🎬 Rumours, nuit blanche au sommet | Rumours | 2024

17/02/2026
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Synopsis

Réunis dans un château en Allemagne pour leur sommet annuel, les dirigeants des pays du G7 s’installent en bordure d’une forêt pour préparer leur déclaration.

A la nuit tombée, le groupe constate que le personnel qui les entourait a disparu.

En voulant tenter de les retrouver, les sept politiciens s’enfoncent plus avant dans une forêt qui s’avère pleine de périls et de mystères.

Présentation

Voilà un film étrange, à déconseiller à celles et ceux qui aiment avoir toutes les réponses posées en cours de route.

Comme évoqué plus haut, ce sont les chefs et cheffes d’État qui se retrouvent au cœur de l’intrigue. L’australienne Cate Blanchett est la chancelière allemande et l’hôte de ses homologues, parmi lesquels le président américain, joué par le très britannique Charles Dance (l’un des protagonistes lui fait d’ailleurs la réflexion qu’il n’a pas trop l’accent yankee), et la première ministre du Royaume-Uni est Nikki Amuka-Bird, en délicatesse avec le premier ministre canadien, avec lequel elle a eu une « aventure » lors du dernier sommet. Il y a également les représentants du Japon et de l’Italie, tandis que le Président de la République Française est incarné par Denis Ménochet, très bon en doux-dingue franchouillard.

Tout se passe dans les jardins d’un château de Saxe, en pleine crise mondiale. Quelle crise ? On ne sait pas. L’enjeu pour nos héros : rédiger un discours préparatoire à une rencontre ultérieure qui visera à résoudre le problème. La chancelière allemande les invite donc à un déjeuner de travail, isolés du monde, au fond du parc, pour organiser une session de remue-méninges par binômes. Le génie des dialoguistes est de les faire parler pendant de longues minutes sur la manière de tourner leurs phrases, l’importance de leurs intentions, des valeurs portées par leurs engagements, sans qu’on ne sache jamais de quoi ils parlent et ce qu’ils veulent vraiment faire passer comme message. Le tout avec un parti pris d’acting très dramatique, des réactions surjouées pour des situations banales, ce qui accentue le comique de certaines scènes.

Est-ce beaucoup d’efforts pour dire que la parole politique est creuse ? Pas du tout, car l’absurdité qui en ressort fait du bien, et plus c’est absurde, plus cela nous révèle la nature même de ces puissants : d’une insoutenable légèreté. Leurs affaires de fesses et leurs intérêts personnels priment sur le reste, ce n’est pas une découverte, mais les voir aussi inconsistants et profondément semblables est assez intéressant. Ils ne sont ni gentils, ni méchants, simplement vains. Comme cette scène où chacun se rappelle le discours introductif de tel vieux sommet des années 90, tellement ancré en eux qu’ils peuvent le réciter de mémoire. Et vous savez quoi ? Le texte en lui-même est aussi creux que ce qu’ils ont commencé à rédiger. Étonnant, non ?

Il y a malgré tout un mystère : le reste de l’humanité semble avoir disparu, le réseau téléphonique est en panne, des silhouettes étranges apparaissent dans la brume, et un cerveau géant trône au milieu des bois. Face à ces situations extraordinaires, comment réagissent ces personnes exceptionnelles ? Normalement, car rien ne les étonne. Ils peuvent éprouver de la peur, de la colère, en mode drama queen, mais tout est lisse et poli, ce qui ne nous les rend pas plus attachants.

Je tais l’ultime mystère pour ne pas vous gâcher la surprise, mais SPOILER : j’adore l’idée de faire revivre les hommes et les femmes des tourbières, dont on ne sait pas s’ils sont fâchés qu’on viole leurs sépultures ou si les gesticulations inutiles de leurs descendants ne les agacent pas au point qu’ils reviennent pour dire qu’ils s’en branlent (littéralement). La dernière scène est un monument d’absurdité que je garderai longtemps en mémoire.

Bande-annonce


Copyright @ Bruno Blanzat pour Le Galion des Etoiles. Tous droits réservés. En savoir plus sur cet auteur