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Bienvenue sur Déliciosa | Bernard Viallet | 2011


Un article ajouté/rédigé par | 16/02/2013 | Lu 672 fois


⚓️TAGS : 2011, Bernard Viallet


Bienvenue sur Déliciosa | Bernard Viallet | 2011
Au XXIIème siècle, trois nouvelles planètes viennent d’être découvertes, explorées puis colonisées par les humains. L’une d’elles, Déliciosa commence à proposer des séjours touristiques dans sa station de Paradise Resort où il est possible de pratiquer les activités les plus diverses et les plus agréables dans un cadre enchanteur. John, qui était « traqueur » sur Terre, compte bien y passer un mois et peut-être plus si des opportunités de s’y établir durablement se présentent à lui.

Il lie connaissance avec Tom, dit « Oncle Tom », un noir issu des ghettos, ainsi qu’avec deux jeunes femmes, Lilia et Eva. Le séjour « de charme » des quatre terriens commence bizarrement. Ils ont l’impression que les animateurs de la station n’ont qu’une idée, les gaver de nourriture soit disant pour leur permettre de mieux résister aux prochaines RTT (les réductions temporelles transitionnelles), ces longues stations en quasi hibernation inhérentes aux voyages interplanétaires. Mais comme Lilia commence à refuser de forcer son appétit, on lui fait très vite quitter le groupe. De leur côté, John et Tom découvrent que ce centre n’a pas grand-chose de naturel. Le somptueux paysage de palmeraie et de plage tropicale ensoleillée n’est en fait qu’un décor protégé par un immense dôme de plexi. A partir du moment où les quatre arrivants n’acceptent plus de jouer le rôle de touristes béats, tout bascule dans l'étrange...

Fiche de lecture

« Nous voici en vue de Paradise Resort, annonça Myléna dans son micro. Remarquez l’immense piscine lagon avec ses cascades, ses toboggans, ses jacuzzis et son bassin à vagues… Voyez sur votre gauche, le bord de mer avec la magnifique plage de sable blanc et son esplanade de palmiers et de cocotiers. A droite, vous avez le complexe hôtelier, juste derrière notre petit Las Vegas local avec ses différents casinos. Derrière la palmeraie, vous pouvez distinguer le golf de dix huit trous… Voyez comme il est bien entretenu et comme sa pelouse est verte ! Le sommet qui domine la baie s’appelle le Krakatchounga. Il culmine à 3900 mètres d’altitude et sa partie supérieure est enneigée toute l’année ce qui permet de skier tous les jours si on le souhaite. D’ailleurs, quel que soit votre sport ou votre activité préférée, vous pourrez tout pratiquer à Paradise. N’oubliez jamais que nous sommes là pour rendre votre séjour inoubliable ! »

Bienvenue sur Déliciosa ! Son complexe « Paradise Resort » offre à ses joyeux résidents toutes sortes de délices ! John, Eva, Tom et Lilia font partie des « bien chanceux » qui ont réussi chacun à se procurer (ou à se faire offrir) un des rares billets disponibles – et hors prix - pour un voyage vers la planète Déliciosa, un aller simple, pour un séjour inoubliable, placé sous le signe de la détente. Mais ils s’apercevront rapidement que chez leurs hôtes, l’image de la beauté et du bonheur est une obsession qui se cultive par la goinfrerie… transformant ainsi leur rêve de farniente en une astreignante corvée de bouffe.

Que cache en réalité ce centre de vacances derrière ses aspects paradisiaques ? Pourquoi les touristes y sont-ils gavés et engraissés comme des oies ? Pourquoi les résidents sont-ils observés jour et nuit par des caméras de surveillance ? Pourquoi n’est-il pas possible de sortir du complexe ?

L’auteur Bernard Viallet emmène son lecteur au cœur d’une histoire pour le moins intrigante et très bien construite, tout en maintenant un suspense continu du début à la fin. Tout en suivant le parcours de John, Eva, Tom et Lilia, on ne pourra manquer de s’interroger sur leur sort, et de compatir aux épreuves qu’ils affronteront sur Déliciosa, mais aussi de rire des situations plutôt cocasses et peu ordinaires dans lesquelles ils se trouveront parfois. On appréciera aussi de les voir se rebeller contre un système que trop tyrannique et arbitraire.

La plume de Bernard Viallet est fluide et voluptueuse. Son style est simple, mais efficace, car il va droit au but sans se perdre dans des descriptions ou explications superflues. Dès les premières pages, on est dans le bain. Bernard Viallet dit ce qu’il a à dire, et le fait même avec humour et ironie. J’aime bien ça. De plus, ce récit original porte une réflexion intéressante sur la place de l’être humain au sein du système. Les noms choisis pour les personnages ou les lieux peuvent faire sourire le lecteur, mais pour ma part, j’en ai apprécié leur double-sens, ainsi que les clins d’œil à d’autres références.

Malgré ses nombreuses qualités, ce livre n’est pas parfait : il subsiste encore quelques fautes d’orthographe. Et à mon goût, il y a un peu trop d’anglicismes, ce qui m’a parfois fait grincer des dents. Du point de vue de la narration, le seul petit reproche que j’aurais à faire, concerne la présentation des quatre personnages principaux. Au lieu d’avoir à lire en bloc le curriculum vitae de chacun, j’aurais préféré découvrir leur vécu au gré de l’histoire, pas à pas.

En conclusion, j’ai bien apprécié cette lecture, très exotique, originale et pour le moins intrigante. De bout en bout, je n’ai cessé de m’interroger sur le rôle de Déliciosa, allant jusqu’à échafauder toutes sortes de théories. Le dénouement n’est pas celui auquel j’avais pensé, mais il m’a beaucoup plu ! « Bienvenue sur Déliciosa » est un ouvrage que je recommande chaudement aux amateurs du genre « science-fiction ».

Koyolite Tseila
Passionnée de Science-fiction, d’Imaginaire et de récits maritimes depuis toute petite, ce sont des... En savoir plus sur cet auteur



💬Commentaires

1.Posté par Gaetan Di Napoli le 15/01/2013 07:57 | Alerter
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Un adage dit qu’il faut toujours se méfier de ce qu’on demande car on risque de l’obtenir !
Je ne me rendais pas bien compte de ce que j’écrivais, lorsque, après avoir vu l’annonce de parution du dernier Viallet, j’ai posé cette question à l’auteur : « Suis-je moi aussi le bienvenu sur Déliciosa ? ».
Chaque roman de Bernard Viallet aborde des sujets différents. Celui-ci est un roman d’anticipation. Leurs dénominateurs communs sont l’amour de la liberté, le sens du devoir, la méfiance de l’encadrement étatique, la place de l’individu face au système.
Bernard Viallet écrit bien ! Pas d’exhibitionnisme littéraire pour surévaluer la qualité de sa plume mais lucidité et réalisme du langage écrit. J’aime !
Le suspens est rondement mené jusqu'au dénouement que je n'avais sincèrement pas vu venir et qui ne se prive évidemment pas de dresser un portrait de certains maux typiques de notre société et des possibles dérives.
Pile au rendez-vous, ce roman d'anticipation accomplit son devoir d’extrapolation sur l’évolution de la nature humaine avec ses inexorables dualités bien/mal, courage/lâcheté, abnégation/cupidité, domination/soumission et bien entendu, l'évolution des mœurs!
Oui, l’italo-belge que je suis reprochera ce vice quasi unanime des contemporains d’outre-Quiévrain d’ajouter des abréviations pour désigner (ou officialiser) des « organismes » franco-français que vous seuls, amis de l’hexagone, ne pouvez déchiffrer. Certes, l’auteur prend la précaution de les décoder, prévoyant qu’il sera lu au-delà des frontières...
Si j’insiste sur ce qui semble un détail pour vous Français, c’est par amour pour votre littérature, souhaitant qu’elle tienne un peu plus compte du reste du lectorat francophone hors France.
Autre petit reproche : par son essence, l’histoire nous plonge dans un monde imaginaire qui ne manque pas de crédibilité. Les noms des protagonistes sont quelques fois inventés avec ce que j’appellerai des clins d’œil aux réalités contemporaines. Dès la première phrase : « (…) le spatioport de Boissy Charlton Easton…». Vous me direz que, dans le même style, juste après la seconde guerre mondiale avec « 1984 » ce n’est pas par hasard qu’Orwell crée un personnage prénommé Winston… Considérons donc avec bonne humeur que c’est une petite manie compréhensible chez les « anticipateurs » dont la fantaisie fait d’incessants appels du pied à la réalité sociopolitique contemporaine.
Bon, il est temps de cesser de chercher des poux à « Bienvenue sur Déliciosa » !
Je conseille pleinement la lecture ! Les surprises et les trouvailles s’enchaînent, l’exotisme des situations garantit un dépaysement plaisant, cocasse et parfois salace qui tient en haleine. Le tout, promené par une lisibilité au style voluptueux.
Lu avec le même plaisir que « La possibilité d’une île » de Michel Houellebecq ! Quoi ?

2.Posté par JC Gapdy le 13/06/2016 10:11 | Alerter
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Ma dernière lecture : "Bienvenue sur Déliciosa" de Bernard Viallet.
Je l’ai déjà avoué plusieurs fois : je suis fan de hard-SF. Ce qui veut dire que la SF-funny n’est pas mon truc. Enfin, je crois qu’il va bientôt me falloir dire que ce n’était pas mon truc. Cela a commencé avec Robert Yessourounn et sa « Joueuse de Chimère » que j’ai apprécié et surtout son « Village proche des étoiles » que j’ai lu en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il y a peu, j’ai eu le malheur d’accepter de lire « La verge noire » de Mémoire DuTemps, là aussi dévoré en quelques instants.
Malgré tout, j’avoue que j’avais quelques doutes en attaquant « Bienvenue à Déliciosa » de Bernard Viallet. Était-ce dans le même genre ? Allais-je aimer ? Le début m’a quelque peu intrigué et laissé dubitatif. Le problème, c’est que, quand un livre est bien écrit, quel qu’en soit le thème ou le genre, je me laisse prendre. Et là, j’ai été bluffé parce que c’est sacrément bien écrit ; au point que je me suis effectivement laissé embarquer par cette histoire rocambolesque qui, comme le « Village proche des étoiles » est avant tout liée aux personnages, à leurs vies et mésaventures, à leurs histoires…
Des vies hors du commun alors que notre monde est parti à la dérive, à vau-l’eau, que notre Terre s’est dotée d’un gouvernement mondial qui a éradiqué une à une nos libertés… jusqu’à celle d’enfanter. Édictant des lois folles dont celle de l’enfant unique, régulant et contrôlant le droit d’être mère. Et c’est dans ce monde-là que l’on découvre ces personnages étonnants, détonants et attachants. Que ce soit John le traqueur dont le boulot est justement de pister et retrouver, entre autres, toutes celles qui transgressent cette loi, que ce soit Lilia à qui la loi a arraché sa fillette, Eva qui a fui l’Afrique du Sud jusqu’à traverser le Tiers-Monde qu’est devenue l’Europe, Oncle Tom rescapé des gangs et banlieues de Black Town West, ce diable de Bernard Viallet nous campe des personnages qu’on ne parvient pas à lâcher tant il nous les décrit intimement et avec un accent de sincérité, une gouaille et des remords qui les rendent plus humains que tout dans ce monde de Déliciosa. De confession en confession, de souffrances en enfermement, puis de fuite en apothéose, on ne peut refermer ce livre qu’en se posant des dizaines de questions sur un univers, des lois et une logique inhumaine qui se dessine bien trop souvent devant nos yeux dans notre propre monde.
J’ai d’autant plus accroché que j’ai retrouvé, dans ce roman, des thèmes qui me sont chers et que j’ai abordés dans « Aliens, Vaisseau et Cie » au sein de nouvelles comme « Monoamine Oxydase A » (avec le contrôle des naissances imposé par l’état quoique dans un autre cadre), ou comme « Sybriski » (avec une Europe devenue tiers-monde), etc.
Oh! Je ne l'oublie pas bien sûr : il y a aussi Déliciosa, cette planète de rêve, ce faux-paradis où les règles et les lois sont toutes aussi folles les unes que les autres, jusqu’à ce que peu à peu tombent tout ce que cache ce monde… Bref, j’ai commencé ce livre samedi à 14 h 30. Je l’ai fini dimanche matin à 10h…
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Ne faites pas la même erreur que moi, choisissez vos horaires, sinon vous allez y rester accroché une partie de la nuit, voire toute la nuit sans pouvoir le lâcher...

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