Les Enfants de Bran (Jocelyn Witz)

Parution : 2022 | Revue "Présences d'Esprits" no 110


🪶Un article de | 21/12/2022
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Petit retour de lecture sur une nouvelle apparue dans la revue "Présences d'Esprits" no 110



Les Enfants de Bran (Jocelyn Witz)

© 2022 Revue Présences d'Esprits no 110
« Rabbi Chaïm n’avait pas dessoûlé depuis trois jours et rentrait chez lui en titubant lorsqu’il marcha dans cette énorme merde. »

Voilà une introduction qui plonge le lecteur dans le vif du sujet…

Rabbi Chaïm marche dans une grosse merde dans la rue. Il lui prend l’idée saugrenue de ramener cette merde fraîche « grasse, d’un brun presque noir, infiniment puante » à la maison et, celle encore plus saugrenue de sculpter un petit personnage en caca qu’il baptise Bran. C’est alors que ce dernier prend soudainement vie. Nullement étonné par ce fait, le delirium tremens lui en ayant déjà fait voir d’autres, Rabbi Chaïm ordonne à Bran de filer dans le vaste monde. Mais le petit bonhomme de merde lui réclame un compagnon. Rabbi Chaïm sculpte alors Colombine avec le reste du caca.

Satisfaites, ses deux créations s’en vont. Régulièrement, elles reviennent chez Rabbi Chaïm pour lui faire de précieuses offrandes ; c’est leur créateur, leur dieu. Petit à petit, les créatures se reproduisent jusqu’à devenir tout un peuple qui va foutre la merde dans la ville entière, bas-fonds y compris, en occupant tout l’espace. Ces « saloperies de cafards noirs » iront même jusqu’à étouffer mortellement de merde toutes les personnes qui tentent de leur nuire.

Si la cité est rapidement désertée par ses habitants, Rabbi Chaïm, à l’inverse de ses congénères, s’accommode de cette odeur nauséabonde, même s’il est effaré et affolé par ce qu’il a créé.

Une histoire d’excréments et de créatures qui échappent au contrôle de leur créateur, avec pour moralité le fait avéré qu’on vit dans un monde de merde et que si ça pue encore un peu plus, cela n’y changera pas grand-chose.

Avec cette lecture, je découvre un genre de l’imaginaire que je n'avais encore jamais exploré : le fantastique/scatologique. Merdalor ! Je ne peux pas dire de ce texte qu’il soit fin et charmant. Pour ma part, il ne restera pas dans mes annales (avec un « n » ou deux, à votre guise) de lecture. Ah l'emmerdeuse ! Mais à chacun ses goûts, donc je vous laisserai le soin de le lire pour vous forger votre propre golem – euh ! – avis.

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