Hard Mary (Sofia Samatar)

Titre original : Hard Mary | Parution : 2018


13/05/2026
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Quatrième de couverture

Hard Mary © 2025 Editions Argyll | Illustration de couverture © Anouck Faure
La nuit de Noël, dans un village de Pennsylvanie appelé Jericho, les filles d’une communauté religieuse découvrent un buste féminin métallique abandonné derrière une grange : un robot fabriqué par Profane Industries, une mystérieuse entreprise qui, d’après la rumeur, cultive des moutons comme s’il s’agissait de légumes.

Loin d’être effrayées, Lyddie et ses amies adoptent en cachette le robot et lui donnent un nom : Hard Mary. Sous leur aile bienveillante, l’étrange machine se comporte de plus en plus comme une humaine.

Toutefois, même dans une communauté repliée sur elle-même, les secrets ne restent jamais longtemps des secrets... Les murs de Jericho résisteront-ils aux sirènes du changement ?

Fiche de lecture

« Nous l’avons trouvée derrière la grange. C’était la veille du vieux Noël, la nuit où les animaux parlent la langue des hommes, et nous savions toutes très bien que si nous parvenions à faire sept fois la tour de la grande, nous verrions chacune l’homme que nous allions épouser… »

En une phrase, Sofia Samatar pose un décor fantastique : une communauté religieuse, empreinte de superstitions, avec un rapport magique au monde. Des petites filles qui savent que leur destin est tout tracé : devenir femme, épouser un homme, avoir des enfants. En guise d’éducation, la religion est l’alpha et l’oméga.

Par contre, la communauté est voisine d’une usine de haut niveau technologique : Profane Industries. Pour les petites filles, Profane Industries est un lieu maléfique où l’on fabriquait toutes sortes de monstruosités…

Ce soir de Noël, elles découvrent un robot réduit à un buste, une tête, des bras et des mains qui, une fois que Mim ait compris qu’il fallait changer sa batterie, parle, répond et semble même douée pour apprendre.

Mieux, la machine révèle une capacité d’apprentissage hors norme et devient la mascotte de la communauté, les soulageant de nombreuses tâches astreignantes. Mim, qui passe beaucoup de temps avec elle, l’améliore, la dote d’un support pour ses jambes, puis de roulettes… Hard Mary devient leur amie, à l’égal d’une personne et, visiblement, Hard Mary apprend, elle change, mais, à l’inverse, les petites filles apprennent beaucoup de leur « amie »…

Alors que les autres filles suivent leur destin, épousent les hommes que la communauté leur a attribués, Mim poursuit sa relation secrète avec Hard Mary.

Or, Profane Industries retrouve la trace de ce qu’il nomme leur propriété et dont le nom officiel est C19. Le chef de Profane Industries, le docteur Stoll menace de reprendre par la force ce qu’il estime être son BIEN.

Mary est-elle un BIEN, une chose que l’on possède de toute éternité ou, en tant que machine apprenante, est-elle à l’égal d’un être appelée à devenir autonome ? De l’apprentissage des enfants dans une communauté un peu sectaire, à l’apprentissage des machines par une industrie capitaliste qui exige de tous une obéissance sans limites se dessine un chemin, l’apprentissage de la vie, du savoir et la possibilité d’accéder à un être…

Une réflexion magnifique et sensible sur l’apprentissage de la liberté.

Copyright © Bernard Henninger pour Le Galion des Etoiles. Tous droits réservés. En savoir plus sur cet auteur