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Moras, la Malédiction - Tome 1 - Pleine Lune


Rédigé par le 21/02/2020 | Lu 474 fois




Moras, la Malédiction - Tome 1 - Pleine Lune
Le soleil était levé depuis peu quand il s’éveilla, et Isha se prit à espérer que l’astre du jour allait peut-être enfin retrouver un rythme normal pendant quelques mois. La vie était quand même bien plus facile pour le peuple quand le soleil se levait et se couchait à un rythme régulier.

La malédiction perdurera jusqu'à la nuit des temps, jusqu'à ce que des derniers humains qui la nourrissent aient définitivement quitté ce monde. C'est d'ailleurs peut-être pour bientôt. Qui peut savoir avec cette lune qui ne cesse de quitter son orbite ?

Après avoir revisité le mythe du vampire et de Dracula, Philippe Lemaire nous plonge dans de nouvelles aventures au cœur de l’Ouest Américain. Moras, la malédiction est en marche.

Fiche de lecture

Préambule à MORAS, LA MALEDICTION

Dans tous les livres d'héroic-fantasy une exploration géographique est nécessaire pour celui qui va s'introduire en un lieu purement imaginaire empreint de magie, de sorcellerie et de mystère. Cette cartographie, sous forme illustrative, représente en dessin les reliefs montagneux, les chemins forestiers, les rivières et les océans entourant des terres sauvages où quelques créatures fantastiques attendent les faux pas du promeneur inconscient dans la perspective de le malmener. Que ce soit près des citées, nouvelles ou anciennes, ces êtres hideux enclenchent un ensemble de rouages mortels stratégiques et avilissants. Les monstres mythologiques prennent une pause contrariée croqués d'une manière exagérée. Ces comportements conquérants soulèvent l'idée qu'emprunter pareils endroits mènerait les héros vers des aventures périlleuses sans espoir de retour. En immersion dans ces territoires archaïques, prêt à en découdre, les hommes devront alors conjurer le mauvais sort. La personnification de la mort et du mal par ces démons pourrait les contraindre à abandonner la mission dont ils s'étaient engagés à réussir. Pourtant il faudra compter sur leur vaillance guerrière créant chez le lecteur le désir de plonger plus en profondeur dans le récit.

Ces cartes géographiques sont les yeux du narrateur, son esprit s'ancre dans le texte par des procédés purement littéraires.

Concernant le travail sur Moras, la malédiction, on ne peut faire une comparaison qu'en demi-teinte avec le genre cité ci-dessus. Ce monde est partiellement en adéquation avec le genre héroic-fantasy. Ici pas de crayonné en guise de présentation, l’Amérique amérindienne se raconte au travers du prisme de la flore et de la faune dans une très grande majeure partie du livre. Philippe Lemaire nous fait une relecture du peuple amérindien en prenant soin de n'avoir qu'un seul parti pris, celui d'une ethnie qu'il nous apprend à aimer. Alors oui, ici pas de genre explicitement héroic-fantasy, toute la dimension du merveilleux a été écarté pour ne présenter qu'une atmosphère d'épopée mi-historique, mi-fantastique et c’est beaucoup plus excitant et franchement exaltant.

MORAS, LA MALEDICTION, une interprétation de l'Ouest Américain

Sans dater, ni identifier clairement l'environnement où les protagonistes se déplacent, l'auteur nous surprend. A chaque détour de phrase il nous propose une invitation dans un espace verdoyant plein de danger où le péril peut être climatique, venir d'une adversité menaçante, d'animaux féroces de toutes sortes. S’il y a quelque chose à assimiler ce sont les différentes leçons de vie que nous vivons à travers le personnage principal, Isha, le chasseur attitré de la communauté. Car la chose la plus précieuse dans le fonctionnement d'un peuple nomade se définit par une détermination réfléchie sur ses besoins vitaux, la survie en respectant les traditions ancestrales inculquées de génération en génération.

Tous les détails sont autant d'éléments nous donnant des indices concluant sur la datation d'un monde qui nous interpelle, un monde sauvage où les hommes se défendent aux moyens d'armes explicites, qui vivent dans des habitations en toiles, des chemins tracés en direction de villes faites de bois, des individus habillés de vêtements en peaux d'animaux.
Le contexte historique répond alors de lui-même.

MORAS, LA MALEDICTION, Isha, sans temps mort

La façon d'écrire de Philippe Lemaire s'articule sur une constante révélation des agissements d'Isha. Les contrées qu'il visite, ses terrains de chasse, son attitude humaniste et son courage souvent mise à rude épreuve donnent un rythme efficace au récit. Les contrées magnifiquement révélées dépeignent un amour très fort envers la nature. L'auteur vous fait basculer à l'intérieur d'une région cachant en son milieu des secrets inavouables censés mettre en péril la vie d'autrui (Moras). Les efforts du chasseur à essayer de maintenir un comportement juste, prendre les bonnes décisions, nous autorise à croire que son parcours n'est autre qu'initiatique. Qu'y a-t-il de mieux qu'un héros de cette trempe pour que le lecteur s'identifie à lui ?!

L'aventure et le danger se positionnent dans le texte comme le point culminant d'une inspiration dirigée sur l'action et le choix communautaire d'un peuple. Ces séjours en compagnie de ces amérindiens sont une immersion dirigée uniquement sur leur fonctionnement jusqu'à ce que l'imagination mystique de l'écrivain s'intègre dans sa partie la plus fantastique.

MORAS, LA MALEDICTION, une mise en relief artistique

Les caractéristiques artistiques du roman de Philippe Lemaire sont gérées par cette force descriptive qui maintient un perpétuel plaisir de lecture. La puissance du texte montre des paysages changeants en corrélation avec les émotions d'Isha et de ses compagnons. Les images affluent par cette organisation de nœuds dramatiques imagés au sein de plusieurs atmosphères. Parfois apaisées, parfois terrifiantes, ces couleurs sont influencées et embellies par une nature, dont on imagine derrière, une entité manipulatrice responsable des joies et des maux d'un peuple amérindien toujours en mouvement pour sa survie. Quoi plus de normal d'apprécier dans un univers qui à trait à l'histoire, un côtoiement avec les contes et légendes, un point de vu sombre, une orientation adulte sur le devenir d'une certaine réalité.

MORAS, LA MALEDICTION, en finalité

Avec Radu Dracula, son fabuleux vampire, nous nous retrouvions au centre de la Transylvanie protégée par la chaîne de montagnes des Carpates constituant dans sa partie orientale tout un monde magique chargé d'histoires et de traditions millénaires fondés sur le vampirisme.

Avec Moras, la malédiction, en apposant sa marque d'auteur, Philippe Lemaire propose une ambiance différente avec une accroche sensible sur une impression particulière, une introduction dans l'intemporalité d'un chamanisme universel. Parce que ce chamanisme-là sous-entend une pratique et une pensée amérindienne par le déroulement et la compréhension des faits, sans pour autant être précis, l'on pourrait penser à l'exposition d'autres chamanismes aux pratiques identiques ; ce flou alimente des interrogations et fait naître une envie de savoir.

Empreint de mystères et de secrets, et par ces entre-faits légendaires, l'auteur exploite son sujet de prédilection sur les non-morts dans l'Ouest-Américain par l'intermédiaire de cette atmosphère significative.

La nature décrite n'incite personne à franchir la frontière inconnue où l'ombre des Moras, créatures mythologiques néfastes, engendrent la peur et une condition de damnation pour ceux les approchant.

Ce premier tome est passionnant, vivement la suite.

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