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20000 Lieues sous les Mers | 20000 Leagues under the Sea | 1954


Un article ajouté/rédigé par | 12/08/2020 | Lu 789 fois




Synopsis

En 1868, plusieurs bateaux sont coulĂ©s par un monstre mystĂ©rieux, selon les tĂ©moignages de quelques rescapĂ©s, et les marins refusent maintenant d'embarquer. BloquĂ©s Ă  San Francisco, le professeur Arronax, spĂ©cialiste de la faune sous-marine, et son domestique, Conseil, acceptent de participer Ă  la mission d'enquĂȘte de l'armĂ©e amĂ©ricaine. Ils embarquent Ă  bord de L'Abraham Lincoln en compagnie de Ned Land, un cĂ©lĂšbre harponneur, afin d'Ă©lucider les mystĂ©rieuses disparitions et Ă©ventuellement tuer le monstre...

Présentation et analyse

Vingt mille Lieues sous les Mers est un film américain de Richard Fleischer, sorti en 1954, avec dans les rÎles principaux James Mason, Kirk Douglas, Paul Lukas, Peter Lorre et Ted de Corsia. C'est une adaptation plus ou moins fidÚle du roman éponyme de Jules Verne.

En 1864, de nombreux navires disparaissent ou sont victimes de curieux incidents. Le monde maritime s'en inquiĂšte et on conclut Ă  l'existence d'un monstre marin. Le professeur Aronnax (Paul Lukas), de passage Ă  San Francisco en compagnie de son domestique Conseil (Peter Lorre), est interviewĂ© par les journalistes. Il commet l'imprudence de parler excessivement. Pour lui, il pourrait s'agir d'un narval gĂ©ant. Le lendemain, toute la presse se fait l'Ă©cho de son hypothĂšse, en l'exagĂ©rant. Il y a mĂȘme un dessin, qui reprĂ©sente la crĂ©ature
 avec des ailes ! Sur ces entrefaites, un reprĂ©sentant du gouvernement US vient proposer au professeur de partir sur une frĂ©gate puissamment armĂ©e, l'Abraham Lincoln, afin de trouver et tuer le monstre. Il accepte. Ce bateau, fait donc route vers les mers du sud, bien que son capitaine soit largement sceptique concernant l'existence d'un monstre. A son bord, il y a notamment Ned Land (Kirk Douglas), un Canadien, et le plus fameux harponneur de baleines.
 
Un soir, alors qu'ils pensent avoir trouvé la créature et la poursuivent, équipage et passagers du bateau sont attaqués, puis coulés. Aronnax et Conseil se retrouvent naufragés, ils se cramponnent à un morceau de mùt qui flotte. Mais bientÎt, ils arrivent aux abords d'un objet assez gros, immobile dans la brume.

Ce n'est pas le monstre, mais un sous-marin. Ils montent à bord, rejoints par Ned Land qui, lui aussi, a survécu.
 
Effrayés et émerveillés par l'avance technologique de cet engin amphibie, ils l'explorent. Personne à bord. Puis, Aronnax, par un hublot donnant directement sous le niveau des eaux, voit l'équipage à l'extérieur, qui procÚde à des funérailles sous-marines. Mais voilà que ces gens remontent. Arronax, Conseil et Land sont fait prisonniers par le propriétaire du sous-marin, le capitaine Nemo (James Mason).
 
Ainsi dĂ©bute un long voyage pour faire le tour du monde, Ă  bord du Nautilus, sous-marin que le capitaine Nemo a crĂ©Ă© de toutes piĂšces, avec ses compagnons et hommes d'Ă©quipage. Evidemment, Ned Land n'aura qu'une seule pensĂ©e en tĂȘte : s'Ă©vader.

J'ai une trĂšs grande tendresse pour ce film, malgrĂ© ses dĂ©fauts. Walt Disney y a apportĂ© sa touche, et on ne peut pas dire que ça soit une rĂ©ussite. Passe encore le personnage d'Esmeralda, l'otarie. Mais la chanson totalement stupide de Ned Land est une catastrophe. Surtout, une fois traduite en Français, elle ne veut plus rien dire du tout. Disney Ă©tait visiblement hantĂ© par son dĂ©sir de faire des films pour enfants. Or, le contexte, le scĂ©nario, ne s'y prĂȘtent pas du tout.
 
Restent des choses merveilleuses. Pour moi, essentiellement, le Nautilus designĂ© par le gĂ©nial Harper Goff, mĂ©lange d'esthĂ©tique steampunk et de mimĂ©tisme animal, puisqu’il ressemble Ă  un poisson par sa forme, plus ou moins un reptile par ses Ă©cailles qui lui permettent de dĂ©couper la coque des bateaux quand il les aborde. Goff a fait des plans trĂšs poussĂ©s du Nautilus, aussi bien de l'extĂ©rieur, que de l'intĂ©rieur. Il s'est un peu comportĂ© Ă  la façon de Ron Cobb pour Alien, qui a tenu Ă  ce que tout soit parfaitement fonctionnel Ă  bord du Nostromo. Goff a agi avec un trĂšs grand souci de prĂ©cision et de rĂ©alisme technique. Son Nautilus est une magnifique crĂ©ation.
 
Et puis, il y a la musique de Paul J. Smith, qui, mĂȘme si elle est un peu datĂ©e dans ses orchestrations Ă  prĂ©sent, est emplie de rĂȘverie, de poĂ©sie, de mystĂšre.

A propos de mystĂšre, Richard Fleischer a fait des choix trĂšs judicieux, pendant le rĂ©cit. Ainsi, quand Aronnax et Conseil dĂ©couvrent le Nautilus, celui-ci leur apparaĂźt noyĂ© de brume, on le devine plus qu'on le voit. Du reste, la musique elle-mĂȘme est Ă©nigmatique, toute en tension et en retenue.
 
Ensuite, lorsque l'Ă©quipage se bat contre le calmar gĂ©ant, lĂ  aussi, de façon tout Ă  fait pertinente, Fleischer a optĂ© pour une scĂšne de nuit, en pleine tempĂȘte, ce qui renforce la dimension dramatique de l'action.
 
Le scĂ©nario a voulu que Nemo soit tuĂ© Ă  la fin, sans doute la morale de l'Ă©poque. En rĂ©alitĂ©, dans le roman, les trois personnages rĂ©ussissent Ă  s'enfuir, sans qu'on sache ce que devient Nemo - qu'on retrouvera plus tard, dans un autre roman, L'Ăźle mystĂ©rieuse. Richard Fleischer s'en est bien tirĂ©, malgrĂ© les idĂ©es plutĂŽt idiotes de Walt Disney, il a rĂ©ussi Ă  maintenir cette histoire Ă  flots, et se l'approprier. Franchement, avec Disney dans le coup, ça aurait pu ĂȘtre largement pire. Cela dit, si on s'intĂ©resse de prĂšs aux personnages, on constate que si Aronnax et Conseil sont Ă  peu prĂšs conformes Ă  leurs homologues du roman, il n'en va pas de mĂȘme pour Ned Land. Certes, dans le texte de Jules Verne, le harponneur a mauvais caractĂšre, il est entier, impulsif, colĂ©reux, un peu fruste. Mais Fleischer (est-ce lĂ  encore l'influence de Disney) en a fait un parfait crĂ©tin, un irrĂ©mĂ©diable demeurĂ©.

Le second du capitaine (Ted de Corsia) se borne souvent à répéter mot pour mot ce que vient de dire son supérieur. L'équipage du Nautilus, lui, est totalement muet.
 
Celui qui ressort, indéniablement, c'est Nemo (James Mason), empli de froide détermination, de fougueuse conviction dans son combat contre les Anglais (qui ne sont jamais nommés), son désir de faire cesser toute guerre (mais en attaquant les navires, curieux paradoxe). James Mason est remarquable dans ce rÎle. C'est, du reste, un excellent acteur, et pour ce film, merveilleusement choisi.
 
On remarquera que le seul moment oĂč on voit des femmes dans ce film, c'est au dĂ©but. A partir de l'embarquement sur l'Abraham Lincoln, on n'en verra plus une, jusqu'Ă  la fin. Mais il faut dire que le roman n'en comporte pas non plus.
 
Pour moi, 20000 Lieues sous les Mers est une Ă©norme bouffĂ©e d'air salin, de rĂȘve, de poĂ©sie, il est un peu mon talisman, le film que je regarde quand j'ai besoin d'oublier le monde, de retrouver le sens de l'Ă©merveillement. Je place rĂ©solument ce film dans la catĂ©gorie des chefs-d'Ɠuvre, des films qui m'ont profondĂ©ment marquĂ©, et que je n'oublierai jamais.




💬Commentaires

1.Posté par Koyolite TSEILA le 12/08/2020 12:22 | Alerter
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KoyoliteTseila
Un trĂšs bel article đŸ–€ pour un film que j‘ai visionnĂ© plusieurs fois toujours avec beaucoup de plaisir. Merci pour cette prĂ©sentation.

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