Demain les Chiens, réédition @ 1970 éditions J'ai Lu | Illustration de couverture @ Françoise Boudignon | Photo @ Michel Maillot, édition privée
QuatriĂšme de couverture
Qu'est-ce que l'homme ? Qu'est qu'une cité ? Qu'est-ce que la guerre ?
Voilà les questions que les chiens se posent, le soir à la veillée, aprÚs avoir écouté des contes fascinants mettant en scÚne ces mots magiques mais devenus incompréhensibles.
L'homme fut-il réellement le compagnon du chien avant que celui-ci accÚde à l'intelligence ? Disparut-il un jour pour une autre planÚte en lui abandonnant la Terre ?
« Non, répondent les chiens savants, l'homme ne fut qu'un mythe créé par des conteurs habiles pour expliquer le mystÚre de notre origine. »
Voilà les questions que les chiens se posent, le soir à la veillée, aprÚs avoir écouté des contes fascinants mettant en scÚne ces mots magiques mais devenus incompréhensibles.
L'homme fut-il réellement le compagnon du chien avant que celui-ci accÚde à l'intelligence ? Disparut-il un jour pour une autre planÚte en lui abandonnant la Terre ?
« Non, répondent les chiens savants, l'homme ne fut qu'un mythe créé par des conteurs habiles pour expliquer le mystÚre de notre origine. »
Demain les chiens, réédition @ 1972 J'ai Lu | Illustration de couverture @ Tibor Csernus | Photo @ Michel Maillot, édition privée
Fiche de lecture
Ouvrage classique par excellence, Demain les Chiens est la réunion de nouvelles parues dans Astounding Stories avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.
Ce cycle brosse en tableaux indĂ©pendants mais complĂ©mentaires lâhistoire de lâhumanitĂ©, depuis la rĂ©volution post-industrielle qui lâaffranchit de la problĂ©matique des transports jusquâĂ son extinction. Cette Ćuvre, le tout premier grand titre amĂ©ricain traduit en français dĂšs 1950, expose les idĂ©es qui feront la rĂ©putation de Simak : un amour passionnĂ© de la Terre que lâhomme, responsable, doit respecter et partager avec les autres crĂ©atures vivantes; une mĂ©lancolie qui reflĂšte lâirrĂ©versibilitĂ© du temps, une philosophie humaniste et inspirĂ©e qui confĂšre une note chaleureuse Ă des histoires qui, sans cela, seraient parfois trĂšs sombres.
Demain les Chiens est un livre qui raconte lâĂ©popĂ©e dâune famille qui, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, va faire lâHistoire. Tous les thĂšmes de prĂ©dilection de Simak sont au rendez-vous : les robots, les mutants, les univers parallĂšles. Mais on retiendra surtout un point essentiel : le passage de tĂ©moin entre lâhomme et le chien sur la route de lâĂ©volution. Ă travers cette fable, câest toute la mĂ©canique des dĂ©fauts humains â mais aussi de ses vertus â qui est dĂ©montĂ©e. Simak est allĂ© trĂšs loin dans le traitement de son sujet, portant par paliers successifs sa vision du bonheur jusquâĂ des sommets. Lorsque lâon considĂšre les pauvres hypothĂšses dĂ©veloppĂ©es par nos actuels philosophes de salon, dont je tairai les noms par misĂ©ricorde, et les perspectives vertigineuses ouvertes par Demain les Chiens, on ne peut que s'attrister devant tant de bĂȘtises dĂ©bordant, de nos jours, de publications insipides. Il y a chez Simak un enseignement prĂ©cieux, celui dâune sagesse qui finit par sâexprimer dans une seule phrase, clef de voĂ»te de lâouvrage : « Mieux vaut perdre un monde que de revenir au meurtre⊠».
Fable, utopie, conte pour enfants ? Oui, ce livre procĂšde de tout cela, portĂ© par une idĂ©e grandiose, celle dâune communautĂ©, canine en lâoccurrence, qui a banni le meurtre sur Terre. Dans cette sociĂ©tĂ©, Ă©craser une puce par exemple, câest tuer. Et lâon ne doit pas tuer ! Simak a imaginĂ© des solutions Ă©lĂ©gantes pour Ă©vacuer les problĂšmes créés par la disparition du mĂ©canisme de rĂ©gulation auquel concourent meurtre et prĂ©dation, en mettant en place une suite de mondes parallĂšles susceptibles dâaccueillir les excĂ©dents de population qui rĂ©sultent de cette politique. Celui de la nourriture aussi est au premier rang, quand tant de rĂȘves de fauves ont encore la couleur du sang. Jâai parlĂ© de conte, et je crois quâil est vain de se demander si les solutions exposĂ©es par Simak sont vraisemblables ou non, car malheureusement le crime est prĂ©sent depuis toujours sur Terre. Alors rĂȘvons un peu avec cette idĂ©e gĂ©nĂ©reuse, que si peu de religions proposent.
Câest lâambition du thĂšme abordĂ©, son Ă©trangetĂ©, la fibre profonde quâil remue en nous qui ont valu Ă cet ouvrage de demeurer parfois incompris. Je me souviens dâune Ă©mission de radio consacrĂ©e jadis Ă la SF et qui avait, pour Ă©voquer justement Demain les Chiens, finement invitĂ© un vĂ©tĂ©rinaire qui, manifestement, Ă©tait ignare en matiĂšre de SF. Loin de dĂ©battre de lâidĂ©e maĂźtresse du livre, il sâappesantissait sur lâimpossibilitĂ© pour les chiens dâaccĂ©der Ă un niveau Ă©levĂ© de civilisation du fait de leur propension Ă faire leurs besoins nâimporte oĂč ! Bel exemple dâhumanitĂ© supĂ©rieure en vĂ©ritĂ© !
Alors Ă©pargnons dĂ©sormais tous ces pauvres moustiques, laissons la vie sauve aux araignĂ©es, manifestons de l'amour Ă l'encontre de tout ce qui respire et bouge. RĂȘvons de paix et d'harmonie.
Merci Monsieur Simak pour ce livre, un des plus beaux du XXe siĂšcle.
Ce cycle brosse en tableaux indĂ©pendants mais complĂ©mentaires lâhistoire de lâhumanitĂ©, depuis la rĂ©volution post-industrielle qui lâaffranchit de la problĂ©matique des transports jusquâĂ son extinction. Cette Ćuvre, le tout premier grand titre amĂ©ricain traduit en français dĂšs 1950, expose les idĂ©es qui feront la rĂ©putation de Simak : un amour passionnĂ© de la Terre que lâhomme, responsable, doit respecter et partager avec les autres crĂ©atures vivantes; une mĂ©lancolie qui reflĂšte lâirrĂ©versibilitĂ© du temps, une philosophie humaniste et inspirĂ©e qui confĂšre une note chaleureuse Ă des histoires qui, sans cela, seraient parfois trĂšs sombres.
Demain les Chiens est un livre qui raconte lâĂ©popĂ©e dâune famille qui, de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, va faire lâHistoire. Tous les thĂšmes de prĂ©dilection de Simak sont au rendez-vous : les robots, les mutants, les univers parallĂšles. Mais on retiendra surtout un point essentiel : le passage de tĂ©moin entre lâhomme et le chien sur la route de lâĂ©volution. Ă travers cette fable, câest toute la mĂ©canique des dĂ©fauts humains â mais aussi de ses vertus â qui est dĂ©montĂ©e. Simak est allĂ© trĂšs loin dans le traitement de son sujet, portant par paliers successifs sa vision du bonheur jusquâĂ des sommets. Lorsque lâon considĂšre les pauvres hypothĂšses dĂ©veloppĂ©es par nos actuels philosophes de salon, dont je tairai les noms par misĂ©ricorde, et les perspectives vertigineuses ouvertes par Demain les Chiens, on ne peut que s'attrister devant tant de bĂȘtises dĂ©bordant, de nos jours, de publications insipides. Il y a chez Simak un enseignement prĂ©cieux, celui dâune sagesse qui finit par sâexprimer dans une seule phrase, clef de voĂ»te de lâouvrage : « Mieux vaut perdre un monde que de revenir au meurtre⊠».
Fable, utopie, conte pour enfants ? Oui, ce livre procĂšde de tout cela, portĂ© par une idĂ©e grandiose, celle dâune communautĂ©, canine en lâoccurrence, qui a banni le meurtre sur Terre. Dans cette sociĂ©tĂ©, Ă©craser une puce par exemple, câest tuer. Et lâon ne doit pas tuer ! Simak a imaginĂ© des solutions Ă©lĂ©gantes pour Ă©vacuer les problĂšmes créés par la disparition du mĂ©canisme de rĂ©gulation auquel concourent meurtre et prĂ©dation, en mettant en place une suite de mondes parallĂšles susceptibles dâaccueillir les excĂ©dents de population qui rĂ©sultent de cette politique. Celui de la nourriture aussi est au premier rang, quand tant de rĂȘves de fauves ont encore la couleur du sang. Jâai parlĂ© de conte, et je crois quâil est vain de se demander si les solutions exposĂ©es par Simak sont vraisemblables ou non, car malheureusement le crime est prĂ©sent depuis toujours sur Terre. Alors rĂȘvons un peu avec cette idĂ©e gĂ©nĂ©reuse, que si peu de religions proposent.
Câest lâambition du thĂšme abordĂ©, son Ă©trangetĂ©, la fibre profonde quâil remue en nous qui ont valu Ă cet ouvrage de demeurer parfois incompris. Je me souviens dâune Ă©mission de radio consacrĂ©e jadis Ă la SF et qui avait, pour Ă©voquer justement Demain les Chiens, finement invitĂ© un vĂ©tĂ©rinaire qui, manifestement, Ă©tait ignare en matiĂšre de SF. Loin de dĂ©battre de lâidĂ©e maĂźtresse du livre, il sâappesantissait sur lâimpossibilitĂ© pour les chiens dâaccĂ©der Ă un niveau Ă©levĂ© de civilisation du fait de leur propension Ă faire leurs besoins nâimporte oĂč ! Bel exemple dâhumanitĂ© supĂ©rieure en vĂ©ritĂ© !
Alors Ă©pargnons dĂ©sormais tous ces pauvres moustiques, laissons la vie sauve aux araignĂ©es, manifestons de l'amour Ă l'encontre de tout ce qui respire et bouge. RĂȘvons de paix et d'harmonie.
Merci Monsieur Simak pour ce livre, un des plus beaux du XXe siĂšcle.

