La Dimension des miracles (Robert Sheckley)

Titre original : Dimension of Miracles | Parution : 1968


03/04/2026
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Quatrième de couverture

© 1989 Editions Le Livre de Poche
Carmody, innocent citoyen du xxe siècle, a gagné sans l'avoir voulu un prix au tiercé galactique de l'avenir, un prix qui parle et qui change d'aspect sans prévenir. Le pire, c'est qu'il lui faut aller le chercher à l'autre bout de l'univers. Mais qui refuserait un prix qui peut vous apporter la gloire, la fortune et l'attention des femmes ?

Sans négliger un voyage gratuit vers le Centre Galactique.

Partir, c'est l'affaire d'un clin d'oeil. Mais revenir, c'est une autre paire de manches quand vous ignorez où est la Terre, quelle est votre époque et à quel possible vous appartenez. Et s'il vous faut compter, pour vous indiquer la route, sur un dinosaure intelligent et amical, sur un dieu égocentrique et sur un architecte ès planètes.

Fiche de lecture

Carmody, un homme tranquille un peu morose, se découvre l’heureux gagnant d’un « très beau prix ». Le seul hic, c’est que son merveilleux prix doit être retiré à l’autre bout de la galaxie. De quoi le faire sortir de son bureau, de son petit quotidien, de son cocon familier légèrement insatisfaisant.

Le voyage se déroule sans problème. Le retour, c’est une autre affaire. C’est que Carmody ignore bêtement les coordonnées de sa planète au temps où il l’a quittée. Et il s’avère difficile de trouver une bonne âme qui puisse l’aider.

C’est alors que, en quête du retour au sweet home, le héros, ou plutôt l’antihéros, commence une sorte de « road movie » galactique.

Il rencontre des personnages plus farfelus, plus tarabiscotés les uns que les autres, tel un solitaire omnipotent sur sa planète, tel un créateur de monde au service, entre autre, d’un vieux barbu idéaliste (on reconnaît le bon Dieu), etc. En leur présence, il ne cesse de tomber des nues, tandis qu’avec sous le bras son fameux prix, protéiforme, il passe d’une loufoquerie à une autre, sans compter qu’il est poursuivi par son prédateur personnel, lui aussi doté du don de métamorphose, ce qui le rend d’autant plus périlleux.

Ne vous en faites pas, notre brave fonctionnaire finira par repérer sa bonne vieille Terre, mais à d’autres époques, voire à d’autres ères. Ainsi, il ménagera un tyrannosaure en évitant de lui révéler la disparition totale de l’espèce, ou il étouffera sous la surprotection d’une voix, la voix d’une ville qui ne veut que son bien, ou encore il visitera le château des bruits et des ordures avant de plonger dans une succession sans fin de lieux terrestres improbables.

Bref, c’est un peu une variante SF d’Alice au pays des merveilles. Plaisant, déroutant, le récit est dominé par le dépaysement ironique. Cet humour de dérision nous chasse de nos croyances (on est en 1968, « l’imagination au pouvoir »). Il secoue notre conscience. Avec Sheckley, bien vite, on apprend qu’on n’y comprend plus rien, voire qu’il n’y a rien à comprendre et qu’il faut juste se contenter d’un bon carpe diem.

Copyright © Robert Yessouroun pour Le Galion des Etoiles. Tous droits réservés. En savoir plus sur cet auteur