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Qui n'a jamais rêvé de naviguer parmi les étoiles ? Mon équipage et moi-même souhaitons partager avec vous notre passion pour la science-fiction en vous invitant à voyager à bord de ce grand navire de l'imaginaire… Bonne visite, votre capitaine

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Interview de Kane Banway

Par Koyolite Tseila



Article rédigé par le 19/02/2017
Lu 443 fois




"Fantastique, science-fiction, fantasy, ces genres ont suffisamment de sous-thèmes pour couvrir tous les besoins de mon cerveau : écrire sans thématique précise ? Possible. Écrire en liant une moralité et des thèmes profonds ? Possible. Transformer une histoire en blockbuster hollywoodien ? Possible ! En un mot : liberté."
Kane Banway
Kane Banway

Bonjour, qui êtes-vous ? Présentez-vous svp à nos lecteurs/visiteurs.

Bonjour !

Je suis un type parfaitement lambda, en apparence. À l’intérieur, ça oscille entre sociopathe agoraphobe, psychopathe arachnophile, schizophrène et bisounours assermenté, le tout intimement lié aux phases de la Lune et au cycle menstruel d’une marmotte norvégienne.

Mais la plupart des gens résument ça par le terme « auteur ». C’est certes plus court, mais moins précis…

Quels types de récits écrivez-vous et de quels genres ?

J’écris de (presque) tout. Nouvelles et romans, SF, Fantasy, Fantastique, Thriller… Je vois les « genres » comme autant de cuisines exotiques : il y a des jours où je suiciderai un chaton pour une assiette de maki ou un curry japonais, et d’autres où un bon vieux steak me fait baver. Je choisis selon mes envies et mes besoins du moment. Trop de fantasy ? Un petit saut dans l’espace… trop de machines ? Une petite dystopie qui en est dénuée… 

En tant qu’amateur des genres SF, Fantasy, Fantastique et Thriller, qu’est-ce qui vous plaît dans ceux-ci ?

Le point commun de mes genres/plats préférés : ils sont malléables. Si j’écrivais de la reconstitution historique, je serais contraint par les évènements. Transformer Louis XVI en parangon de la charité juste pour voir jusqu’où cela peut mener, j’aime ça. Raconter dans le détail comment son manteau d’hermine frottait le marbre de Versailles ? Pas tant que ça. Fantastique, science-fiction, fantasy, ces genres ont suffisamment de sous-thèmes pour couvrir tous les besoins de mon cerveau : écrire sans thématique précise ? Possible. Écrire en liant une moralité et des thèmes profonds ? Possible. Transformer une histoire en blockbuster hollywoodien ? Possible ! En un mot : liberté.

Comment vous viennent les idées pour écrire ? Vos sources d’inspiration ?

C’est compliqué ! « Idées » et « pour écrire » sont deux choses distinctes pour moi : toutes mes idées ne finissent pas « écrites ». Mes idées jaillissent à des moments parfaitement aléatoires… En voiture, pendant que je fais la vaisselle… n’importe où, n’importe quand. Puis, je les enterre dans mon jardin privé et je n’y touche plus. Je ne les oublie pas : je n’y pense volontairement plus. Certaines meurent au bout de quelques jours. Elles avaient l’air très prometteuses sur le moment, mais avec le recul, elles n’ont pas ce qu’il faut pour arriver à maturation. D’autres en revanche germent, et éclosent en des tiges suffisamment robustes pour être un bel arbre plus tard. D’autres encore hibernent et vont brutalement éclore quelques années plus tard. Et seulement là, elles deviennent des idées écrites. Pas encore des romans ou des nouvelles. Juste des idées écrites…
 
Pour la source d’inspiration : le monde. Notre monde. Il suffit de si peu de chose pour transformer notre quotidien en histoire terrifiante, inspirante, fantastique ou féerique… il me suffit de garder mes yeux ouverts, de regarder les gens, les choses, comprendre et accepter mon entourage. Chacune de ces observations deviennent une brique mise de côté, qui seule n’a aucun sens, mais liées à d’autre, finissent par créer un sens, un thème ou quelque chose qui me touche et que je mélangerai intimement aux idées cultivées pour m’en servir comme fil, comme vision ou comme comportement d’un personnage ou d’un univers.

À quel rythme écrivez-vous ?

Uh… à une absence de rythme ? Je dois me faire violence pour m’imposer un rythme, alors que c’est vraiment la clé pour réussir quoi que ce soit. Je crée tous les jours, tout le temps, dans ma tête... Mais cette fluidité n’existe pas quand on doit écrire. Quand je suis au top, motivé, avec du temps devant moi et l’histoire aussi alignée qu’une conjonction planétaire maléfique ? 3-4 heures de suite par jour durant 3-4 mois. Ça c’est pour le premier jet… après viennent les corrections et là c’est infiniment plus lent, avec beaucoup de longues pauses « je vais écrire autre chose, hein ! ce truc me sort par les yeux » … Ajoutez à cela une trop grosse tendance à la procrastination et vous obtenez un monstre de lenteur et d’improductivité… et de frustration…

Avez-vous un cadre ou un environnement de prédilection pour l’écriture ?

Oui et non. Le cadre idéal : un bureau, fermé et insonorisé. Juste moi, un écran et mon clavier dans un confortable fauteuil. Je l’ai (pas insonorisé, mais j’ai un casque si besoin…) ce bureau idéal.

Je n’y mets jamais les pieds.

Finalement, je travaille surtout dans ma voiture où je passe des heures en semaine, ou il y a quelques années c’était dans un café parisien.

Quand j’y pense, n’importe quel endroit peut faire l’affaire, du moment qu’il y a suffisamment de nuisance sonore pour que j’aie besoin de m’enfermer dans mon histoire pour m’en isoler. Le monde autour de moi s’efface complètement, devient un bruissement douillet quasiment inaudible, irréel, tandis que mon univers prend consistance sous mes doigts. Trop de silence, et ce contraste disparaît, et l’effort de concentration pour m’immerger dans mon univers devient trop énorme… Pas sûr que je sois très clair sur ce coup-là, désolé !

Comment construisez-vous vos histoires ou vos récits ?

Je pense pouvoir dire que ma recette consiste de partir d’une idée, et d’y mêler un thème, une envie, un sentiment et de tisser intimement le tout. Ça, c’est pour la base. Ensuite pour l’écriture en elle-même : des scènes marquantes, des pivots de l’histoire, des moments qui ne peuvent pas être modifiés ou très peu sont souvent les plus faciles à trouver. Le plus dur est d’écrire/de décrire les ponts qui vont les lier et créer une continuité, une progression d’un point pivot à l’autre. Le tout en gardant ces sentiments/thèmes entrelacés dans le récit. 

Accordez-vous plus d’attention à la construction de votre scénario ou au travail de vos personnages ?

Je ne sais pas !... J’ai un peu honte de l’admettre, mais je ne sais pas. Parfois l’histoire est plus importante que les personnages, qui ne sont au final que des « vaisseaux » qui me servent à montrer à mon lecteur ce que je veux lui faire voir. Mais d’un autre côté, j’aime mes personnages, je les façonne avec mes espoirs, et mes rêves. Mes haines et mes incompréhensions. Mais cette création me vient naturellement, je rentre avec mon personnage dans une pièce et je décris ce qu’il fait sans y penser. Je respecte mes personnages quand ils me font gentiment comprendre que mon idée suivante ne correspond pas du tout à ce qu’ils feraient… Donc en termes d’attention, je dirai la construction du scénario… mes personnages se débrouillant très bien sans moi !

Quels sont les livres et/ou recueils de nouvelles que vous avez publiés ?

Un petit paquet maintenant ! Beaucoup de nouvelles gratuites comme Trois Secondes (SF), Sekaï (fantastique), L’Auberge (fantasy humoristique/fantastique), et quelques romans : La main du mort (Thriller), mon petit premier « Dusk » (fantasy) et surtout mon petit dernier : Crying Star (Space opera). Certain en autoédition, d’autre chez L’Ivrebook, un éditeur numérique très sympathique. 

Autoédition ou éditeur, que choisir pour bien débuter ?

Tout dépend de l’auteur et de sa vie : le temps qu’il a devant lui, sa dextérité à mettre les mains dans le cambouis informatique, et sa capacité à utiliser les réseaux sociaux.

Si pour vous, un ordinateur c’est déjà limite pour écrire, que faire un copier/collé c’est de la haute technologie… Ou que votre compte en banque ressemble à une blague de Toto… Oubliez l’autoédition.

L’autoédition requiert soit un compte en banque conséquent (frais de corrections, mise en page, couverture, promotion, autant de services proposés par des distributeurs... à prix d’or.) Soit de pouvoir se débrouiller avec les 404 programmes/forums/pdf/faq qui vont vous aider à mettre en page votre bouquin, faire sa couverture, le faire corriger, et surtout, surtout, faire sa promotion (je parle d’expérience : je suis en échec total sur les corrections et la promotion… ! Et c’est très important…).

Auriez-vous un conseil particulier à donner à un jeune auteur ou une expérience à partager ?

Vous êtes un anonyme. À moins d’être le fils d’une célébrité : personne ne vous connaît.

Ce n’est pas un défaut d’être un anonyme, mais c’en est un que de l’oublier.

Mon conseil pour pallier à ce problème ? Publiez gratuitement. Un roman payant pour 3-4 nouvelles gratuites c’est un minimum. Vous n’avez qu’un seul roman ? Coupez-le, et offrez le début à vos lecteurs/blogueurs. Faites-vous connaître en donnant aux gens une chance de vous découvrir. N’oubliez pas que le but est de partager ce bout de vous. De le faire lire, de le faire vivre au travers du regard et de l’imaginaire d’un étranger. Si vous êtes adepte du « travail=salaire », voyez cela comme un investissement long terme.

Cela vous offre aussi la joie infinie de vous faire lyncher si vos écrits ne plaisent pas, éventuellement de corriger le tir, et surtout vous donne la possibilité d’avoir un regard autre que celui de tantine Martine qui adore votre couverture réalisée sous paint à la souris…

Ça, c’est pour le conseil. Pour l’expérience :

Un jour, j’ai envoyé un texte à un blogueur réputé pour obtenir une chronique. Mon message était standard : je me présente, j’explique de quoi parle mon histoire, que j’ai regardé ses préférences de lectures, etc. bonne journée bon courage ! Rien de fabuleux. J’avais peut-être même ajouté un trait d’humour dans mon message. Je crois.

 Sa réponse m’a surpris : en résumé, il m’expliquait qu’il ne pouvait pas s’occuper de moi faute de temps, mais qu’il avait été ravi de recevoir un message aussi sympathique, ce qui le changeait agréablement des auteurs autoédités qui balançaient leurs pièces jointes sans même un bonjour. Il m’a indiqué que du coup, il garderait mon texte et s’en occuperait dès qu’il aurait du temps devant lui.

J’ai eu ma petite chronique quelques semaines plus tard.

Moralité ? Si je dois vous l’expliquer, je suicide un chaton. Je plaisante pas… il vous regarde avec ses grands yeux tout mignons…

Merci de votre participation. Un dernier mot pour la fin ?

Humm, « abonnez-vous à ma chaîne », je suis pas au bon endroit, « donnez-moi des sous », non plus, « devenez mon ami… » bof bof, on va se contenter d’un très simple :

Très bonne lecture, peu importe qui vous lisez, et ce que vous lisez…

PS : désolé je parle trop… déformation prof… ok, j’arrête là…

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Photo, illustration et texte : @Kane Banway


Koyolite Tseila
Passionnée de Science-fiction et d’Imaginaire, ce sont des genres auxquels j'ai désiré rendre... En savoir plus sur cet auteur


Commentaires

1.Posté par Siebella CHTH le 10/05/2017 20:04 | Alerter
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Sieb
Bonjour, j'ai lu -dévoré !- cette interview avec un grand intérêt. Je me retrouve énormément dans les propos de cet écrivain à l'humour délicieux et atypique, comme un reflet dans le miroir. Propos et conseils utiles que j'ai saisi au vol et que je ne lâcherai pas, qui me confortent aussi dans mon choix de poursuivre cette passion dévorante et jouissive qu'est l'écriture. Merci Monsieur Banway ! PS : il faudra que je déniche l'un de vos livres ! Et pour finir, merci Cap'tain !

2.Posté par Koyolite TSEILA le 10/05/2017 20:10 | Alerter
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KoyoliteTseila
Voilà un joli compliment qui devrait faire plaisir à Kane ^-^ Personnellement, j'ai lu Crying Star, une trilogie SF très agréable que je te recommande. Voici le lien pour plus d'information : Crying Star

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