Quatrième de couverture
Fin du XXIe siècle.
C'est la Guerre Sourde, l'ère des mafias d'État, des métropoles insurrectionnelles, des séparatismes génétiques et des stations spatiales privées.
Dans la jungle indonésienne, la docteure Ann Vega fait une découverte qui la projette au coeur d'un extraordinaire réseau d'intrigues politiques et scientifiques.
L'unité et les limites du genre humain sont en jeu.
Anticipation à la vraisemblance suffocante, entre effondrement de la biodiversité et chaos politique, VEGA est le fruit choc de la rencontre de deux géants : le virtuose de l'illustration Yann Legendre, et Serge Lehman, le scénariste aux 6 Grand Prix de l'Imaginaire.
✍️Texte : Yann Legendre, Serge Lehman
🎨Dessin : Yann Legendre
C'est la Guerre Sourde, l'ère des mafias d'État, des métropoles insurrectionnelles, des séparatismes génétiques et des stations spatiales privées.
Dans la jungle indonésienne, la docteure Ann Vega fait une découverte qui la projette au coeur d'un extraordinaire réseau d'intrigues politiques et scientifiques.
L'unité et les limites du genre humain sont en jeu.
Anticipation à la vraisemblance suffocante, entre effondrement de la biodiversité et chaos politique, VEGA est le fruit choc de la rencontre de deux géants : le virtuose de l'illustration Yann Legendre, et Serge Lehman, le scénariste aux 6 Grand Prix de l'Imaginaire.
✍️Texte : Yann Legendre, Serge Lehman
🎨Dessin : Yann Legendre
Fiche de lecture
2060, Jakarta. Une équipe scientifique découvre la dernière femelle orang-outan sur Terre, en péril suite à un tsunami. Ann Vega dirige l’expédition de sauvetage, tandis que Rio et Dewi, son mari et sa fille, restent à leur domicile. Malheureusement, pendant son absence, une attaque des triades coûte la vie à la famille d’Ann. Six ans plus tard, elle poursuit ses recherches depuis la ville libre de Chicago où elle a trouvé refuge avec Java, la femelle orang-outan. Elle participe au projet Reborn : une arche de Noé orbitale pour la sauvegarde des espèces terrestres. L’enjeu semble crucial dans la mesure où le climat planétaire est de plus en plus difficile : l’air est irrespirable, les tracts pour une souscription à des Green Bonds pourrissent dans la vase péri-urbaine et l’effondrement est en cours.
Pour pouvoir transférer les animaux en orbite, l’équipe est en train de mettre au point une technologie de téléportation. Le premier objet qu’ils réussissent à transmettre est un exemplaire original du Troupeau aveugle de John Brunner. On appréciera ici le clin d’œil de Serge Lehman à un classique de la SF et qu’il évoque à la fin de l’album comme un hommage à Gérard Klein, qui l’avait édité en français dans la collection Ailleurs et demain. Comme toujours avec Serge, les allusions ne sont pas anodines, notamment avec la couverture qui reprend le style très identifiable de cette collection, en lignes grises et argentées. Le roman évoque un futur tout aussi effondriste que Vega, dans la continuité de Tous à Zanzibar.
Mais Ann va devoir faire face à de nombreuses difficultés, à commencer par le deuil impossible de son mari et de sa fille, tandis que les autorités locales cherchent à l’expulser et qu’un groupuscule « animalien »(1) revendique le rapatriement de Java dans son pays d’origine. Deux visions de l’action écologique (que nous ne divulgâcheront pas ici) s’affrontent et rendent comptent de la complexité de ces questions. Le chapitre intitulé « realpolitik » est d’ailleurs éclairant sur la difficulté de faire des choix, même si on peut rester convaincu qu’il s’agit encore du gouvernement des salauds.
Le parti pris graphique de Yann Legendre donne une ambiance particulière au récit et aux personnages, tout en contraste, en lignes et formes se détachant par jeu d’antimatière. Là encore, rien n’est fait au hasard, car le sense of wonder lehmanien opère en creux, dans l’intervention d’un phénomène insoupçonné. On y retrouve l’influence du Flatland de Abbott(2), qui avait déjà alimenté le moteur à histoires dans L’inversion de Polyphème et récemment dans Les Navigateurs, avec cette fois l’évocation d’un protocosme(3) : un point de contact entre l’univers quantique et celui des symboles, « le monde des lois accessibles à l’esprit et que nous matérialisons par des signes tracés à la main ». Comme si Ernst Cassirer se cognait à Max Planck !
On suit ces aventures à travers le globe en ne sachant pas où cela nous mène et en apprenant à ne pas avoir la réponse à toutes les questions. Pire, le récit nous laisse au bord d’un mystère plus grand encore, et qui appelle une suite très attendue !
🗒️Notes
Pour pouvoir transférer les animaux en orbite, l’équipe est en train de mettre au point une technologie de téléportation. Le premier objet qu’ils réussissent à transmettre est un exemplaire original du Troupeau aveugle de John Brunner. On appréciera ici le clin d’œil de Serge Lehman à un classique de la SF et qu’il évoque à la fin de l’album comme un hommage à Gérard Klein, qui l’avait édité en français dans la collection Ailleurs et demain. Comme toujours avec Serge, les allusions ne sont pas anodines, notamment avec la couverture qui reprend le style très identifiable de cette collection, en lignes grises et argentées. Le roman évoque un futur tout aussi effondriste que Vega, dans la continuité de Tous à Zanzibar.
Mais Ann va devoir faire face à de nombreuses difficultés, à commencer par le deuil impossible de son mari et de sa fille, tandis que les autorités locales cherchent à l’expulser et qu’un groupuscule « animalien »(1) revendique le rapatriement de Java dans son pays d’origine. Deux visions de l’action écologique (que nous ne divulgâcheront pas ici) s’affrontent et rendent comptent de la complexité de ces questions. Le chapitre intitulé « realpolitik » est d’ailleurs éclairant sur la difficulté de faire des choix, même si on peut rester convaincu qu’il s’agit encore du gouvernement des salauds.
Le parti pris graphique de Yann Legendre donne une ambiance particulière au récit et aux personnages, tout en contraste, en lignes et formes se détachant par jeu d’antimatière. Là encore, rien n’est fait au hasard, car le sense of wonder lehmanien opère en creux, dans l’intervention d’un phénomène insoupçonné. On y retrouve l’influence du Flatland de Abbott(2), qui avait déjà alimenté le moteur à histoires dans L’inversion de Polyphème et récemment dans Les Navigateurs, avec cette fois l’évocation d’un protocosme(3) : un point de contact entre l’univers quantique et celui des symboles, « le monde des lois accessibles à l’esprit et que nous matérialisons par des signes tracés à la main ». Comme si Ernst Cassirer se cognait à Max Planck !
On suit ces aventures à travers le globe en ne sachant pas où cela nous mène et en apprenant à ne pas avoir la réponse à toutes les questions. Pire, le récit nous laisse au bord d’un mystère plus grand encore, et qui appelle une suite très attendue !
🗒️Notes
(1) On y verra une référence claire au Docteur Moreau, voire même à Felifax pour les amoureux de La Brigade Chimérique. Le savant fou est remplacé par un activiste biopunk, plus ambigu et attaché à la sauvegarde du vivant avec son mouvement Alter-Pongo.
(2) « La plus grande partie de mon être est désormais étalée sous forme géométrique », déclare l’héroïne.
(3) Le terme est connu dans Notre Club pour évoquer le monde souterrain du roman Icosaméron de l’aventurier vénitien Giacomo Casanova, le récit d’un couple d’Anglais faisant la rencontre du peuple des Mégamicres. Outre le thème de la Terre creuse qu’affectionne Serge Lehman, on tisse un autre lien avec l’un de ses ouvrages de prédilection, Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, qu’il mobilise dans sa démonstration de « La légende du Processeur d’Histoires » (L’Art du Vertige).
Vega, extrait © 2022 Editions Albin Michel © Yann Legendre, Serge Lehman



