiance. Et on pardonne au rĂ©alisateur d'avoir choisi "Cambodia" de Kim Wilde (sorti en 1981...) comme gĂ©nĂ©rique de dĂ©but. Mais, lors de deux passages Ă©motionnellement forts, voilĂ  qu'on nous balance une chanson dĂ©calĂ©e avec la voix d'une chanteuse qui casse complètement l'ambiance ! (Je ne connais pas le titre ni l'interprète.) En plus, le volume sonore augmente au mĂŞme moment, histoire qu'on en ait bien plein les oreilles. J'Ă©tais lĂ  Ă  me dire : "Mais non... Mais non ! C'est pas possible ! Ça devient enfin intĂ©ressant, le suspense monte, et on nous balance cette merde auditive !" Ça a tout cassĂ©, franchement. Minable. Ma plus grosse dĂ©ception dans ce film. 

Niveau scénario, ne cherchez pas la moindre profondeur. On a un message écolo et antinucléaire, OK (j'ai envie de dire, ça aussi, on commence à en souper), mais on n'aura jamais d'explication quant aux motivations et buts des uns et des autres. Aucune explication sur le comportement d'Eliott, par exemple, qui pourtant ajoute un suspense bienvenu et des passages "sympas".

Et alors question cohérence de l'histoire, on touche au sublime. La lune rouge se balade dans l'univers comme ça lui chante, change de trajectoire parce que ça arrange le récit, et modifie même son comportement à loisir. Évoquons aussi brièvement cette absence de pluie sur Terre depuis plus de dix ans - puisque Elma ne l'a jamais vue -, cette absence de forêt et la disparition de la plupart des animaux... sans que ça empêche les humains de se nourrir. Leur seul problème immédiat : le fait que la lune rouge va leur tomber sur la gueule. ^^ Et ils ont les moyens de construire deux fusées dans le style de "Tintin : On a marché sur la Lune" dans un laps de temps très court. Cette fusée en est grotesque, d'ailleurs...

Purée... En bref, quand vous entendez la chanson de Kim Wilde, vous avez compris dans quel genre de film vous plongez.

Le cinéma français n'est pas prêt de faire de la bonne SF ! Et pourtant, combien d'excellents auteurs avons-nous en France, dont les réalisateurs pourraient s'inspirer pour adapter les récits sur grand écran ? Ah, mais bien sûr ! Il faudrait reverser des droits aux auteurs... Or, le cinéma de genre en France souffre d'un manque cruel de moyens. On n'est pas sortis du sable... C'est pas demain la veille qu'on pourra voir un bon film de SF français. Faudrait déjà que l'histoire soit aussi bien travaillée que ce qui est exigé des auteurs de SF en France.

Je finirai quand même sur une petite note positive. En plus du jeu des deux acteurs principaux qui sauve un peu le truc, il faut reconnaître qu'au niveau effets spéciaux, il y a du progrès. On est encore très, très loin des productions américaines, mais il y a de belles images. Voilà, c'était joli.

Bon courage quand mĂŞme si vous allez voir ce film.

Hélène D.G.
Copyright © Hélène D.G. pour Le Galion des Etoiles. Tous droits réservés. En savoir plus sur cet auteur


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1.Posté par Robert YESSOUROUN le 22/05/2021 09:48 | Alerter
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Yessouroun
Ce titre m'évoque The Last voyage (mal traduit par Panique à bord), 1960, le récit poignant d'un paquebot qui va sombrer au milieu de l'océan.

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