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L'Autoroute sauvage | Tome 1 : Kilomètre 666 | Mathieu Masmondet, Zhang Xiaoyu | 2015

D'après l'oeuvre de Julia Verlanger


Un article ajouté/rédigé par | 20/01/2023 | Lu 84 fois




L'Autoroute sauvage (T1) @ 2015 Les Humanoïdes Associés
L'Autoroute sauvage (T1) @ 2015 Les Humanoïdes Associés
Pour survivre aux dangers de la France post-apocalyptique, Mo a fait le choix de voyager. Seul. Mais sa route croise celle d’Hélène, une jeune femme qui cherche à atteindre Paris…

Le monde d’aujourd’hui n’est plus. Au milieu des décombres de notre époque, les hommes évoluent dans un environnement sauvage et menaçant, où la survie a pris le pas sur l'humanité. Certains forment de petites communautés, on les appelle les Groupés. Les autres suivent leurs chemins seuls et prennent le nom de Solitaires.

C’est le cas de Mo, imposant et taciturne, qui parcourt l’autoroute au rythme des saisons. Lorsque celui-ci sauve Hélène d’une bande de pillards, tous deux poursuivent leur route ensemble, unissant leurs destinées…

Fiche de lecture

L'Autoroute sauvage, l'intégrale @ 2021 Les Humanoïdes associés
L'Autoroute sauvage, l'intégrale @ 2021 Les Humanoïdes associés
Adaptation très réussie du roman de Julia Verlanger « L’Autoroute Sauvage », cet album éponyme nous entraîne depuis l’île de Porquerolles vers Paris dans un « roadtrip » hallucinant, sur une Autoroute du Soleil délabrée, parsemée d’épaves, hantée par des « groupés » dégénérés et agressifs quand ce n'est pas par des bandes d’errants cannibales.

Le roman de Julia Verlanger donnait le ton, en enchainant sans discontinuer les scènes d’action et en les plantant dans un décor post-apocalyptique. Ce livre est très visuel, sa déclinaison sous forme de BD s’imposait comme une évidence. Cependant le défi à relever était à la hauteur de la réputation de l’ouvrage, car celui-ci tient le lecteur en haleine du début à la fin. C’était donc en assurant un rythme haletant qu’il convenait de transposer cette œuvre graphiquement. Les auteurs, Mathieu Masmondet au stylo et Zhang Xiaoyu au pinceau ont manifestement rempli ce contrat.

Quelques libertés sont prises par rapport au modèle initial : les héros portent un autre nom, et Mo (Gérald dans le livre) présente dans l’album un comportement taciturne qu’il n’a pas à l’origine. Les auteurs en ont fait une armoire à glace, je l’aurais pour ma part imaginé plus fin, plus nerveux, plus sec quelque part, mais cet aspect des choses n’altère pas l’ambiance générale et le déroulé du film. L’héroïne, (Hélène ici, Annie dans le livre) est une petite emmerdeuse obsédée par la destination qu’elle doit atteindre à tout prix, Paris, et qui devient inévitablement la compagne de Mo.

Les décors dans lesquels évoluent nos personnages sont tout simplement magnifiques. Zhang Xiaoyu, dessinateur de « Crusades » aux Humanoïdes a un talent fou. Ses paysages sont terriblement évocateurs avec une économie surprenante d’effets. De grands pans de ciel évoquent à merveille l’horizon sans borne qui s’offre à nos marcheurs sur l’asphalte de l’A7/A6. On y est, on avance avec eux…

A travers les physionomies de ses personnages, Zhang Xiaoyu exprime toute une palette de sentiments complexes, la douleur, la brutalité, l’indifférence feinte, la joie, l’attente et… l’amour. Car le livre de Julia Verlanger est une romance, une histoire d’amitié et d’amour dans un monde dément où la vie n’a aucune valeur, où les dangers sont légion et où le mot survivre acquiert tout son sens. L’évolution psychologique du héros principal, Gérald, alias Mo, de la sauvagerie de sa condition de solitaire à celle d’un futur rédempteur est aussi une ligne de force de l’ouvrage.

Adapter donc « L’Autoroute Sauvage » n’était pas si facile qu’on aurait pu le croire venant d'un roman du Fleuve Noir Anticipation, aussi le scénario et le découpage de Mathieu Masmondet sont-ils à la hauteur de la tâche : l’auteur s’en est acquitté avec bonheur.

Cet album est le premier d’une série de trois qui couvre l’ensemble du roman, lui-même tome 1 d’une trilogie. Le départ de Porquerolles n’est pas anodin : Julia y passait ses vacances et envisageait avec son mari de s’y retirer l’heure de la retraite venue. Hélas le destin ne l’entendit pas de cette oreille. Pour l’avoir connue, je suis sûr qu’elle aurait aimé cette adaptation.

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Didier Reboussin
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