Ecole et éducation du futur (anthologie) @ 2024 Arkuiris | Illustration de couverture @ Phillipe Caza
QuatriĂšme de couverture
La pandĂ©mie de Covid-19 a bouleversĂ© bien des secteurs, parmi lesquels celui de l'Ă©cole : enseignement Ă distance, cours rĂ©alisĂ©s masquĂ©s, protocoles contraignants... ParallĂšlement, l'Ă©ducation demeure au cĆur des prĂ©occupations nationales, mise au service de problĂ©matiques Ă©conomiques ou politiques, mĂȘme si les moyens qui lui sont accordĂ©s sont bien souvent nettement insuffisants pour atteindre les performances que les gouvernements en exigent.
La science-fiction, dans ce domaine, a assurément son mot à dire.
Quelle sera l'école de demain ? Sera-t-elle de plus en plus connectée et numérique ? Pourra-t-elle se passer d'établissements spécifiquement dédiés, d'enseignants spécialisés ?
Aucune raison, d'ailleurs, de s'arrĂȘter Ă la seule planĂšte Terre. L'Ă©cole et l'Ă©ducation d'une humanitĂ© ou transhumanitĂ© ayant le systĂšme solaire ou la galaxie comme Ă©chelles seraient forcĂ©ment diffĂ©rentes.
La science-fiction, dans ce domaine, a assurément son mot à dire.
Quelle sera l'école de demain ? Sera-t-elle de plus en plus connectée et numérique ? Pourra-t-elle se passer d'établissements spécifiquement dédiés, d'enseignants spécialisés ?
Aucune raison, d'ailleurs, de s'arrĂȘter Ă la seule planĂšte Terre. L'Ă©cole et l'Ă©ducation d'une humanitĂ© ou transhumanitĂ© ayant le systĂšme solaire ou la galaxie comme Ă©chelles seraient forcĂ©ment diffĂ©rentes.
Sommaire
- Préface de Grégory Chambat
- Avant-propos : Abattre les murs de verre de Jean-Guillaume Lanuque
1. Révolution numérique de Laura Ferret-Rincon
2. Déviant de Hana HojH
3. Atlantis de Tanguy Przybylski
4. Migraine de Fabien Garino
5. Journal partagé de Louise Sbretana
6. Des puces dans la tĂȘte de Alain Rozenbaum
7. CPP-P de Vanessa Ettorre
8. Randonnée scolaire de Julie Conseil
9. QI Suis-je de Déborah Mirabel
10. LĂ oĂč naissent les si bĂ©mol de Ăric LysĂže
11. Grand-mĂšre Miroir de Nicolas Petit-Jean
12. Avant lâobscuritĂ© de Sylwen Norden
13. Prolonger sa lignée de Frédéric Holic
14. Leçons de choses de Philippe Caza
Point de vue
Ayant commis dans une prĂ©cĂ©dente vie quelques dĂ©cennies dâenseignement sâappuyant sur mon mĂ©tier dâinformaticien, la thĂ©matique de cet ouvrage mâa fortement interpellĂ© et attirĂ©.
Ătant plus portĂ© sur une pĂ©dagogie participative que sur ce qui se rĂ©alise ex cathedra, je ne trouve pas dâintĂ©rĂȘt Ă quelque enseignement que ce soit basĂ© sur lâex nihilo, câest-Ă -dire sans tenir compte de ce que lâon sait dĂ©jĂ . Quant Ă la technologie, elle nâest, de mon point de vue certainement faussĂ©, quâun outil de travail, un facilitateur dâapprentissage, parfois un biais et non le meilleur moyen ni le seul vecteur de cet apprentissage.
Ce qui signifie, pour faire simple, que jâai du mal Ă envisager ce que pourrait ou devrait ĂȘtre cette Ă©cole et plus encore cette Ă©ducation associĂ©e (donc sans la limiter Ă un cadre tel que celui familial ou parental ou quelle que soit la « cellule » dans laquelle nous grandirions ou que nous offririons). De ce fait, lâanthologie mâa apportĂ© ce que je pouvais en espĂ©rer de mieux : non pas des rĂ©ponses sorties du chapeau magique de lâimaginaire, mais bien des questionnements trĂšs souvent intĂ©ressants. Bien sĂ»r, ces nouvelles balaient des futurs inattendus, Ă©tonnants, parfois fantasmagoriques, parfois surrĂ©alistes, aussi bien que fantastiques, improbables, voire impossibles. Mais toutes ont la qualitĂ© de se lire avec plaisir, surprise et certaines avec Ă©merveillement.
Ăvidemment, comme dans toute anthologie, jâai mes prĂ©fĂ©rĂ©es, ce qui ne fait pas dĂ©mĂ©riter les autres. Il se trouve simplement que certaines sont dans mes centres dâintĂ©rĂȘt ou ont frĂŽlĂ© une fibre sensible, faisant quâelles mâont plus titillĂ© que dâautres.
Ătant plus portĂ© sur une pĂ©dagogie participative que sur ce qui se rĂ©alise ex cathedra, je ne trouve pas dâintĂ©rĂȘt Ă quelque enseignement que ce soit basĂ© sur lâex nihilo, câest-Ă -dire sans tenir compte de ce que lâon sait dĂ©jĂ . Quant Ă la technologie, elle nâest, de mon point de vue certainement faussĂ©, quâun outil de travail, un facilitateur dâapprentissage, parfois un biais et non le meilleur moyen ni le seul vecteur de cet apprentissage.
Ce qui signifie, pour faire simple, que jâai du mal Ă envisager ce que pourrait ou devrait ĂȘtre cette Ă©cole et plus encore cette Ă©ducation associĂ©e (donc sans la limiter Ă un cadre tel que celui familial ou parental ou quelle que soit la « cellule » dans laquelle nous grandirions ou que nous offririons). De ce fait, lâanthologie mâa apportĂ© ce que je pouvais en espĂ©rer de mieux : non pas des rĂ©ponses sorties du chapeau magique de lâimaginaire, mais bien des questionnements trĂšs souvent intĂ©ressants. Bien sĂ»r, ces nouvelles balaient des futurs inattendus, Ă©tonnants, parfois fantasmagoriques, parfois surrĂ©alistes, aussi bien que fantastiques, improbables, voire impossibles. Mais toutes ont la qualitĂ© de se lire avec plaisir, surprise et certaines avec Ă©merveillement.
Ăvidemment, comme dans toute anthologie, jâai mes prĂ©fĂ©rĂ©es, ce qui ne fait pas dĂ©mĂ©riter les autres. Il se trouve simplement que certaines sont dans mes centres dâintĂ©rĂȘt ou ont frĂŽlĂ© une fibre sensible, faisant quâelles mâont plus titillĂ© que dâautres.
âPetit tour dâhorizon et retours de lecture
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La prĂ©face de GrĂ©gory Chambat donne le ton avec une question rĂ©sumant lâĂ©ternel dilemme du couple Ă©cole-Ă©ducation : « changer lâĂ©cole pour changer le futur, ou changer le futur pour changer lâĂ©cole ? ».
Lâavant-propos est signĂ© de l'anthologiste, Jean-Guillaume Lanuque. Collaborateur de la revue Galaxies SF et membre du jury du prix Le Bussy, il sait de quoi il parle puisqu'il est enseignant et sâintĂ©resse Ă lâhistoire de la SF sous lâangle politique.
Lâavant-propos est signĂ© de l'anthologiste, Jean-Guillaume Lanuque. Collaborateur de la revue Galaxies SF et membre du jury du prix Le Bussy, il sait de quoi il parle puisqu'il est enseignant et sâintĂ©resse Ă lâhistoire de la SF sous lâangle politique.
1 â RĂ©volution numĂ©rique (de Laura Ferret-Rincon)
Cette nouvelle aborde la problĂ©matique de la virtualitĂ© et des IA. Quand un groupe dâĂ©tudiants dĂ©cide de crĂ©er son propre espace de travail et dâentraide, quand lâune des plus douĂ©es dudit groupe modifie et tente dâamĂ©liorer la situation, alors que les inĂ©galitĂ©s sociales, quâun tel systĂšme se voulait gommer, restent tenaces, quand⊠Mais brusquement tout claqueâŠ
Jâai Ă©tĂ© entraĂźnĂ© par tout ce que lâautrice a mis en avant ou en contrepoint. Quoique sans IA, sans VR ni casque associĂ©, cette histoire mâa rappelĂ© certains Ă©pisodes factuels et rencontrĂ©s dans les salles de TP informatique. Au point que lâon se demande, aujourdâhui, si la rĂ©alitĂ© ne risque pas de dĂ©passer cette fiction-lĂ .
Jâai Ă©tĂ© entraĂźnĂ© par tout ce que lâautrice a mis en avant ou en contrepoint. Quoique sans IA, sans VR ni casque associĂ©, cette histoire mâa rappelĂ© certains Ă©pisodes factuels et rencontrĂ©s dans les salles de TP informatique. Au point que lâon se demande, aujourdâhui, si la rĂ©alitĂ© ne risque pas de dĂ©passer cette fiction-lĂ .
2 â DĂ©viant (de Hana HojH)
Sur sa planĂšte, HodeĂŻ est malheureux. Il est de ces enfants qui ne parviennent pas Ă garder le fil dâun cours ou dâune explication ; son esprit dĂ©rive et se perd ailleurs dans ses mondes Ă lui, de ceux quâil sâinvente Ă la suite dâun livre lu. Ce en quoi, il a toute mon affection, ayant eu des pĂ©riodes ainsi ; jâen ai toujours quelques cahiers remplis dâhistoires ou des dessins patiemment rĂ©alisĂ©s pendant les discours un peu trop pontifiants de certains profs. HĂ©las, cela lui attire les moqueries de ses camarades de classe, les mauvaises notes, les punitions (Ă faire signer par les parents⊠euh, ça existerait encore ? Non, rien !) et les apprĂ©ciations affligeantes. Pire, quand cela se produit, sa mĂšre nâhĂ©site ni Ă lui filer une gifle ni Ă le dĂ©nigrer, avant dâen avertir son pĂšre qui sort sans attendre sa ceintureâŠ
Je suis dâune Ă©poque oĂč ce quâendure le jeune HodeĂŻ dans cette histoire nâĂ©tait, malheureusement, pas exceptionnel, entre coups, torgnoles, humiliations et diatribes mĂ©prisantes, visant Ă rabaisser. Ayant eu des copains qui ont subi de tels sĂ©vices tant parentaux que scolaires, sans quâaucun adulte nây trouve Ă redire, la fin en devient presque heureuse. Alors que le garçon rĂȘve parfois dâavoir droit Ă lâaide dâun connecteur et de franchir aisĂ©ment les paliers, lâarrivĂ©e dans sa classe dâune petite demoiselle Yalma va tout changer. Une nouvelle qui fait partie de mon trĂšs personnel top.
Je suis dâune Ă©poque oĂč ce quâendure le jeune HodeĂŻ dans cette histoire nâĂ©tait, malheureusement, pas exceptionnel, entre coups, torgnoles, humiliations et diatribes mĂ©prisantes, visant Ă rabaisser. Ayant eu des copains qui ont subi de tels sĂ©vices tant parentaux que scolaires, sans quâaucun adulte nây trouve Ă redire, la fin en devient presque heureuse. Alors que le garçon rĂȘve parfois dâavoir droit Ă lâaide dâun connecteur et de franchir aisĂ©ment les paliers, lâarrivĂ©e dans sa classe dâune petite demoiselle Yalma va tout changer. Une nouvelle qui fait partie de mon trĂšs personnel top.
3 â Atlantis (de Tanguy Przybylski)
VoilĂ une histoire qui mâa dĂ©routĂ© tant elle est inattendue, en partant dâun concept relativement simple : diffuser et augmenter la connaissance au travers dâun « jeu immersif ». Il sâagit ici dâun MMORPG (massively multiplayer online role-playing game) sous-marin sur lâAtlantis. Ce jeu sâĂ©tend, prend de lâampleur et pousse ses participant(e)s dans des envolĂ©es de comprĂ©hensions et de rĂ©ussites impressionnantes. Atlantis Inc, crĂ©atrice dudit MMO, passe du statut de petite startup Ă celui de sociĂ©tĂ© de rĂ©fĂ©rence avec ses 500 millions dâabonnĂ©s.
Tout paraĂźt trop beau, trop parfait, bien que certains commencent Ă sâinterroger. Jusqu'au jour oĂč⊠Et lâhistoire bascule soudain, laissant un Ă©trange arriĂšre-goĂ»t avec la question quâelle a soulevĂ© pour moi : quel est le but rĂ©el dâune Ă©ducation de masse selon un modĂšle unique ? Sachant que lâactualitĂ© amĂ©ricaine me donne quelques semaines aprĂšs sa lecture, une vision encore plus terrible de cette histoire. Lâauteur a-t-il des accointances avec le futur pour avoir touchĂ© ainsi du doigt ce que les patrons dâX et Facebook manigancent ?
Tout paraĂźt trop beau, trop parfait, bien que certains commencent Ă sâinterroger. Jusqu'au jour oĂč⊠Et lâhistoire bascule soudain, laissant un Ă©trange arriĂšre-goĂ»t avec la question quâelle a soulevĂ© pour moi : quel est le but rĂ©el dâune Ă©ducation de masse selon un modĂšle unique ? Sachant que lâactualitĂ© amĂ©ricaine me donne quelques semaines aprĂšs sa lecture, une vision encore plus terrible de cette histoire. Lâauteur a-t-il des accointances avec le futur pour avoir touchĂ© ainsi du doigt ce que les patrons dâX et Facebook manigancent ?
4 â Migraine (de Fabien Garino)
Audrac amĂšne LĂ©a, sa fille ĂągĂ©e de 7 ans, chez la doctoresse : lâenfant a des migraines. Or pour la femme de lâart, ces migraines viennent forcĂ©ment de son inscription en scolaritĂ© par pensĂ©e transmise ; ce Ă quoi ses parents sont opposĂ©s, se chargeant eux-mĂȘmes de son Ă©ducation et donc de sa mise Ă lâĂ©cart de ce que vivent presque tous les membres de lâactuelle sociĂ©tĂ©. La crainte quâelle ne soit inscrite par erreur dans les registres ou quâelle soit victime de rĂ©seaux pirates sâinstalle, maisâŠ
Sans Ă©clat ni action, nous voici Ă suivre pĂšre et fille de bureau administratif en bureau administratif plus ou moins humain ou dĂ©shumanisĂ© suivant les cas. Cette nouvelle nous jette dans un 1984 technologique, sans novlangue ni aucun des discours dâOrwell, mais en nous prĂ©sentant un avenir tout aussi insidieux, laissant un amer arriĂšre-goĂ»t dâinĂ©luctabilitĂ©, qui mâa arrachĂ© quelques frissons.
Sans Ă©clat ni action, nous voici Ă suivre pĂšre et fille de bureau administratif en bureau administratif plus ou moins humain ou dĂ©shumanisĂ© suivant les cas. Cette nouvelle nous jette dans un 1984 technologique, sans novlangue ni aucun des discours dâOrwell, mais en nous prĂ©sentant un avenir tout aussi insidieux, laissant un amer arriĂšre-goĂ»t dâinĂ©luctabilitĂ©, qui mâa arrachĂ© quelques frissons.
5 â Journal partagĂ© (de Louise Sbretana)
Voici la plus courte nouvelle, mais aussi la plus hopepunk. La surface est devenue invivable et dangereuse, entre autres Ă cause du Brouillard Jaune. Ă lâabri dans les souterrains sĂ©curisĂ©s, MĂ©va, installĂ©e en binĂŽme avec Hamad pour leur devoir de rĂ©seautage, sait quâil nâexiste aucun avenir pour elle sur Terre. Seul lâespace lâintĂ©resse maintenantâŠ
Court, efficace et hopepunk ainsi que je lâĂ©crivais, ce conte a eu tout pour me plaire en se prĂ©sentant comme un petit rĂȘve Ă©veillĂ©.
Court, efficace et hopepunk ainsi que je lâĂ©crivais, ce conte a eu tout pour me plaire en se prĂ©sentant comme un petit rĂȘve Ă©veillĂ©.
6 â Des puces dans la tĂȘte (d'Alain Rozenbaum)
Et si quelques puces judicieusement placĂ©es dans lâocciput, grĂące Ă Cogitq, boostaient les cerveaux de nos chĂšres tĂȘtes blondes, au point de les rendre plus savantes et plus performantes que leurs enseignants. Que deviendraient alors ces derniers ? Que penseraient-ils dâune telle situation ?
Ce sont les rĂ©actions dâun professeur que nous suivons depuis le premier Ă©lĂšve pucĂ© Ă la rentrĂ©e 2052 jusqu'Ă un constat terrible et sans appel Ă celle de 2061. Une nouvelle qui vient en Ă©cho Ă lâune des questions actuelles : lâIA remplacera-t-elle lâhomme ? Fera-t-elle mieux que lui ou lâaidera-t-elle vraiment ou⊠ou⊠?
Une chouette fable rondement menĂ©e, sous un seul regard, mais dont lâattitude et les remarques fusent comme des couperets.
Ce sont les rĂ©actions dâun professeur que nous suivons depuis le premier Ă©lĂšve pucĂ© Ă la rentrĂ©e 2052 jusqu'Ă un constat terrible et sans appel Ă celle de 2061. Une nouvelle qui vient en Ă©cho Ă lâune des questions actuelles : lâIA remplacera-t-elle lâhomme ? Fera-t-elle mieux que lui ou lâaidera-t-elle vraiment ou⊠ou⊠?
Une chouette fable rondement menĂ©e, sous un seul regard, mais dont lâattitude et les remarques fusent comme des couperets.
7 â CPP-P (de Vanessa Ettorre)
Ouille⊠texte dur ! Car nous voici projetĂ©s dans la lecture dâun pensum contractuel quant Ă lâavenir prĂ©parĂ© dâun bĂ©bĂ© Ă naĂźtre au travers du rĂ©fĂ©rentiel CPP. Rien Ă voir avec le Code de procĂ©dure pĂ©nale, le ComitĂ© de Protection des Personnes ou autres joyeusetĂ©s de ce genre, il sâagit des Coachs PĂ©dagogues Personnels, rien de moins. En clair, de puces corticales dĂ©livrĂ©es par EductechIndustry. Brrr⊠hors du CPP et des comptes « premium », le devenir de lâenfant ne serait point radieux. Heureusement, nous Ă©chappons au dĂ©corticage du contrat (ouf !), mais on nâa rien sans un minimum de sacrifices, nâest-ce pas ? comme le dit si bien la future parturiente.
Cet avenir mâa arrachĂ© quelques grimaces, tout y est pensĂ©, pesĂ©, annoté⊠et il faut tout lire, jusqu'aux notes en petits caractĂšres. Or l'autrice parle de futurs enfants et non d'objets ; du coup, brrr, lĂ encore...
Si vous aimez les dystopies, voila une nouvelle à lire sans hésiter.
Cet avenir mâa arrachĂ© quelques grimaces, tout y est pensĂ©, pesĂ©, annoté⊠et il faut tout lire, jusqu'aux notes en petits caractĂšres. Or l'autrice parle de futurs enfants et non d'objets ; du coup, brrr, lĂ encore...
Si vous aimez les dystopies, voila une nouvelle à lire sans hésiter.
8 â RandonnĂ©e scolaire (de Julie Conseil)
MaĂźtre Kintsugi a un problĂšme Ă©pineux Ă rĂ©soudre : la fille dâun couple de ses clients est dĂ©cĂ©dĂ©e dans son lycĂ©e. Pour les parents, il sâagit dâun meurtre. Mais la police a conclu, elle, Ă un suicide, ce que doit rĂ©futer lâavocate. Seulement voilĂ , lâadolescente Ă©tait une cyborg Ă©lĂšve dâune Ă©cole spĂ©cialisĂ©e. Cyborg car dotĂ©e dâun squelette artificiel, et subissant par contrecoup une certaine discrimination de la part des non-artificiels.
Assailli par lâavocate, le commissaire chargĂ© de lâaffaire, et lâayant donc classĂ©e sans suite, cĂšde en lui affectant Vikander. Point important : ledit Vikander revient dâun long congĂ© pour maladie psy et se cantonne Ă des tĂąches administratives. Le dĂ©but de leur cohabitation est difficile, le policier a des idĂ©es et un humour qui ne sont pas du goĂ»t de la « baveuse ». Pourtant, il se lance dans lâenquĂȘte en intervenant comme chauffeur de bus afin de conduire les condisciples de la jeune⊠Notre enquĂȘteur va user de pratiques qui nâont rien dâorthodoxe, frisant mĂȘme lâillĂ©galitĂ©, mais ne recherchera que lâefficacitĂ© et la rĂ©ussite.
Nous dĂ©bordons du cadre scolaire des cours pour toucher lâĂ©ducation morale et la place de lâĂ©cole par rapport Ă celle-ci. Lâhistoire est brillante, emplie de piques, dâhumour, parfois un peu noir â il y a eu mort, ne lâoublions pas â, câest agrĂ©ablement enlevĂ©, sans temps mort (dĂ©solĂ©âŠ) et totalement dĂ©calĂ©, mais tapant juste. Ma nouvelle prĂ©fĂ©rĂ©e !
Assailli par lâavocate, le commissaire chargĂ© de lâaffaire, et lâayant donc classĂ©e sans suite, cĂšde en lui affectant Vikander. Point important : ledit Vikander revient dâun long congĂ© pour maladie psy et se cantonne Ă des tĂąches administratives. Le dĂ©but de leur cohabitation est difficile, le policier a des idĂ©es et un humour qui ne sont pas du goĂ»t de la « baveuse ». Pourtant, il se lance dans lâenquĂȘte en intervenant comme chauffeur de bus afin de conduire les condisciples de la jeune⊠Notre enquĂȘteur va user de pratiques qui nâont rien dâorthodoxe, frisant mĂȘme lâillĂ©galitĂ©, mais ne recherchera que lâefficacitĂ© et la rĂ©ussite.
Nous dĂ©bordons du cadre scolaire des cours pour toucher lâĂ©ducation morale et la place de lâĂ©cole par rapport Ă celle-ci. Lâhistoire est brillante, emplie de piques, dâhumour, parfois un peu noir â il y a eu mort, ne lâoublions pas â, câest agrĂ©ablement enlevĂ©, sans temps mort (dĂ©solĂ©âŠ) et totalement dĂ©calĂ©, mais tapant juste. Ma nouvelle prĂ©fĂ©rĂ©e !
9 â QI Suis-je (de DĂ©borah Mirabel)
Voici une histoire qui mâa fait penser à « Bienvenue Ă Gattaca ». Bien sĂ»r, aucune ressemblance scĂ©naristique. En effet, ce nâest pas le gĂ©notype des enfants et les tests ADN qui sont en cause et dĂ©finissent leur avenir/devenir ; câest leur « QI » et plus prĂ©cisĂ©ment leur rĂ©ussite au Test vers leurs 13-14 ans qui en dĂ©cidera. Sauf que Capucine Vouchet, elle, ne veut pas de cet examen qui la pousserait dans une catĂ©gorie sociĂ©tale oĂč elle sera exploitĂ©e, utilisĂ©e jusqu'Ă plus soif pour ses capacitĂ©s intellectuelles Ă©levĂ©es. Elle fait tout pour rester, sans la franchir, dans la moyenne haute, celle donnant accĂšs au niveau offrant le plus de libertĂ©s, pense-t-elle. Elle va donc feinter, mentir et tricher, jusque pendant ledit test afin de demeurer prĂ©cisĂ©ment dans ce niveau-lĂ âŠ
Si ce nâest que⊠ah Gattaca⊠dâune certaine façon, mais bien plus poĂ©tique et agrĂ©able. LĂ encore un sans-faute et un immense plaisir de lecture.
10 â LĂ oĂč naissent les si bĂ©mol (de Ăric LysĂže)
C'est une histoire que je suis bien embarrassĂ© dâĂ©voquer. Entre conte et ode, elle est Ă©blouissante, mais je ne veux pas trop en dĂ©voiler, et câest lĂ que lâexercice est pĂ©rilleux. Tant pis, attention aux spoils doncâŠ
Nous nous retrouvons Ă une Ă©poque oĂč professeurs, surveillants, proviseurs et toute cette « engeance » nâest plus humaine, mais composĂ©e de robots humanoĂŻdes. La classe de 17e B a un gros souci : son prof de musique (fort laid, il est vrai) sâest pĂ©trifiĂ©, sa couverture de zinc liquĂ©fiĂ©e. Ce qui nâest pas du tout du goĂ»t de la MĂšre RevĂȘche, provisoire du lycĂ©e. La cause : un simple « si bĂ©mol » surgi de nulle part alors que ladite classe devait chanter un « sol ». HĂ©las, bien plus grave, il apparaĂźt que de plus en plus dâhumano-pĂ©dagogues finissent ainsi de tous cĂŽtĂ©s. La situation devient prĂ©occupante, comme le reconnaissent le Recteur et lâInspecteur. Câest ainsi que les 13 galopins de la 17e B sont envoyĂ©s en excursion dans la « Nature » (celle recréée avec des insectes mĂ©caniques et des fausses plantes, ouf, pas la vraie). Leur mission sera de trouver lâorigine du fameux « si bĂ©mol » qui aurait pris naissance par-lĂ , en elle. Nos jeunes explorateurs en marche avec la Provisoire, deux robots-surveillants et un intendant. Et de surprise en dĂ©couverte, la treizaine (donc les gamins de la 17e B, pas celle du calendrier aztĂšque) va rencontrer la vraie nature, les vrais animaux et la source dâun vĂ©ritable renouveau.
Nous nous retrouvons Ă une Ă©poque oĂč professeurs, surveillants, proviseurs et toute cette « engeance » nâest plus humaine, mais composĂ©e de robots humanoĂŻdes. La classe de 17e B a un gros souci : son prof de musique (fort laid, il est vrai) sâest pĂ©trifiĂ©, sa couverture de zinc liquĂ©fiĂ©e. Ce qui nâest pas du tout du goĂ»t de la MĂšre RevĂȘche, provisoire du lycĂ©e. La cause : un simple « si bĂ©mol » surgi de nulle part alors que ladite classe devait chanter un « sol ». HĂ©las, bien plus grave, il apparaĂźt que de plus en plus dâhumano-pĂ©dagogues finissent ainsi de tous cĂŽtĂ©s. La situation devient prĂ©occupante, comme le reconnaissent le Recteur et lâInspecteur. Câest ainsi que les 13 galopins de la 17e B sont envoyĂ©s en excursion dans la « Nature » (celle recréée avec des insectes mĂ©caniques et des fausses plantes, ouf, pas la vraie). Leur mission sera de trouver lâorigine du fameux « si bĂ©mol » qui aurait pris naissance par-lĂ , en elle. Nos jeunes explorateurs en marche avec la Provisoire, deux robots-surveillants et un intendant. Et de surprise en dĂ©couverte, la treizaine (donc les gamins de la 17e B, pas celle du calendrier aztĂšque) va rencontrer la vraie nature, les vrais animaux et la source dâun vĂ©ritable renouveau.
11 â Grand-mĂšre Miroir (de Nicolas Petit-Jean)
Grand-mĂšre Miroir fait Ă©cole itinĂ©rante et entraĂźne Ă sa suite les enfants quâelle forme dans son Ă©cole buissonniĂšre, en pleine nature. Mais elle vieillit, ses rouages ont du mal Ă rĂ©sister au temps qui passe. Avec cela, la nature est sauvage, les chiens le sont redevenus. Nous sommes embarquĂ©s dans une quĂȘte initiatique, avec un peu de Peter Pan en fond sonore. Elle se rĂ©vĂšle trĂšs agrĂ©able Ă lire, dans un futur certainement post-apocalyptique, mais oĂč lâespoir peut survivre, malgrĂ© les Ă©preuves, car apprendre et savoir doivent permettre de vivre et non de nous transformer en machine.
12 â Avant lâobscuritĂ© (de Sylwen Norden)
Nous quittons ici le domaine de « lâapprentissage » et de « lâĂ©ducation » pour celui de la connaissance non transmise et acquise, mais implantĂ©e grĂące Ă une « capsule ». Celle-ci retirĂ©e des morts permet dâapprendre et de savoir ce quâils ont laissĂ© en hĂ©ritage, en « fluant » : jouer du violon, du piano, peindre, parler plusieurs langues, savoir manipuler telle ou telle technique, tout connaĂźtre de la gĂ©ographieâŠ
Lâauteur nous plonge aux cĂŽtĂ©s dâun inspecteur de police au cĆur de lâAngleterre dans une ambiance sombre et lugubre, avec une petite touche steampunk. Il se trouve que des morts importantes sont survenues : artistes, intellectuels, scientifiques tuĂ©s se retrouvent dĂ©possĂ©dĂ©s de leurs mĂ©moriels. Alors que le dernier assassinĂ©, un dĂ©nommĂ© Morgensen, est spĂ©cialiste des spectres, certains Ă©lĂ©ments pourraient faire penser Ă une mise en scĂšne macabre. Gravensen, inspecteur de Scotland Yard, se lance dans une enquĂȘte tortueuse et dangereuse, au milieu de personnages plus retors les uns que les autres. Jâai eu lâimpression de me retrouver Ă lâĂ©poque de Jack lâĂ©ventreur et de Sherlock Holmes, et parfois dans un film sur ce dernier (entre autres, celui de Guy Ritchie sorti en 2009 avec Robert Downey Jr et Jude Law). VoilĂ une histoire qui dĂ©tone avec les prĂ©cĂ©dentes, mais qui mâa procurĂ© un immense plaisir, des premiĂšres lignes jusqu'Ă cette fin tout en beautĂ© et artifice.
Lâauteur nous plonge aux cĂŽtĂ©s dâun inspecteur de police au cĆur de lâAngleterre dans une ambiance sombre et lugubre, avec une petite touche steampunk. Il se trouve que des morts importantes sont survenues : artistes, intellectuels, scientifiques tuĂ©s se retrouvent dĂ©possĂ©dĂ©s de leurs mĂ©moriels. Alors que le dernier assassinĂ©, un dĂ©nommĂ© Morgensen, est spĂ©cialiste des spectres, certains Ă©lĂ©ments pourraient faire penser Ă une mise en scĂšne macabre. Gravensen, inspecteur de Scotland Yard, se lance dans une enquĂȘte tortueuse et dangereuse, au milieu de personnages plus retors les uns que les autres. Jâai eu lâimpression de me retrouver Ă lâĂ©poque de Jack lâĂ©ventreur et de Sherlock Holmes, et parfois dans un film sur ce dernier (entre autres, celui de Guy Ritchie sorti en 2009 avec Robert Downey Jr et Jude Law). VoilĂ une histoire qui dĂ©tone avec les prĂ©cĂ©dentes, mais qui mâa procurĂ© un immense plaisir, des premiĂšres lignes jusqu'Ă cette fin tout en beautĂ© et artifice.
13 â Prolonger sa lignĂ©e (de FrĂ©dĂ©ric Holic)
Si jâavais trouvĂ© « dure » lâhistoire de CPP-P, celle-ci lâest encore plus et mâa laissĂ© avec un arriĂšre-goĂ»t dâamertume et de nausĂ©e, preuve pour moi quâelle est trĂšs bien Ă©crite et presque rĂ©aliste.
Futur indĂ©terminĂ©, lieu indĂ©terminé⊠Les hommes nâexistent plus, du moins tels que nous nous connaissons. Homo sapiens est tombĂ© au plus de bas de la dĂ©chĂ©ance et de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence, mais il reste Femina sapiens. La jeune hĂ©roĂŻne de quatorze ans passĂ©s ressasse son Ă©ducation sous la coupe de la Matrone et des rĂšgles qui y sont imposĂ©es. Car il nâexiste que peu de classes sociales dignes de ce nom, hors celui dâĂȘtre mĂšre⊠Ce quâelle nâa aucune envie de devenir. Si encore lâinsĂ©mination artificielle existait ou plutĂŽt Ă©tait restĂ©e dans les connaissances, mais ce n'est pas le cas. Aussi faire « ça » avec « ça »⊠Non ! La mort ou la prison Ă vie lui paraissent cent fois prĂ©fĂ©rablesâŠ
Un monde matriarcal oĂč tout est trĂšs codifiĂ©, dĂ©fini selon des rĂšgles et des lois dans une religiositĂ© qui font froid dans le dos.
Futur indĂ©terminĂ©, lieu indĂ©terminé⊠Les hommes nâexistent plus, du moins tels que nous nous connaissons. Homo sapiens est tombĂ© au plus de bas de la dĂ©chĂ©ance et de la dĂ©gĂ©nĂ©rescence, mais il reste Femina sapiens. La jeune hĂ©roĂŻne de quatorze ans passĂ©s ressasse son Ă©ducation sous la coupe de la Matrone et des rĂšgles qui y sont imposĂ©es. Car il nâexiste que peu de classes sociales dignes de ce nom, hors celui dâĂȘtre mĂšre⊠Ce quâelle nâa aucune envie de devenir. Si encore lâinsĂ©mination artificielle existait ou plutĂŽt Ă©tait restĂ©e dans les connaissances, mais ce n'est pas le cas. Aussi faire « ça » avec « ça »⊠Non ! La mort ou la prison Ă vie lui paraissent cent fois prĂ©fĂ©rablesâŠ
Un monde matriarcal oĂč tout est trĂšs codifiĂ©, dĂ©fini selon des rĂšgles et des lois dans une religiositĂ© qui font froid dans le dos.
14 â Leçons de choses (de Philippe Caza)
Lâhistoire, avant de sâenvoler dans le jardinage (si si !), part dâun constat terrible qui hĂ©las est trop frĂ©quent dans nos sociĂ©tĂ©s actuelles. Si ce nâest quâil est prĂ©sentĂ© façon Philippe Caza, comme il se doit, et donc sous une forme de dĂ©rision satirique (oh, en bel humour noir). LâĂ©cole Newton est le théùtre dâune nouvelle « tuerie en milieu scolaire », ainsi que sont nommĂ©s ces massacres. Un moufton, Kevin, bardĂ© de sa tenue de protection en kevlar, a sorti son fusil dâassaut AR-15, son pistolet Sig et sa camĂ©ra GoPro (hey, c'est qu'il faut garder un souvenir et le diffuser) ainsi quâune ceinture dâexplosifs autour du ventre. Outre la maĂźtresse et quelques camarades de classe dont il a fait sauter les tĂȘtes, ledit Kevin se fait imploser avant que les Ă©quipes dâintervention plongeant de leurs hĂ©licos ne puissent le descendre. Robin en fait la grimace, surtout que pour ne pas tomber en syndrome post-traumatique, le Dirlo envoie toute la classe en visite Ă la morgue, histoire de voir les corps et d'assister aux autopsies. Politiques, journalistes, psy, experts et tutti quanti sâen donnent Ă cĆur joie Ă la tĂ©lĂ©, pendant que les fabricants dâarmes, de tenues de protection et autres joyeusetĂ©s sâen frottent les mains en faisant diffuser leurs pubs⊠câest quâil faut bien protĂ©ger tous ces merdouzilsâŠ
Afin de remonter la pente, la classe de Robin et de sa copine Robinette se retrouvent Ă devoir jardiner pour leurs leçons de choses que le tribot (la maĂźtresse nâĂ©tant plus, il fallait bien la remplacer, ce Ă quoi un robot fut missionnĂ©). Mais sâil y a bien un jardin, il nây a pas de soleil et il a fallu tout arrĂȘter, une sorte de dalle pavĂ©e trop proche de la surface les bloquant soudain. Bref, entre cette tuerie et le jardinage stoppĂ© malgrĂ© les objets dĂ©terrĂ©s, voilĂ que lesdits enfants sâinterrogent et dĂ©cident de tout faire pour aller au-delĂ du pavage trouvĂ©âŠ
Ce qui les conduira Ă une dĂ©couverte que lâauteur nous laisse deviner par petites touches, avant une rĂ©vĂ©lation finale bien plus « agrĂ©able » et surtout plus « Ă©tonnante » que ne lâavaient laissĂ© penser les dramatiques Ă©vĂ©nements initiaux.
Afin de remonter la pente, la classe de Robin et de sa copine Robinette se retrouvent Ă devoir jardiner pour leurs leçons de choses que le tribot (la maĂźtresse nâĂ©tant plus, il fallait bien la remplacer, ce Ă quoi un robot fut missionnĂ©). Mais sâil y a bien un jardin, il nây a pas de soleil et il a fallu tout arrĂȘter, une sorte de dalle pavĂ©e trop proche de la surface les bloquant soudain. Bref, entre cette tuerie et le jardinage stoppĂ© malgrĂ© les objets dĂ©terrĂ©s, voilĂ que lesdits enfants sâinterrogent et dĂ©cident de tout faire pour aller au-delĂ du pavage trouvĂ©âŠ
Ce qui les conduira Ă une dĂ©couverte que lâauteur nous laisse deviner par petites touches, avant une rĂ©vĂ©lation finale bien plus « agrĂ©able » et surtout plus « Ă©tonnante » que ne lâavaient laissĂ© penser les dramatiques Ă©vĂ©nements initiaux.

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