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Le plus grand créateur sur Terre | Robert Yessouroun | 2026


🪶Un article de | 14/06/2026
Lu 567 fois



Un peu inspirée par "La Ferme du futur" de Tex Avery, cette fable expose un robot conçu pour concevoir...



Illustration © Schueler-Design, gratuite et libre d'utilisation, https://pixabay.com/fr | Montage © Le Galion des Etoiles
Illustration © Schueler-Design, gratuite et libre d'utilisation, https://pixabay.com/fr | Montage © Le Galion des Etoiles
À Yémima
 
Croyez-vous en l’extraordinaire ? Le pur ? Si oui, cessez donc de subir la morose banalité. Voici de quoi vous aider. C’est parti !
Connaissez-vous le grand hall du musée Rath (prononcez rate) à Genève ? Eh bien, figurez-vous que ce samedi, ce soir même, s’y déroule un vernissage… comment dire ?... exceptionnel : l’inauguration, tenez-vous bien, d’un « phénomène » conçu par la fameuse société Maxoutre.
Allez, n’hésitez pas, entrez, entrez. Voyez, sur le vaste podium doré, sur votre gauche, toute l’équipe responsable du happening, intendance, chercheurs, techniciens, tous attendent de trinquer au champagne ; au centre, sous les faisceaux des projecteurs, une jeune femme élégante vêtue d’une robe de gala parsemée de strass ajuste les deux micros ; sur votre droite, patiente une haute forme recouverte d’un tissu de satin pourpre.
Quelques toux martèlent l’assistance fébrile.
‑ Bonsoir, tout le monde ! Enfin, oui, votre curiosité va être comblée ! Je m’appelle Mia, mais je ne suis pas « Missing In Action ». (Rires épars.) Mon accent trahit mes origines norvégiennes. Diplômée en robotique de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, j’ai l’honneur d’être le porte-parole du génial team de l’entreprise multinationale Maxoutre, qui siège à Liège.
On lui souffle « abrège ! ».
‑ Ce soir, donc, mesdames et messieurs, est un soir pas comme les autres. Une grande première mondiale nous réunit pour…
Tous les regards se détournent vers le colossal objet caché par l’immense voilure écarlate. Aussitôt, plus tôt que prévu, l’éclairage ambiant s’emballe, arborescence bigarrée, croisements d’arcs-en-ciel, pulsation de fontaines incandescentes, et, surtout, les premières mesures de Ainsi parlait Zarathoustra, de Richard Strauss. Des fils invisibles soulèvent solennellement la lourde pièce de satin qui resserre ses plis. On entend des « Ooh ! », des « Waouh ! » des « Dieu existe ! »
Sous les projecteurs solaires, avec ses 1,85 mètres, il salue avec l’élégance tout en retenue d’un pape. Pourtant, il a l’allure d’un jardinier avec son tablier vert gazon. Soucieuse de finition, l’esthéticienne de l’équipe l’a coiffé d’une perruque rousse. Son visage de bûcheron contraste avec son regard doux, paisible.
‑ Je vous présente, mesdames et messieurs, le dernier cri de notre laboratoire d’avant-garde : Créatissim !
Acclamations debout, ovations nourries de « Hourra¨ », de « My lord ! », de « Alléluia ! ».
‑ Merci pour lui. Maintenant, voici la grande démonstration du savoir-faire de Créatissim, le créateur artificiel le plus génial de la planète.
Lentement, d’un pas de loup, l’androïde s’approche d’un tableau à feuilles mobiles, sur lequel, avec une dextérité confondante, il griffonne des calculs, trace des schémas fléchés, soudain se tourne vers le public pour déclarer de sa voix de stentor sage :
‑ Chère assemblée, ce genre de cérémonie officielle ne favorise-t-elle pas la tension, donc la pesanteur ? Voici donc mon BAG.
Tous les spectateurs tendent le cou, suspendus aux lèvres synthétiques du robot.
‑ Soyons clairs, comme il se doit, poursuit l’androïde. Je viens de créer en théorie une Bulle Anti-Gravité. Elle vous enveloppera, vous soulèvera, vous déplacera n’importe où, selon la vitesse souhaitée, avec la sensation d’être léger comme un duvet.
Tonnerre d’applaudissement. Mia rougit de plaisir :
‑ Et ce n’est pas tout, mesdames et messieurs…
On entend alors un grondement provenant du plafond : un drone en descente vient déposer un sac volumineux. Le robot se penche sur la livraison, ouvre celle-ci, et, avec une agilité vertigineuse, grâce à ses outils et à diverses substances en boîte, comme pressé par l’urgence, il se met à réaliser sa bulle anti-gravité.
Bientôt, un volontaire se prête pour une démonstration. On encourage le cobaye. Une fois l’ouverture de la bulle refermée, on voit le passager de l’ovoïde décoller du podium, pour foncer, mi-souriant, mi-inquiet, vers la sortie principale.
Le lendemain, l’exploit fait la une des derniers journaux. Dans les médias, les réseaux sociaux, on ne parle que de ce miracle. Créatissim assure le buzz. Il signe un contrat avec la compagnie Maxoutre, contrat dans lequel le robot s’engage pendant une année à produire une création par jour. Une par jour ! La multinationale lui procure un atelier dans un local désaffecté attenant à la halle de fret de l’aéroport de Genève-Cointrin. Ce lieu semble d’autant plus idéal que les objets prototypes de l’androïde pourraient ainsi être acheminés facilement, via un avion cargo, vers les grandes capitales, partout dans le monde.
Sans plus attendre, ce dimanche matin, l’automate active ses recherches, imperturbable malgré le vacarme des turbines lors des décollages ou des atterrissages. En fin de journée, probablement inspiré par la montée régulière des décibels du transport aérien, il achève, la mine victorieuse, sa « parabole du silence ». Ce dispositif semblable à un radar aplanit jusqu’au niveau zéro les ondes sonores de toute origine, qu’elles émanent du chant d’un merle ou d’une perceuse à piston qui s’attaque au béton armé jusqu’aux dents. Fier de son bébé, Créatissim propose de la baptiser « Silenciaire ».
‑ On va se l’arracher, promet-il. Fini, le triomphe des nuisances sonores dans les villes !
Le lundi, commence les 12 heures de grève des aiguilleurs du ciel. La journée se montre calme et propice à un regard tourné vers l’habitat intime. L’androïde élabore durant cette période paisible les plans détaillés de « La belle verte », une maison tout entière vouée à la décoration botanique : dans chaque pièce de la demeure (même les toilettes), murs, plancher, plafond seraient tapissés de végétaux naturels, donc vivants. Le mouillage automatique serait assuré sans gêne pour les occupants. Toutefois, tous les 15 jours, un parapluie serait recommandé (y compris aux toilettes) lors de l’arrosage des plafonds
Le mardi, tôt le matin, un intrus dans l’atelier, un douanier proche de la retraite, plus saoul que mal luné, lui cherche noise :
‑ Ouste, sale machine ! T’as rien à foutre par ici !
Pas désemparé pour un sou, Créatissim s’en débarrasse en piratant le téléphone de l’importun. Une alerte appelle en urgence le fonctionnaire au contrôle des passeports du terminal 2. Cet incident regrettable incite le génie en l’androïde à mettre au point son « spray courtois ». Vers midi, il présente à la caméra posée sur son bureau une sorte de canette émettrice de phéromones.
‑ Avec un simple jet, explique-t-il, vous rendez poli et même aimable votre interlocuteur criseux. Voilà qui garantit la paix dans les relations humaines souvent difficiles.
Le mercredi, alors que le robot se promène sur le tarmac, histoire de se dérouiller les jambes, il aperçoit la camionnette qui livre les plateaux-repas à l’Airbus en partance pour Tokio. Ça ne doit pas être commode de contenter tous les passagers avec ces menus sous cellophane, pense-t-il. À la suite de ce constat, il s’attelle à la tâche, si bien qu’au coucher du soleil, il serre la dernière vis de la salière « qui change à votre goût le goût d’un plat déplaisant ».
‑ Ce correcteur de goût, je lui prédis un brillant avenir, se félicite-t-il.
Le jeudi, dans une salle de réunion voisine de son atelier, Créatissim perçoit des éclats de voix. La séance houleuse semble attisée par des désaccords au moment de la prise de décision.
À l’aide de carafes et d’alambics, il prépare alors un mélange chimique de liquides dont les vapeurs troublent jusqu’aux dernières mouettes de l’aéroport. C’est que ces oiseaux respirent l’essence volatile du parfum « Oui dire », l’arôme qui fait acquiescer. Il sera fort utile lors d’une assemblée générale divisée sur l’avenir. Juste avant le vote lors d’un choix controversé, le participant favorable à l’une des alternatives s’asperge du « Oui dire », et hop ! le tour est joué. Pourra aussi servir afin de séduire ou d’éduquer les enfants, surtout à l’adolescence.
Le vendredi, pour vider dans les toilettes un flacon d’alcool éventé, Créatissim doit traverser une zone de transit de l’aéroport. Là, une image le frappe : un voyageur assis, tête fléchie, paupières en sommeil, retient encore à peine entre ses mains un livre, Le roman de la momie, par Théophile Gautier.
De retour dans son atelier, il bricole allègrement son laser frontal tonique. À haute voix, il anticipe déjà la publicité pour son article :
‑ Vous lisez un livre, vous regardez un film. Hélas, voici qu’une fois de plus, un passage vous pousse à hiberner. Pas de souci, vous enclenchez votre laser frontal. Aussitôt un rayon mauve cible la zone à calme plat pour intégrer au récit somnifère, trop lent, trop mou, une intrigue de derrière les fagots, un suspense à vous ratisser les bronches, un coup de théâtre qui résonne jusqu’aux mâchoires. Se priver de mon « Tonic generator », quelle folie !
Samedi matin, sur l’un des écrans de surveillance de son atelier, Créatissim assiste en direct à l’arrestation d’un passeur de cocaïne. Le malfrat est menotté, emmené par deux barbouzes vers un fourgon de police.
Ni une, ni deux, l’androïde s’investit dans la réalisation d’un logiciel qui traque l’économie souterraine, le trafic de drogue, les produits frelatés. Les algorithmes dépistent les réseaux masqués, leurs organigrammes secrets, repèrent grâce à une escadrille de puces volantes les agents mafieux qu’elles neutralisent par la ruse, chacun persuadé qu’un complice est un mouchard sur le point de le trahir. Paniers de crabes à gogo, impitoyables règlements de compte à tous les coups.
Dimanche à la radio, flash spécial. Énorme chaos chez notre pays voisin : l’État est paralysé, le gouvernement démissionne, les services publics ne sont plus fonctionnels. La rue s’embrase. Les médias ne décolèrent plus, les partis s’invectivent, s’insultent.
Créatissim croit alors bon de rédiger un texte souverain, son futur CU, la Constitution Universelle qui instaure un régime durable, valable en tout temps, en tout lieu, indépendant de la culture, de la religion, de toute idéologie partisane. Tous ses articles seront applicables sur le champ, dès sa parution.
Le soir, au comble de la satisfaction, l’androïde est surpris par l’irruption soudaine d’un groupe d’humains dans son atelier sacré.
‑ Comment osez-vous ? articule-t-il.
Le comité de juristes et de techniciens se présente, envoyé par la commission mixte de supervision, laquelle associe des représentants de Maxoutre et du Parquet de Genève. Créatissim comprend vite qu’il y a anguille sous roche. Le président du comité prend la parole :
‑ Toutes vos créations, sans exception, génèrent des PIC, des Problèmes Imprévus Collatéraux. (Il déplie une liste.) Votre bulle anti-gravité est réfractaire aux personnes en surpoids. Une telle discrimination entraîne un risque élevé de poursuites devant les tribunaux. Votre parabole, dite « Silenciaire », s’avère dangereuse, car elle rend muette toute forme d’alarme sonore. Votre « Belle verte », cette maison tapissée de plantes à tous les étages se révèle être un repaire pandémique pour bestioles toxiques. Votre spray courtois peut trop apaiser le sauveur qui peste à retirer du péril l’inconscient qui tourne le dos à la menace. Votre correcteur de goût risque de masquer les mets avariés. Votre parfum « Oui dire », qui force l’approbation pose un problème juridique majeur, puisqu’il contrevient au droit à la liberté des victimes de l’exhalaison. Autre souci légal, votre « Tonic generator » qui modifie un livre ou un film enfreint les droits d’auteur. Votre logiciel anti-trafiquant confond les hors-la-loi avec les taupes, les infiltrés de la police. Quant à votre CU, la constitution universelle, elle pèche contre le fondement de la démocratie : elle n’est pas soumise au Peuple.
‑ Mmh, mmh, fait le robot.
‑ Il va de soi que si vous ne remédiez pas promptement à ces graves inconvénients, nous considérerons que notre contrat est rompu, dit le représentant de Maxoutre.
‑ Pire, nous devrons d’une manière ou d’une autre mettre un terme à vos activités, tranche le procureur membre du comité.
‑ Intéressant, commente l’androïde. Merci de votre éclairage. Je retourne immédiatement à mes œuvres.
Le comité parti, l’automate créateur ne tient pas parole. Comme si désormais ses inventions l’incommodaient, grâce à son module de secours, il entre dans une profonde méditation qui déroule des formules ésotériques, puis consulte d’innombrables documentaires animaliers du National Geographic.
Une semaine passe, sans le moindre élément nouveau. Le contrat d’une invention par jour paraît en rade.
La semaine suivante, Créatissim plonge dans une activité fébrile : mesures, graphiques multicolores, commande de pièces détachées, assemblages, câblages, ajustements, tests, touche finale.
Le jour du Seigneur, il convoque enfin le comité dans son atelier où tout semble encore en chantier. Au centre, une immense armoire de chêne.
‑ Voici ce qui va surpasser toutes mes actions antérieures, annonce-t-il avec orgueil.
Il ouvre les battants du meuble.
‑ Tu peux sortir, Bis.
S’extrait du placard un androïde, la réplique exacte, parfaite de Créatissim.
‑ Vous voyez ? C’est moi. À ma place, il honorera la suite de mes productions, conformément à notre contrat. Bien sûr, il trouvera une solution à toutes les complications qu’ont entraînées mes chers babies.
Lourd silence.
‑ Pour ma part, je m’éclipse. Oui, j’ai besoin de vacances pour explorer les fonds sous-marins des abysses. Au bout du compte, la Nature se montre plus forte que moi. Je dois en prendre de la graine. C’est Elle le plus grand créateur de la Terre. Et Elle se fiche comme de Sa première bactérie de vos PIC, de vos problèmes imprévus collatéraux. Quel fou d’artifice pourrait les anticiper tous, sans exception ?

Robert Yessouroun
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💬 Vos commentaires

1.Posté par Koyolite TSEILA le 14/06/2026 09:32 | Alerter
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KoyoliteTseila
Aucune création humaine - même géniale, même artificielle, même infiniment productive - ne peut rivaliser avec la complexité, l’équilibre et l’imprévisibilité de la Nature. Et surtout : toute invention, aussi brillante soit‑elle, entraîne des conséquences imprévues... Je dirais même que, toute invention/création sans éthique ni réflexion, peut mener au chaos. J'aime bien la conclusion de cette fable sur le futur qui me donne de la matière à réflexion, tandis que je finis de boire mon café. Merci, Robert, pour cette lecture.

2.Posté par Jean Christophe GAPDY le 14/06/2026 10:13 | Alerter
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JCGapdy
Tout idem... la conclusion est excellente.
Ce, bien que notre androïde géant fuit quelque peu ses responsabilités et s'en décharge sur son double, le meilleur est bien pour la fin.👍

3.Posté par Michel MAILLOT le 14/06/2026 15:51 | Alerter
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mmaillot
Créatissim se révèle donc parfaitement humain en se faisant toréador devant le taureau des conséquences de ses actes. Olé ! d'un joli effet de sa cape, il esquive. Voilà qui est bien proche de nos comportements devant l'adversité. Quant à la nature, elle revient au galop pour signifier que rien n'est jamais acquis, définitif, qu'il faut compter sur elle et sur son incessante évolution pour bousculer les certitudes. Allez hop, retour à l'envoyeur, avant que Bis ne se mette à construire Ter, les humains devraient peut-être se poser des questions sur le bazar qu'ils mettent sur leur planète. Pourquoi pas éviter de créer des problèmes pour ne pas avoir à trouver des solutions imparfaites ?

Merci Robert pour cette nouvelle fable et bravo pour toutes ces inventions !

4.Posté par Éric MARIE le 14/06/2026 16:40 | Alerter
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ATRAVERSLESPACE
Maintenant que j'ai semé le bordel, je vous passe la patate chaude. Très humain que tout cela. Mais comme l'homme n'apprend jamais de ses erreurs, il faut croire cette fable n'en est pas une, seulement de la prospective. Bravo Robert.

5.Posté par Christobal COLUMBUS le 15/06/2026 07:15 | Alerter
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ChristoColumbus
À déplacer ou créer les problèmes, cet androïde aurait pu avoir une belle reconversion en politique.
Quant à l'imagination et la création par IA, la question reste posée de savoir si ces inventions sont bien d'origine "artificielle" puisque l'IA a été inventée par l'humain et elle ne fait que se référer aux informations humaines 🤔
Il est tout de même à se demander où l'on en serait en ce moment si Einstein avait eu à disposition les supercalculateurs d'aujourd'hui.
Très belle fable qui nous transporte ou nous fait réfléchir comme souvent Robert !

6.Posté par B BLANZAT le 19/06/2026 11:14 | Alerter
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Blanzat
Enfer du techno-solutionnisme ! J'ai publié il y a quelque temps un texte intitulé Le Bureau des Solutions Technologiques, et je dois constater que les propositions de Creatissim dépassent de loin ma créativité ! Un Géotrouvetou et son filament final aussi génial que nocif, ça montre assez bien l'ère du temps.
Je confesse néanmoins, en misérable misophone, que le silenciaire m'intéresse fortement, tant mes trajets quotidiens peuvent être pollués par mes congénères.
Un texte très inspirant !

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