Sherlock Holmes : Une odyssée martienne (Jean-Pierre Andrevon)

Parution : 2022 | Revue Galaxies Science-Fiction no 79


🪶Un article de | 10/10/2022
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Petit retour de lecture sur une nouvelle de cette revue



Sherlock Holmes : Une odyssée martienne (Jean-Pierre Andrevon)

© 2022 Galaxies Science-Fiction | Illustration de couverture © Philippe Caza
Avec cette nouvelle inédite, Jean-Pierre Andrevon nous invite à assister aux retrouvailles de Sherlock et de Watson qui ne se sont plus revus depuis quelques années, des événements graves faisant que chacun a été très occupé de son côté. Donc une trentaine d’années après leur toute première enquête Une étude en rouge (1887), nous retrouvons les deux amis - qui ont pris un petit coup de vieux - réunis auprès de l’âtre au 221B Baker Street. Confortablement assis dans le canapé face à un Sherlock bien calé dans son fauteuil, un verre de vin rouge en main, nous l’écoutons narrer l’incroyable mission qu’il a effectuée pour le compte de son frère Mycroft durant la Première Guerre mondiale. Il s’agissait pour Sherlock de se faire prisonnier, afin de pouvoir traverser les lignes de front pour gagner le cœur de l’Allemagne et découvrir ce qu’il s’y mijotait, tout particulièrement au sein d’un aérodrome, base de départ pour des engins volants fabriqués par les Teutons dans un endroit beaucoup plus éloigné et inatteignable, à savoir… sur Mars !

Moi qui viens de lire Simulacres martiens d’Eric Brown, je pourrais penser que la tendance est à envoyer Sherlock sur Mars 😉. A l’occasion, j’avais également fait part de mes réserves quant au fait de s’approprier des personnages créés par autrui pour les réutiliser à sa sauce et de manière pas toujours réussie, il faut le dire.

Eh bien, en l’occurrence, j’ai été agréablement surprise. Cette histoire, très bien écrite et intrigante, m’a embarquée d’entrée. J’ai également retrouvé avec plaisir les traits de caractère, ainsi que leur façon de s’exprimer, propres à chacun des protagonistes (Sherlock, Watson, Mme Hudson, Mycroft) et antagoniste (Moriarty). Le clin d’œil à H.G. Wells m’a fait sourire, il est placé au bon moment dans le texte.
« Mars ? Vous voulez dire la planète Mars ? Celle de monsieur Wells ? » (Watson à Sherlock)

Je me suis également amusée à la lecture de certains mots « allemands » qui en fait ne le sont pas du tout, parce qu’ils sont traduits littéralement et ne veulent rien dire, du genre « Eisenarbeitrer ». Cela ne m’étonne pas que Sherlock se soit fait rapidement pincer en s’adressant ainsi aux Prussiens ! 😂

En tant qu’amatrice des enquêtes du célèbre détective du 221B Baker Street et sachant que le machiavélique Moriarty – revenu d’entre les morts – est dans le coup, j’ai vu arriver la chute, que j’ai trouvé bienvenue et subtilement amenée. D’autres lecteurs, à l’instar de ce cher Watson, se feront très certainement piéger. J’en ris d’avance.

De par son style, sa forme, la manière dont les faits sont exposés et sa chute, cette nouvelle aurait pu être écrite par Sir Arthur Conan Doyle lui-même. Imitation doylesque réussie donc, dont la lecture m’a fait plaisir, moi qui aurais tant voulu avoir davantage d’enquêtes de Sherlock Holmes à me mettre sous la dent.

Très chouette nouvelle.

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