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La Machine de Dieu | Bernard Roux | 2019


Un article ajouté/rédigé par | 02/02/2020 | Lu 1078 fois


⚓️TAGS : 2019, Bernard Roux


La Machine de Dieu | Bernard Roux | 2019
A des années et des années-lumière de la Terre, une civilisation très avancée crée une intelligence artificielle surpuissante. Cette démence calculatoire a cependant une contrepartie : privée d’attache corporelle, elle ne peut gérer seule ses angoisses existentielles.

D’un bout de l’Univers à l’autre, des armées de drones vont chercher, parmi toutes les formes de vie connues, une créature en qui placer sa confiance - une confiance aveugle, absolue, totale. Une confiance fusionnelle d’où pourrait bien découler la connaissance absolue des lois de l’Univers.

Et puis moi dans ce délire interstellaire. Moi, Pierre Plon, marié, quatre enfants, perdu quelque part dans l’Est parisien.

Fiche de lecture

Voici un énorme Space Opera centré sur un Sauveur, Pierre Plon. Un sauveur intrépide jusqu’à ses ultimes interventions : n’empêche-t-il pas un cataclysme volcanique fatal pour la Terre après avoir éradiqué de l’Europe un néofascisme militariste et chrétien ? Devenu vieux, Pierre cultive l’effort dans un chalet rural à l’orée d’une forêt qu’il exploite avec respect en compagnie de son beau-fils et d’un vigoureux cheval. Bien sûr, il mérite cette fin tranquille. C’est qu’il en a vu des vertes et des pas mûres…

Enlevé par des ET, exilé de sa famille sans espoir de retour, ce père marié, animé par la soif de vérité, interroge sa lucidité dans le gigantisme interstellaire : qu’en est-il désormais du sens de sa vie ?

Ses ravisseurs ont besoin de sa personnalité. Son trait martial l’aidera pour vivre en symbiose avec une étrange Machine évolutive. Celle-ci ne supporte plus sa conscience d’elle-même, si bien qu’il lui faut un organisme à fort caractère susceptible de survivre au désespoir abyssal qu’entraînent ses algorithmes. Au-delà de cette association, quelle serait la mission spatiale de Pierre ? Affronter avec la Machine des créatures sadiques dont la testostérone avive la voracité de dominer non sans une cruauté gratuite. Hélas, ces Aliens conquérants sont d’autant plus coriaces qu’ils ont gagné les sommets de la technologie.

L’enjeu revient à motiver les progrès de la Machine pour sauver des milliards de mondes habités. La fusion du Superordinateur de ces monstres avec Elle leur vaudra l’extermination dans un ultime combat. Mais la guerre contre ces ennemis impitoyables sera parsemées de défaites.

Toute mathématique que soit l’essence de la Machine, celle-ci nécessite l’irrationalité pour ses calculs. Elle s’avère affective, capable de colère contre qui l’exploite avec mépris, capable de honte en cas d’erreur dans ses estimations. Elle influence bientôt son partenaire humain qui tend lui aussi à s’approprier par l’esprit l’univers et l’humanité, jusqu’à devenir l’un et l’autre. Mais est-ce vraiment supportable de tout savoir, de tout prévoir, sans plus aucune limite ?

À la suite de l’une des débâcles magistrales contre l’ethnie la plus abjecte du cosmos, Pierre doit se réfugier chez des ET, un peuple d’hommes et de femmes au stade médiéval. Sur cette planète, il va connaître une période moins apocalyptique, à une échelle plus humaine. Riche de son savoir supérieur et d’une arme invincible, il va non seulement les libérer de la tyrannie, mais encore, par l’enseignement, leur apporter sagesse et prospérité, avant de rencontrer, parmi eux, une nouvelle et jeune épouse.

Mais, comme on l’a vu, grâce à l’inséparable Machine, Pierre accède à l’omniscience. Or, le vertige de la complétude et de la complexité lasse le héros des étoiles. Il conclut que, dans sa finitude, la vie n’a du sens que grâce au hasard… D’où le retour à une vie champêtre.

Titre un peu trompeur, La Machine de Dieu s’avère être en fait Dieu Lui-même. Pierre fusionne donc avec Dieu. Vaste interrogation sur la perfection, l’ensemble du roman présente un style soigné, irréprochable. Les séquences narratives se déploient avec un tonus variable, oscillant entre descriptions soutenues et le suspens trempé dans le thriller.




💬Commentaires

1.Posté par Christobal COLUMBUS le 20/04/2020 07:42 | Alerter
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ChristoColumbus
La ‘Machine de Dieu’, un menu astronomique...

Un moment d’enfance, un moment d’adolescence, un moment de jeune adulte…et quelques temps plus tard, quelque chose déchire le ciel… Le voyage commence…

Mise en bouche : (Prologue et Partie-I )

Dès les premières lignes, ces moments correspondent tellement bien qu’on a cette impression de ‘déjà vu’ ou de l’avoir vécu soi-même. En fait, on se rend compte qu’on a tous vécu ces périodes de la vie à peu près de la même façon, par les mêmes questionnements, par les mêmes petites galères. On est immédiatement attiré, plongé dans l’histoire.
Arrivent soudainement des explications très scientifiques, techniques et futuristes le tout pour bien nous mettre à la bonne époque - très proche de la notre d’ailleurs - et dans le contexte politique dans lequel se trouve l’Europe.
C’est aussi dès la fin du deuxième chapitre (partie-I) , au moment où l’intrigue est déjà à son comble - par un compte à rebours - que l’auteur commence un premier flashback ! Arrrfffff !! Cruel mais au fil des lignes, nécessaire : une préparation à la suite, l’installation détaillée du personnage principal et de son environnement familial.

Hors-d’œuvre : (Partie-II)

Alors là, accrochez-vous !
Dans cette Partie-II , on part carrément dans un flash-back intersidéral. Oups... Je dois être bête de dire flash-back intersidéral, c’est tellement loin que c’est de toute façon un voyage temporel. Bref…
Une Partie-II très longue mais non-fastidieuse car très précisément décrite. L’histoire de planètes jumelles et de tout un système solaire très particulier avec surtout la présentation d’un certain peuple tout aussi particulier.
Je dois avouer que jusqu’au bout de cette Partie-II extrêmement détaillée, je me suis posé plusieurs questions :
- mais où veut en venir l’auteur avec ce chapitre ??
- mais bonsang où a-t-il été cherché tout ces termes, ces noms, cette histoire, ces explications sur ces phénomènes spatiaux ??
- pourquoi tant de précision dans la violence ??
- c’est tellement bien décrit… Ce type-là viendrait-il de là-bas ? Serait-il dangereux ??
Bref…

Entrée (en matière) :

Ha ?! Voilà le Livre-2 !
Retour dans l’histoire mais avant le début du roman ! ( Et zut ! Je voulais savoir pour le compte à rebours moi ! ) Nous retrouvons notre personnage principal dans son train-train quotidien.
Ce Livre-2 nous ramène sur notre planète mais pour un bref instant car nous sommes assez rapidement renvoyé dans un autre coin de l’Univers, à des milliers et milliers d’années-lumière de la Terre.
Cette partie est encore très détaillée et expliquée avec des termes très complexes qui par moments, sont assez lourds. J’avoue avoir eu du mal à visualiser le principe de fonctionnement de cette nanotechnologie mais j’ai tout de même vraiment apprécié.
Les personnages sont nettement plus calmes que dans le Livre-1 et vu leur aspect, non l’auteur ne vient pas de cette planète... (mais au fait, où a-t-il été chercher ces noms totalement imprononçables ??? )
L’humour n’ayant pas été très présent jusque maintenant, il y a tout de même une courte partie excellente et on se marre vraiment !
Détail que j’ai beaucoup aimé dans ce Livre-2 : le héros du roman découvre un genre de félin extra-terrestre et le compare à un certain autre animal très prédateur vivant sur une autre planète ; animal que l’on retrouve beaucoup plus tard dans le récit.

Plat principal : (Livre-3)

Bon, fini le calme, retour à la tempête avec une guerre intersidérale tellement sans précédent que même Georges Lucas peut aller se rhabiller.
Tout y est toujours aussi immense, gigantesque, gargantuesque, à un point tel qu’une fois de plus je ne parvenais pas à synthétiser les images dans ma tête. J’ai fini par imaginer ces vaisseaux grands, très grands mais à ce point-là, ça m’est impossible. On n’en a d’ailleurs jamais vu de tels au cinéma* (*petite note à retenir pour plus tard).
J’ai toujours très difficile à comprendre le principe de leur fabrication basée sur l’apport en énergie par nanotechnologie des astres aux alentours mais qu’à cela ne tienne, je poursuis ma lecture !
L’auteur ne fait pas dans l’approximatif et est toujours si scientifiquement, technologiquement et complexement précis.
À cette partie du livre, je me suis même dit qu’à la fin de ce roman, je pourrai certainement passer mon examen d’entrée comme ingénieur en astro-physique-quantique ou tout au moins à la NASA.
C’est à ce moment aussi que l’on s’explique la raison de la Partie-II du début.
La bataille spatiale qui éclate entre les deux flottes ennemies en réduit le débarquement de Normandie à une poussière en comparaison.
Le combat s’étend au fil des pages avec des victoires et des défaites de la part des deux intervenants. Les revirements de situation sont assez nombreux. En bref, bien que nous soyons dans la science-fiction, j’ai trouvé le conflit un peu exagéré.

Deuxième plat : (Livre-4)

Pour moi la plus belle et tout aussi passionnante partie du bouquin : le passage sur une autre planète afin de retrouver un peu d’humanité dans...

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