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Eriophora (Peter Watts)

Editions Le Livre de Poche, 2025 - Parution originale : The Freeze-Frame Revolution, 2018


🪶 | 27/08/2026
Lu 126 fois





Quatrième de couverture

Depuis soixante millions d’années, des humains génétiquement modifiés vivant dans des astéroïdes évidés laissent derrière eux leurs portails et autoroutes galactiques. Lancés dans une mission sans fin autour de la Voie lactée pour étendre un empire posthumain qui ne répond même plus à leurs appels, ces ouvriers se réveillent juste assez longtemps pour démarrer un chantier d’un système solaire à l’autre, au service d’ancêtres morts depuis une éternité et de descendants n’ayant plus rien de commun avec eux.

Que se passe-t-il lorsque l’intelligence artificielle de l’un de ces vaisseaux-astéroïdes, l’Eriophora, décide de tuer une partie de son équipage ? N’est-il pas temps de reprendre le contrôle ? Mais comment mener une révolution lorsqu’on ne se réveille qu’une fois tous les quelques milliers d’années ?

Fiche de lecture

Vous connaissez certainement le jeu consistant à relier les points pour former une figure. Le concept ici s’étire à l’échelle de millions et de millions d’années : l’équipage de l’Eriophora, astéroïde aménagé, équipé d’un moteur à singularité et surtout piloté par une intelligence artificielle, trace son chemin, point par point à l’échelle de la galaxie.

Et justement… il n’y a pas assez de points… ou bien ceux-ci sont trop éloignés. Comprenez par là que les descriptions sont trop brèves, comme un mauvais tableau impressionniste que l’on devrait reconstruire par la force de l’imagination.

L’idée de base est intéressante mais, voulant marcher dans les traces de la science-fiction la plus « dure » tout en étendant son récit sur des millions et des millions d’années, elle finit par se casser comme un élastique trop étiré.

C’est dommage car l’idée de base me plaisait bien. Mais elle est traitée de façon trop « impressionniste », avec des personnages trop évanescents pour qu’on s’y attache. Y compris l’IA du bord, « Chimp », pâle cousin d’un HAL 9000.

Je n’ai rien contre les personnages, les événements ou encore les lieux évanescents : j’adore Tom Bombadil, j’aime imaginer le « Dilat Covien » du Cycle de Ji, ou encore la vie de Gregor Samsa avant qu’il ne se réveille en « monstrueux insecte ». Cela parce qu’en contrepartie, l’univers développé est particulièrement riche, permettant de tolérer, voire de nécessiter des « trous », des « zones d’ombre ».

Dans « Eriophora », il y a trop de trous pour que cela constitue une trame, une toile propre à soutenir le développement. Imaginez « L’École d’Athènes » de Raphaël ou « La Prise de la Smala d’Abd-el-Kader » d’Horace Vernet (21,39 m de large et 4,89 m de haut, soit l’un des plus grands tableaux, sinon le plus grand) imprimés sur du gruyère français.

Le plus cruel étant que cet ouvrage est critiqué par d’autres lecteurs comme le plus accessible de Peter Watts… ce qui m’effraie quant à la bibliographie du bonhomme.

En somme, cet ouvrage m’a déçu. Peut-être reviendrai-je à cette lecture plus tard…mais j’en doute.

Jacques BELLEZIT
🛢️ Pourvoyeur de soute caustique — Jeune écrivain de science-fiction, né en 1992 et vivant en... En savoir plus sur cet auteur

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1.Posté par Koyolite TSEILA le 27/08/2026 08:08 | Alerter
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KoyoliteTseila
Merci pour ce retour de lecture, Jacques. C'est un auteur d'écrits sur lesquels je me suis - moi aussi - cassé les dents.

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