Mille marées (Irène Rhoda)
« Aucune intelligence ne peut faire un choix arbitraire à cent pour cent. Il y a toujours une logique sous-jacente, souvent totalement inconsciente. Il y a toujours quelque chose qui fait pencher pour une décision. »
Quelque part dans l’univers, sur une planète inconnue…
Une gynoïde gît au bord d’une mer, adossée à une plante gigantesque. Son torse est lacéré, ses membres sont tous cabossés ; elle ne peut plus marcher. Dans cette inconfortable situation, elle tente de régénérer ses circuits, mais les ressources lui manquent et la météo se montre de plus en plus impitoyable, déchaînant les éléments et faisant monter la marée.
Elle attend, là, seule, la panne ultime, tout en réfléchissant à ce qui a bien pu se passer pour qu’elle se retrouve ici. Hormis quelques bribes de souvenirs, elle ne se souvient plus de rien.
Son regard se perd alors vers le ciel. Où est son capitaine ? Reviendra-t-il la chercher ?
Bon sang, quelle nouvelle ! J’en ai les larmes aux yeux. Sous couvert de la science-fiction, Irène Rodha aborde des thèmes lourds, tels que l’abandon, la solitude, la dégénérescence, l’attente de la mort, la délivrance…
Sous sa plume poétique, naissent des mots, des couleurs, des paysages, un univers à la faune exotique. Et des surprises aussi. La narration sous la forme d’un journal de bord truffé de pensées – si je puis dire – intimes rend d’emblée sensible au sort de cette androïde mal au point.
Je ressors de cette lecture à la fois bouleversée et émerveillée, avec des images plein les yeux. Mille marées, et tout autant d’émotions et de réflexions.
En un mot : magnifique !
Une nouvelle pour laquelle j'ai eu un coup de 🖤.
⚓Chronique initialement publiée en octobre 2022, remise en avant en juillet 2026 suite à la mise à jour de la fiche.


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