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Qui n'a jamais rêvé de naviguer parmi les étoiles ? Mon équipage et moi-même souhaitons partager avec vous notre passion pour la science-fiction en vous invitant à voyager à bord de ce grand navire de l'imaginaire… Bonne visite, votre capitaine

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Interview de Pierre Thiry

Par Koyolite Tseila



Article rédigé par le 23/10/2012
Lu 802 fois


TAGS : Pierre Thiry


"Les mots sont parfois si riches de sens que dialoguer avec les autres c'est toujours progresser vers l'apprentissage d'une langue étrangère. Et de ce point de vue, écrire, c'est pour moi, en quelque sorte traduire dans ma propre langue, ce que j'entends, vois, ou ressens face au bruissement du monde."
Pierre Thiry
Pierre Thiry

Bonjour. Qui êtes-vous ? Présentez-vous svp à nos lecteurs/visiteurs.

Je suis l'auteur de deux livres : un petit roman « Ramsès au pays des points-virgules » et d'un conte « Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines » illustré par Myriam Saci. Je devrais bientôt publier, en principe avant les fêtes de fin d'année un nouveau livre...

Je suis également animateur d'ateliers d'écriture. Une activité qui me passionne, car elle est riche en échanges, en dialogues, autour d'une infinité de questions : celle du plaisir d'écrire, de ce qu'écrire veut dire, des questions de la création, mais aussi sur les discussions que peuvent susciter l'émission et la réception d'un message, l'émotion, la passion ou l'humour qu'il peut susciter. Des questions vastes que l'on n’est pas prêt d'épuiser et qui sont toujours ré-explorées.

Comment vous viennent les idées pour écrire ?

D'un peu partout, des personnes que je rencontre, de la journée que je passe, des livres que je lis, des expositions ou des spectacles que j'admire, d'une nuit d'insomnie ou d'un sommeil apaisé rempli de rêves merveilleux...

Le jeu avec les mots, la manipulation des phrases, la trituration de la langue, l'approfondissement des formes poétiques, narratives, comiques, etc., font aussi partie d'un travail musical autour de la langue, qui m'a toujours beaucoup fait griffonner de papier depuis que je sais écrire.

Je crois que j'ai eu beaucoup de chance de naître dans une famille au milieu d'amis où le livre et la lecture étaient considérés comme des nourritures de l'esprit. Rien ne dit mieux cette dette que j'ai envers tous les amis qui ont compté et qui comptent pour moi que cette « dédicace au père » placée par George Steiner au début de son livre « La mort de la tragédie ». Je ne peux résister au plaisir de le citer ici tant j'ai envie de faire mienne ces paroles : « Si je peux aujourd'hui avoir commerce avec la littérature de plusieurs pays dans leur langue propre, c'est parce que mon père, dès le début, se refusa à reconnaître les frontières dans la vie de l'esprit. Et surtout, il m'apprit par l'exemple de sa propre vie que le grand art n'est pas le privilège du spécialiste ou de l'érudit mais que ce sont ceux qui vivent le plus intensément qui l'aiment et le connaissent le mieux. ». Mon seul regret est de ne pas connaître autant de langues que George Steiner, mais je serai toute ma vie une sorte d'assoiffé de langages. Les mots sont parfois si riches de sens que dialoguer avec les autres c'est toujours progresser vers l'apprentissage d'une langue étrangère. Et de ce point de vue, écrire, c'est pour moi, en quelque sorte traduire dans ma propre langue, ce que j'entends, vois, ou ressens face au bruissement du monde.

Comment écrivez-vous ? A quel rythme, dans quel cadre ?

J'écris tous les jours depuis des années, dans mon petit cahier, le soir ou le matin. J'écris au fil de la plume, sur tout et n'importe quoi. Parfois, longuement, durant des mois, je reprends patience et obstination quatorze lignes pour en faire un sonnet. Je prends des notes, des infinités de notes sur mes lectures, mes voyages (qui sont aussi des lectures de paysages).

Mon rythme d'écriture peut être très variable. Si je passe ma journée à attendre l'autobus sous la pluie (cela arrive de temps en temps dans cette pluvieuse ville normande où j'habite), je n'aurai pas écrit une ligne, mais j'aurai emmagasiné une foule d'idées à coucher sur le papier, dont certaines mettront peut-être des années à ressurgir un jour sous une forme d'écrit.

J'écris aussi régulièrement durant les ateliers d'écriture que j'anime moi-même. Ce type d'écriture là est peut-être un peu à part. Je crois qu'il va me falloir attendre encore quelques années pour savoir sur quoi pourrait déboucher exactement cette écriture là.

A vrai dire j'écris aussi beaucoup pour le plaisir d'écrire, pas pour être publié.

L'écriture des textes que je destine à la publication est pour moi très différente des écritures que je viens d'évoquer. Elle résulte d'une maturation plus lente qui peut prendre des années, même si le texte finalement publié aura été écrit très vite. Mais cette question de la rapidité d'écriture est complexe... J'ai passé mon été à retravailler pour la publication un roman, que j'avais cru être terminé en 2009 après avoir écrit un premier jet en quinze jours... Depuis 2009, incessamment je reprends ce texte. Quel rapport aura le texte finalement publié avec le texte initial? Quel aura été ce travail de trois ans? Je suis pour le moment le plus mal placé pour répondre à cette question.

Comment construisez-vous votre histoire, votre récit ?

En général, je fais rapidement un plan, puis petit à petit je remplis les cases ainsi définies. Parfois ce plan peut être assez rapide, c'est le cas pour un texte comme « Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines » où j'ai recyclé à ma manière une structure de récit vieille comme le monde.

Pour « Ramsès au pays des points-virgules », le texte s'est écrit petit à petit, au jour le jour, sous forme de feuilleton, pour faire plaisir à une de mes nièces qui m'avait en quelque sorte mis au défi de le lui écrire. C'était un texte qui n'était pas du tout destiné à être publié.

Puis un jour, j'ai eu envie de le publier, de l'envoyer à des éditeurs, alors j'ai fini par tout reprendre. La structure du récit fantaisiste que j'avais écrit s'est retrouvée enchâssée dans une autre qui était à la fois une référence aux contes « Les Mille et Une Nuits » et une référence à la réalité de la genèse du livre proprement dit (d'où la mise en abîme).

Pour mon prochain roman, cela s'est encore passé différemment... Mais on aura sans doute l'occasion d'en reparler une fois qu'il sera imprimé, édité, diffusé...

Autoédition ou éditeur ? Quel est votre avis sur la question ? Que choisir, pour bien débuter ?

L'édition bien évidemment !!! Il ne faut surtout pas faire d'autoédition !!! C'est très mal vu, surtout en France. Mais il y a dans cette réponse l'hypocrisie de celui qui donne de beaux conseils : « faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais... ». Il se trouve que j'ai autoédité mes deux premiers livres. Mais les raisons de cette autoédition sont bien plus complexes qu'elles ne pourraient le paraître.

Il se trouve que je suis aussi membre fondateur d'une maison d'édition associative : Les Editions du Paquebot dont la ligne éditoriale est d'éditer des textes d'auteurs vivants (jusqu'à présent essentiellement illustrés par des oeuvres de plasticiens contemporains). Ces livres ont l'ambition d'être réellement de beaux livres, contrastant avec l'apparence des « fast-books » édités grâce aux facilités offertes par les nouvelles technologies et internet. L'édition de ces livres est également plus lente, et plus coûteuse. Le recours à l'autoédition peut donc être utile si on veut publier un livre rapidement, et nous vivons dans une époque qui aime la rapidité.

De ce point de vue, le recours à l'autoédition peut présenter un avantage. Le choix que j'ai fait pour mes deux livres présente également celui d'une relativement bonne diffusion des livres, on peut les commander dans presque toutes les librairies.

L'autoédition de mes deux premiers livres a plutôt été une bonne surprise. Au départ cette diffusion s'est faite via ma famille et quelques amis qui ont aimé le livre, en ont parlé autour d'eux, puis j'ai eu l'idée de faire un site internet sur le livre. J'ai été très étonné des retours que j'ai eus sur internet à propos de « Ramsès au pays des points-virgules ». Je ne pensais pas qu'il puisse avoir autant de bonnes critiques. J'en ai été très surpris. Les premières critiques ont même été le fait d'administrateur ou de blogs littéraire qui ont acheté le livre. Je ne pensais vendre au départ qu'une cinquantaine d'exemplaires et j'en ai vendu un peu plus (même beaucoup plus). J'ai alors eu l'idée de contacter quelques forums et blogs littéraires pour leur proposer des partenariats et des « exemplaires presse » du livre. Une démarche dont l'aspect passionnant a été la découverte de beaux blogs.

Plusieurs libraires se sont également intéressés à mes livres par le hasard des rencontres, des discussions des amitiés.

En dépit de ce relatif succès de mes deux livres autoédités, c'est tout de même un système que j'aurais tendance à déconseiller. Il faut savoir que dans ce cas de figure, il faut assurer la promotion du livre soi-même. Il ne faut pas compter sur l'éditeur, le service d'édition ou de diffusion auquel on a eu recours. En outre un grand nombre de personnes se détourneront des livres autoédités tout simplement parce qu'ils sont autoédités. En France pour de nombreuses personnes un livre autoédité (ou édité à compte d'auteur) n'est pas tout à fait un livre. C'est le résultat de longs siècles d'histoire de l'imprimerie et de l'édition, être édité par un éditeur de la rive-gauche parisienne reste l'idéal de nombreux passionnés de livres. Et pourtant de grands écrivains comme Marcel Proust, Villiers de l'Isle Adam ou Raymond Roussel ont eu recours à l'édition à compte d'auteur pour éditer certains de leurs livres.

Avec l'apparition d'internet, des livres numériques, avec les mutations du monde de l'édition, il n'est cependant pas certain que ce soit encore le modèle de l'éditeur parisien de la rive-gauche qui soit le plus pertinent.

D'autres modèles sont donc à trouver, à chercher, à explorer. L'autoédition fait partie de ces pistes, et notamment celle du livre à la demande, qui a l'avantage de résoudre la question des stocks et de ne pas vous provoquer l'immense tristesse de voir vos livres partir au pilon parce qu'ils ne se sont pas vendus. Et puis se sentir un peu amateur cela fait du bien.

Avez-vous un conseil particulier à donner à un jeune auteur ou une expérience à partager ?

Un conseil que je donnerais à un jeune auteur, c'est : écrivez, écrivez, écrivez ! Et prenez le temps avant de publier dans une vraie maison d'édition. J'en donnerais aussi un autre : n'écoutez pas mes conseils, je ne suis pas le mieux placé pour vous en donner un. Je passe mon temps à vouloir faire ce que les autres ne font pas, je n'ai donc aucune raison de vous inviter à faire comme moi.

N'oubliez pas de prendre conseil auprès d'autres personnes que les auteurs. Car ces derniers auront toujours la fâcheuse tendance à vous prendre pour un lecteur. Les éditeurs, les journalistes, les blogueurs littéraires, les libraires sont souvent des personnes qui pourront vous donner des conseils utiles pour affronter la réalité. Parfois ils vous décourageront, c'est en résistant à ce découragement que vous pourrez acquérir l'audace de vous faire publier.

Lien utile


Sources

Photo : Lydie L. Photographie, avec l'aimable autorisation de l'auteur
Texte : @Pierre Thiry


Koyolite Tseila
Passionnée de Science-fiction et d’Imaginaire, ce sont des genres auxquels j'ai désiré rendre... En savoir plus sur cet auteur


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