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La Légende du Futur | Hélène Destrem | 2012


Un article ajouté/rédigé par | 26/08/2012 | Lu 2349 fois




Edition 2022 | Plumes Ascendantes
Edition 2022 | Plumes Ascendantes
Qui n’a jamais rêvé de remonter le temps et de rencontrer le roi Arthur, Merlin l’Enchanteur, la Dame du lac ou encore les chevaliers de la Table ronde ?

En 2134, Arwenia, scientifique, travaille pour le Centre européen de recherches spatiales sur un projet de machine à voyager dans l’espace-temps qui équipera le premier vaisseau interstellaire terrien.

Aventureuse et téméraire, elle décide de tester elle-même son prototype. Elle le programme pour une destination parfaitement connue des légendes, mais obscure aux yeux des historiens : la Bretagne du roi Arthur, en l’an 476.

Son « transfert » sur le champ de bataille du mont de Badon va l’entraîner à la cour d’Arthur, au château de Camelot, où elle sera traitée en fée.

Entre mystères des uns et traîtrises des autres commence alors sa propre quête du Graal…

Fiche de lecture

Ainsi le vieux Myrddin, parvenu à l’âge de soixante-sept ans avec un corps aussi vigoureux qu’un homme d’âge mûr, seulement trahi par la blancheur de sa tonsure et de sa barbe qu’il entretenait longue comme son mythe, se tenait-il accroupi au bord d’un lac par une belle journée d’automne, occupé à polir la lame, lorsqu’un rire éclata derrière lui. Il se redressa aussitôt et se retourna, arme au poing, furieux et honteux de n’avoir entendu personne approcher tant il était absorbé par ses pensées. Une jeune femme se tenait à l’orée du bois, les mains sur les hanches, le visage illuminé d’un air moqueur. Grande, mince, athlétique, vêtue d’une tenue totalement contraire aux usages de l’époque, à la garçonne, les cheveux bruns tombant en cascade sur ses épaules et dans son dos, elle était tout simplement ahurissante de beauté. Myrddin fut ébloui. Son regard suivit la courbe d’une mèche qui venait s’enrouler autour d’un sein, à peine dissimulé sous un corset de cuir marron qui enserrait son buste dans sa chemise de lin beige de façon très sensuelle. Des braies en toile marron plongeaient dans de hautes bottes de cuir. Myrddin la reconnut aussitôt : il s’agissait de Morgane, la sœur aînée du futur grand roi Arthur ‒ qui suivait actuellement sa formation de chef de guerre à Rome. Morgane avança vers lui. Elle tirait sa monture par la longe. L’animal alla se rafraîchir à la surface de l’eau. Sa maîtresse vint se placer face à Myrddin, qu’elle enveloppa d’un regard hautain. Amusé par l’outrecuidance de l’intruse, le mage ne put refréner un demi-sourire. (La Légende du Futur, Hélène Destrem)

La première chose qui me frappe d’entrée lorsque je tiens cet ouvrage dans mes mains, c’est le soin apporté à sa confection. La couverture cartonnée est à la fois douce et robuste, les textes et illustrations sont joliment mis en valeur sur un fond gris clair. Les couleurs sont bien choisies : optiquement, c’est à la fois sobre et harmonieux. A l’intérieur, la mise en page du texte est impeccable et le papier des pages est agréable au toucher. Pour tout amateur des beaux objets que sont les livres, celui-ci est un plaisir. Cela peut paraître un tantinet pointilleux de ma part de m'attarder sur ces aspects, mais comme le monde de l'édition semble en pleine effervescence ces temps-ci, il me semblait important de relever le fait que ce livre se démarque du lot de par sa qualité. (Les impressions relatives à la confection de l'ouvrage décrites dans ce paragraphe se rapportent à l'édition de 2012, voir NB en bas de page.)

En lisant le résumé se trouvant sur le quatrième de couverture (une femme d’une époque future précipitée dans le passé), j’ai immédiatement pensé à un autre roman : Le Chardon et le Tartan, de Diana Gabaldon. Si j’ai bien aimé cet ouvrage, il est vrai aussi que, appréciant l’originalité, je n’aurais pas voulu trouver en « La Légende du Futur » une histoire similaire. Mais je suis totalement rassurée : mis à part que les héroïnes sont des femmes, et qu’elles se retrouvent dans le passé, il n’y a absolument aucun point commun entre ces deux livres. Ce sont des histoires bien différentes, et en ce qui me concerne, je dirai que ma préférence va à celle d’Hélène Destrem…

De quoi parle « La Légende du Futur » ?

Arwenia est une scientifique qui travaille sur le projet d’une machine permettant de voyager dans l’espace et le temps. Quand celle-ci est au point, la jeune femme se porte volontaire pour essayer son invention, après que les tests effectués sur un chien aient été concluants. Sa destination ? Le 28 mars de l’an 476. Le haut Moyen Âge dans la Bretagne du roi Arthur. Et c’est en pleine guerre du Mont de Badon, entre deux armées qui s’affrontent avec hargne, qu’Arwenia va faire son irruption dans cette époque. « Recueillie » sur le champ de bataille par le roi Arthur, qui la considère comme une fée, la jeune femme va profiter des avantages liés à ce statut pour s’installer dans son château et bénéficier de sa protection. Elle y fera la connaissance de gens très différents. Entre la jalousie de la reine, les traîtrises des gens de la cour et le mystère qui enveloppe certaines personnes, Arwenia va devoir se montrer prudente de sorte que ses origines et sa véritable identité ne soient pas découvertes. C’est alors que va débuter sa propre quête du Graal…

Je dois dire que dès le premier chapitre, le ton est donné. L’auteure, Hélène Destrem, nous plonge au début du haut Moyen Âge en plein cœur de la Bretagne. Ses descriptions sont saisissantes. Elle dépeint si bien cette époque, qu’on s’y croirait ! Il apparaît très clairement qu’elle a effectué des recherches considérables sur le sujet. Elle va même jusqu’à utiliser parfois du vocabulaire spécifique à cette époque, mots pour lesquels on trouvera une explication détaillée en bas de page. Le travail de recherches et de documentation est donc remarquable.

L’écriture d’Hélène Destrem est soignée. Sa plume est fluide, son histoire est passionnante et m’a captivée du début à la fin. Il n’y a pas de temps mort, le rythme est soutenu, ponctué d’un suspens bien dosé. J’ai adoré le fait d’incorporer de la science-fiction dans le haut Moyen Âge. J’ai beaucoup apprécié les parallèles entre cette époque d’antan et le monde futur. Je me suis imprégnée de ce monde de légendes anglo-saxonnes sur lequel l’auteure a construit et brodé son récit, au plus près de la réalité. Lorsqu’Arwenia s’installe au château d’Arthur, elle va (re)découvrir des choses – pourtant simples – qui se sont perdues au travers des siècles, puisqu’en l’an 2134, là d’où elle vient, la Terre et l’humanité se meurent. Ces passages sont si bien décrits, que je pouvais moi aussi sentir sur mon palais les saveurs des plats cuisinés à l’ancienne, apprécier le toucher d’une belle étoffe et sentir son contact sur ma peau, frissonner dans ces grands couloirs sombres du château et me réchauffer dans les pièces plus cosy, …

« La Légende du Futur », c’est aussi une histoire d’amour, profonde et sincère, entre deux êtres issus de deux époques très éloignées l’une de l’autre, un amour qui perdure au-delà des méandres du temps. C’est aussi les aventures de personnages variés et attachants, que l’on pourra suivre en parallèle de la vie d’Arwenia. C’est également une histoire forte, qui amène son lot d’émotions. Certains passages très durs apportent une touche de crédibilité supplémentaire au récit. Eh oui, les conditions de vie au haut Moyen Âge étaient rudes et les vies de certains êtres humains n’avaient que très peu de valeur…

Je voudrais maintenant en venir à l’aspect scientifique du roman. A la fin de ma lecture, j’avais des questions quant à la fameuse invention d’Arwenia. Je voulais comprendre comment une machine à voyager dans le temps, implantée au cœur d’un vaisseau spatial, pouvait permettre également la conquête de nouvelles planètes. J’ai donc questionné Hélène Destrem à ce sujet. Et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par sa disponibilité pour répondre à mes demandes, afin de satisfaire ma curiosité. Mais plus que cela, je me suis rendue compte que l’auteure, en plus d’avoir des connaissances approfondies des légendes arthuriennes, possède également un solide bagage scientifique ! Les explications qu’elle m’a fournies étaient étayées sur des faits scientifiques et imagées par des exemples concrets.

En conclusion, vous l’aurez compris, j’ai été séduite par cette lecture qui mélange harmonieusement médiéval, science et science-fiction, au travers d’un récit palpitant qui tisse des parallèles entre le passé et le futur, avec des personnages hauts en couleur et attachants. C’est un livre que je vous recommande chaudement. Pour ma part, je place « La Légende du Futur » parmi mes coups de cœur de l’année.

Nota Bene

Édition 2012
Édition 2012
Ma fiche de lecture est datée du mois d'août 2012, car elle se rapporte à l'édition de La Légende du Futur parue en 2012 aux éditions Les 2 Encres, une maison d'édition qui n'existe plus depuis longtemps.

Dès le mois de février 2020, La Légende du Futur sera publiée par Plumes Ascendantes, le cabinet d'Edition d'Hélène Destrem, ceci afin d'inaugurer la nouvelle collection de Science-fiction baptisée : Noir Espace.

Pour cette occasion, la première et la quatrième de couverture (illustration et résumé) de cette nouvelle édition ont été rafraîchies. La première de couverture est un hommage au roman Destination Mars (Mission to Mars), de Patrick Moore, paru en 1960 aux éditions ODEJ.

Le texte est resté globalement le même que celui que j'ai lu en 2012. Seules quelques coquilles ont été retirées et quelques précisions ont été ajoutées.

Koyolite Tseila, le 22 janvier 2020

Mise à jour 29.12.2021 : dès le 18 janvier 2022, La Légende du Futur sera dotée d'une nouvelle illustration de couverture et sera également disponible au format numérique.

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Koyolite Tseila
Passionnée de Science-fiction, d’Imaginaire et de récits maritimes depuis toute petite, ce sont des... En savoir plus sur cet auteur



💬Commentaires

1.Posté par Christobal COLUMBUS le 13/10/2020 05:05 | Alerter
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ChristoColumbus
"La légende du Futur"
Prenez un bout d’Histoire et gardez-en la meilleure partie, le Moyen-Age.
Ajoutez-y son additif habituel qu’est la Légende.
Diluer le tout avec bon bol de Science-fiction.
Mélangez.
Assaisonnez le tout avec une bonne dose d’aventure, un brin d’érotisme pour la douceur du palais et une malheureuse pincée de cruauté qui vous laissera par moment un léger gout d’amertume.
Gratinez le tout de la merveilleuse plume de l’auteure Hélène Destrem et vous obtenez ce délicieux plat qu’est « La légende du futur » !

Voici la recette que nous offre notre très sympathique Hélène et je ne sais par où commencer tellement s’entrecroisent tous ces ingrédients.

Évidemment, lorsque l’on touche au voyage dans le temps, il est question d’être prudent afin de ne pas modifier le futur, comme l’explique l’héroïne du roman, mais également dans ce cas-ci, de ne pas entacher la noble légende de ce bon et vaillant Roi Arthur, déjà moult fois retranscrite et modifiée au fil des siècles jusqu’à nos jours.
Il aurait d’ailleurs été bien malheureux d’en faire une comédie du genre « Le chevalier hors du temps » avec Whoopi Goldberg (qui est, et j’en conçois, destinée aux enfants) ou comme ce décevant film « Le Roi Arthur, la légende d’Excalibur » de 2017.
Hé bien, l’auteure parvient ici à s’approprier – non! que dis-je! - à emprunter respectueusement cette fabuleuse légende afin de nous la servir avec une originale saveur !

Dès les premières lignes, le lecteur est transporté en l’an de grâce 476 et qui plus est, dans la forteresse de Camelot.
Je ne sais pas ce que l’auteure a fait comme études ou quels ont été ses intérêts en Histoire, documentaires ou lectures mais les détails de la vie au moyen-âge sont savamment décrits, les mœurs et coutumes (dont certaines vraiment pas correctes envers la gente féminine) sont très précisément expliqués. Les mots utilisés au fil des lignes sont toujours des termes employés à l’époque et l’on consulte impatiemment le petit rappel en bas de page donnant toutes les significations nécessaires. On ressent dès lors une grande recherche et un souci de perfection dans la rédaction du roman.
Toute cette partie médiévale du bouquin m’a vraiment passionné !

On peut dire au fil de la lecture que l’on ne s’ennuie pas une minute. Passant de descriptions du contexte aux moments d’aventures avec quelques petits détours gentiment érotiques mais aussi d’autres totalement à l’opposé, bien plus révoltants et répugnants. Là, on peut d'ailleurs dire que l’auteure n’y a pas été de main morte sur certains détails.
D’une plume féminine, on pourrait au départ s’attendre à un roman à l’eau de rose mais alors ici, pas du tout ! Je dirais même que certains passages m’ont oppressé le thorax et laissé un sentiment de révolte vengeresse face à l’impunité répugnante de certains personnages aux actes odieux, personnages et crimes malheureusement encore d’actualité de nos jours. Rien qu'à y repenser, de nombreuses idées de sentences sadiques me viennent encore à l’esprit mais il faut que je me calme… (c’est vous dire à quel point je me suis plongé dans ce roman… )

Les choses s’entrecroisant, plusieurs questionnements font leur apparition au fur et à mesure de la première partie du bouquin et le suspens dure tellement que l’on se demande au fil des lignes que l’on parcourt, au fil des pages qui se tournent et qui diminuent inexorablement, si l’on va finir par avoir toutes les réponses.
Que les lecteurs se rassurent, ces réponses arrivent bel et bien au bout de la deuxième partie et l’on se dit « Wouow, là ça envoie du costaud ! »

Deux petits détails m’ont tout de même un peu chatouillé au fil de ma lecture : dans la première partie, la répétition du prénom Arwenia, dans le descriptif des ses actions et l’emploi également très répétitif du verbe « considérer ». Est-ce un style d’écriture rencontré dans les romans pour imprégner le lecteur de certains détails ? Ça je n’en sais rien.

Je me suis également posé cette question : pourquoi une machine à voyager dans le temps à bord d’un vaisseau destiné à découvrir de nouveaux horizons lointains et surtout futurs ?
J’ai retourné cette question dans tous les sens pour finir à m’en faire ma propre théorie :
L’auteure a très probablement imaginé utiliser cette machine comme propulseur de vitesse « extradimentionnelle », comme on en voit souvent dans les films spatiaux. Une machine tordant l’espace-temps pour se déplacer instantanément, un peu comme ces énigmatiques et supposés trous de vers.
Seulement voilà, imaginons le voyage dans le temps réalisable, le futur ne s’étant pas encore produit, peut-être est-il dès lors impossible de s’y rendre ! D’où ce fameux imprévu vécu par les scientifiques de cette histoire… Je suis bien impatient de connaître l’avis d’Hélène Destrem sur ce sujet.

En tout cas, pour en revenir à la description que fait Hélène de son héroïne, on ne peut s’empêcher de presque tomber amoureux de cette belle Arwenia au caractère bien trempé. On pourrait se dire que cette belle a...

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