🎬 Immortel, ad vitam | 2004

Un film d'animation d'après "La Trilogie Nikopol" (BD) d'Enki Bilal


07/04/2026
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🏷️ : Enki Bilal



Synopsis

En 2095, le dieu Horus, qui vit sur un vaisseau planant au-dessus de New York, est inquiet. Il n'a plus qu'une semaine pour maintenir son statut d'immortel en s'unissant à une mutante. Il jette son dévolu sur Jill, qui vient à peine d'arriver dans la mégapole. La cité est agitée : la campagne électorale pour le prochain scrutin bat son plein. Conscient que sa tête de faucon ne l'avantage guère pour séduire la belle, Horus s'incarne...

Présentation

J’ai déjà parlé ici de Bunker Palace Hôtel et Tykho Moon, les autres films du dessinateur/réalisateur Enki Bilal ; il manquait donc son projet cinématographique le plus ambitieux : l’adaptation de sa trilogie BD Nikopol.

Comme toujours avec le cinéma de genre en France, et particulièrement la science-fiction, les réalisateurs doivent faire des montages financiers dans plusieurs pays européens, bricoler et, au final, restreindre leur budget.

Malheureusement, avec un film se devant d’être bourré d’effets spéciaux, cela devient compliqué, et si les mondes post-apocalyptiques s’accommodent aisément d’une virée en banlieue parisienne pour filmer « la fin du monde », ici on parle de divinités égyptiennes thériantropes, à bord d’un vaisseau spatial, d’hybrides et de pouvoirs psychiques démonstratifs.

Du coup, Enki Bilal resserre le film sur ses personnages, limite au maximum les grands angles, crée parfois une atmosphère étouffante. Mais même ainsi, on sent bien le bricolage, et le rythme lent, le manque de dynamisme et une mauvaise intégration des personnages sur des fonds verts n'aident pas non plus.

Voilà pour les problèmes du film.

Ils sont en effet bien nombreux, reléguant une fois de plus une œuvre de SF française au rang de série B pénible à visionner. Et c'est vraiment dommage, car cette adaptation, même partielle d'une excellente BD, mérite tellement mieux. L'intrigue est brouillonne, difficilement compréhensible, mais malgré les coupes et reshoots, on sent malgré tout une certaine ampleur dans le récit. On ne peut pas s'attacher aux personnages, mais l'univers de Bilal est de toute manière ainsi fait, à base d'êtres étranges, à peine humanisés, en marge de notre normalité, ce qui, finalement, est plutôt bien rendu ici.

Film à voir ? Oui, totalement, mais pas pour passer un bon moment ; il est plutôt à réserver aux cinéphiles curieux et curieuses, cherchant des esthétiques singulières et se lamentant au clair de lune sur le pourquoi la France fait si peu confiance à ses créatifs, dès lors qu'ils ou elles tentent des choses originales.

Bande-annonce


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