QuatriĂšme de couverture
Ce rĂ©cit Ă©voque quelques impressions sur des personnages rĂ©els : Gustave Flaubert, Giovanni Bottesini, Rouen, le pont Gustave Flaubert... Un grand Ă©crivain, un compositeur de musique oubliĂ©, une ville normande, un pont levant peuvent-ils s'emmĂȘler dans la mĂȘme intrigue ? Giovanni Bottesini (1821-1889) et Gustave Flaubert (1821-1880) se sont-ils rencontrĂ©s ? Ce "roman", trĂšs imaginaire, oĂč il est question : d'un vĂ©lo volĂ©, d'un opĂ©ra disparu, du dĂ©tective privĂ© Jules Kostelos, d'une bibliothĂ©caire portant le nom de SalammbĂŽ, du chat noir Charles Hockolmess et d'un rassemblement de vieux grĂ©ements Ă Rouen en 2017, apportera-t-il une rĂ©ponse ?
Note de l'auteur
Pourquoi est-ce que j'ai écrit ce roman ?
Ce livre est une fantaisie nĂ©e de l'envie de brosser un rĂ©cit dont le pont Gustave-Flaubert serait comme un sorte d'accompagnement de contrebasse: une prĂ©sence/absence, une discrĂšte suite de notes dont on pourrait presque se passer et qui sont pourtant indispensables. Depuis longtemps je m'interroge sur les rapports entre Flaubert et la musique. Il y a de la musique dans son Ă©criture, mais comment Ă©coutait-il la musique des musiciens? A travers une aventure du «dĂ©tective privé» Jules Kostelos, la parole sera largement donnĂ©e Ă Flaubert dans un roman oĂč rĂ©apparaĂźt Charles Hockolmess le chat noir au chapeau melon mais aussi un certain Giovanni Bottesini virtuose de la contrebasse et contemporain de Gustave Flaubert...Un hommage Ă Gustave Flaubert qui se dĂ©roule dans une ville de Rouen quelque peu revisitĂ©e par le rĂȘve...
Ce livre est une fantaisie nĂ©e de l'envie de brosser un rĂ©cit dont le pont Gustave-Flaubert serait comme un sorte d'accompagnement de contrebasse: une prĂ©sence/absence, une discrĂšte suite de notes dont on pourrait presque se passer et qui sont pourtant indispensables. Depuis longtemps je m'interroge sur les rapports entre Flaubert et la musique. Il y a de la musique dans son Ă©criture, mais comment Ă©coutait-il la musique des musiciens? A travers une aventure du «dĂ©tective privé» Jules Kostelos, la parole sera largement donnĂ©e Ă Flaubert dans un roman oĂč rĂ©apparaĂźt Charles Hockolmess le chat noir au chapeau melon mais aussi un certain Giovanni Bottesini virtuose de la contrebasse et contemporain de Gustave Flaubert...Un hommage Ă Gustave Flaubert qui se dĂ©roule dans une ville de Rouen quelque peu revisitĂ©e par le rĂȘve...
Fiche de lecture
P. 263 : « Tous ces grands princes de la marine Ă voiles Ă©taient obligĂ©s de baisser la tĂȘte sous le ventre de ce pont qui malgrĂ© ses cinquante mĂštres de haut, ne parvenait pas Ă atteindre la hauteur des plus grands mĂąts. Tous avaient donc dĂ» rabattre un peu, replier, dĂ©monter, le haut de leurs mĂąts pour ne pas dĂ©passer la hauteur limitĂ©e. CâĂ©tait donc Ă une longue procession de navires un peu abattus, Ă laquelle on pouvait assister. Comme sâils avaient reçu le ciel sur la tĂȘte, ils dĂ©filaient telle une forĂȘt Ă©laguĂ©e, les voiliers rapetassĂ©s. Le spectacle Ă©tait grandiose tout de mĂȘme. Le pont, Ă©levĂ© de toute sa hauteur semblait sensible Ă lâhommage qui lui Ă©tait rendu. Chaque Ă©quipage y allait de sa sirĂšne, les mĂąts Ă©taient pavoisĂ©s de toutes les couleurs. La cuvette dans laquelle Rouen somnolait se transformait en un rĂ©sonnant amphithéùtre, rempli des vibrations dâun orgue gigantesque dont les tuyaux faisaient sonner leurs harmoniques sous la lyre du pont dont les cordages Ă©taient tendus Ă lâextrĂȘme. »
2017. Tandis que dehors a lieu - comme tous les 4 ans - un grand rassemblement de voiliers au port de Rouen, le dĂ©tective Jules Kostelos, lui, est confortablement installĂ© chez lui dans son fauteuil Voltaire, occupĂ© Ă la lecture dâun vieux livre en papier du cĂ©lĂšbre Ă©crivain Gustave Flaubert. RĂȘveur, il laisse son regard vagabonder sur une gravure en noir et blanc reprĂ©sentant deux individus, tout en sâattardant sur la signature au bas de celle-ci : « JL ». Que signifient ces initiales ? Qui se cache derriĂšre celles-ci ? VoilĂ une Ă©nigme que, en tant que dĂ©tective, il se doit de rĂ©soudre. Câest alors que son tĂ©lĂ©phone sonne. Son interlocuteur, le commissaire Jeton, le branche sur une enquĂȘte de la plus haute importance : le vol de son propre vĂ©lo !
Sur le thĂšme du Pont Gustave-Flaubert, Pierre Thiry compose des aventures dans lesquelles il donne libre cours Ă sa fantaisie. Des histoires Ă priori sans rapport les unes avec les autres, mais qui, petit Ă petit, se recoupentâŠ
2017. Tandis que dehors a lieu - comme tous les 4 ans - un grand rassemblement de voiliers au port de Rouen, le dĂ©tective Jules Kostelos, lui, est confortablement installĂ© chez lui dans son fauteuil Voltaire, occupĂ© Ă la lecture dâun vieux livre en papier du cĂ©lĂšbre Ă©crivain Gustave Flaubert. RĂȘveur, il laisse son regard vagabonder sur une gravure en noir et blanc reprĂ©sentant deux individus, tout en sâattardant sur la signature au bas de celle-ci : « JL ». Que signifient ces initiales ? Qui se cache derriĂšre celles-ci ? VoilĂ une Ă©nigme que, en tant que dĂ©tective, il se doit de rĂ©soudre. Câest alors que son tĂ©lĂ©phone sonne. Son interlocuteur, le commissaire Jeton, le branche sur une enquĂȘte de la plus haute importance : le vol de son propre vĂ©lo !
Sur le thĂšme du Pont Gustave-Flaubert, Pierre Thiry compose des aventures dans lesquelles il donne libre cours Ă sa fantaisie. Des histoires Ă priori sans rapport les unes avec les autres, mais qui, petit Ă petit, se recoupentâŠ
Le Pont Gustave-Flaubert | Photo issue de Wikipédia
MusicalitĂ© des mots, arpĂšges dâadjectifs, triolets de verbes et de substantifs, bĂ©carres de ponctuations, gammes de poĂ©sie, variations de rythmes⊠cet ouvrage mâĂ©voque une composition musicale (de jazz peut-ĂȘtre ?) qui a pour thĂšme principal « Le Pont Gustave-Flaubert », un thĂšme sur lequel le musicien quâest Pierre Thiry a plaisir Ă jouer une sĂ©rie dâimprovisations et de dĂ©clinaisons, des solos de petites notes issues de son imagination.
P. 109 : « FascinĂ©, il regardait la silhouette du pont Gustave-Flaubert qui le narguait. Dans le brouhaha des badauds et des bateaux, il lui semblait que les cĂąbles qui descendaient des quatre papillons du pont Ă©taient de gigantesques cordes de contrebasse, vibrant dâun ronflement prodigieux, subjuguant la foule de leurs pizzicati invraisemblablement graves. »
Ce roman est Ă©galement un hommage de Pierre Thiry Ă lâĂ©crivain Gustave Flaubert, contemporain de Charles Baudelaire, qui marqua la littĂ©rature du XIXĂšme siĂšcle. Jadis Ă la fois admirĂ© pour sa force littĂ©raire et contestĂ© pour des raisons morales, de nos jours, Gustave Flaubert est considĂ©rĂ© comme lâun des plus grands romanciers de son Ă©poque.
P. 109 : « FascinĂ©, il regardait la silhouette du pont Gustave-Flaubert qui le narguait. Dans le brouhaha des badauds et des bateaux, il lui semblait que les cĂąbles qui descendaient des quatre papillons du pont Ă©taient de gigantesques cordes de contrebasse, vibrant dâun ronflement prodigieux, subjuguant la foule de leurs pizzicati invraisemblablement graves. »
Ce roman est Ă©galement un hommage de Pierre Thiry Ă lâĂ©crivain Gustave Flaubert, contemporain de Charles Baudelaire, qui marqua la littĂ©rature du XIXĂšme siĂšcle. Jadis Ă la fois admirĂ© pour sa force littĂ©raire et contestĂ© pour des raisons morales, de nos jours, Gustave Flaubert est considĂ©rĂ© comme lâun des plus grands romanciers de son Ă©poque.
Gustave Flaubert (1821-1880) | Photo issue de Wikipédia
Mais ce roman est aussi un hommage de Pierre Thiry Ă la ville de Rouen, ainsi quâĂ ses nombreux lecteurs. Tel un musicien sur scĂšne, Pierre Thiry adresse des clins dâĆil Ă son auditoire, qui ne pourra quâapprĂ©cier cette chaleureuse attention.
P. 261, hommage de lâauteur au Galion des Etoiles : « DerriĂšre cette goĂ©lette venait Le Galion des Etoiles, un immense navire Ă trois-mĂąts, arborant un drapeau EuropĂ©en rempli dâĂ©toiles. Il avait Ă©tĂ© affrĂ©tĂ© par lâassociation des blogueurs littĂ©raires amateurs de littĂ©rature fantastique. Ses cales abritaient une mĂ©diathĂšque dâun Ă©clectisme joyeux. Sur le pont, aux sons dâune composition de John Cage, un robot trapu en forme de lave-vaisselle humaniste dansait en enlaçant tendrement une longiligne lunette astronomique, montĂ©e sur quatre pieds qui lui donnaient une allure de girafe futuriste. Ce navire avançait Ă lâaide de voiles et de grands panneaux solaires. »
En plus de son aspect musical, ce roman possĂšde une autre particularitĂ©, qui est celle dâavoir intĂ©grĂ© dans la narration des morceaux de textes de Gustave Flaubert (les notes en bas de pages permettent de sâinstruire et invitent le lecteur Ă dĂ©couvrir - ou redĂ©couvrir - les Ă©crits de Gustave Flaubert dans leur contexte original). Ce mĂ©lange de textes « Thiry-Flaubert » est « harmonieusement dissonant ». Harmonieux, parce que les textes de Gustave Flaubert choisis par Pierre Thiry sâincorporent â ĂŽ vĂ©ritable prouesse !- parfaitement Ă son histoire. Et dissonant (mais loin dâĂȘtre dĂ©sagrĂ©able, au contraire !), parce que les deux auteurs possĂšdent deux styles bien diffĂ©rents, bien distincts, propres Ă eux. Cette alternance de styles est intĂ©ressante. Le « Thiry-Flaubert » mâĂ©voque un morceau de piano Ă quatre mains, un jeu pianistique exĂ©cutĂ© par deux interprĂštes sur le mĂȘme piano.
Pierre Thiry prĂ©sente une gamme de personnages originaux. Parmi ceux-ci, mes prĂ©fĂ©rĂ©s sont le dĂ©tective Jules Kostelos et la bibliothĂ©caire SalammbĂŽ (personnage imaginaire, dont le prĂ©nom a Ă©tĂ© inspirĂ© Ă Flaubert par lâun des surnoms de la dĂ©esse Ă©gyptienne AstartĂ© : Selem-Baal), ainsi que le chat noir Charles Hockolmess (personnage du livre « RamsĂšs au Pays des Points-virgules ), que je retrouve ici avec plaisir.
P. 261, hommage de lâauteur au Galion des Etoiles : « DerriĂšre cette goĂ©lette venait Le Galion des Etoiles, un immense navire Ă trois-mĂąts, arborant un drapeau EuropĂ©en rempli dâĂ©toiles. Il avait Ă©tĂ© affrĂ©tĂ© par lâassociation des blogueurs littĂ©raires amateurs de littĂ©rature fantastique. Ses cales abritaient une mĂ©diathĂšque dâun Ă©clectisme joyeux. Sur le pont, aux sons dâune composition de John Cage, un robot trapu en forme de lave-vaisselle humaniste dansait en enlaçant tendrement une longiligne lunette astronomique, montĂ©e sur quatre pieds qui lui donnaient une allure de girafe futuriste. Ce navire avançait Ă lâaide de voiles et de grands panneaux solaires. »
En plus de son aspect musical, ce roman possĂšde une autre particularitĂ©, qui est celle dâavoir intĂ©grĂ© dans la narration des morceaux de textes de Gustave Flaubert (les notes en bas de pages permettent de sâinstruire et invitent le lecteur Ă dĂ©couvrir - ou redĂ©couvrir - les Ă©crits de Gustave Flaubert dans leur contexte original). Ce mĂ©lange de textes « Thiry-Flaubert » est « harmonieusement dissonant ». Harmonieux, parce que les textes de Gustave Flaubert choisis par Pierre Thiry sâincorporent â ĂŽ vĂ©ritable prouesse !- parfaitement Ă son histoire. Et dissonant (mais loin dâĂȘtre dĂ©sagrĂ©able, au contraire !), parce que les deux auteurs possĂšdent deux styles bien diffĂ©rents, bien distincts, propres Ă eux. Cette alternance de styles est intĂ©ressante. Le « Thiry-Flaubert » mâĂ©voque un morceau de piano Ă quatre mains, un jeu pianistique exĂ©cutĂ© par deux interprĂštes sur le mĂȘme piano.
Pierre Thiry prĂ©sente une gamme de personnages originaux. Parmi ceux-ci, mes prĂ©fĂ©rĂ©s sont le dĂ©tective Jules Kostelos et la bibliothĂ©caire SalammbĂŽ (personnage imaginaire, dont le prĂ©nom a Ă©tĂ© inspirĂ© Ă Flaubert par lâun des surnoms de la dĂ©esse Ă©gyptienne AstartĂ© : Selem-Baal), ainsi que le chat noir Charles Hockolmess (personnage du livre « RamsĂšs au Pays des Points-virgules ), que je retrouve ici avec plaisir.
SalammbÎ, peinture par Gaston BussiÚre, 1907 | Photo issue de Wikipédia
Bien sĂ»r, cet ouvrage nâest pas sans petits dĂ©fauts. On y trouve quelques rĂ©pĂ©titions ou descriptions qui alourdissent le rĂ©cit dans certains passages. De mĂȘme, la mise en page nâest pas parfaite. Pierre Thiry est un auteur qui a recours Ă lâautoĂ©dition (Book on Demand). A travers ses deux prĂ©cĂ©dents petits livres (et celui-ci aussi, je lâespĂšre !), il a su conquĂ©rir le cĆur de ses lecteurs grĂące Ă son joli style poĂ©tique et son imagination. Ce qui lui faudrait Ă prĂ©sent pour pouvoir vĂ©ritablement dĂ©coller, câest un Ă©diteur qui prenne en charge la logistique et la promotion de ses oeuvres. Alors : Ă bon entendeur !
En conclusion, ce qui m'a plu dans cette lecture, câest lâoriginalitĂ© de lâĆuvre et sa musicalitĂ©. Cet ouvrage a quelque chose dâunique, que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Il devrait tout particuliĂšrement plaire aux amateurs de littĂ©rature.
En conclusion, ce qui m'a plu dans cette lecture, câest lâoriginalitĂ© de lâĆuvre et sa musicalitĂ©. Cet ouvrage a quelque chose dâunique, que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Il devrait tout particuliĂšrement plaire aux amateurs de littĂ©rature.


jc.gapdy.fr