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QuanTika | Laurence Suhner | 2012-2015


Un article ajouté/rédigé par | 11/04/2015 | Lu 1796 fois




QuanTika - Tome 1 - Vestiges (2012)

QuanTika | Laurence Suhner | 2012-2015
Dans mes rêves, je les appelle les Bâtisseurs.

Les Bâtisseurs.

Une ancienne civilisation qui a visité Gemma - la plus lointaine colonie humaine - il y a douze mille ans, en y laissant des vestiges et un gigantesque artefact en orbite.

Qu'ont-ils bâti en vérité, si ce n'est une machine?

Une machine qui détraque la réalité, altère les constantes fondamentales de l'Univers.

Qu'y puis-je ?

Pourquoi ai-je été choisie ? Pourquoi suis-je la seule à entendre cette voix qui surgit des profondeurs ? Cette voix qui me pousse à abandonner mon corps au rythme et à la danse.

La voix de Ioun-ké-da.

Celui que, dans leurs mythes, les Bâtisseurs nomment le Dévoreur de réalité...

Fiche de lecture

Je viens de terminer la lecture de Vestiges. Je partage les avis de Koyolite Tseila et Robert Yessouroun (en commentaires). Ce livre est de la grande science-fiction, d'une qualité littéraire et scénaristique que je n'avais pas vue depuis longtemps. Pour moi, il détrône sans mal les classiques du genre. Ce roman mérite amplement les prix qu'il a reçus : Bob Morane et Futuriales en 2013.

La structure du roman est travaillée, l'écriture maîtrisée. Elle est fluide sans être superficielle ; le vocabulaire est riche sans être compliqué. Ce livre vous apprendra quelques mots nouveaux, je pense. Les dialogues sont pertinents, jamais superflus.

Dès le début, on est saisi par l'étrangeté, par l'ailleurs et par les mystères. L'auteure y apporte des réponses lentement, avec parcimonie, tout au long de l'histoire. Elle prend son temps pour révéler ce qui se cache sous la glace, derrière ces vestiges extraterrestres.

Comme dit plus haut, l'auteure prend son temps aussi pour mettre en place personnages et problématiques. Elle travaille la description, tant des décors, des ambiances, que de la psychologie de chacun. On plonge véritablement en chaque protagoniste, de manière à partager ses réflexions, à ressentir ses sensations, ses interrogations, ses angoisses... Et plus on avance dans la lecture, plus on est oppressé. Car la peur est omniprésente : la peur de l'autre, la peur de l'inconnu, la peur de tout ce qui est nouveau et qu'on ne comprend pas. L'auteure décrit à merveille les ressentis de chacun, au point qu'on se les approprie et qu'on partage leur... frayeur.

La narration est parfaitement équilibrée entre description, action et explications scientifiques. Chaque chapitre contient les trois. Les explications scientifiques sont pointues, parfois denses, toujours données par les chercheurs de Gemma. On mesure l'ampleur du travail de recherche qui se cache derrière toutes ces informations. Vestiges est une petite pépite, pour ça, entre autres. Autant de passages à relire pour enrichir sa culture générale !

L'un des aspects les plus intéressants de ce livre, pour moi, en tant que lectrice et auteure, a été de voir le "monde" à travers les yeux de la créature. Laurence Suhner a su se détacher de la vision humaine pour adopter un point de vue original et nous proposer un mode de pensée différent - même s'il est empreint d'un mysticisme bien humain. J'ai apprécié de me sentir dans la peau de "l'autre" pour mieux le comprendre. D'autant que ces chapitres-là permettent d'adoucir l'atmosphère pesante qui règne dans les chapitres où l'on partage les aventures des humains. Que de petites natures, ces humains aux capacités psychiques limitées ! Franchement, ils ont peur de tout ! (Et je les comprends : j'étais contente d'être sous ma couette, au chaud et en sécurité !) Le point de vue extraterrestre dédramatise beaucoup de choses.

L'auteure maîtrise les techniques narratives et l'art de la description, c'est indéniable ! Cette lecture a été pour moi un plaisir en tant que lectrice, car l'immersion était complète, et en tant qu'auteure, car c'est une sacrée leçon d'écriture.

Mon seul bémol concerne l'édition elle-même. J'ai lu ce livre dans l'édition complète de la trilogie, car Vestiges n'est plus disponible seul. Le livre compte 1596 pages, presque aussi fines que celles des dictionnaires. De ce fait, on voit par transparence les pages de derrière, ce qui fait très mal aux yeux. La lecture en est vite difficile, voire douloureuse, et c'est dommage. Alors on use du système D : placer une feuille blanche derrière... C'est barbant, à la longue. En outre, la première de couverture ne résiste pas à l'usage : trop fine, elle est déjà chiffonnée et en train de se dédoubler. Et pourtant, je prends soin de mes livres ! J'ai peur de son état quand j'en serai au 3e tome... Il eût mieux valu faire une réédition de ce titre plutôt que tout réunir en un seul volume, au détriment du confort de lecture et de la qualité du livre. Mais je comprends très bien pourquoi ce choix a été fait.

En conclusion, Vestiges est un livre que je conseille à tous les amateurs et fans de SF. Essentiel à votre bibliothèque et à votre culture générale. Vous pouvez même aller faire un tour sur le site dédié pour en avoir un aperçu avant de vous lancer dans cette grande aventure.
QuanTika | Laurence Suhner | 2012-2015

QuanTika - Tome 2 - L'Ouvreur des Chemins (2013)

QuanTika | Laurence Suhner | 2012-2015
Après la disparition d'Ambre dans la cuve où les Bâtisseurs avaient emprisonné le Dévoreur, le cataclysme a gagné la surface. Une torche blanche fulgurante transperce à présent la carapace du Glacier et pointe vers les étoiles. Déplacements de populations, course poursuite entre scientifiques et miliciens... sur Gemma, le chaos règne. Alors que les rescapés de l'équipe Archéa se réfugient auprès des indépendantistes, Ambre revient à elle, veillée par le Dieu Sombre. Malgré ses efforts, ses tentatives de communication avec son sauveur tournent court et la colère l'envahit. Pourtant, seul le Dieu Sombre sait.

Fiche de lecture

Ce deuxième tome de la trilogie Quantikase poursuit sur la lancée du précédent. Il se lit de la même manière : sans parvenir à s'arrêter. On retrouve les héros exactement où on les avait laissés. La part belle est faite à l’action, aux rebondissements, mais surtout aux personnages dont on suit dans le détail réflexions, cheminements intérieurs et évolution. Les données scientifiques, que j’avais beaucoup appréciées dans le premier tome, sont quant à elles drastiquement réduites. De ce fait, beaucoup d’éléments demeurent inexpliqués, et beaucoup de questions demeurent sans réponses à la fin de ce tome. Les décors sont toujours aussi bien décrits, de sorte qu'on s'y croirait et qu'on est parfaitement plongé dans l'ambiance.

Attention spoilers

Chaque chapitre est consacré à un personnage ou à un groupe de personnages bien spécifique. J’attendais avec impatience de me replonger dans l’esprit de Tokalinan, comme au premier tome, afin d’avoir sa vision si intéressante des événements. Au lieu de cela, on voit toujours les choses selon Ambre Pasquier. Non seulement cela m’a frustrée, mais en plus son comportement austère m’a tapé sur les nerfs. Je me suis dit que si elle ne se décidait pas à changer, j’allais finir par ne plus l’apprécier. Cela dit, son passé, finement posé par bribes (et que j'ai très vite déviné) depuis Vestiges, permet de comprendre pourquoi elle est comme ça : froide, revêche, presque toujours hostile aux autres, sauf avec l’extraterrestre. Mais tout de même ! À la longue, c’est devenu pénible. Et puis le chapitre 38 est arrivé ! Enfin Ambre s’y métamorphose. Il était temps ! J’ai beaucoup aimé ce chapitre et la façon dont l’auteure nous fait vivre les changements qui s’opèrent en ce personnage. D’une façon générale, Ambre apporte une touche exotique, souvent mystique, à cette trilogie depuis le début. La culture indienne m’étant totalement étrangère, j’ai apprécié d’en découvrir autant d’aspects, surtout de par son approche du monde. Pour autant, j’ai parfois craint que le récit en devienne insaisissable, car de nombreux objets et lieux m’étaient inconnus et je n’arrivais pas à me les représenter (merci Google, mais parfois je n’avais pas envie de quitter ma lecture !), ou qu’il en devienne trop mystique, car les concepts hindous sont présentés comme des clés pour entrer en lien avec Tokalinan, donc avec la civilisation des Bâtisseurs. J'ai trouvé dommage qu’une religion soit, dans un texte de science-fiction, encore une fois mise en avant et présentée comme la seule voie possible. Heureusement, un autre personnage, qui n’a pas les mêmes origines qu’Ambre ni la même psychologie, réussit à communiquer avec le Timkhan. Cela m’a rassurée quant aux possibilités d’entrer en contact avec l’extraterrestre : elles dépendraient plus de facultés humaines intrinsèques que d’une religion. À voir dans le tome 3 ce que l’auteure en a fait…

On apprend aussi de nouvelles choses sur Tokalinan, mais je suis restée sur ma faim. Sa civilisation demeure bien mystérieuse ! Là encore, j’espère avoir des réponses dans Origines.

Laurence Suhner a énormément préparé ses personnages et leurs histoires respectives. On voit bien que la caractérisation des personnages a été travaillée en profondeur. Chacun est identifiable ; son comportement, ses réactions sont logiques et attendues au fil du temps, car on finit par bien connaître tout le monde. J’aime particulièrement Kya, qui apporte beaucoup de fraîcheur et de spontanéité au texte. Son franc-parler me plaît beaucoup.

Dans L’Ouvreur des chemins– comme au tome 1 –, le vocabulaire est riche et judicieux. Le style est travaillé. Quantika est, pour moi, un exemple en matière d’écriture et de rigueur ; très inspirant.

Malgré tout, j’ai trouvé certaines réflexions trop longues, trop détaillées. Les personnages se perdent en conjectures à certains moments au lieu d’agir. Se poserait-on autant de questions si on vivait réellement ces événements ? A contrario, j’ai regretté que certaines scènes d’action soient passées sous silence et ne soient rapportées qu’après coup. Ainsi, la tension et le suspense montent, on est suspendu aux événements, puis un élément dramatique survient et paf ! Fin du chapitre. Comme on change de personnage au chapitre suivant, on finit par apprendre ce qui est arrivé au perso précédent un peu plus loin, et donc a posteriori. Ces ellipses causent une rupture de la tension dramatique qui a fracturé ma lecture et m’ont chaque fois laissé un sentiment de frustration un peu pénible. Cela se retrouvant dans les deux tomes, j’imagine que c’est une technique d’écriture, une volonté délibérée de l’auteure, sans doute pour créer chez les lecteurs le même sentiment de frustration que celui que ressent Ambre face à Tokalinan, confrontée à son incapacité à communiquer avec lui…

Pour terminer, à la fin de ce tome, on n’est pas vraiment plus avancé qu’à la fin de Vestiges....
QuanTika | Laurence Suhner | 2012-2015

QuanTika - Tome 3 - Origines (2015)

QuanTika | Laurence Suhner | 2012-2015
À l’aide d’un astronef de la milice, Ambre et ses compagnons ont pénétré les défenses du Grand Arc, Kalaân l’Ancien, et ils ont atterri à son bord. Pour les scientifiques, la surprise est totale : forêt primaire et océan à perte de vue... Le Grand Arc est un vaisseau-monde. Il est bien plus encore. Ne dit-on pas dans le mythe « qu’il ouvre et qu’il choisit le lieu comme le destin? ».

Cette fois, les aventuriers ont troqué la glace et le froid de Gemma contre la mer et la chaleur. Ils croient avoir laissé derrière eux l’espace-temps d’AltaMira et la colère du Dévoreur... Ils se trompent. Ioun-ké-da a vu le jour sur Timhkâ, dans les profondeurs abyssales qui plongent sous Naha’netché, la Conque du Sud, gigantesque ascenseur spatial d’où sont jadis partis les Ouvreurs – les vaisseaux d’exploration timhkâns.

Au contact de Tokalinan, Ambre se transforme peu à peu. Elle revit son passé et renoue avec ses origines. Elle redevient Kantikâ, la petite-fille de Shânti Divakarûnî. Mais sa métamorphose l’emmènera plus loin encore. Bien au-delà de l’humain.

Fiche de lecture

(suit...)

Hélène D.G.
Fan de SF depuis toujours, j'en écris depuis mes neufs ans. J'aime créer les mondes et aventures... En savoir plus sur cet auteur



💬Commentaires

1.Posté par Robert YESSOUROUN le 20/07/2021 08:24 | Alerter
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Yessouroun
Quantika - Tome 1 - Vestiges
Un roman avec un double titre : Vestiges et QuanTika.
Le pluriel de Vestiges s’explique : une civilisation alien a laissé derrière elle deux reliques de son existence : une arche géante, satellite artificiel inviolable, ainsi qu’un temple à portes multiples, enterré sous des kilomètres de glace.
QuanTika est aussi un terme double. D’abord avec ses deux majuscules. Ensuite, d’un point de vue sémantique, l’expression réfère à la physique « quantique » et ses principes d’indétermination existentielle. Enfin, QuanTika connote le domaine religieux : au-delà du cantique, chant liturgique, il évoque un monde antique, exotique et sacré (par exemple, Kon-Tiki, expédition dont le nom renvoie à la mythologie incas, voire pré-incas). On le voit, ce second titre fait fusionner Science et Foi mystique.
Le décor et ses relations avec les personnages
Dans 300 ans. L’exoplanète a été colonisée, bien que sous permafrost. La Nature y est hostile : tout le globe est glaciaire où rodent de dangereuses « fouineuses », animaux sauvages dont le nom suggère la recherche...
On observe cinq modes d’appropriation de ce monde impitoyable :
- La compagnie qui convoite les richesses géologiques de son sous-sol (pétrole, gaz).
- La fraction rebelle des habitants, les indépendantistes, lesquels considère ce monde comme leur maison, un lieu digne de respect, donc à préserver à tout prix.
- La civilisation disparue des Bâtisseurs qui a transformé ce monde en un témoin efficient de leur passage dans l’univers.
- La science qui veut percer les mystères enfouis dans les entrailles de la planète, lesquels secrets font écho à un vaisseau fantôme géant, impénétrable, gravitant autour de la planète.
- La milice qui ne jure que par la loi martiale pour s’emparer d’un supposé trésor qui gonflera leur puissance militaire.
Les spécificités du roman
Qu’y trouve-t-on nulle part ailleurs ? Je retiendrais cinq caractéristiques dans Vestiges :
- L’action douloureuse. Quand un personnage mène sa quête, il la vit charnellement. Il incorpore le supplice de sa progression. Il souffre de ses mouvements. Sa respiration, ses palpitations, sa peau, ses muscles sont meurtris. Des sensations pénibles perturbent son avance. La réalité semble sévir contre qui ose vouloir changer l’état des choses. La résistance du monde à la présence des protagonistes pénètre sans pitié dans le corps de l’héroïne ou du héros. L’action douloureuse culmine lors d’un rite de passage d’une jeune rebelle et de la cérémonie d’initiation d’un alien. Cette description du calvaire pendant l’effort contribue au suspens et renforce l’intensité du thriller.
- La place cruciale de l’anomalie. Il existe sur cette exoplanète une poche invisible, singulière, où règne l’indétermination quantique susceptible de rendre la matière incohérente, de fausser le temps, de dédoubler ou de désagréger l’inconscient qui transgresserait cet espace hors-les-lois.
- La connaissance défendue. Forme géante d’anomalie, « diamant noir », une arche de dimension diluvienne, satellite artificiel antique, semble symboliser l’inconnaissable menaçant. Chacun sur cette planète semble avoir fait le deuil des secrets que recèle ce vaisseau hermétique, inabordable, interdisant tout savoir à son sujet.
- La télépathie possessive. Comment le prénom d’un inconnu peut-il être formulé par un étranger (d’un autre monde, qui plus est) qui n’est qu’en contact mental à distance avec lui ? Comment des souvenirs peuvent-ils être dérobés chez une personne avec laquelle un pirate communique par l’esprit ? Dans ce récit, la télépathie entre extraterrestre et humain joue un rôle particulier. Vous êtes possédé par votre correspondant, vous êtes aliéné par l’alien. À moins que ce dernier vous restitue votre identité perdue…
- La source hésitante de la poésie. Le fantastique, dit-on, fait douter le lecteur sur la cause du phénomène décrit : obtiendra-t-il une explication rationnelle ou une révélation surnaturelle ? Dans ce livre, on s’interroge sur la compatibilité entre le rêve et l’explication scientifique, sur la cohabitation de la poésie avec le savoir rationnel. Le récit haletant est ponctué tantôt par l’éclairage de la science, éclairage inquiet de vraisemblance et de sidération, tantôt par l’onirisme mystique qui s’enracine dans un lointain passé, donnant un effet d’authenticité primitive, ancré dans la cosmogonie alien et l’initiation la plus cruelle. Et comment ne pas plaindre les archéologues imprudents qui espèrent comprendre cette civilisation extraterrestre en fouillant des vestiges capables d’ensorceler les chercheurs grâce à des textes gravés dans la pierre ? Ou alors, qui sait, les ancêtres aliens ont laissé derrière eux une machinerie cachée, secrète, qui a le pouvoir de modifier le destin des savants téméraires ?
Le premier tome de QuanTika, Vestiges, est poignant, bien écrit (une belle plume, vraiment !) et donne à méditer sur la science-fiction nappée de mysticisme. À lire sans modération.

2.Posté par Koyolite TSEILA le 23/05/2022 10:46 | Alerter
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KoyoliteTseila
Quantika - Tome 1 - Vestiges

"Céder à l'anthropocentrisme ? Mais nous ne faisons que ça, ma jolie ! Écritures, portique, salle hypostyle, marché, temple... ou encore mystérieuses installations scientifiques indécelables mais prometteuses d'une invraisemblable technologie... Nous nageons, tous autant que nous sommes, en pleins fantasmes anthropocentriques. Et de quoi disposons-nous pour satisfaire notre curiosité ? De pierre ! Rien que de la pierre noire de Gemma. Pourquoi ne pas avouer franchement notre ignorance plutôt que de perdre notre temps à échafauder des chimères ? Acceptons la réalité : nous sommes incompétents à décrypter ce qui nous entoure, ainsi que nous l'avons toujours été."

Ce qui m’a attirée pour la découverte de ce roman, c’est l’allusion à cet immense artefact extraterrestre en orbite autour de Gemma qui illustre la couverture du livre (signée Manchu) et dont il est question dans le résumé. Pour le reste, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, mais le moins que je puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçue.

Cette histoire débute par un prologue mystique que – sur le moment - je n’ai pas vraiment compris, avant de plonger le lecteur au cœur de Gemma, une exoplanète de glace colonisée par les Humains, et bien avant eux, par les Bâtisseurs. Ce n’est que bien plus tard dans le récit que le prologue prend du sens. A ce titre, il est intéressant de le relire.

Laurence Suhner prend son temps pour la mise en place du contexte, pour présenter le décor de Gemma et introduire ses personnages. Si cette introduction peut paraître un peu longue, je vous invite à persister dans cette lecture, car votre plaisir n’en sera que plus grand !

En effet, cet ouvrage est écrit avec beaucoup de soin, de même que son scénario est brillamment réfléchi. Le style de l’auteure est plaisant, et son vocabulaire, élaboré. Les descriptions des lieux et des artefacts sont superbes. Ajoutez à cela des explications scientifiques qui apportent de la crédibilité au récit, une évidence s’impose alors d’elle-même : on tient là entre les mains un ouvrage de grande qualité.

« Vestiges » est un roman de Hard SF, ce qui pourrait peut-être rebuter – à tort d’ailleurs – certains lecteurs par cet aspect. Je dis « à tort », parce que je trouve le tout très bien équilibré : un récit bien construit au suspense maîtrisé, servi par des personnages intéressants, et agrémenté d’explications scientifiques et de mythes indiens et extraterrestres. On y trouve également quelques pointes d’humour bienvenues. L’ensemble est teinté de réflexions philosophiques, dont entre autres sur l’anthropocentrisme.

Vous l’aurez donc compris, je suis très emballée par cette lecture. On est là dans ce que je qualifierais de « haut niveau de la science-fiction », au même titre que Clarke et Baxter. Ce n'est pas peu dire ! Et à mon avis, si je ne me trompe pas, cette histoire est dans la lignée de « Rama ».

En conclusion, « Vestiges » est un magnifique roman de Hard SF que je vous recommande vivement.

Koyolite Tseila
11.04.2015 (report de chronique)

3.Posté par Le Galion DES ETOILES le 23/05/2022 10:50 | Alerter
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LeGalion
Information :
Il y a ici des commentaires antérieurs à la publication de la chronique d'Hélène DG. Ce n'est pas là l'oeuvre d'un nouveau caprice de ma DeLorean ou une farce du Galion. Ceci s'explique par le fait que cette fiche a été créée en 2015 et qu'elle était dans nos cales sans chronique complète jusqu'à ce jour.

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